Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 119 - Fev 2019

Go

EDITO

Abdelmalek Sellal, l’homme du consensus

AMMAR KHELIFA



Il est des hommes, dont la simple évocation de leur nom apaise les tensions, calme les esprits et inspire la paix, quelles qu’en soient les circonstances. Abdelmalek Sellal est sans aucun doute l’un d’eux. Son retour au premier plan, après un retrait, qui a duré environ deux ans, a eu un effet modérateur sur une scène politique agitée et fébrile. Dès qu’il a été annoncé partant pour une nouvelle mission, en tant que directeur de campagne de Bouteflika, avant que celui-ci n’exprime officiellement son intention de briguer un cinquième mandat, même ses détracteurs les plus acharnés n’ont pas osé l’attaquer frontalement, et ont dû faire preuve de retenue à son égard. Ce n’est pas tant l’envie de le descendre en flammes, qui leur manque ; ils l’auraient sûrement fait dans d’autres circonstances, mais cette fois, ils ont dû sentir que le rappel de cet homme, en ce moment, procède d’une volonté majeure, qui veut faire passer le message suivant à l’opinion publique : à situation exceptionnelle, homme exceptionnel ! Et Abdelmalek Sellal est tout à fait compatible avec ce rôle, dans une conjoncture sensible à tous les niveaux. N’étant ni un parvenu ni un opportuniste, qui doit son ascension à une quelconque allégeance clanique, mais un homme d’Etat, dont la personnalité a toujours échappé aux clivages, qui a gravi tous les échelons de la responsabilité depuis la base, sa mobilisation aujourd’hui a fait taire tout le monde. Etant persuadés que le retour sur la scène de celui qui s’est distingué tout au long de sa carrière par une disponibilité « illimitée » à servir l’Algérie et les Algériens, ses adversaires ont été obligés d’opter pour le « mode silencieux ». Homme d’Etat au sens pragmatique du terme, il s’est toujours appliqué à remplir ses missions, loin des querelles politiciennes et des adeptes des polémiques idéologiques stériles. Si en matière de discours politique, ses déclarations se comptent sur les doigts d’une seule main, ses interventions en ce qui concerne l’évolution des plans de développement et les attentes sociales illustrent de manière éclatante l’ancrage de l’homme et son attachement au pays profond, qu’il connait parfaitement. Il est utile de rappeler dans ce contexte qu’il fut chef de daïra à Arzew et à Tamanrasset avant d’être promu au poste de wali ; une fonction qu’il a assumée à Boumerdès, à Adrar, à Sidi Bel Abbès, à Oran et à Laghouat. Il a été successivement ministre de la Jeunesse et des Sports, ministre des Travaux publics, ministre des Transports et ensuite ministre des Ressources en eau où il est demeuré plus de neuf ans dans ce poste, durant lesquels il a géré un budget colossal évalué à plus de 22 milliards de dollars avec une grande rigueur et dans la transparence la plus absolue. Ses réalisations en tant que ministre des Ressources en eau devraient faire réfléchir tous ceux qui persistent à spéculer sur sa personne ; tantôt on le décrit comme « un client sérieux pour l’avenir », et tantôt on lui prête une ambition démesurée et une aspiration secrète à occuper le plus haut poste au sein de l’Etat. Preuve que l’homme dérange, même après son départ du gouvernement, le 25 mai 2017, on a continué à supputer sur sa situation, à coups de rumeurs et d’attaques visant à entacher la réputation de sa famille. Mais sûr de lui, Abdelmalek Sellal a adopté une attitude responsable, en restant à l’écart des bruits de salon, qui lui prédisaient des destinées, selon les convenances aléatoires de leurs auteurs à l’imagination débridée. Il est resté de marbre, fidèle à sa réputation d’homme de terrain, dont la culture d’Etat a immunisé contre toutes les impuretés dégagées par les cercles de propagande. En effet, ses multiples fonctions ministérielles, du 15 décembre 1998 au 3 septembre 2012, qui lui ont surtout permis de s’imprégner de la réalité nationale et d’être mieux informé des préoccupations citoyennes, l’ont doté d’une exceptionnelle capacité de résistance face au fatalisme véhiculé par les colporteurs de calomnies et les pollueurs des espaces vitaux. Sa spontanéité déroutante, qu’il a eu tout le temps de revoir, afin d’accéder à une meilleure emprise sur son état émotionnel, son honnêteté innée et sa sincérité intégrale, ont fait qu’aujourd’hui son mérite soit reconnu, en haut lieu et, fait rare de nos jours, parmi une population pour laquelle il voue une appartenance et une