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N° 105 - Mai 2017

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EDITO

Mille et un sacrifices

Par AMMAR KHELIFA



Lorsque le 1er Novembre arrive, tous les haut-parleurs de l’opportunisme arrêtent leur diffusion et se taisent. Cette date divinement humaine a le mérite, en ces temps de reniements et de retournements, de venir chaque année rappeler aux Algériens comment leurs aînés ont réussi à remettre les pendules à l’heure algérienne, le 1er novembre 1954 à 00 heure, en renversant la table de l’histoire sur la tête de la France coloniale et de l’OTAN. Parmi les hommes qui ont, durant cette nuit du destin, forcé le sort au sort, des dizaines sont restés dans l’anonymat le plus total, non pas parce qu’ils ont été oubliés par l’Indépendance, mais parce qu’ils avaient donné leur âme et leur esprit à une cause qu’ils ont ratifiée sous le regard d’un monde libre sonnant le glas de l’occupation. Ils ont prêté le serment du sacrifice et l’Histoire les a assermentés. Ces moudjahidine de la première heure, les chouhada et les martyrs encore en vie, qui ont réussi à réinventer la résistance et l’héroïsme, ont pu déjouer les pièges de la gloire factice, en se mettant à l’écart de tous les bruits d’une époque animée par leurs enfants, tout en veillant sur la quiétude d’un pays qu’ils aiment, respirent et transpirent. De par leur attitude ô combien noble et pleine d’humilité, ils ont atteint en un clin d’œil les cimes des Aurès, du Djurdjura, de l’Ouarsenis, des Babors, des monts de Tlemcen et du Hoggar. Au fond, c’est l’Histoire avec un immense H qui les a élus au rang de détenteurs exclusifs d’une très longue tradition de lutte plongeant ses racines dans les entrailles d’une terre sacrée au sens propre du terme. Aujourd’hui, nous ne pouvons que nous incliner à la mémoire de ces hommes qui ont vaincu le désespoir et l’anéantissement physique et mental. Notre geste n’a rien de conjoncturel, puisqu’il est en nous ; et nous l’accomplissons dans la vie de tous les jours. Chaque jour qui passe est pour nous un 1er Novembre 1954, gris et pluvieux, mais dont l’ondée est annonciatrice de lendemains meilleurs. Il s’agit d’un rituel que nous assumons fièrement et d’où nous tirons notre volonté d’exister et de vivre libres dans un pays libre. C’est pourquoi, en ce 1er Novembre 2015, qui intervient dans un contexte charriant ses contraintes économiques et ses défis, nous n’avons trouvé aucune difficulté à nous inspirer de la bravoure de nos pères et de nos mères, pour faire taire tous les oiseaux de mauvaise augure, en leur exprimant notre détermination inébranlable à relever tous les défis et à réaliser le sursaut qui comblera de bonheur tous les faiseurs de Novembre 1954. Crise économique, austérité, morosité du climat des affaires et récession. Tous ces intitulés ne nous font pas peur. La voie du salut, c’est nous qui la choisirions et en toute souveraineté. Nous sommes un peuple qui ne recule jamais devant l’adversité. Le travail de sape effectué par les donneurs d’alerte, réels et virtuels, ne perturbe guère notre tranquillité. Lorsque nos pères avaient secoué les certitudes coloniales, le 1er Novembre 1954 ou le 20 août 1955, leur colère était suffisamment forte pour dire à l’occupant qu’il ne s’agissait pas d’une révolte de la faim, mais le signal du début de la fin d’un cycle arbitraire et meurtrier qui a duré 125 ans. C’est à cette image incrustée dans notre mémoire vive que nous nous référons aujourd’hui et demain. Nous sommes des créateurs de l’espoir devant lesquels les porte-voix de la déprime ont intérêt à adopter un profil bas conforme à leur véritable dimension, car contrairement à ce que l’on est en train de leur « ingurgiter », l’Histoire se chargera de leur démontrer, chaque fois qu’ils le voudraient d’ailleurs, que nous avons toujours été les garants uniques de notre propre destinée, et nous le sommes encore. Que notre pays se rassure, mille et un sacrifices lui sont réservés. Gloire à nos pères et à nos mères qui ont su préserver la flamme de Novembre et gloire à l’Algérie éternelle.                 
                          

Par AMMAR KHELIFA
amar.khelifa@eldjazaircom.dz 



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