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N° 105 - Mai 2017

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Gendarmerie nationale

« Nos frontières sont entre de bonnes mains »

Le général Abdelhafid Abdaoui, commandant du 4e commandement régional d’Ouargla

Entretien réalisé par Smail ROUHA



El-Djazaïr.com : Vous n’avez cessé d’insister sur l’importance de la sécurisation des frontières. Au vu de la conjoncture actuelle, pouvons-nous avoir une idée sur la stratégie adoptée pour sécuriser ces frontières ?

Le général Abdelhafid Abdaoui :  Soyez-en  certains que les frontières sont en de bonnes mains. Je dirais  même entre de très bonnes. Il faut savoir qu’une stratégie a été élaborée par le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire. Cette stratégie est exécutée sur le terrain dans sa totalité. Pour ne pas aller dans les détails, je vous répète que les frontières sont en très de bonnes mains. 

El-Djazaïr.com : Durant la dernière décennie, le haut commandement de la Gendarmerie nationale  a consenti de gros investissements aussi bien matériels qu’humains. Pensez-vous que les objectifs tracés ont été atteints et dans quelles mesures ?

Le général Abdelhafid Abdaoui : Personne ne peut nier l’évolution de la Gendarmerie nationale qui est très nette. La stratégie du haut commandement de la Gendarmerie nationale a été en premier lieu d’investir dans la ressource humaine. Mais en parallèle, les moyens matériels n’ont pas été délaissés. Bien au contraire, il fallait doter le personnel de la Gendarmerie nationale d’équipements modernes à même de lui permettre d’assurer et d’assumer ses missions. Concernant les moyens humains, ce serait une aberration que de nier que le niveau de recrutement d’officier, ou bien de l’élément de la Gendarmerie en général, a été revu à la hausse.  Ainsi,  pour être admis en tant que gendarme auxiliaire, il est exigé un niveau secondaire, tandis que pour les sous-officiers ou sergents, il faut être au minimum titulaire du diplôme de  baccalauréat. Enfin pour les officiers, seuls les titulaires de licence, ou sur titre pour l’ingéniorat, soit BAC+5, sont admis. Toutes ces conditions ont été imposées pour des raisons bien déterminées : la professionnalisation de la Gendarmerie nationale et la création de spécialisations. La spécialisation de ce personnel et la création de spécialités ont permis à ce personnel d’atteindre un certain professionnalisme. Je dis bien, et je le répète, un professionnalisme. Ce professionnalisme a permis aux gendarmes d’obtenir des résultats très probants.

El-Djazaïr.com : Peut-on dire réellement que nos gendarmes ont atteint un niveau de compétence à même de rivaliser avec les autres services de sécurité ?

Le général Abdelhafid Abdaoui : Absolument. Aussi, je tiens à préciser, sans rougir, qu’ils sont en train de concurrencer les services de sécurité réputés mondialement. Et nous sommes, et nous le serons toujours, fiers  de notre gendarmerie. L’Algérie est fière de sa Gendarmerie. En outre, je tiens à signaler à vos lecteurs que la gendarmerie nationale a été formée dans les quatre coins du monde, dans des écoles reconnues mondialement, entre autres le FBI, le PK allemand, les instituts de haute importance en Europe. Je vous signale que toutes les écoles du monde, à un moment donné, ont connu, et connaissent toujours, une participation, ou une présence, de gendarmes algériens pour une formation ou une spécialisation.

El-Djazaïr.com : De ce fait, peut-on dire que l’expérience de la Gendarmerie nationale est sollicitée à travers le monde lors de ces manifestations scientifiques ou pour un échange de savoir-faire?

Le général Abdelhafid Abdaoui : D’abord, n’oublions pas que la Gendarmerie nationale est partie intégrante de l’Armée nationale populaire, et la professionnalisation de l’Armée est galopante, et la Gendarmerie en fait partie. Si on prend à titre d’exemple l’affaire de Tiguentourine, l’INCC-GN (Institut national de criminalistique et de criminologie) a participé et a été d’un grand apport dans l’identification scientifique des cadavres. Lors de ce douloureux événement, l’INCC-GN a travaillé en étroite collaboration avec les autres services de sécurité de certains pays d’Europe qui avaient des victimes parmi les otages, entre autres la Hollande et le Japon. En effet, les experts de l’Unité de la Gendarmerie nationale pour l’identification des victimes des catastrophes (UGNICV) dépendant de l’INCC-GN ont réussi à identifier toutes les victimes de l’attaque terroriste de Tiguentourine survenue en janvier 2013. Ce qui a permis à l’INCC-GN de démontrer par « A+B » son efficacité dans le domaine. Ceci n’est qu’un petit exemple pour ne pas en citer d’autres qui démontrent la perspicacité et la valeur professionnelle de la Gendarmerie nationale.

