Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 116 - Oct 2018

Go

Douanes

Facilitations douaničres et promotion des échanges

Par El Yazid DIB



Ceci était le temps fort de l’allocution de Mohamed Abdou Bouderbala face à ses cadres. Il ne s’empêchait d’intervenir à chaque fois qu’une occurrence d’une présentation le somme, dans le débat, à faire des mises au point. Il était intransigeant face à ces équipes. Il suscitait en même temps de l’émoi et de la confiance. Il était en face de ceux et celles, staff d’encadrement territorial, qui gèrent un effectif global de 19 847 agents des douanes à la fin de 2012. Cet effectif était de l’ordre de 15 882 éléments au 31 décembre 2009. C’est à cette armée de fonctionnaires, citoyens algériens qui ressentent joies et peines et votent comme tout un chacun, qu’échoit la destinée de mener, avec d’autres, à bon port le système de consolidation dynamique et évolutif, de défendre les intérêts de la nation et de faire avancer l’institution nationale vers les normes universelles.
Pour répondre aux défis de la mondialisation de l’économie, de la libéralisation des échanges internationaux et de la promotion de l’investissement, l’administration des douanes s’est engagée dans une politique de partenariat tant avec les entreprises économiques qu’avec les autres intervenants dans la chaîne du commerce extérieur. Ceci à travers un programme de modernisation ambitieux. Cette politique repose essentiellement sur les concepts de concertation et de facilitation tendant à l’assouplissement des procédures afin d’être au service de la promotion des échanges commerciaux. ’est justement sous les auspices d’un tel générique que s’est tenue le 16 avril 2013 et pour trois jours la VIe Conférence nationale des cadres des douanes. Inaugurées par le directeur général des douanes Mohamed Abdou Bouderbala, en présence de nombreux invités entre autres le ministre du Commerce, le secrétaire général du ministère des finances, le DGSN, le commandant de la Gendarmerie nationale, ces assises ont eu à débattre des bilans mais aussi des perspectives.  Le ministre des Finances représenté par son secrétaire général, qui dans son allocution d’ouverture, a tenu à préciser que « le défi majeur de l’Algérie c’est de bâtir une assise économique solide qui puisse survivre aux hydrocarbures », a par là même exhorté les services douaniers d’être « des leviers de compétitivité aux entreprises et participer ainsi à la réduction des coûts de l’acte commercial par l’allègement des procédures et la mise en œuvre des facilitations douanières préconisées »
Les douanes ont eu sur le dos et de tout temps cette idée préconçue d’être des éléments de freinage, de bureaucratie ou de réceptacle idoine de corruptibilité. Ce constat indéfini et sensationnel, ayant eu toute certitude une essence génésiaque, pourrait également s’inscrire dans un constat paradoxal. Ce paradoxe s’assimile à un véritable dilemme. Contrôler ou faciliter ? Ce, à quoi les douanes s’attellent à résoudre cette problématique dont l’Organisation mondiale des douanes demeure consciente tout en traçant un cadre de normes pour ce faire. La convention de Kyoto ratifiée par l’Algérie impose tout un arsenal tendant aux facilitations en matière d’accomplissement d’un acte de commerce, en même temps l’arsenal national juridique ne tarit point d’obligations de contrainte à l’exercice de la fonction-contrôle. Le risque situé entre la facilitation et le contrôle n’arrive pas à tracer les limites de l’une (facilitation) par rapport à l’autre (contrôle). Ce litige de frontières rend plus ardue et difficile toute l’appréhension de la problématique-contrôle. Mais les douanes algériennes à l’instar d’autres font dans le management positif. Accentuer, entre autres, le contrôle des containers (contrôle documentaire et physique, effectuer l’écor, le dénombrement, la vérification du poids, de l’espèce, de l’origine, de la valeur, de la liquidation, de la qualité des opérateurs, de leur relation, du mouvement des capitaux etc..), c’est selon certains obstruer quelque part les procédures de facilitations. Contrôler les facilitations n’est apparemment plus un pléonasme, mais un difficile choix à démêler dans la controverse. La nécessité du contrôle ainsi perçue dépasse la fiabilité de l’équipement installé pour se mouvoir dans la conscience des gens, des opérateurs et des sociétaires économiques. L’administration s’installe après six ans de modernité dans l’usage des nouvelles technologies. Dans ce sens, Mohameds Abdou Bouderbala tonifie son exigence à l’égard de ses collaborateurs « pour la mise en œuvre permanente des moyens modernes qu’offrent les nouvelles technologies de prévention, de détection et d’alerte ».
