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N° 125 - Dec 2019

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ELECTION PRESIDENTIELLE DU 12 DECEMBRE 2019

« Il est temps de débarrasser le pays des effets de l’unicité de pensée »

Le candidat Abdelkader Bengrina à El-Djazaïr.com

Entretien réalisé par Tahar MANSOUR



El-Djazair.com : Tout d’abord permettez-nous de vous féliciter pour avoir passé avec succès le premier test de popularité en présentant votre dossier de candidature avec un nombre de signatures plus élevé que celui demandé par la règlementation. Ensuite, nous vous remercions pour avoir accepté de répondre à nos questions afin d’éclairer nos lecteurs sur votre personne et sur votre programme. Faites-nous connaitre un peu plus M. Abdelkader Bengrina, qui sera peut-être notre président.

 

Abdelkader Bengrina : Abdelkader Bengrina est un citoyen algérien, issu d’une famille novembriste révolutionnaire de la wilaya d’Ouargla dans le Sud algérien, l’une des plus importantes wilayas du point de vue économique. Ses études ont été diverses puisqu’il a commencé par les sciences physiques puis la charia avant d’opter pour la diplomatie et les relations internationales. Abdelkader Bengrina a vécu comme étudiant au milieu des souffrances du peuple algérien du fait des séquelles de la colonisation française, ce qui l’a poussé à rechercher sans discontinuer, en compagnie de l’élite du peuple, les solutions à même de mener l’Algérie vers des issues assurées et à se tourner vers l’activité syndicale qu’il n’a abandonnée ni étudiant ni fonctionnaire. Il a aussi, et dans le même sillage, été partie prenante à la lutte politique contre le parti unique puis, avec l’avènement du multipartisme, il a continué son action politique en participant à la création du parti Hamas présidé par feu Mahfoud Nahnah avant d’être membre du Conseil national de transition, dans le but de contribuer au retour de l’Etat aux institutions après la crise de l’arrêt du processus électoral et le début du terrorisme. En 1997, Abdelkader Bengrina est élu député de la wilaya d’Ouargla avant d’être nommé ministre du Tourisme sous le gouvernement Liamine Zeroual. Il sera réélu à l’APN pour la wilaya d’Alger en 2002 puis participera à la création du parti El Bina El Watani dont il sera le président en 2018 et sous la bannière duquel il est candidat à la présidence de la République après que le hirak engagé par le peuple algérien eut poussé le système Bouteflika vers la sortie. Le programme d’Abdelkader Bengrina s’intitule « l’Algérie nouvelle, un Etat fort sous contrôle populaire » grâce une économie rénovatrice et à un rééquilibrage des institutions républicaines par un nouveau mode de réforme politique profonde.

 

El-Djazair.com : Pouvez-vous nous dire, Monsieur, qu’est-ce qui a motivé votre volonté de vous présenter à l’élection présidentielle ?

 

Abdelkader Bengrina : Je pense que se présenter à l’élection présidentielle est un devoir national dans les circonstances actuelles de l’Algérie afin de contribuer à la continuité de l’Etat devant les tentatives d’arrêt du processus institutionnel que nous enregistrons et, de là, mener vers des périodes de transition dont nous ignorons l’issue. D’un autre côté, j’ai un programme réformateur qui permettra au pays de sortir de la crise dans laquelle il se trouve et de se diriger vers une stabilité économique et un développement durable. Aussi, je suis persuadé qu’il est temps de débarrasser mon pays des effets de l’unicité de pensée et de la gouvernance unique pour donner l’occasion aux capacités des jeunes et à l’élite scientifique de participer au développement.

 

El-Djazair.com : Le premier écueil concernant les signatures des électeurs à recueillir à travers au moins 25 wilayas avec au moins 1200 signatures par wilaya et que vous venez de passer avec succès, témoigne de votre popularité et de votre capacité à rassembler un nombre important de citoyens. Pouvez-vous nous dire comment vous vous y êtes pris ?

 

Abdelkader Bengrina : Vous savez, je n’ai pas commencé le militantisme seulement aujourd’hui et puis je fais partie du parti El Bina El Watani qui constitue une force politique possédant une organisation nationale et qui est aux côtés du peuple dans toutes les circonstances et non au moment des élections seulement. Grâce à cela, nous n’avons rencontré aucune difficulté pour la collecte des signatures, même si nous avons subi quelques gênes de la part de certaines administrations locales qui ne se sont pas encore débarrassées des anciennes pratiques, malheureusement.

 

El-Djazair.com : Lors de vos différentes sorties durant la période de pré-campagne, les jeunes sont très nombreux, beaucoup plus nombreux que les citoyens plus âgés, est-ce là un signe que vous comptez sur cette frange de la population, qui vous soutient d’ailleurs très visiblement, pour être élu à la magistrature suprême ?

 

Abdelkader Bengrina : Les jeunes constituent plus de 75% de la population algérienne et, pour cela, ce sont l’avenir du pays et le programme qui ne s’intéresse pas aux jeunes sera voué à l’échec. Malheureusement, la jeunesse algérienne a beaucoup souffert de la marginalisation et de la hogra et le moment est venu pour qu’elle retrouve sa place naturelle au sein du système national.

 

El-Djazair.com : Dans ce cadre, que comptez-vous faire pour les jeunes ? Et pour les autres franges ‘mahgourine’ de la population ?

 

Abdelkader Bengrina : Je m’efforcerai, pour ma part, de réaliser la promotion sociale de l’Etat car cela est une partie du programme de novembre et des gains de l’indépendance mais sans toucher à la valeur du travail et à la créativité. Ainsi, toutes les couches de la société auront leur place et leurs droits, particulièrement les femmes pour lesquelles nous allons réviser la durée du congé de maternité ainsi que la retraite, nous instituerons aussi une prime pour la femme au foyer car elle travaille aussi chez elle.

 

El-Djazair.com : Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

Abdelkader Bengrina : Notre programme, qui est un contrat entre nous et le peuple algérien, se concentre sur les axes de réforme politique, économique, sociale et de politique étrangère, axes tendant à asseoir un Etat fort qui se base sur une légitimité populaire sous le contrôle du peuple et, ainsi, j’organiserai des élections législatives et locales propres débarrassées des incidences de la fraude.

 

El-Djazair.com : A combien estimez-vous vos chances de remporter cette élection ?

 

Abdelkader Bengrina : Je pense que le peuple élira un président issu du Hirak, son programme est celui du Hirak et moi, personnellement, je suis intéressé par les aspirations du Hirak, et pour cela, je pense que mes chances sont les plus grandes pour que je remporte l’élection.

T. .M.

 



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