loyauté à toutes épreuves. Son implication directe dans la concrétisation du plan de sécurisation hydrique, hissé par le programme initié par le président de la République en priorité nationale, au même titre que la préservation de la stabilité sociale et la protection de l’intégrité territoriale, l’a placé dans une trajectoire, qui le met aujourd’hui au-dessus des élucubrations. Cet homme a l’Algérie dans le sang. Ça se voit à travers son comportement simple débarrassé de toute fausse apparence, son langage accessible, son ébauche d’énergie phénoménale, ses réflexions mesurées et sa manière spontanée d’aborder les questions les plus brûlantes de l’actualité. A ceux qui ont la mémoire courte ou infectée, il y a lieu de leur rappeler son déplacement en Libye, le 29 décembre 2013, au moment où la plupart des hauts responsables étrangers ont rayé ce pays de leurs tableaux de bord, pour des raisons de sécurité. Même BHL, l’intellectuel faussaire n’y avait pas mis les pieds depuis septembre 2011 !  C’est dire depuis qu’il avait mis le feu aux poudres. Son voyage en Libye dans un contexte de guerre a renforcé davantage l’image d’un authentique militant de la cause algérienne, quels qu’en soient les risques. Il occupait à l’époque le poste de Premier ministre. Cet épisode de sa carrière a été plus ou moins occulté par les médias, mais il n’a pas échappé à l’instinct du citoyen simple, qui y a vu une dimension symbolique à insérer dans le registre des actes à méditer. Sa conception du patriotisme est née de son contact presque permanent avec une société en pleine mutation. Il n’a guerre besoin d’en faire plus pour convaincre les Algériens de son intégrité morale et de sa détermination à joindre les actes aux paroles, tout en diffusant de lui-même l’image de quelqu’un qui a appris à tempérer ses ardeurs. « Peu mieux faire. » C’est certainement l’appréciation qu’il affectionne le plus, car elle cadre mieux avec sa modestie naturelle. La mobilisation des eaux conventionnelles et non-conventionnelles dans le cadre de la réalisation de grands complexes hydrauliques (barrages, grands transferts, dessalement de l’eau de mer, réhabilitation des stations d’épuration des eaux usées) et la rénovation des réseaux d’AEP de douze grandes et moyennes villes n’ont pas altéré son caractère réservé. En tant que ministre des Ressources en eau, il a accompli de vrais miracles, en menant à terme des projets gigantesques, à l’instar du grand transfert hydraulique de la nappe albienne d’In Salah vers Tamanrasset, sur une distance de plus de 700 kilomètres. Et c’est aussi sous sa tutelle que son secteur a épargné à l’Algérie de recourir à l’importation de l’eau potable. Sa gestion du secteur de l’hydraulique a permis à l’Algérie de se donner les moyens pour qu’à l’avenir sa population et son économie soient assurées d’un approvisionnement régulier de cette substance vitale au développement socio-économique. Malgré ces réalisations, qui le placent parmi les personnalités les plus performantes durant ces deux dernières décennies, il est resté le même, attentif à son entourage et attentionné vis-à-vis de la grande masse, particulièrement la population du Sud avec laquelle il partage la patience, la résistance et l’attachement aux racines. Trois directions de campagne présidentielle (2004, 2009 puis 2014), quatre portefeuilles ministériels, et  presque quatre ans au poste de Premier ministre n’ont pas eu raison de son endurance. Il est donc clair que son retour après une éclipse relativement courte ne soit pas assimilé à une réhabilitation, mais la traduction d’une confiance placée en lui. Cette confiance, il la doit en premier lieu à sa constance dans les relations humaines d’une manière générale et à sa fidélité au président de la République, particulièrement. Celui-ci a toujours accordé une importance capitale à cette qualité fondamentale, sur la base de laquelle il fixe ses choix sur les hommes. Abdelmalek Sellal est de ceux-là. Chez lui, la fidélité passe avant l’ambition personnelle ; et c’est ce que Bouteflika apprécie le plus. La trahison, la félonie et la fourberie, il est capable de les détecter sans peine. Ceux qui considèrent donc l’ancien Premier ministre comme le plus fidèle des fidèles n’ont pratiquement rien inventé.               

AMMAR KHELIFA
amar.khelifa@eldjazaircom.dz 



Les plus lus

Tassili Airlines
Par Tahar MANSOUR.

Achour Abboud, P-DG de la BNA
Entretien réalisé par Yahia MAOUCHI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF