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N° 126 - Jan 2020

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ELECTION PRESIDENTIELLE DU 12 DECEMBRE 2019

Technocrate et stratège

Le nouveau Premier ministre Abdelaziz Djerrad

Par Salim FAROUK



Le Président Abdelmadjid Tebboune a pris tout le monde de court en confiant à un « illustre inconnu » la tâche de former le premier gouvernement post-hirak. Une manière de d’affirmer son autorité et de prouver sa conviction d’un réel changement du système politique. En effet, la nomination de Abdelaziz Djerad clarifie le visage du nouvel exécutif national. Diplômé de l’Institut des sciences politiques et des relations internationales d’Alger en 1976 et docteur d’Etat en sciences politiques de l’université Paris-X-Nanterre en 1981, Abdelaziz Djerrad a suivi la trajectoire plutôt lisse des technocrates et des hauts cadres de l’Etat, vivier au sein duquel les pouvoirs publics ont toujours puisé pour pourvoir aux fonctions ministérielles. Professeur en relations internationales, Abdelaziz Djerad remplace, à la tête du gouvernement, Sabri Boukadoum qui assurait l’intérim depuis le 19 décembre. A son crédit, Abdelaziz Djerad, connu pour ses positions démocratiques, de son soutien au principe de la contestation populaire, du changement des pratiques de l’ancienne gouvernance, du départ des 3B, comme conditions incontournables à la réhabilitation de la confiance entre le pouvoir et le peuple, seule alternative pour accéder au dialogue, est un académicien reconnu par ses pairs qui dispose d’une solide connaissance des affaires internationales et de la haute administration algérienne. Produit de l’école algérienne, sans attaches partisanes connues, le profil de Abdelaziz Djerrad enlève un argument majeur aux détracteurs du pouvoir, à qui il est reproché de marginaliser les compétences. Sa nomination conforte la volonté d’ouverture prônée par le Président Abdelmadjid Tebboune plaidant pour un gouvernement de compétences et une intégration des jeunes dans la vie politique et économique, en cadres dirigeants, en acteurs principaux dans la gouvernance locale et institutionnelle ou en entrepreneurs assurés de toutes les facilités fiscales, bancaires et douanières. Né à Khenchela le 12 février 1954, Abdelaziz Djerad, Professeur des universités depuis 1992, a enseigné dans plusieurs établissements universitaires en Algérie et à l’étranger. Il a contribué à la formation de nombreux universitaires et cadres de l’Etat. Il a occupé plusieurs responsabilités auparavant dont celle de directeur de l’Ecole nationale d’administration (ENA) d’Alger de 1989 à 1992, de conseiller diplomatique à la présidence de la République de 1992 à 1993, et de secrétaire général de la présidence de la République (1993-1995).Le nouveau premier ministre a occupé également le poste de directeur général de l’Agence algérienne de coopération internationale (1996-2000) et celui de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères (2001-2003). Il est également auteur de nombreux ouvrages et articles de sciences politiques et de relations internationales.

Le recouvrement de la confiance

Fin connaisseuse des rouages de l’Etat et du gouvernement, Abdelazzi Djerrad sait qu’elles sont ses marges manœuvres et celles qu’il doit se créer pour gouverner sans aspérité. A l’issue de sa prise de fonctions lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs avec Sabri Boukadoum, le nouveau Premier ministre a mis l’accent sur la « nécessité » est de « travailler avec l’ensemble des compétences nationales, des cadres du pays et des citoyens et citoyennes ». L’objectif, a-t-il ajouté, est de « relever les défis socioéconomiques et sortir de cette période délicate que traverse notre pays ». « J’ai été reçu aujourd’hui par le président de la République qui m’a chargé de former le gouvernement et je le remercie infiniment pour la confiance qu’il a placée en ma personne », a déclaré Abdelaziz Djerad à la presse après avoir été reçu par le Président Abdelmadjid Tebboune, précisant que « nous sommes aujourd’hui devant un défi majeur qui consiste en le recouvrement de la confiance en notre société ».  En effet, du côté du palais d’el-Mouradia, on est conscient de l’urgence de dépasser la situation actuelle.

