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N° 116 - Oct 2018

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DGSN

Tel père, tel fils

Le contrôleur de police Mohamed Akhrib, chef de la sûreté de la wilaya de Sétif

Par Farid HOUALI



Biologiste de formation, le contrôleur de police Mohamed Akhrib, chef de la sûreté de la wilaya de Sétif, s’est avéré tout au long des deux heures passées en sa compagnie, un véritable expert en communication. De par les débouchés que pouvait bien lui assurer son diplôme « scientifique », il aurait bien pu se passer de l’uniforme. Ce ne fut pas le cas. « J’ai choisi d’être policier par amour à ce métier noble », souligne l’enfant prodige de Lemroudj, un village de la commune Draa Kébila, daïra Hammam Guergour (Sétif). Né en janvier 1962, enfant, Mohamed Akhrib ne s’est pas trop « amusé », puisqu’il rejoint la zaouïa de son village natal pour apprendre le saint Coran complet, alors qu’il n’avait que neuf ans. C’était bien entendu en parallèle avec sa scolarisation jusqu’aux années lycée (Ihadadene de Bejaïa) où il obtient son baccalauréat série sciences en 1980. Á cette époque, les bacheliers se comptaient sur les doigts de la main.
« Mon défunt père ne badinait nullement avec l’éducation », témoigne-t-il comme pour résumer « la grandeur » de cet homme dont « il était tout le temps proche ». Licencié de l’Université de Sétif, en biologie, l’actuel premier policier de Sétif, comme tous les jeunes algériens « aptes », est appelé sous le drapeau. C’était à l’École des armes de Batna. L’instruction durera six mois. Aspirant, il termine son service national à l’actuel Centre d’instruction des forces spécial de Boughar. C’était en 1988. Marié alors qu’il est à l’université, il est « dans l’obligation » de subvenir aux besoins de sa famille. « Je tenais également à assister mon père dans ses tâches quotidiennes », avoue-t-il. D’ailleurs, les deux hommes travaillent ensemble la terre familiale pendant presqu’une année. Bientôt, les choses s’arrangeront en faveur du contrôleur de police Mohamed Akhrib qui a, auparavant formulé deux demandes de recrutements, une à la direction locale de l’éducation pour le poste d’enseignant au lycée de Bouaândas, l’autre à la Sûreté nationale. Le hasard a fait qu’il reçoit un avis favorable pour les deux demandes le même jour. Difficile de prendre « la bonne décision ». La première personne « consultée » était son défunt père, Djoumaâ. Ne voulant pas s’interférer, il laisse son jeune fils « prendre la décision qui lui convient ». « Il s’agit de ta vie, à toi de voir ce que tu as envie de faire », lui répond-il. Même réponse de l’épouse. Le jeune Akhrib, ne sait plus quoi faire. Quelques jours plus tard, il parvient « enfin » à prendre sa décision : il opte pour la police qu’il rejoint ainsi le 24 septembre 1988. Cette année-là encore, le hasard fait qu’il soit appelé, avant même qu’il n’enfile l’uniforme bleu, parmi le dispositif mis en place pour assurer la sécurité de l’actuelle École supérieure de police Ali-Tounsi (Chateuneuf). C’était en plein Octobre 1988. Durant, son stage, notre interlocuteur, se voyait déjà, de par son diplôme de biologiste, dans les effectifs du Laboratoire central de la police scientifique. Ce ne fut pas le cas. Sur instruction du DGSN de l’époque, Abdelmadjid Bouzbid (1931-2016) qui avait été désigné à la tête de la DGSN en 1987, après la nomination de feu El Hadi Khediri au ministère de l’Intérieur et dont il était l’adjoint, avant de se voir nommer, trois ans plus tard, ambassadeur d’Algérie au Mali, tous les futurs lieutenants sortant de la même promotion seront orientés vers les URS (Unité républicaine de sécurité).