El-Djazaïr.com : Outre la sécurisation des frontières et la lutte contre la criminalité dans toutes ses formes, l’une des missions de la gendarmerie est l’approche de proximité pour gagner la confiance du citoyen. Quel est l’apport de concept dans la résolution des affaires traitées par vos services ?

Le général Abdelhafid Abdaoui : C’est un fait qui n’est plus à démontrer. La Gendarmerie nationale, de par l’implantation de ses  unités à travers les quatre coins du pays de ce continent, est très proche du citoyen. Néanmoins, pour être encore plus proche du citoyen, nous avons amélioré par des formations et des séminaires, la communication. Grâce à cet apport et la présence de la gendarmerie sur le terrain, nous sommes arrivés à exploiter cet avantage qu’est la proximité dans le domaine du renseignement aussi bien dans la lutte contre la criminalité et le terrorisme que dans la lutte contre les différents fléaux  que connaît la société. A titre d’exemple, hier (9 mai  NDLR) un assassinat a eu lieu à Laghouat. Un cadavre a été découvert aux environs de 19h 30 en bordure de la route. N’eussent été la perspicacité et la proximité dont nous sommes en train d’aborder le sujet, les Gendarmes n’auraient jamais réussi à identifier la victime et l’assassin en un temps record. Ce qui a permis l’arrestation de l’assassin ainsi que ses complices. Et cela en moins de quatre heures de temps. Les gendarmes sont omniprésents sur le terrain. Pour l’anecdote, permettez-moi de vous narrer cette histoire qui s’est passée alors que j’étais commandant du groupement de Boumerdes. L’histoire a eu lieu juste après le séisme de mai 2003. Et que j’ai pu suivre sur une chaine de télévision étrangère. La question était adressée à une vieille dame. : « Madame vous êtes dans une zone connue par son insécurité. Comment vivez-vous cette situation ? » Et la vieille dame de répondre : « Quand je me lève le matin pour faire ma prière, je trouve des gendarmes devant moi, quand j’ai une insomnie, je sors dehors,  je trouve des gendarmes, quand je dois aller chercher de l’eau, je trouve des gendarmes. Aussi, je peux affirmer que cette catastrophe naturelle a fait sortir les gendarmes. Les gendarmes sont partout, comment voulez-vous que j’aie peur. » Une réponse très significative. Effectivement, c’est grâce au travail de proximité qu’on a pu sécuriser le citoyen. Et ce n’était pas facile du fait que nous devions aussi lutter contre les maux sociaux adjacents aux catastrophes naturelles et le terrorisme qui sévissait dans la région. Ceci pour vous illustrer le travail de proximité qu’effectue la Gendarmerie nationale de par son implantation. A titre illustratif, la wilaya de Ouargla a atteint un taux de couverture sécuritaire de 85%  actuellement alors que le nombre de brigades était de moitié en 1998 du temps où j’étais commandant de groupement de Ouargla. Ceci reste valable pour d’autres wilayas ayant connu une certaine évolution en personnel et en matériel.

El-Djazaïr.com : En tant qu’ancien chef division ressources humaines, quel message pouvez-cvous transmettre à vos éléments et aux citoyens désirant rejoindre les rangs de la Gendarmerie nationale ?

Le général Abdelhafid Abdaoui : Je n’ai rien à leur dire que de les exhorter à faire le bon choix.  Et le bon choix se trouve devant eux. Ils n’ont qu’à faire la bonne analyse. Pour ce qui est de la Gendarmerie, ses portes sont ouvertes. Bien sûr, et du fait que nous sommes au Sud, le haut commandement accorde certains avantages aux jeunes du Sud pour leur recrutement. La Gendarmerie est un corps constitué polyvalent, et cela personne ne peut le nier. De par sa polyvalence et sa double casquette, sa formation, son professionnalisme, la Gendarmerie a adopté une sélection très rigoureuse dans son recrutement. Si tous les jeunes veulent s’incorporer au sein de la Gendarmerie nationale en contrepartie, il est exigé une qualité morale et un  niveau d’instruction. Condition sine qua none, pour avoir, en fin de parcours, un gendarme à même de servir son pays et le citoyen. D’autant que tout recrutement pour une profession nécessite certains critères. J’ai toujours souligné lors des conférences que j’ai animées,  que ceux qui ont choisi la Gendarmerie en tant que profession ont fait le bon choix, mais ceux qui ont choisi la Gendarmerie uniquement pour le salaire, ils ont frappé à la mauvaise porte, car ils n’évolueront jamais dans leur carrière. 
     S. R.



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