Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

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EDITO

Manger la bouche pleine

Ammar KHELIFA



Lorsqu’elle écrit sur l’Algérie, Amnesty International n’hésite pas à tordre le   cou à la morale, particulièrement si celle-ci ne s’accommode pas avec les intentions et les arrière-pensées des sponsors de Salil Shetty, militant de luxe et actuel directeur général de cette véritable multinationale des « droits de l’Homme ». Quand il s’agit de critiquer l’Algérie et ses institutions, les nababs d’Amnesty International, dont beaucoup sont plus riches et mieux introduits que certains chefs d’Etat du tiers-monde, s’excitent et crépitent jusqu’à en perdre et le souffle et la notion du temps et les bonnes manières. Il faut bien qu’ils justifient l’opulence et le faste de leur existence contrastant avec la vie impossible de milliers de bénévoles qui croient encore que le Père Noël est un adhérent d’Amnesty International, en « épinglant » des pays qui font lire et élire ! Des pays qui comptent dans le concert des nations, des pays qui font l’actualité. Et qui mieux que l’Algérie pourrait remplir ce rôle ? Après tout, ces Algériens, dont la fierté cause énormément de soucis aux seigneurs de la bourse et provoque des insomnies aux régisseurs de la planète, sont, au goût de certains, trop intransigeants par rapport aux questions liées à leur souveraineté et à celle des autres aussi. Ils refusent qu’on leur dicte leur conduite, et il leur arrive même de hausser le ton au moment où d’autres courbent l’échine. Bien sûr, on évite de le reconnaître publiquement, mais on l’avoue à demi-mot et à contrecœur, loin des yeux et des caméras. Pour qui se prennent-ils ces Algériens qui refusent de se plier à la loi des puissants de ce monde ? Pour des Algériens tout simplement qui conseillent poliment aux patrons d’Amnesty International de faire preuve d’un peu plus d’objectivité en élaborant des rapports moins sélectifs.
C’est vrai que Salil Shetty et son « harem » se sentent tenus par la reconnaissance du ventre envers leurs « bienfaiteurs » de l’ombre, et c’est paradoxalement tout à leur déshonneur, mais cela explique-t-il pour autant qu’ils fassent de l’Algérie, de son régime, de ses services de renseignement et de sa police un abcès de fixation ? Assurément non. Dénoncer une prétendue « violence des forces de sécurité algériennes », affirmer sans la moindre preuve tangible que « plusieurs personnes ont été tuées » lors des manifestations, ménager des terroristes qui n’ont jamais fait mystère de leur identité criminelle en les évoquant avec des termes nuancés et orientés dans le style « des membres présumés » d’Aqmi, entretenir le doute sur la manière avec laquelle ils ont été mis hors d’état de nuire en soulignant au conditionnel qu’ils « auraient été tués dans des circonstances peu claires », suggérer à l’opinion qu’ils auraient fait l’objet d’« exécutions extrajudiciaires » et rapporter, enfin, avec une légèreté déconcertante, que les Algériennes « continuaient de subir des discriminations dans la législation et dans la pratique », c’est carrément de la mauvaise foi, pour ne pas dire une atteinte grave au bon sens. Lors de toutes les manifestations qui ont eu lieu ces deux dernières années en Algérie, tout le monde a pu constater, sauf ceux qui ne voulaient pas voir, que la police algérienne n’a pas seulement privilégié le dialogue avec les manifestants, mais s’est aussi gardé de faire usage de tous les moyens conventionnels utilisés par les polices des pays avancés. Le général-major Abdelghani Hamel aurait certainement accepté d’offrir aux représentants d’Amnesty International une visite guidée parmi les policiers qui ont failli perdre la vie en voulant préserver celle des manifestants, s’il avait été sollicité. La DGSN n’a absolument rien à cacher. C’est plutôt le cartel AI qui a mis sa crédibilité à mal en fermant les yeux, à titre d’exemple, sur l’indescriptible calvaire du poète qatari Mohamed Ibn Al-Dheeb Al Ajami, condamné à perpétuité à cause d’un poème, en se taisant au sujet de l’effroyable pillage des objets d’art qui a accompagné toutes les interventions de l’Otan en Afghanistan et en Irak, en faisant la sourde oreille devant l’indignation plus que légitime exprimée par des milliers de bénévoles outragés par les « énormes » indemnités de départ payées à certains anciens dirigeants, ou en imposant le black-out total sur le véritable rôle de sa représentante aux USA, une habituée du Wall Street Journal et du Département d’Etat. Quant aux Algériennes, inutile de rappeler à AI que sur les 462 sièges de l’Assemblée populaire nationale, 145 sont occupés par des femmes ; que le nombre des femmes actives en Algérie a triplé en 20 ans ; que 60% des nouveaux diplômés de l’université sont des femmes et qu’elles sont largement majoritaires dans l’enseignement, la santé ou au sein de la corporation journalistique ; car au niveau des hautes sphères d’AI, on a beau mener une vie royale, on n’a pas réussi pour autant à se débarrasser de certaines mauvaises habitudes comme « manger la bouche pleine », par exemple.          

Par AMMAR KHELIFA
amar.khelifa@eldjazaircom.dz



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