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N° 110 - Dec 2017

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Douanes

Quand la Police et la Douane ne font qu’un

Lutte contre la criminalité transfrontalière, blanchiment d’argent et transfert illicite des capitaux

Par Farid HOUALI



Cette coopération s’est traduite par des actions communes sur le terrain, à savoir des patrouilles et embuscades et autres sorties sur le terrain, principalement au niveau des régions sensibles et dangereuses du point de vue de la situation sécuritaire. L’efficacité des actions de lutte est également appelée à s’améliorer à la faveur des mesures projetées, de nature à renforcer les capacités des services opérationnels, notamment par la poursuite de la réalisation des postes avancés de surveillance, répartis le long des bandes frontalières est et ouest, et leur dotation en effectifs et en moyens matériels adéquats. L’action de coopération mise en œuvre entre la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et les douanes algériennes notamment, vise à se mettre au niveau des règles édictées par l’Organisation mondiale des douanes. Aussi, pour la DGSN et la Douane, il est question d’«unifier les efforts et de mettre en place des supports solides pour lutter contre la criminalité à travers la formation moderne et la performance professionnelle des éléments des deux institutions ».
Pour concrétiser cette approche sur le terrain, et afin de mettre à niveau les compétences, les moyens scientifiques et technologiques et les capacités d’intervention des éléments des deux corps à travers l’assistance technique mutuelle dans la formation et l’échange d’expériences, une série de conférences professionnelles mixtes entre les services des douanes et de la police vient d’être lancée officiellement, le 30 octobre 2017, par le directeur de la police des frontières à la DGSN, en présence des cadres et officiers des deux corps constitués. Ces conférences ont « pour objectif essentiel la promotion des relations entre les deux institutions ».
Aussi ces rencontres et conférences seront organisées au profit des cadres des deux institutions Police-Douane, qui s’étaleront sur une année après avoir eu l’accord des deux commandements au niveau central en premier lieu. Elles seront en suite vulgarisées au profit des fonctionnaires exerçant au niveau des services opérationnels dans le but d’améliorer le savoir-faire tout en assurant une meilleure prise en charge des passagers. Ces formations permettront également d’éviter tout enchevêtrement des prérogatives et contribueront à l’instauration d’une nouvelle culture professionnelle basée sur la coordination et l’échange de renseignements, pour assurer un service public de qualité.
Dans son allocution prononcée à l’occasion, le contrôleur de police Abdelhamid Goussem a mis en exergue « l’intérêt accordé par le DGSN, le général-major Abdelghani Hamel, à la formation spécialisée pour le renforcement des capacités professionnelles des fonctionnaires des deux institutions dans la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes ». C’est pourquoi, a-t-il dit, « cette formation commune va permettre l’actualisation des connaissances et des acquis professionnels». «L’objectif est de renforcer le volet préventif et de mettre en place des mécanismes efficaces dans le domaine de la coopération, afin de répondre en temps réel aux préoccupations des citoyens et des opérateurs économiques», a explicité le contrôleur de police Abdelhamid Goussem, directeur de la police des frontières à la DGSN,.
Dans son intervention, le commissaire-divisionnaire Rachid Dahmani, directeur des écoles et de la formation à la DGSN, a, de son côté, assuré que cette formation vise essentiellement l’amélioration du service public. « Cette première session de formation sera animée par des cadres des deux institutions. Elle portera sur les missions et la réglementation et l’organigramme de chaque institution, pour que chaque douanier ou policier sur le terrain soit informé sur sa mission et les prérogatives de l’autre», a-t-on également explicité. «La formation va cibler essentiellement les agents sur le terrain. L’identification des missions, notamment dans les zones mixtes, va permettre de mobiliser moins d’éléments d’autant que la mission des éléments des deux institutions est la même, celle de la protection de la sécurité et de l’économie du pays», a ajouté le même officier. Le commissaire Hamid Taïbi, chargé de la communication et des relations publiques à la direction de la Police des frontières, a souligné l’importance « capitale » de telles formation affirmant qu’il sera de ce fait procédé à l’étude des préoccupations et observations des participants. « Cette session sera généralisée à tous les postes frontaliers terrestres, maritimes et aériens, durant toute l’année, aux fonctionnaires, tous grades confondus », a-t-il dit.

