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N° 125 - Dec 2019

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ELECTION PRESIDENTIELLE DU 12 DECEMBRE 2019

Un programme pour un pays émergent

Le candidat Azzedine Mihoubi

Par Yahia MAOUCHI



Déterminé à prendre en compte les préoccupations des Algériens, le candidat du RND, Azzedine Mihoubi, a qualifié son programme électoral d’ambitieux, réaliste et pratique, dont l’objectif est de restituer le pays au citoyen, de reconquérir sa confiance et de construire l’Algérie en tant que pays émergent grâce aux compétences existantes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, en vue de réaliser le développement souhaité possible. Toutefois, Azzedine Mihoubi appelle les Algériens à oublier la rente pétrolière et à aller vers les investissements dans les start-ups et les PME. Ainsi, s’exprimant, lors d’une conférence de presse, consacrée à la présentation des grandes lignes de son programme électoral, Azzedine Mihoubi indiquera que son programme comporte quinze engagements « stratégiques » axés, dira-t-il, sur la réalisation de réformes institutionnelles « profondes » et l’amélioration de la situation socio-économique du citoyen. Placé sous le slogan « Je m’engage », ce programme a été conçu, affirme M. Mihoubi, sur la base d’un diagnostic, tenant compte de la substance des revendications populaires, de la situation politique, socio-économique et culturelle du pays. Il propose plus de 200 mesures pratiques en vue de reconquérir la confiance du citoyen. Soulignant la nécessité de maintenir la liberté et de la soutenir avec de nouveaux acquis pour parvenir à la pleine souveraineté, Azzedine Mihoubi s’engage à soutenir le changement provoqué par le peuple algérien dans un mouvement populaire pacifique depuis le 22 février. « Nous allons nous appuyer sur des compétences dans tous les secteurs importants. » S’agissant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, M. Mihoubi souligne la nécessité de le réaliser dans un avenir proche, expliquant dans ce contexte : « Nous œuvrerons pour l’indépendance des pouvoirs législatif et judiciaire, tandis que l’exécutif contribuera à leur indépendance. » En outre, le candidat du RND assure qu’il renforcera « davantage les libertés politiques, collectives et individuelles qui ne portent pas atteinte aux coutumes et traditions ». M. Mihoubi relève néanmoins l’importance d’actualiser le processus démocratique et de l’appuyer avec plus de mécanismes créés de façon à ériger ces derniers en un facteur de progrès et non d’extrémisme. Azzedine Mihoubi s’engage aussi à réintégrer la femme algérienne dans la scène politique, tout en soulignant que le quota de la femme dans ce domaine a connu une baisse, en raison de la crise politique que connaît le pays. M. Mihoubi insiste également sur l’impératif de moderniser les institutions de l’Etat, pour être plus fortes, crédibles et légitimes. Le candidat affiche son engagement quant à la révision de la loi électorale et faire la formule adéquate à travers la consultation de toutes les parties. S’agissant du mandat présidentiel, M. Mihoubi promet de le limiter à un mandat et d’abolir le statut du premier magistrat du pays des fonctions du président de la République, au cas où il serait élu, tout en soulignant « la nécessité de créer un Etat des compétences éloigné du favoritisme ». Sur le plan médiatique, M. Mihoubi évoque la création d’un Conseil national des médias chargé de choisir ses membres, tout en soulignant qu’il n’y pas de démocratie sans liberté d’expression. Au volet économique, M. Mihoubi s’engage à mener des réformes « structurelles » qui permettent d’améliorer le climat des affaires et de réunir les conditions du décollage économique de l’Algérie, affirmant qu’il formera un gouvernement de compétences nationales, créera un grand ministère de l’Economie et qu’il promouvra le rôle consultatif du Conseil national économique et social (CNES). « Ce ministère englobera le secteur de l’énergie, les finances, et les TIC et l’industrie ». L’autre point évoqué par le candidat du RND a trait à « l’abrogation de toutes les lois » qui entravent les investissements, et qui n’ont pas de place dans une économie ouverte : « Nous avons fait fuir plusieurs investisseurs à cause des lois d’investissements, notamment celle de 51/49 qui doit être liée uniquement à des domaines stratégiques ». Au volet social, M. Mihoubi a mis en avant le principe de l’égalité en droits et chances en vue de bénéficier d’un service public de qualité, et s’engage à supprimer la subvention généralisée, à poursuivre les formules de logements réussies et à lancer un programme national dédié à la relance des hôpitaux. S’agissant de la politique extérieure, M. Mihoubi réitère la poursuite du soutien aux deux causes, palestinienne et sahraouie, et la consécration des principes sur lesquels est fondée la diplomatie algérienne, à savoir la non-ingérence dans les affaires internes des pays et le règlement des conflits internationaux par les voies pacifiques. En plus des considérations politiques et stratégiques, Azzedine Mihoubi estime que la diplomatie algérienne devrait être très active, notamment dans les pays développés, en matière de lobbying économique. « Nous allons augmenter notre présence diplomatique dans les pays développés afin de convaincre les grandes et les petites entreprises d’investir en Algérie », explique-t-il, mettant l’accent sur le fait que « les secteurs du tourisme, de la production et des services sont prometteurs ». « En outre, nous devons rechercher de nouveaux marchés pour les produits algériens, en particulier en Afrique », préconise-t-il. Enfin, les équipements de sécurité et d’énergie régionaux, ainsi que l’eau, les soins, l’environnement, l’accès à l’information, l’éducation et la liberté de pensée seront la priorité absolue de M. Mihoubi, pour renforcer à la fois l’État et la société. « Pour mettre en œuvre nos plans, nous devons travailler rapidement et efficacement », soutient-il.
Y.  M.



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