 

Les grands chantiers

Crise politique aiguë, économie en panne, confiance perdue, un hirak intransigeant, autant de dossiers sur lesquels sera attendu le nouveau Premier ministre Abdelaziz Djerrad, qui a nommé Brahim Bouzeboudjen et Mohamed Lamine Saoudi Mabrouk en qualité, respectivement, de directeur de Cabinet et de chef de Cabinet du Premier ministère, qui devra allier action et vision. En effet, de la composante de son équipe gouvernementale dépendra la nouvelle république souhaitée par le Président Abdelmadjid Tebboune. Une équipe gouvernementale qui sera particulièrement suivie sur les dossiers économiques, qui représentent l’une des grandes priorités alors que les voyants sont loin d’être au vert et que le nombre d’entreprise mettant la clé sous le paillasson ne cesse de croitre. En outre, la nouvelle équipe gouvernementale devra mener à bien l’opération de la « révision de la loi électorale, notamment les conditions relatives à l’éligibilité parlementaire » à même de permettre une course aux législatives sur des critères plus assainis. Autant de défis qui attendent le gouvernement Djerad appelé à renouer les fils du dialogue pour tarir les sources de la discorde, assurer la relance d’une économie forte et diversifiée et redonner à l’Algérie la place qui lui revient de droit dans la scène régionale et internationale, au moment où des défis sécuritaires aigus pointent à l’horizon.

S. F.

 

Un ministre conseiller à la communication

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a nommé Belaïd Mohand Oussaïd, qui avait démissionné de son poste de président du Parti pour la liberté et la justice (PLJ), au poste de ministre conseiller à la Communication et porte-parole officiel de la présidence. Né en janvier 1947 à Iboudrarène, dans la wilaya de Tizi Ouzou , Mohand Oussaïd Belaïd, connu sous le nom de Mohamed Saïd, a occupé plusieurs postes de responsabilité, dont celui de directeur du quotidien arabophone El Chaâb, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, directeur du Centre algérien d’information et de la culture, à Beyrouth, entre 1974 et 1976, conseiller auprès de l’Ambassade d’Algérie à Djeddah et représentant de l’Algérie auprès de l’Organisation de la conférence islamique (OCI). Belaïd Mohand Oussaïd a milité dans les organes du FLN avant de tenter en vain de créer le parti Wafa avec Ahmed Taleb Ibrahimi, entre 1999 et 2004. En 2009, il se porte candidat aux élections présidentielles. En 2012, il lance son parti (Le Parti pour les libertés et la justice). Il devient, en septembre de la même année, ministre de la Communication dans le gouvernement Abdelmalek Sellal pour quelques mois seulement. La nomination de ce spécialiste des médias comme porte-parole du Palais d’El Mouradia intervient au lendemain d’un communiqué publié par la Direction de la presse et de la communication de la présidence de la République, dans lequel il est indiqué que «l’information officielle est rendue publique à travers des communiqués de la Présidence de la République publiés par l’Agence Algérie presse service (APS) et que toute information rapportée en dehors de ce canal est à classer dans la case de la propagande et la désinformation». La Direction affirme que «les informations diffusées à travers tout média ou plate-forme de communication au titre de scoop ou dans le but de faire accroire à l’opinion publique à une proximité de la source d’information sans respect des lois de la République et des règles de la déontologie exposeront leurs auteurs aux peines prévues par les lois de la République». Elle rappelle que «le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé la tenue de rencontres périodiques avec la presse pour expliquer la situation générale, requérant la pondération et la sérénité, pour répondre à toutes les questions de la presse». La Direction de la presse et de la communication annonce, dans ce sens, «l’accréditation prochaine de journalistes de différents médias pour la couverture des activités présidentielles, sans distinction ou exclusion aucune». «La nouvelle République ne saurait être édifiée sans la concrétisation du principe de l’échelle des valeurs», conclut la même source.



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