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N° 114 - Juin 2018

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DGSN

Jusqu’au moindre détail

Direction de l’administration générale

Par Farid HOUALI



Au lendemain de la disparition du colonel Ali Tounsi, le 25 février 2010, l’intérim de la Direction générale de la Sûreté nationale, (DGSN) était assuré par le Commissaire divisionnaire Abdelaziz El-Affani jusqu’au 7 juillet 2010, date de la nomination du général-major Abdelghani Hamel comme onzième directeur général de la Sûreté nationale. Il est « certain que cette date marquera un tournant décisif dans l’évolution de la police algérienne », témoignait sur ces mêmes colonnes un ancien cadre de la sûreté nationale. Cela fait en effet près de huit ans que le général-major Abdelghani Hamel consacre toute son énergie, son savoir et son savoir-faire dans le but de conférer à l’Institution de la Sûreté nationale l’envergure et la place qu’elle mérite, de corriger les dysfonctionnements constatés, d’élever davantage le niveau de formation et de conscience des hommes en bleu, de consolider les relations police-public et d’introduire les techniques modernes de gestion dans tous les rouages de l’administration policière. Une administration, qui, elle aussi, a su se mettre au diapason de ce qui se fait de mieux de par le monde en termes de gestion mais aussi de visions et objectifs tracés par le haut commandement de la DGSN concrétisés sur le terrain par les différentes directions et sous-directions relevant de ses services dont la direction de l’administration générale (DAG) par abréviation. Mais outre cet imposant immeuble sis sur les hauteurs d’Alger, c’est quoi la DAG ? De quoi elle est chargée ? Quelles sont ses missions ? Quelles sont ses prérogatives ? Autant de questions pour lesquelles nous avons sollicité son premier responsable, le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi. « La DAG s’occupe du volet financier et logistique au profit des services de la Sûreté nationale dans toute sa composante », nous affirme d’entrée notre interlocuteur. Aussi, la DAG a pour missions de réunir tous les moyens matériels et toutes commodités pour que les services opérationnels puissent accomplir leurs missions dans les meilleures conditions. 
C’est dire que si les grandes infrastructures sont primordiales pour le développement socioéconomique d’un pays, il en est de même de la prise en charge efficace et totale du personnel de la Sûreté nationale dans l’exercice de ses fonctions, notamment dans le cadre de la modernisation de la Sûreté nationale. Une telle vision ne peut se concrétiser que par la mise à sa disposition d’équipements et moyens adéquats. « Ce qui devrait se traduire par la présence de la police, en tant que service public, au niveau de chacune des daïras et chacune des communes que compte le pays, pour assurer les prestations de police administrative inhérentes à la gestion de la cité et à l’application des lois et règlements », soutient le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi. 
Quant à la couverture sécuritaire, qui ne se mesure plus en taux chiffré, mais plutôt en niveau de maîtrise, elle engage la Sûreté nationale, au même titre que toutes les autres institutions concernées, dans le cadre d’une architecture sécuritaire nationale. Et afin d’assurer cette couverture, qui est évolutive en fonction de la menace et de la criminalité, la Sûreté nationale inscrit et réalise des projets d’infrastructures destinés à l’hébergement de différents services opérationnels spécialisés, orientés sur la lutte contre les diverses formes de criminalité.
Ainsi, selon un bilan communiqué par le directeur de l’administration générale à la DGSN, il existe quelque 2000 services opérationnels (sûretés de wilaya, sûretés urbaines, sûreté de daïras, BMPJ, BRI, Unités de maintien de l’ordre et Unités d’intervention rapide) répartis à l’échelle nationale ainsi que près de 1000 autres services à caractèreadministratif.
Aussi, durant la période allant de 2011 à 2018, il a été réalisé 683 infrastructures de police dont 428 structures de police opérationnelles, 35 structures administratives ainsi que 220 structures socioprofessionnelles. En outre, le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi a, d’autre part, fait état de 557 nouvelles infrastructures en voie de parachèvement dont 269 sont déjà opérationnelles. Il s’agit notamment de 247 structures socioprofessionnelles et de 41 autres à caractère administratif et ce dans le cadre de la stratégie de couverture sécuritaire adoptée par la DGSN qui accorde une grande importance à la réalisation d’annexes à caractère sanitaire et social.
Le tout s’inscrit dans la stratégie du développement et de modernisation de la police nationale, contenue dans le programme du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Une stratégie qui a permis, faudrait-il encore une fois le souligner, à l’institution de la police algérienne de réaliser un saut qualitatif à tous les niveaux.« La police algérienne a enregistré des avancées remarquables et elle s’est adjugé une place de choix sur la scène continentale et arabe, eu égard à son professionnalisme », réaffirme le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi, assurant que les efforts permanents des différents services de police, pour être au plus près des attentes et des préoccupations des citoyens, traduisent le souci de la direction générale de matérialiser dans les faits cette notion de police de proximité.

