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N° 125 - Dec 2019

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ELECTION PRESIDENTIELLE DU 12 DECEMBRE 2019

Pour une transition globale

Le candidat Ali Benflis présente son programme électoral

Par Farid HOUALI



Lors de la présentation de son programme électoral, sous le slogan « Notre serment pour l’Algérie», Ali Benflis affirme qu’il vise à «opérer un changement global dans la perspective de réaliser la modernisation politique, économique et sociale du pays», conformément aux demandes et aux aspirations justes et légitimes du Hirak pacifique et «à poser les fondations sur la base desquelles la République de la citoyenneté et l’Etat de droit devront être construits».Le candidat Benflis conçoit son programme comme un ensemble de priorités pour cette conjoncture notamment « en remettant au plus tôt l’Etat national en ordre de marche avec des institutions légitimes du sommet à la base, en enrayant l’effondrement économique et en mobilisant notre peuple autour d’un projet national dans lequel, il pourra, enfin, voir une traduction fidèle de ses ambitions, de ses aspirations et de ses espoirs».Á ce titre, le candidat propose «une transition politique sous la forme d’une transition démocratique» qui repose sur sept chantiers prioritaires: institutionnel, constitutionnel et judiciaire, ainsi que des chantiers sur les libertés, les droits, les médias, la moralisation de la vie publique en général et de la vie politique en particulier, ainsi que la gouvernance moderne».Pour Ali Benflis, il s’agit, en cette conjoncture, «de transformer l’Etat national en un Etat de droit et de refondre nos ordres constitutionnel et institutionnel de manière telle que l’exercice des responsabilités politiques soit soumis, en permanence, au contrôle, à la reddition des comptes et à la sanction».«Le mandat d’urgence nationale», proposé par Ali  Benflis, repose sur trois avantages essentiels : «la prise en charge effective des revendications légitimes de la révolution démocratique pacifique ainsi que leur satisfaction pleine et entière ; offrir un compromis juste et équilibré de même qu’une voie de conciliation possible, entre l’option présidentielle et l’option constituante, en les combinant en une seule et même démarche, ayant pour finalité la rupture radicale avec l’ancien régime politique,(...), enfin, celui d’assurer par des institutions, à la crédibilité, à la représentativité et à la légitimité irréprochables».Au volet économique, Ali Benflis propose un nouveau système économique qui règlemente, encadre et stimule la croissance économique et sociale de l’Algérie, affirmant que ce système met tout acteur économique et social devant ses responsabilités et permet l’association de l’effort intense visant l’élargissement du champ de création des richesses à la mise en place de structures et de règles plus efficaces et efficientes pour une répartition équitable des richesses.Quant au volet social, Ali Benflis a insisté sur la nécessité de poser les fondements d’un pacte social pour la société des libertés et des responsabilités aspirant à ériger l’investissement dans l’élément humain en véritable clé de voûte de la prospérité et de la croissance sociale, tout en se focalisant sur cinq priorités absolues: l’éducation, la formation, la santé, le logement, l’emploi et les jeunes. Le candidat saisit l’opportunité pour affirmer que son programme d’urgence est mû par le devoir de sincérité, de franchise et de vérité, insistant sur son caractère pragmatique, réaliste et réalisable.« Le programme d’urgence nationale est en droite ligne des revendications justes et légitimes de la révolution démocratique pacifique bâties autour de la République citoyenne et de l’Etat de droit. Ce programme d’urgence nationale est conçu, aussi, comme une course contre la montre qu’il nous faut impérativement remporter en remettant au plus tôt l’Etat national en ordre de marche avec des institutions légitimes du sommet à la base, en contenant l’effondrement économique, en enrayant la régression sociale et en mobilisant notre peuple autour d’un projet national dans lequel, il pourra, enfin, voir une traduction fidèle de ses ambitions, de ses aspirations et de ses espoirs », assure à ce propos Ali Benflis sur le site officiel de sa compagne. « Ce programme d’urgence nationale, je le conçois, enfin, comme un ensemble de priorités absolues, politiques, économiques et sociales sur lesquelles nous aurons à nous concerter et à nous entendre et autour desquelles nous aurons à réussir la mobilisation la plus large tant elles seront exigeantes en efforts et en sacrifices équitablement partagés », soutient-il, estimant que « l’Histoire nous enseigne que lorsque sonne l’heure des changements déterminants pour leur avenir les grandes nations savent unir les rangs, dépasser les clivages et se rassembler autour d’un projet national d’où elles tireraient les ressorts de leur marche en avant. Il n’y a pas de grand changement sans grand rassemblement ». « Nous ne sommes certainement pas dans un discours populiste. Nous nous engageons à travailler pour le peuple algérien », insistait Souhil Guessoum, conseiller économique du candidat Ali Benflis, lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. Évoquant les moyens de récupérer l’argent qui a été « volé », il a expliqué que des mécanismes juridiques existent pour récupérer cet argent.L’éducation est aussi une priorité du programme du candidat Ali Benflis. Souhil Guessoum a assuré à ce propos qu’après un audit, des consultations seront lancées avec tous les acteurs de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle et de l’Enseignement supérieur. L’apprentissage par le numérique est une piste envisagée.Abordant dans le détail les propositions politiques du candidat Ali Benflis, et qui se traduisent par la dissolution du Parlement, la révision des lois organiques portant sur le régime électoral et la révision de la Constitution suite à un large débat pour aboutir à « une constitution consensuelle », selon son conseiller économique qui a indiqué que la nouvelle mouture de la Constitution sera, dans un premier temps, soumise à la nouvelle Assemblée nationale et ensuite à un référendum.La nouvelle Constitution sera axée, selon Souhil Guessoum, sur la promotion et la protection des droits et les libertés, un nouveau paysage médiatique, notamment la dépénalisation du délit de presse, la moralisation de la pratique politique et de la vie publique. La séparation des pouvoirs sera au cœur de cette nouvelle constitution.Sans aller jusqu’à une refonte globale de l’actuelle Constitution, il a indiqué qu’au niveau institutionnel, nous irons vers un régime semi-parlementaire, avec la restauration de la fonction du chef de Gouvernement qui sera redevable devant le Parlement.Selon Souhil Guessoum, le privilège de juridiction sera supprimé. En d’autres termes, le président et les ministres redeviendront des justiciables comme les autres citoyens, pendant et après l’exercice de leurs fonctions. Quant aux parlementaires, ils bénéficieront d’une immunité parlementaire lors de l’exercice de leurs activités.
F. H.



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