Retour à Sétif. Á l’URS de la wilaya précisément où il exerce en tant que chef de section, deux ans durant. On est en 1990. Il est muté à Annaba. En exercice, il assiste l’assassinat de Mohamed Boudiaf, le 29 juin 1992. L’expérience n’aura duré que quelque temps puisque sur « conseil » de son « patron » de l’époque, l’actuel chef de sûreté de la wilaya d’Oran, le contrôleur de police Salah Nouasri, et pour se rapprocher davantage de sa famille, il introduit une demande de mutation soit pour sa wilaya natale, Sétif, soit Bordi Bou Arreridj soit Bejaïa. Demande acceptée. Mais ce sera plutôt pour Bejaïa et non pas Sétif. Il y est ainsi muté fin 1992. 1995. Le lieutenant de police Mohamed Akhrib se prépare à se rendre à l’École supérieure de police Ali-Tounsi (Chateuneuf) pour un concours de passage au garde de commissaire de police (qu’il obtient). Le terrorisme faisait déjà rage. Pour les éléments des services de sécurité, se déplacer librement sans être pris dans une embuscade ou un faux barrage est un miracle. Le défunt père était au courant de cette réalité. « Il avait trop peur pour moi. Il ne le disait pas mais ça se lisait aisément sur son visage. Pour me rendre à l’école de police pour mon concours, il était prévu que je sois déposé par un concitoyen qui, à Alger devait récupérer la dépouille mortelle d’Abdelkader Ghezli, assassiné la veille. La route à emprunter était dangereuse et c’était mon père qui partit en éclaireur. Ma surprise fut grande quand il nous intercepta au niveau d’une station d’essence à Akbou me souhaitant bon courage », résume le contrôleur de police Mohamed Akhrib, fier de « la grande personne » et du moudjahid qu’était son père. « J’ai tout appris de lui. Il était mon guide, mon modèle. J’ai appris à être d’abord au service d’autrui et de sa patrie. Excusez-moi, mais je ne saurais résumer mon père en quelques phrases », dit-il ému. Après un silence, il rend hommage à tous les martyrs du devoir. Il se souvient des circonstances de leurs « lâches assassinats». Il cite entre autres son collègue Boubakeur Djoumada de l’URS de Sétif tué par balle alors qu’ils assuraient la sécurisation du périmètre de la sûreté de daïra de Lakhdaria en 1992. Le même jour, est assassiné également un brigadier de police exerçant à la même sûreté de daïra (Lakhdaria). « N’oublions pas aussi les journalistes et tous les innocents », soutient le contrôleur de police Mohamed Akhrib comme pour rappeler que l’Algérie est revenue de loin grâce aux sacrifices de ses vaillants hommes et femmes. L’aventure continue. 2000, le commissaire Akhrib muté à Bejaïa cinq ans auparavant, est appelé à d’autres fonctions dans la wilaya voisine, Tizi-Ouzou. En 2001, alors qu’il se prépare à passer le concours de passage au grade de commissaire de police, il est appelé « sur demande du chef de sûreté de la wilaya de Bejaïa de l’époque Messaoud Chahmi introduite auprès du DGSN, feu Ali Tounsi », à être réincorporé. Il est ainsi nommé adjoint chef de la sûreté de la wilaya puis chef de sûreté intérimaire jusqu’en janvier 2010, année durant laquelle il est nommé chef de la sûreté de la wilaya de Mascara pendant cinq ans. Promu au grade de commissaire divisionnaire en 2014 puis contrôleur de police en 2016, le premier policier de la wilaya de Sétif, simple et modeste à l’image de tous les officiers que nous avons « approchés » jusque-là, est un « fervent » partisan du dialogue. « Nos misions sont connues et bien définies par les lois en vigueur cependant, nous ne cesserons jamais de le dire : la police algérienne est citoyenne et comme souvent souligné par le DGSN, le général-major Abdelghani Hamel, le citoyen est au cœur de l’équation sécuritaire », insiste-t-il.
 F. H.



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