En dehors de la démarche méthodologique initiée dès le début du programme de modernisation consistant en la gestion des risques et de leurs intrants et parmi tant d’approches aptes à cerner efficacement et retenue par les douanes algériennes, l’octroi d’un régime préférentiel à tout opérateur réunissant une somme de garantie, jouissant d’une solvabilité et pouvant remplir d’autres servitudes, a été validé. Le statut de l’Operateur économique agréé, c’est ce dont il s’agit, contribue grandement à l’émergence d’une véritable stratégie de promotion des mouvements commerciaux. Le succès du statut de l’OEA, et plus généralement le partenariat douane-entreprises, nécessite d’impliquer les autres acteurs intervenants dans le commerce extérieur. Ainsi, plus de 48 entreprises ont eu droit à l’accès de ce statut, selon les déclarations du directeur général des douanes.   Le directeur général Mohamed Abdou Bouderbala, mettant à profit cette tribune d’animation et de contrôle où tout le personnel d’encadrement de son administration était présent, n’a pas manqué de réclamer fermement le dynamisme qui devrait garnir tous les segments de l’institution. D’un ton sec et suivant une tirade cascadée et itérative, il débitait : « Vous êtes des travailleurs dans une entreprise ! Vous êtes une force productive ! Vous devez rendre compte de vos prestations ! L’Etat vous paye, donnez-lui la contrepartie ! » Il s’est interrogé, suscitant dans un élan de suggestion une réponse de l’assistance : « Combien me coûte le travail d’un douanier ? »
Content de la mise en place pour ce faire, du Système informatisé du dispositif de la performance (SIDP), nous saurons que, depuis 2009, l’institution imbue de ses résultats tendait à faire capitaliser son travail. Ce travail est maintenant quantifiable. « On peut mesurer à présent le service d’un douanier !», s’est exclamé le DG des douanes. Grâce à des critères d’une gestion managériale moderne, il est possible aux douanes de savoir qui fait quoi et comment il le fait. Tout un canevas d’éléments inhérents aux multiples prérogatives qu’exerce le douanier, une fois mis en orbite, est justement versé dans un système de gestion automatisée qui va faire de la performance et de ses divers degrés une grille d’appréciation et d’évaluation de l’élément humain. Tout doit être quantifiable et mesurable, aurions-nous compris dans l’adresse du directeur général envers son assistance.
« La Douane ne doit plus exprimer l’icône d’une barrière ou se constituer en un frein », devait encore sonné le directeur général des douanes. L’Algérie avec ses milliers de périmètres garde toutes ses barrières dans son plan de modernisation, qui fait de la surveillance, non pas une entrave mais une assistance. Ses quantièmes, son CNIS, ses logiques sont fondus à la forme universelle. Pour preuve, l’Organisation mondiale des douanes avait retenu Alger pour faire une conférence de recherche les 5 et 6 mars 2012 sur les usages de la quantification dans les administrations fiscales et douanières des pays en développement et émergents Qu’il s’agisse d’atteindre un niveau optimal de recettes, d’améliorer l’efficacité des contrôles, de renforcer l’autorité politique et le contrôle hiérarchique interne, d’améliorer le rapport aux différents types d’usagers, la quantification est perçue comme une technique administrative vecteur d’objectivité. La VIe Conférence des cadres a mis en exergue, pour les aplanir, les éventuels écueils ayant émaillé la concrétisation du programme de modernisation. Un plan d’appui est mis en orbite et va permettre d’atteindre tous les objectifs escomptés. Le volet informatique, qui constitue le fer de lance et la palme d’honneur de l’institution, n’a pas été en marge de ce conclave. Lancée en 2009, la version du Sigad II est dans un climat de laboratoire. Les relents des études, des extensions géographiques, les desseins des applicatifs, les segments périphériques et autres évidences informatiques donnent une impression nette de ce volontarisme à aller vers « la solution centralisée qui recommande l’intégration de toutes les missions et compétences multidisciplinaires internes et externes à la douane ». Ce système vient aussi de prendre en charge, démonstration à l’appui, toute la pédagogie gestionnelle. L’intranet est une réalité, elle n’est cependant pas généralisée, notamment vers les écoles qui restent, en dépit de l’attention directoriale, toutefois perdues de vue. Le SIDP est aussi intégré dans le circuit. Outre les applications classiques d’administration budgétaire et de ressources humaines, les transmissions ont fait leur mue, ainsi que la sécurisation des sites douaniers. La VIe Conférence nationale des cadres s’est clôturée dans un climat de relance d’activités et de regain d’espoir pour la communauté des entreprises et des particuliers, acteurs et auxiliaires de l’institution. Qu’en serait-il du devenir socioprofessionnel du douanier, nonobstant les récentes et conséquentes améliorations soldatesques ?
E.Y.D.



Du mĂŞme auteur

Par El Yazid DIB

Les plus lus

Tourisme, culture et histoire
Par maître Serge Pautot, .

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF