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N° 107 - Août 2017

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EDITO

Le printemps des cimetières

Ammar KHELIFA



Deux ans après la chute de Ben Ali et son départ précipité et « organisé » vers son asile wahhabite, les Tunisiens sont toujours à la recherche d’un « printemps » dont ils n’ont pas encore vu le moindre bourgeon. La Tunisie d’Ennahda, qui a vendu Baghdadi Mahmoudi à la Libye d’Abdeljalil contre le versement de 100 millions de dollars dans les caisses du parti islamiste tunisien, se distingue plutôt par un climat politique délétère, une violence cauchemardesque et un trafic d’armes laissant présager des lendemains incertains. Deux années après le déboulonnement de Moubarak, l’Egypte de la « confrérie » continue de compter ses morts et ses blessés dans un contexte marqué par les exacerbations communautaires et une crise économique sans précédent que les pétrodollars du Qatar et de la Libye n’arrivent pas à atténuer. Un an et demi après la fin tragique de Kadhafi, l’ancienne Jamahiriya est livrée au diktat des milices armées sous l’œil bienveillant de la CIA, du MI 5 et du Mossad. Dans un Yémen écrasé par le poids de la misère et des clivages tribaux, ce sont des sous-traitants travaillant pour le compte du Qatar qui se livrent à un recrutement massif de jeunes yéménites pour les envoyer dans un enfer syrien dont le feu risque d’embraser à tout moment le Liban et la Jordanie. S’il faut ajouter à cette liste un Irak meurtri, un Soudan divisé, une Cisjordanie prise en otage par des clans affairistes infiltrés par les agents du Shin Bet israélien, une Bande de Ghaza isolée du reste du monde, un Maroc dominé par les narcotrafiquants, une Mauritanie ensablée dans le sous-développement et quelques monarchies pétrolières entièrement vassalisées qui ne survivraient pas un jour en dehors du parapluie américain, il ne reste donc plus que l’Algérie qui se retrouve ainsi dans l’obligation de renforcer ses capacités de défense, politiques et militaires, et de batailler seule afin de ne pas céder aux pressions multiples exercées sur elle par les concepteurs du « Grand Moyen-Orient ».  Il s’agit d’une réalité que seuls les intellos de salons embrigadés et « envoutés » par les théories de Bernard Lewis, ancien consultant au Conseil de sécurité nationale américain, et Samuel Phillips Huntington, auteur du Choc des civilisations, ne veulent pas voir. Il s’agit d’une vérité que refusent d’admettre, pour des raisons évidentes, sonnantes et trébuchantes, Bernard Henri Levy, l’intellectuel faussaire, Tariq Ramadan, petit-fils de Hassan Al Banna, et El Qaradawi, le grand mufti d’Al Jazeera. Pour étayer le fait que l’Algérie se trouve dans le collimateur des commanditaires en chef de la « diplomatie numérique » et des « insurrections digitales », et de leurs agents bédouins, il suffit de reprendre les menaces des uns et des autres. Lakhdar Brahimi, Mourad Medelci ou Nadir Larbaoui en ont suffisamment entendu dans le cadre de leurs missions respectives. Il y a de quoi remplir un livre !
Pourquoi tant d’acharnement contre un pays qui n’a fait que rappeler à tout le monde la nécessité de se conformer aux textes qui régissent les relations internationales ? Ce n’est certainement pas BHL qui va nous donner la réponse ou nous expliquer, par la même occasion, pourquoi il existe tant de similitudes entre les troubles qui avaient secoué jusqu’en 2005 des pays alliés de la Russie comme la Serbie, la Géorgie ou l’Ukraine, et les soulèvements « spontanés » qui ont eu lieu dans certains pays arabes ; puisqu’il est payé pour répéter uniquement ce que lui dictent ses mentors qui financent, mettent en place et encadrent les « cyberdissidents » formatés par Freedom House. Et si le désordre planifié qui règne jusqu’à aujourd’hui en Egypte et en Tunisie avait été programmé et mis en œuvre rien que pour couvrir la mainmise des multinationales sur les hydrocarbures de la Libye ! Bien évidemment, n’étant nullement habilités pour nous parler de cette huile de haute qualité qui se trouve dans le sous-sol du pays d’Omar Al Mokhtar et dont l’industrie occidentale a tant besoin, BHL, Tariq Ramadan, le nouveau protégé de Doha, ou Al Qaradawi se limitent à leur mission de croquemorts chargés par leurs maîtres de nous convaincre que le printemps naît dans les cimetières.

Par AMMAR KHELIFA
amar.khelifa@eldjazaircom.dz



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