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N° 115 - Août 2018

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Evocation

…et Sétif se souvient de son wali, Abdelkader Zoukh

Par El-Yazid DIB



La résidence d’Etat Dar El dhiafa, avec ses figurines ottomanes, son portail imposant longeant les ex-allées « l’Idéal » le long du grand boulevard a comblé le vide, le néant qui surplombait son site. Les entrées réaménagées de la ville octroient à l’œil neuf de tout visiteur qu’il commence là à franchir le seuil d’une importante métropole. L’ex-wali de Sétif continue à être sur tous les frontons citadins. Il est le doyen des walis de la République. Il avait sa conscience comme seule feuille de route. Homme de terrain, Sétif garde encore sur son terrain ses illustres signatures. Quelques années supplémentaires dans le « service national » de ce cadre auraient suffi à Sétif de s’accomplir et de parfaire sa mue.
L’on évalue les walis à leurs réalisations. Celles-ci se doivent d’obéir non pas à un canevas centralisé et identique à l’ensemble, mais prendre en primauté l’urgence locale et le défi de mise à niveau. Parmi les plus importantes missions qui leur sont dévolues, outre l’ordre public et sa quiétude, s’érigent en grande évidence et en relief celles liées au développement des communes. Zoukh demeure toujours connu et reconnu par chaque coin et recoin de l’ensemble des municipalités de la wilaya. Dans chaque collectivité locale, il y a une trace « zoukh »
Par ailleurs il n’est pas dit qu’un wali n’est fait que pour s’occuper de la supervision de situations en mal de routes, d’éclairage public ou de lots marginaux. La culture, le civisme, l’apprentissage de la citoyenneté se doivent aussi d’être des cursus à mettre dans chaque programme d’un wali. Il peut bien s’employer à produire le bonheur social et rendre heureux ses concitoyens. Zoukh n’en fait pas exception, bien au contraire il aurait remporté tous les challenges mis à la charge des grands commis de l’Etat. La ville s’animait de son temps, elle papillonnait sous les charmes de ses sorties. Tel un bon père de famille, comme un natif de la ville ; il sillonnait les rues et les ruelles ne s’empêchant point d’intervenir là où l’urgence s’en faisait drôlement sentir.
L’homme était et est toujours un fan invétéré de l’Entente sportive sétifienne. Il était de toutes ses joies et de ses moments forts. Ne rechignant pas, il s’investissait tel un amoureux pour voir grandir encore et encore le club phare de sa ville. Les supporters en restent reconnaissants. Homme d’écoute attentive, il savait faire la part des choses. Devant les artistes, les hommes d’art et de lettres, envers qui toute sa gratitude et sa considération étaient acquises ; il ne se comportait pas en maitre des lieux, suffisant et réservé, mais en un illustre mécène. Il se dévêtait de son « burnous » de wali pour être en citoyen, lecteur et assidu admirateur à leur côté. Il était un amoureux de la cité et de ses résidents. La reconnaissance n’est-elle pas la vertu des braves ?
 E. Y. D.



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