Un hôpital à Douera et un Cercle de la police à Staoueli
Les infrastructures d’accompagnement sont destinées à la prise en charge des policiers, en termes de formation, d’hébergement, de santé, de sport et de loisirs, d’autant que l’effectif de la DGSN connait une hausse exponentielle. « Ce qui confirme le souci permanent du Haut commandement de la Sûreté nationale en direction de l’épanouissement du policier dans l’exercice de ses fonctions », affirme le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi.  A cela, il faudrait rajouter le parc logement de l’institution, entre logements d’astreinte et logements de fonction. D’ailleurs, le général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale, veille personnellement à la construction de l’Hôpital central de la Sûreté nationale de 240 lits à Douera  et ce pour une prise en charge totale du personnel de la Sûreté nationale dont les prestations viendront en renforts à celles assurées actuellement par l’hôpital central de la Sûreté nationale Les Glycines et l’hôpital régional d’Oran inauguré en 2016 par le DGSN en attendant également l’inauguration de l’hôpital de Sidi Bel Abbès. Un hôpital régional de la sûreté national est également prévu à Constantine. Par ailleurs, la Sûreté nationale se dotera, incessamment, de son propre Cercle qui sera implanté à Staoueli, à même de garantir une meilleure prise en charge aux agents de passage à Alger et qui servira également à la tenue de journées d’études et séminaires. « L’étude quant à sa réalisation est finalisée et les travaux de réalisation débuteront dès que les conditions financières le permettront », souligne à ce propos le directeur de l’administration générale à la DGSN.
En outre, plusieurs opérations de réhabilitation des anciennes infrastructures relevant de la DGSN ont été entamées. « Toutes les infrastructures et cités de police sont concernées par cette opération», affirme le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi. Le volet formation est également pris en charge par la DGSN. Rappelant que l’Académie de police de Sétif serait bientôt opérationnelle, le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi a fait état des projets d’autres écoles notamment d’Ouargla (en cours de réalisation), d’Oran et de Tamanrasset. Cette dernière n’attend d’ailleurs que ses équipements. 

Un parc roulant en constante évolution
Concernant l’acquisition de nouveaux véhicules, le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi note à ce sujet qu’il est composé de plus de 20 000 véhicules. « Cela paraît important mais ça reste en deçà des besoins », révèle-t-il, assurant que l’action actuelle de la DGSN vise à maintenir ce parc en état de marche et de ce fait allonger le maximum possible la durée de vie des véhicules dans le cadre de l’optimisation des dépenses publiques. Pour ce faire, la DGSN dispose de ses propres ateliers de maintenance composés des effectifs relevant des services de la DGSN. 
Aussi, toujours s’agissant des véhicules, il convient de noter que la DGSN a bénéficié dans le cadre du partenariat avec les sociétés de fabrication militaire relevant du ministère de la Défense nationale d’environ 700 véhicules pour le transport des personnels et les véhicules 4×4 de type Class G de la catégorie tout-terrain destinés à des usages militaires et paramilitaires.
Parallèlement, la DGSN est en passe d’acquérir des véhicules de maintien de l’ordre, fabriqués par la Société algérienne de fabrication de véhicules Mercedes Benz (SAFAV-MB) relevant du ministère de la Défense nationale (MDN).  « Cette opération s’inscrit dans le cadre des orientations du commandement de la DGSN visant à développer la coopération institutionnelle et la participation au développement de l’industrie nationale », assure le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi.

