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N° 115 - Août 2018

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Douanes

La modernisation et la numérisation du secteur en point de mire

Généralisation des scanners mobiles dans les différents postes frontaliers

Par Yahia MAOUCHI



Le système d’information et l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication par les services des douanes algériennes sont un volet important pour leur administration. En effet, lors de sa visite dans les wilayas de Souk-Ahras, et Tébessa, Farouk Bahamid, directeur général des douanes, a plaidé pour la modernisation des douanes et la numérisation du secteur, qui figurent parmi les priorités. Présidant l’inauguration d’un poste de contrôle des douanes à Ouled Ayar, relevant de la commune frontalière Sidi Fredj, en présence des autorités civiles et militaires de la wilaya, Farouk Bahamid a estimé que « la modernisation des douanes vise à développer ce dispositif ». Evoquant la nouvelle orientation portant sur la numérisation en vue de faciliter les transactions et surmonter certains obstacles, souvent des procédures traditionnelles, qui compliquent les transactions administratives, le premier responsable des douanes a souligné que « la numérisation de l’administration est devenue une nécessité urgente d’autant plus que les douanes représentent la fenêtre de l’Algérie donnant sur le reste du pays », précisant que la numérisation du secteur facilitera les opérations de contrôles douaniers. D’ailleurs, M. Bahamid a souligné que le lancement de telles structures à travers les zones frontalières du pays en les dotant d’équipements visant à assurer le contrôle de divers produits acheminés par le biais de la contrebande vers l’Algérie, permettra de lutter contre ce phénomène à travers la bande frontalière algérienne et de l’éradiquer. Le même responsable a considéré, en outre, que l’inauguration d’un poste de contrôle douanier à Ouled Ayar équipé avec des moyens modernes, est « le premier du genre » au niveau de l’est du pays, après les dix autres structures similaires inaugurées à l’ouest du pays. Ainsi, la Douane s’est lancée dans un grand projet de numérisation, s’inscrivant bien évidement dans le cadre du projet e-administration, piloté par le gouvernement. A travers ce projet, la douane vise l’automatisation de son activité, et la dématérialisation de ses actions. « Dans ce cadre, nous travaillons sur trois grands axes. Le volet réseau des douanes en collaboration avec Algérie Télécom, pour parvenir à une meilleure couverture en termes de support télécom, qui fait partie des préalables de la numérisation. L’autre volet, l’applicatif, a trait au système informatique de gestion de l’activité douanière. Un système mis en place depuis 1995 et qui a fait ses preuves durant les années passées. Mais à l’ère de la numérisation, nous devons passer vers un système doté des services web. A cet effet, nous nous attelons à réaliser cette mutation vers un nouveau système, tout en préservant les acquis du système informatique actuel. Mais nous voulons aller vers une administration moderne, et une gestion automatisée avec zéro papier », a déclaré à El Djazair.com Redouane Boutaleb, directeur des infrastructures et des équipements auprès de la Direction générale des douanes, qui précise que « c’est un travail qui se fait d’une manière graduelle, mais qui va dans le bon sens car il est encore à un stade préliminaire ». Le troisième volet concerne le data center, ou le centre de données, en cours de réalisation au niveau de Draria. « Nous avons également l’uniforme et l’habillement qui font partie de l’ordinaire. La douane travaille avec l’OHC pour la dotation de ses troupes et ses brigades en matière d’habillement », a fait savoir le responsable. Quant à l’apport de la numérisation aux activités de la Douane, notre interlocuteur a tenu à préciser que « les retombées seront certainement positives aussi bien sur l’environnement des affaires que les procédures de dédouanement, notamment les facilitations accordées aux opérateurs économiques et le travail des auxiliaires des douanes. En outre, la numérisation rendra la chaine logistique plus fluide au niveau des ports et aéroports. » En effet, la numérisation impactera, également, de manière positive l’économie nationale, en réduisant les délais de traitement de marchandises, que ce soit pour la gestion de fret ou le dédouanement proprement dit. « Une fois automatisée et dématérialisée, la procédure réduira énormément les délais, en conséquence les coûts, et offrira une meilleure transparence en termes de contrôle. La numérisation rendra les services des douanes plus efficaces et enregistrera une plus-value sur le plan prévisionnel, planification, lois de finances, et sur le plan commerce extérieur. La numérisation permet de faire des simulations, des projections, et d’analyser le commerce extérieur», a tenu à préciser le jeune directeur des infrastructures et des équipements.

