Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 107 - Août 2017

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EDITO

Reconnaissance et fierté

Ammar KHELIFA



Il ne se passe pas un jour sans qu’un média ou un responsable occidental de haut rang ne fasse l’éloge de l’Armée nationale populaire en mettant en exergue son professionnalisme et ses capacités opérationnelles. Quelles que soient les motivations qui se cachent derrière cette reconnaissance quelque peu tardive, cela ne diminue en rien ni le mérite de l’ANP, ni notre fierté en tant qu’Algériens de pouvoir compter sur une véritable institution dont le rôle salutaire pour la préservation de l’unité nationale et la sauvegarde de l’ordre républicain n’est plus à démontrer. A vrai dire, nous n’avons pas attendu ce revirement occidental, dont certains aspects demeurent encore suspects à nos yeux, car ils véhiculent des points de vue qui ne sont pas forcément à l’avantage de notre pays. Cette inflation d’articles, d’analyses et de témoignages provenant d’Europe et d’Amérique nous commande à forte raison de rester extrêmement vigilants, et de ne pas tomber dans le piège de l’euphorie.
Entre nous et cette armée issue de nos rangs, il existe des liens forts ; des liens qu’aucune puissance ne pourrait « corrompre » car ils ne sont ni importés ni imposés par une quelconque conjoncture. Entre nous et cette armée issue du peuple, il est surtout question d’appartenance aux mêmes idéaux hérités de la glorieuse ALN, et non d’un contrat social qui nous a été imposé par une situation exceptionnelle. En décembre 1992, l’ANP, et avec elle les autres corps de sécurité, était intervenue pour mettre fin à un infantilisme politique criminel qui allait livrer l’Algérie et les Algériens à une « clique » d’obscurantistes manipulés de l’extérieur. La terreur qui s’était abattue par la suite sur le peuple algérien, n’épargnant ni femmes ni enfants, a montré clairement au monde entier le vrai visage d’une nébuleuse dominée par sa frange la plus fasciste. A cette époque, la plupart des capitales occidentales ne s’étaient pas contentées de condamner l’intervention de l’armée algérienne, mais avaient soumis l’Algérie à un odieux embargo, en la laissant combattre seule un terrorisme dont elles ne voulaient pas reconnaître la nature. Londres qui avait auparavant opposé une implacable intransigeance dans le traitement du dossier Bobby Sands, un indépendantiste irlandais mort en prison après plus de soixante jours de grève de la faim, est devenue subitement une immense base arrière où l’on collectait de l’argent au profit des criminels du GIA et du MIA.
En dix ans, nous avons eu suffisamment de temps pour mesurer l’engagement patriotique de notre armée, de nos services de renseignements, de notre gendarmerie et de notre police dans une lutte héroïque à laquelle la population avait adhéré spontanément. Nous sommes donc mieux placés que quiconque pour rappeler à certains étrangers qui reconnaissent aujourd’hui que « l’Algérie restera bien dans l’histoire comme le premier pays qui a disqualifié et brisé les reins des islamistes et du terrorisme international », que nous savons distinguer entre un témoignage sincère et une insertion factuelle dont les auteurs procèdent soit par opportunisme ou pour justifier le cas de l’Egypte. Oui, l’Algérie est bel et bien le premier pays qui a réussi à enlever la couverture religieuse sous laquelle s’est drapé l’intégrisme avant de le mater militairement et politiquement. Cette victoire que nous sommes tenus de consolider davantage par notre cohésion porte bien évidemment, et en plus de la griffe des services de sécurité, celle des glorieux moudjahidine, ces lions des djebels qui ont bravé le poids des années en contribuant efficacement au nettoyage des maquis souillés par les hordes de sanguinaires. Ces vieux maquisards à la croyance pure qui ont donné un sens au patriotisme et au sacrifice n’ont nullement tergiversé lorsque l’Algérie les a sollicités contre ses agresseurs assoiffés de sang et de pouvoir. L’appel de la nation meurtrie a été entendu aussi par ces centaines de patriotes dont certains ont abandonné volontairement confort et autres opportunités mercantiles pour se consacrer à la lutte antiterroriste, en apportant à la notion d’autodéfense toutes ses lettres de noblesse. A ces hommes dont l’héroïsme mérite d’être inscrit en lettres d’or sur le fronton de la République, il faut ajouter les éléments de la garde communale, ce corps de sécurité qui a donné un bel exemple de courage et envers lequel nous ne pouvons que témoigner notre reconnaissance renouvelée. Tous ces lions ont combattu un terrorisme abject qui n’avait rien à voir avec l’Islam ou l’islamisme, en tant que doctrine politique et sociale respectueuse des principes et des valeurs humaines. De grâce, ne faisons pas d’amalgame !
 

Par AMMAR KHELIFA
amar.khelifa@eldjazaircom.dz



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