Des drones au service de la sécurité
L’usage des drones s’impose progressivement comme une aide nécessaire à l’enquête, à la reconnaissance ou aux interventions au sein des services de sécurité du ministère de l’Intérieur. Aussi, et pour des besoins spécifiques, la DGSN devrait se doter dans le cadre du nouveau plan quinquennal de drones civils, révèle le directeur de l’administration générale à la Sûreté nationale. Ces drones sont équipés de caméras puissantes permettant d’assurer la sécurité lors des manifestations sportives. Dans une première phase, la DGSN compte en acquérir une cinquantaine. En effet, lors de rencontres sportives ou de mouvements de foules, ces drones équipés de caméras HD longue portée peuvent prendre des images aériennes de grande qualité permettant à la police de surveiller la foule et le cas échéant d’interpeller les auteurs d’actes délictueux. « Les drones de surveillance vont aider la police à prévenir les actes de violence et à identifier les auteurs de crimes et délits. Le rôle de ces drones est avant tout de dissuader les fauteurs de trouble », précise le contrôleur de police Mohamed Naoui Sifi. Ces drones seront aussi utilisés dans toutes sortes de mission de surveillance, de sauvetage, de régulation de la circulation et pour aider la police dans son travail de surveillance quotidienne, notamment dans les zones difficiles d’accès et où la criminalité pose problème.

Les fruits d’une vision
La direction de l’administration générale dote également les différentes structures de la DGSN de matériels de travail à l’instar de détecteur de métaux, d’explosifs, d’habillements. Sur ce dernier point, le contrôleur de police Mohamed NaouiSifia noté que la DGSN tente de développer son autonomie pour ne plus dépendre d’entités productrices externes. Pour ce faire, la DGSN développe dans chaque structure régionale des ateliers de couture, à Oran, Blida, Constantine, Bechar, Tamanrasset et à Bachdjerrah (Alger), « sans pour autant trop charger la police qui a pour mission essentielle la protection des personnes et des biens », précise ce haut officier de la Sûreté nationale.  
En effet, et afin de « nous permettre de constater de visu ce qui a été fait (et se fait) dans ce cadre, le directeur de l’administration général à la DGSN nous oriente vers la sous-direction de l’intendance, sise près de la gare routière du Caroubier.  
Son premier responsable, le commissaire divisionnaire Azzedine Benkhelfa nous y attend déjà. Après formalités d’usages (obligatoires), la zone étant réglementée, nous pénétrons un imposant immeuble peint en blanc et bleu. Une fois sur place, il vaut mieux se faire accompagner. Les seuls habitués ne peuvent se « perdre » dans cet immense espace dont la superficie équivaut à un terrain de football. Telle une ruche, les personnels y exerçant partent dans tous les sens. Cela résume toute l’importance de l’endroit scindé notamment en « ateliers ». Le nôtre serait celui de la confection des uniformes que nous visitons en compagnie du commissaire divisionnaire Azzedine Benkhelfa. Nous y reviendrons.
Notre interlocuteur rappelle que la sous-direction de l’intendance a pour mission principale la dotation des effectifs de la police en uniformes. Le défi est double depuis que la DGSN a opté pour un nouvel uniforme. Ainsi, nous apprenons que les ateliers de confection d’uniforme relevant de la DGSN fonctionnent à un rythme effréné, l’objectif étant de confectionner pas moins de 500 000 uniformes et ainsi permettre notamment aux agents subalternes de disposer chacun de quatre tenues (deux pour l’été et deux pour l’hiver). « C’est faisable et on l’a fait », se félicite le commissaire divisionnaire Azzedine Benkhelfa. « D’énormes efforts ont été consentis pour que cet objectif soit atteint durant l’année écoulée. Pour ce faire, il fallait booster la production notamment au niveau de l’atelier central d’Alger », ajoute-t-il. Aussi, de nouvelles unités de confection ont été mises en place au niveau régional, selon les dires du sous-directeur de l’intendance qui relève, pour rappel, de la DAG/DGSN. Il s’agit notamment de celles de Constantine et de Blida avec tous les équipements nécessaires. Il convient de noter également que chacune de ses unités s’est vue confier une « tâche » bien précise. « C’est pour s’assurer une meilleure traçabilité », explique le commissaire divisionnaire Azzedine Benkhelfa. Dans le but d’assurer une autonomie en matière de ration alimentaire, il a été procédé à la création notamment d’une chaîne de production des rations alimentaires destinées aux équipes opérationnelles en déplacement de courte durée.
 « C’est une des instructions du général-major Abdelghani Hamel », enchaîne le sous-directeur de l’intendance affirmant que cet objectif également est atteint depuis l’année écoulée puisque trois unités de conditionnement sont déjà opérationnelles à Constantine, Ouargla et Alger où nous avons pu visiter une unité dotée d’une petite machine semi-automatique. Sur place, le commissaire Abdelhak Ziane, son premier responsable, nous affirme que la ration alimentaire individuelle (reconnaissable à son emballage bleu siglée sûreté nationale) est composée de neuf produit. Le tout est fabriqué localement.
« Pour des besoins spécifiques de nos agents dont les missions hors cantonnement peuvent se prolonger dans le temps, la DGSN dispose de ses propres moyens », se félicite-t-il. Aussi, dans le même contexte, le général-major Abdelghani Hamel encourage amplement le produit national s’agissant de l’équipement des services de police par des moyens et des outils de travail modernes. On note à ce propos que la fourniture de bureau, couchage, habillement, électroménager, batteries mobiles de boulangerie et de cuisine de groupe, véhicules utilitaires et de transport de troupes, et bien d’autres moyens largement utilisés par la police font l’objet de contrats d’acquisition avec des investisseurs algériens, notamment les services de l’ANP tels que l’usine de Tiaret qui fournit des lots importants de véhicules de différentes catégories pour la police.

