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N° 117 - Nov 2018

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DGSN

La criminalité, le terrorisme et l’extrémisme en ligne de mire

2e Assemblée générale d’Afripol

Par Farid HOUALI



L’instauration du Mécanisme de coopération policière africaine (Afripol) représente ainsi un acquis sécuritaire important pour le Continent pour relever les défis et trouver des solutions idoines et ainsi faire face aux différentes formes de criminalité en Afrique. C’est « un acquis sécuritaire important sur le plan africain » et qui « permettra à des centaines de milliers de policiers de relever les défis et de trouver les solutions idoines pour faire face aux nombreux crimes auxquels sont confrontés les pays africains ».  Organisation de coopération policière du continent, Afripol, en conclave à Alger (les 15 et 16 octobre), renforce sa vocation de faire travailler ensemble plus de quarante pays africains « contre le terrorisme, le crime organisé et les crimes électroniques ». En effet, au terme de deux jours de travaux abrités par l’hôtel El Aurassi à Alger, la 2e Assemblée générale de l’Afripol, a décidé de la création de trois groupes de travail chargés de la lutte contre le crime transfrontalier, la cybercriminalité, ainsi que le terrorisme et l’extrémisme, selon les explications de Smail Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), lors d’un point de presse consacré à la présentation des résultats de l’AG.

Des centres d’excellence

Les travaux ont été axés, a-t-il soutenu, sur « les questions liées au terrorisme et à l’extrémisme violent dans le continent africain ». « Tous les pays africains sont concernés par la coopération pour relever les défis sécuritaires », a poursuivi le diplomate algérien.

Afripol a recommandé également, selon le même responsable, « le renforcement des organes de police africains par l’élément féminin en lui consacrant un taux considérable en leur sein », outre le choix des écoles de police susceptibles d’être utilisées comme centres d’excellence pour abriter des sessions de formation spécialisées en vue de renforcer la ressource humaine en compétence et expérience, outre le renforcement de la coopération entre Afripol et les autres organisations de police, notamment en ce qui concerne les équipes de la police scientifique et technique ou encore les groupes de combat contre le terrorisme, les crimes organisés et la cybercriminalité.. En effet, selon les décisions prises lors de l’assemblée de cette année, une liste de d’écoles de police a été établie. « Nous avons aussi sélectionné des écoles de police qui peuvent être utilisées comme des centres d’excellence pour abriter des cycles de formation et d’entraînement dans les différentes spécialités des forces de police », a indiqué Smail Chergui. L’AG a recommandé également « le soutien, l’accélération et l’activation d’un système de communication (Afsycom) auprès de l’ensemble des organes de police des pays membres », pour l’échange d’informations et de documents, a-t-il ajouté. La rencontre a salué « les réalisations d’Afripol en un temps record, notamment l’organisation en Algérie de trois sessions de formation au profit d’experts de police des pays membres, l’approvisionnement de nombre d’organes de police d’Afrique en matériel technique développé à l’instar d’Afsycom qui permet aux experts de police des pays africains de tenir des réunions de concertation à distance ». Smaïl Chergui a souligné, dans ce sens, qu’il a été décidé également « de l’organisation, durant le mois d’octobre de chaque année, de l’Assemblée d’Afripol, à même de permettre à l’Afrique de préparer la Conférence annuelle d’Interpol et sortir avec des positions africaines communes devant soutenir les questions qui préoccupent le continent à Interpol ». Á cette occasion, le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA a révélé que «la présidence algérienne d’Afripol se poursuivra jusqu’à la tenue de la prochaine AG», soulignant qu’il a été procédé à «l’ouverture de débats avec les pays membres afin de définir le lieu devant accueillir cette assemblée».

Des défis communs

L’Afrique fait face à une conjoncture sécuritaire sensible, avec la multiplication de phénomènes criminels graves qui menacent désormais la sécurité des pays.

Ces défis, «revêtent un intérêt particulier, notamment les phénomènes du terrorisme, du crime organisé, de la prolifération d’armes, de la cyberdéfense et de la piraterie maritime, ce qui implique la prise de mesures nécessaires pour la prise en charge des exigences sécuritaires» et le mécanisme de coopération policière africaine (Afripol) continuera à s’adapter «en permanence pour assurer une plus grande coopération sécuritaire» au niveau des Etats membres, selon le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), président de l’Assemblée générale d’Afripol, le colonel Mustapha El Habiri, qui souligne que  la tenue de cette Assemblée «témoigne de la capacité d’Afripol à fédérer les énergies, promouvoir les initiatives et partager les expériences afin de relever ensemble les défis de la sécurité».  Le DGSN a fait savoir dans le même contexte, que «les différents points de vue échangés par les participants sur la nouvelle approche d’alliance stratégique africaine, basée sur le renforcement de la coopération policière, tant régionale qu’internationale, en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, ont été instructifs et pertinents».  Le colonel Mustapha El Habiri a relevé, dans une allocution lue en son nom par le contrôleur de police Ali Ferrag, directeur de la Police judiciaire, à la clôture des travaux de la 2e Assemblée générale d’Afripol, que les décisions, adoptées lors de cette session ne manqueront pas de marquer une étape «importante» dans la réalisation du plan d’action d’Afripol, qui a inscrit parmi ses priorités la lutte contre la terrorisme et la criminalité organisée transnationale, afin de développer et de renforcer les partenariats et les synergies entre les institutions en charge de la lutte, en étroite coordination avec les organisations policières internationales.