Une douane intelligente 

 Evoquant la nouvelle vision de son secteur, le même responsable affirme que la feuille de route tracée par Farouk Bahamid, directeur général des douanes, est axée principalement sur la numérisation. « Nous visons une douane nouvelle et moderne en nous dotant de scanners plus modernes pour consolider et améliorer les outils de travail. Nous visons la dématérialisation et la numérisation aussi bien sur le plan dédouanement traitement et contrôle des marchandises et voyageurs, que sur le volet gestion, ressources humaines, gestion des moyens logistiques, financiers et budgétaires. En outre, le grand projet du nouveau système d’information des douanes demeure notre cheval de bataille », a tranché le jeune directeur, ajoutant : « Notre ambition est de mettre en place un système intelligent de gestion des risques. Un système permettant une meilleure sélectivité au niveau des ports. Ce qui nous permettra d’alléger et de fluidifier la chaine. Nous irons vers une douane intelligente, avec des moyens de travail technologiques modernes, outre le volet gestion administrative qui sera également touché par cette numérisation ». Concernant la stratégie de la direction générale des douanes en matière d’infrastructures, M. Boutaleb a précisé que l’administration des douanes a bénéficié d’un programme ambitieux au même titre que les autres administrations publiques et institutions de l’Etat, dans le cadre des trois derniers quinquennaux, initiés par le président de la République pour le renouvellement des infrastructures administratives et même celles à vocation d’hébergement, notamment pour ce qui est des logements d’astreinte dédiés aux cadres responsables sur le territoire national. « Depuis 2003 à ce jour, nous avons bénéficié de 38 inspections divisionnaires, comme infrastructures administratives. Comme nous avons également bénéficié d’une dizaine de directions régionales en infrastructure. Sur ces 38 inspections, 18 inspections divisionnaires sont opérationnelles. Tandis que 13 autres devraient être réceptionnées cette année. »Dans le même ordre d’idées, la direction générale des douanes dispose également d’une dizaine de projets au niveau de la wilaya de Sétif, Constantine, Bechar, Ouargla, Chlef, Alger-extérieur, Blida, Laghouat, Alger-Ouest, notamment de petites brigades et recettes, des célibatoriums, et des projets de poste d’observation frontaliers, structures à vocation de lutte contre la contrebande. « Pour ce genre d’infrastructures, nous avons 8 postes achevés à Tlemcen et 4 à Souk-Ahras. Une fois tous les projets achevés, l’administration des douanes aura pratiquement des infrastructures, et les différents services des douanes pourvus en la matière pratiquement au niveau de tout le territoire national. En outre, l’administration des douanes a bénéficié de deux projets d’écoles. Celui de Batna, qui est déjà mis en service, et une grande école à Blida, dont les études sont achevées à 100% » a révélé Redouane Boutaleb. 

Vers la généralisation des scanners mobiles 

Par ailleurs, pour ce qui est du volet moyens matériels (équipements), la Direction générale des douanes exploite les scanners au niveau des ports et aéroports dans le cadre de ses missions de contrôle. A ce sujet, l’administration des douanes a bénéficié, selon M. Boutaleb, entre 2008 et 2012, d’une importante opération d’acquisition de scanners, tels que les scanners mobiles destinés pour l’inspection et le contrôle de conteneurs et des véhicules. Actuellement l’administration des douanes dispose d’un parc important de scanners. « Nous avons deux catégories de scanners. Les scanners mobiles dernière génération, et les scanners fixes ancienne génération, qui sont toujours exploités. A cet effet, nous avons demandé une opération pour le renouvellement des anciens scanners par des scanners modernes dotés des dernières technologies », a annoncé le responsable, ajoutant que « l’administration des douanes dispose d’un parc scanners important, composé de scanners à conteneurs situés au niveau des ports, de scanners mobiles à véhicules et à conteneurs, en plus des scanners à fret au niveau des aéroports, et scanners à bagages au niveau des gares maritimes et aériennes. En tout une cinquantaine de scanners dont nous œuvrons au renouvellement ». En plus des scanners, la direction générale des douanes exploite également d’autres outils de travail modernes, tels que les analyseurs de substances, qui sont orientés beaucoup plus pour le contrôle des psychotropes. « Cet outil est utilisé beaucoup plus au niveau des ports et aéroports. Et nous envisageons, dans le cadre de la feuille de route et du plan stratégique tracé par le directeur général des douanes et avec l’aval des pouvoirs publics, d’acquérir de nouveaux moyens de contrôle modernes pour rendre plus efficace le travail de nos brigades opérationnelles, notamment au niveau des ports et aéroports. Mais également au niveau du Sud et des frontières où activent les brigades mobiles», a indiqué Redouane Boutaleb. A ce sujet, Farouk Bahamid, directeur général des douanes, a indiqué à partir de Tébessa que « les différents postes frontaliers seront dotés des scanners mobiles pour réduire les formalités de contrôle ». Sur un autre registre, la Douane, du fait que les brigades mobiles sont appelées à effectuer des poursuites, notamment au niveau des frontières et des régions du sud, envisage d’acquérir au courant de deuxième semestre 2018, des véhicules tout-terrain avec la société SAFA-MB ( Société algérienne de fabrication de véhicules Mercedes Benz ) relevant du ministère de la Défense nationale. « Nous sommes en tractation avec les responsables de cette société. Nous avons également demandé l’inscription d’autres opérations pour renforcer nos brigades en matière de véhicules tout-terrain (4×4), compte tenu de l’âge avancé des véhicules situés au niveau de certaines brigades. Ainsi, nous voudrions que nos brigades soient bien dotées, que ce soit en matière de moyens de contrôles ou de moyens de poursuite. Notre vision, c’est d’aller vers les moyens modernes, de s’inspirer de l’expérience des pays modernes, de se référer aux standards de l’Organisation mondiale des douanes (OMD), pour avoir des services dotés de moyens technologiques et intelligents », a-t-il affirmé.
Y. M.

 



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