Dans l’univers des professionnels
Comme souligné auparavant, en compagnie du commissaire divisionnaire Azzedine Benkhelfa, sous-directeur de l’intendance à la DAG/DGSN, nous visitons l’atelier de confection des uniformes du Caroubier. Une première puisque rares les journalistes à s’y rendre. Le constat est frappant dès le seuil de l’atelier, composé essentiellement de femmes, est franchi : c’est une véritable usine. Le bruitage d’une cinquantaine de machines à coudre savamment alignées est le maître des lieux. Aucune minute n’est à perdre. Le temps c’est de l’argent, dit-on. Il suffit de jeter un coup d’œil de part et d’autre pour se rendre compte du professionnalisme de ces couturières hors pair, chacune à sa tâche. 
Pas du tout « habituées » à des journalistes, certaines d’entre elles n’ont pas du tout affiché une quelconque gêne même en présence d’un photographe. Quant aux équipements, faudrait-il le noter, ils sont de dernière génération.
C’est dans cette même unité que seront confectionnées d’ailleurs les futures tenues des agents du groupement des transports créé récemment « si le modèle est approuvé par le DGSN ». Aussi, El Djazaïr.com a pu en aparté se faire une idée de la nouvelle tenue (combinaison) du GOSP qui sera aussi confectionnée sur place. Il a été constaté ainsi que l’actuelle casquette laissera place au béret alors que la tenue en elle-même est ignifuge. 
Les quelques minutes passées à l’intérieur nous ont permis d’avoir une idée, même sommaire de la complexité du métier de la confection. En effet pas du tout évident de rassembler parfois une vingtaine de pièce du puzzle. Les couturières de la DGSN le font et en professionnelles. Nous laissons les couturières confectionner leurs « uniformes ». Non loin se trouve l’imprimerie centrale de la DGSN où sont imprimés quelque 600 documents portant le sceau de la DGSN, comme nous l’explique le commissaire de police Brahim Benyoucef, chef du bureau mécanographie et imprimerie par intérim. Le même officier assure que beaucoup a été investi dans la modernisation des équipements de l’imprimerie ces dernières années. Actuellement, de nouveaux équipements dernière génération ont pris la place des anciennes rotatives. Tout, ou presque a été numérisé. Après près d’une heure passée à faire les allers et retours de l’unité, le moins que l’on puisse dire, c’est que la DGSN possède les moyens techniques et la ressource humaine adéquats afin de pouvoir assurer la conception, la réalisation et l’impression de ses documents. « Au sein de cette même unité, les documents sont imprimés selon le besoin exprimé », ajoute le commissaire de police Brahim Benyoucef. 
Idem dans la salle de sérigraphie sise à quelques mètres de là. Sa mise en place a permis à la DGSN de concevoir ses propres affiches et habillages sans pour autant dépendre d’autres organismes.
 
F. H.





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