Une ressource humaine à la hauteur des défis
Dans ses missions quotidiennes, la Douanes algérienne s’est vue, ces dernières années, confrontée à de nouveaux procédés des trafiquants et autres contrebandiers. Les fraudeurs ont recours à l’utilisation de véhicules comportant des cachettes spécialement aménagées, à double réservoir, à double fond etc. D’autres dissimulent les marchandises de fraude ou de contrebande, dans d’autres produits transportés légalement et souvent difficiles à manipuler tels que les matériaux de construction, les meubles usagés. Certains essaient même de dissimuler de la drogue à l’intérieur de ruches d’abeilles afin d’écarter tout soupçon, ou alors des boites de médicaments, à l’intérieur des écrans plats et autres. Devant cet état de fait, l’intervention des agents des douanes algériennes se base de plus en plus sur le travail d’anticipation, par la collecte et l’exploitation du renseignement, aussi bien tactique qu’opérationnel, afin d’augmenter les chances de déjouer toutes les manœuvres frauduleuses. « Cet aspect constitue d’ailleurs une dimension capitale dans le plan stratégique de la DGD pour 2016-2019 », nous a assuré le contrôleur général Djoudi Rachid Zitouni, directeur régional des douanes d’Alger-extérieur, que nous avons rencontré en marge du lancement de ce cycle de formation douanes-Police des frontières. «Il s’agit de la première initiative du genre qui vise le renforcement de la coordination opérationnelle, la formation et le recyclage, le partage des expériences et l’échange de renseignements», a-t-il soutenu assurant que la lutte contre la criminalité transfrontalière nécessite la conjugaison des efforts de toutes les institutions, se référant, en ce sens, au dernier Forum international sur la connexion entre le crime organisé transfrontalier et le terrorisme. Auparavant, dans son allocution prononcée à l’occasion, le contrôleur principal Djamel Brika, directeur des relations publiques et de l’information auprès de la Direction générale des douanes (DGD), a estimé que « notre souci majeur est le contrôle, la promotion et l’encadrement du service public douanier ». «Il n’y a pas de différence entre le gris, le bleu ou le vert (en référence aux uniformes des douaniers, policiers et gendarmes), le plus important est la coordination pour préserver l’image de l’Algérie, notamment au niveau de l’aéroport international d’Alger qui est la porte du pays, mais aussi de l’Afrique», appelant les éléments des différents corps constitués à la hausse du degré de mobilisation. Pour lui, les résultats de ces conférences mixtes seront traduits dans la gestion des crises sur le terrain et la préservation de la stabilité. Le contrôleur général Djoudi Rachid Zitouni a par ailleurs rappelé dans sa déclaration à El Djazaïr.com que la direction des douanes algériennes accorde un intérêt particulier aux ressources humaines par la formation. Les différentes écoles se sont, en effet, transformées, au fil des exigences, en des espaces de rajouts, de complémentarité et de valeur ajoutée en produits du savoir, au profit de tout un personnel pour assurer une professionnalisation de l’exercice douanier et concrétiser le plan stratégique du secteur 2016-2019. Ce plan stratégique vise la modernisation de la gestion des ressources humaines, l’instauration du système législatif et pratique, l’organisation des services, la restructuration du système d’information, le recours aux technologies de l’information et de la communication et le développement des capacités du contrôle douanier. En effet, l’administration des douanes entre dans une nouvelle ère de son programme de modernisation. Une ère caractérisée par des enjeux multiples : un environnement économique en pleine mutation, la poursuite du processus de démantèlement tarifaire dans le cadre de l’accord d’association conclu avec l’Union européenne, les négociations très avancées avec l’OMC, la diversification de l’économie, la nécessité de la rationalisation des ressources et la protection de la production nationale. Il s’agit, entre autres, de la révision du système d’information douanier qui n’a connu aucune révision depuis 1995, malgré l’évolution des technologies. Une situation devenue intenable à laquelle veut répondre l’administration douanière en lançant une refonte totale. « Les nouvelles dispositions prévues dans le code des douanes visent l’accompagnement des opérateurs économiques, notamment les producteurs et les exportateurs, en leur accordant divers avantages et facilités en vue de les encourager à s’orienter vers des investissements créateurs de développement et de richesses, hors hydrocarbures », a encore soutenu le contrôleur général Djoudi Rachid Zitouni, mettant en relief l’objectif de la batterie de règlements douaniers mis en place pour moderniser le secteur des douanes et le mettre au diapason des exigences de la conjoncture économique.
 
F. H.



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