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N° 124 - Nov 2019

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Environnement

Un marché prometteur

Récupération des déchets et leur recyclage

Par Farid HOUALI



Pour l’édition 2019,  inaugurée par Fatma-Zahra Zerouati, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, en présence de  membres du Gouvernement et abritée par le Palais des expositions Pins Maritimes du 7 au 10 octobre dernier, pas moins de quatre-vingt  exposants venus de différentes régions du pays, dont des entreprises spécialisées dans le tri, le recyclage et la valorisation des déchets, ainsi que des associations activant dans le même domaine, ont pris connaissance des différentes facilités qu’accordent les différents dispositifs de l’Etat spécialisés en la matière, notamment l’investissement dans l’économie circulaire. Dans une déclaration à la presse, la ministre, qui visitait les stands du Salon, a indiqué que la problématique de l’approvisionnement constant en déchets figurait parmi les principales difficultés se posant devant les jeunes désirant investir ce domaine. Mme Zerouati, qui a reconnu l’existence de dysfonctionnements au niveau de la collecte des déchets à l’échelle nationale, a appelé à l’impérative conjugaison des efforts afin d’assurer la matière première (tous types de déchets) aux jeunes porteurs de projets assurant que le travail se poursuivait pour aplanir les difficultés rencontrées par les jeunes investisseurs dans le domaine du recyclage et de la valorisation des déchets.

« Les opérateurs activant dans le domaine du recyclage trouvent des difficultés dans le traitement de certaines matières dangereuses », a-t-elle ajouté, assurant que les efforts sont « consentis pour palier ce problème, à travers notamment l’amendement du décret régissant l’activité de l’exportation des déchets dangereux ». Aussi, la loi de finances 2020 prévoit une hausse de la valeur de la taxe sur la pollution pour inciter les industriels à se débarrasser de leurs déchets au lieu de les garder, évitant les retombées négatives sur la santé publique. La taxe de pollution proposée dans le projet de loi de finances (PLF) 2020 a été en effet, rehaussée de 13.000 dinars à 26.000 dinars.

 Les entreprises économiques, les usines et les unités de production qui n’éliminent pas régulièrement leurs déchets stockés auront de ce fait à payer le double de ce qu’elles avaient l’habitude de payer pour leur élimination. Selon Mme Zerouati, le rehaussement du montant de cette taxe favorisera une prise de conscience chez les entreprises, en particulier celles qui produisent de grandes quantités de déchets et de gaz polluants, en les incitant à prendre les mesures et les dispositions nécessaires pour leur réduction. Le relèvement de cette taxe vise à sensibiliser tous les intervenants dans le secteur (entreprises, particuliers et société civile) pour les amener à œuvrer pour la préservation de l’environnement et la valorisation de leurs activités.

 

Une activité porteuse, mais méconnue

Le secteur de la récupération des déchets et leur recyclage, peu exploité en Algérie mais très porteur et prometteur, doit être vulgarisé et encouragé davantage pour drainer plus de jeunes investisseurs, déplorent des représentants d’institutions et operateurs activant dans ce domaine.

Interrogés par l’APS au Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets «Revade 2019», les intervenants étaient unanimes quant à la nécessité «de sensibiliser la population en général et les jeunes investisseurs algériens en particulier sur l’intérêt et la richesse que pourrait engendrer le secteur de la récupération des déchets et leur recyclage», ajoutant que l’impact de l’instauration d’une économie circulaire à travers ces activités sera à la fois environnemental et économique.

Dans ce sens, Karim Ouamane, directeur général de l’Agence nationale des déchets, a fait état de 34 millions de tonnes de déchets produits par l’Algérie annuellement. « Un faible taux compris entre 7 et 10 % seulement est recyclé et valorisé », a-t-il regretté notant un peu plus loin que cette quantité de déchets non récupérée actuellement représente une « valeur marchande estimée à 40 milliards de dinars et peut également créer 100.000 emplois dont 40.000 directs».  Dans ce sens, Mme Sarah Tazzerout, responsable de la communication de l’Agence nationale des déchets, a souligné que cela est dû «à l’absence de sensibilisation et d’informations sur ce secteur constatée auparavant». Á cet effet, la responsable a expliqué que depuis quelques années, et grâce à la stratégie tracée et aux objectifs fixés par les pouvoirs publics, «un grand travail a été fait»  en direction du citoyen pour la séparation et le tri des déchets ménagers, et aussi au profit des porteurs de projets et les jeunes en matière d’encouragement de l’investissement, «afin qu’il y ait une prise de conscience sur l’importance, les avantages et les gains que pourraient engendrer ces activités». Dans ce sens, Mme Tazzerout a estimé que «les résultats des efforts commencent à se faire sentir sur le terrain», à travers notamment le nombre d’entreprises qui activent dans le secteur de la récupération et de la valorisation des déchets qui se multiplient et les jeunes porteurs de projets qui s’intéressent davantage à cette activité naissante en Algérie. Un constat partagé par Samir Benamira, responsable de la communication du Centre national du registre de commerce (CNRC), qui a affirmé que près de 10.000 entreprises activent dans le domaine de la protection de l’environnement, dont des entreprises spécialisées dans le recyclage des déchets de verre, de plastique et de carton, à travers tout le territoire national. Expliquant que ces activités auront un impact «très positif» sur l’économie nationale à travers la création de richesse et d’emplois, le responsable a appelé les jeunes investisseurs à «se pencher davantage sur ce genre d’activités porteuses en Algérie, car peu exploitées», en  précisant que le CNRC accompagne les jeunes investisseurs dans la création de leur entreprises à travers plusieurs mesures facilitatrices et avantages commerciaux et fiscaux accordés par l’Etat et contenus dans les textes régissant ces activités.

En matière de technologies, d’innovation et de créativité, Rafik Dali-Bey, représentant de l’Agence nationale de valorisation de la recherche et du développement technologique (ANVREDET), a affirmé pour sa part, que son agence est également disposée à accompagner les jeunes investisseurs dans le secteur de la récupération et de la valorisation des déchets, notamment les porteurs de projets et idées innovantes, soulignant que «l’innovation est la clé de la réussite». Parmi les missions de l’agence dans ce domaine, le responsable a cité notamment le transfert des nouvelles technologies vers le monde socio-économique, la dynamisation de l’économie par l’innovation, le soutien et l’accompagnement des projets innovants, la création d’une dynamique permettant l’émergence d’entreprises innovantes, ainsi que la création d’emplois.

Á cet effet, il a invité les porteurs de projets dans le domaine de la valorisation des déchets de se rapprocher de l’Agence qui accompagnera la création de l’entreprise, en termes de technologie et d’innovation, jusqu’à ce qu’elle soit opérationnelle sur le marché.

F. H.



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