Il a ajouté que les communications présentées et la pertinence des débats sont le fruit des expériences communes, à même de développer ensemble des initiatives innovantes visant à renforcer la sécurité des citoyens africains, précisant que ces initiatives contribueront à redynamiser l’Afripol, qui constitue un moyen de solidarité active afin de prévenir les nouvelles formes de criminalité émergente.

Au diapason des évolutions technologiques

« Conscient de l’impact de la criminalité transnationale et du terrorisme sur la bonne gouvernance et sur la paix et la sécurité, mon pays continue, dans le sillage des réformes entreprises par le président de la République, à développer dans une approche globale et intégrée, des stratégies visant à contribuer et à soutenir les actions de la communauté internationale, notamment en Afrique, en vue d’atteindre les aspirations collectives en matière de sécurité », avait déjà souligné le DGSN à l’ouverture des travaux de la deuxième Assemblée générale du mécanisme de coopération policière africaine (Afripol). Le colonel El Habiri a réitéré à l’occasion l’engagement de l’Algérie pour le soutien d’Afripol dans l’accomplissement des objectifs qui lui sont assignés en vue de promouvoir l’architecture mondiale de coopération policière. Pour ce faire, la modernisation des services de police à l’ère du numérique semble incontournable. C’est en tout cas « la recommandation d’Interpol », dont le SG Jürguen Stock a pris part aux travaux de la 2e Assemblée générale d’Afripol.  Dans son intervention Jürguen Stock a en effet indiqué qu’à l’ère du numérique, « les polices du monde et notamment africaines se devaient de se mettre au diapason des évolutions des technologies pour faire face aux différentes menaces des réseaux criminels et terroristes qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité ».

« Il fallait créer des passerelles et des connexions entre les réseaux sécuritaires africains pour que les pays relèvent les défis ensemble ainsi qu’une coopération solide entre notamment Interpol, Afripol et l’Europol pour faire face au terrorisme et le crime transnational organisé », a-t-il soutenu. Sur un autre registre, le secrétaire général d’Interpol s’est félicité des efforts consentis par Afripol en matière de sécurité et de paix, condition sine qua non du développement économique et de la prospérité. D’ailleurs, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), Smail Chergui, a annoncé la signature, janvier prochain, d’un accord de coopération entre le mécanisme de l’Union africaine de coopération policière (Afripol) et l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol).

Une vision globale et intégrée

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, a dans son allocution prononcée à l’ouverture des travaux de la 2e Assemblée générale de l’Afripol, mis en avant les «progrès tangibles» réalisés par cet organisme africaine, dans le cadre des priorités de son plan d’action (2017/2019), insistant sur l’importance d’adopter une approche «globale et unifiée» pour faire face aux différents défis sécuritaires dans le continent. « Le renforcement des capacités d’Afripol ouvrira sans doute de nouvelles perspectives propices à la coopération policière africaine, profitables aux pays africains, après l’adoption d’une approche africaine unifiée et réaliste pour réaliser la paix et la sécurité en Afrique et établir l’Etat de droit, deux facteurs essentiels au développement de la bonne gouvernance et à la réalisation du développement durable», a-t-il soutenu.

«Les principaux défis que nous devons relever sont liés au trafic illicite de drogues et d’armes, à la traite d’humains et au trafic de migrants, outre le terrorisme et les crimes d’atteinte aux systèmes de traitement électronique», a encore soutenu Noureddine Bedoui, qui a plaidé, «pour une vision africaine urgente afin de faire face aux problèmes sécuritaires dans le continent».

L’engagement de l’Algérie

Pour le ministre de l’Intérieur, « aucun pays ne peut faire face seul à la menace».

«Une vision africaine prenant en compte les spécificités de chaque région et la nature des menaces est nécessaire», a-t-il ajouté. Selon lui, «la présence des chefs de police africaine et de représentants des organisations internationales témoigne de l’intérêt accordé par les pays du continent à la promotion de la coopération policière et de la volonté des commandements de police pour la réussite d’Afripol en tant que mécanisme efficace de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière».

Le ministre a mis en avant l’engagement des autorités algériennes pour la promotion, le développement et la sécurité des peuples africains. Il a rendu ensuite un grand hommage au président Abdelaziz Bouteflika pour ses efforts pour la consolidation de la paix et le développement durable dans la région.

«L’Algérie abrite le siège d’Afripol qui constitue un mécanisme important dans le classement institutionnel africain pour le développement et le renforcement de la coopération africaine dans l’intérêt de la sécurité et de la stabilité de nos pays et de nos peuples», a-t-il renchéri. Afripol est une institution technique de l’Union africaine pour le mécanisme de coopération policière, alors que l’Assemblée générale, qui se compose des chefs de police des Etats membres de l’UA, en est l’organe technique et délibérant suprême chargé de diriger les affaires de police en Afrique aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique.

L’idée de la création d’Afripol a été lancée lors de la 22e conférence régionale africaine de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), tenue en septembre 2013 à Oran, en présence de 41 chefs africains de police qui l’ont adoptée à l’unanimité. L’initiative a été appuyée en marge de la 82e Assemblée générale d’Interpol, tenue du 21 au 24 octobre à Carthagène (Colombie). Le siège d’Afripol, situé à Ben Aknoun (Alger), avait été inauguré le 13 décembre 2015 en présence de représentants des appareils de police de plus de 40 Etats africains. La tenue de la première Assemblée générale d’Afripol, en mai 2017, a été notamment marquée par l’élection de l’Algérie pour présider cette organisation pour un mandat de deux ans.

F. H.

 



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