Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

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DGSN

Police et mutations systémiques au service de la Nation

55e anniversaire de la Sûreté nationale

(*) Par le Dr Boudjemâa HAICHOUR



« J’aimerais, d’abord, présenter mes vives condoléances aux familles des deux policiers du commissariat de Tiaret tombés aux champs d’honneur après une interposition courageuse suite à l’attentat terroriste lâchement prémédité. Cet acte de bravoure nous fait rappeler son similaire avant quelques mois à Constantine, où le policier avait freiné l’élan de l’attentat qui se projetait à l’intérieur du commissariat, et bien d’autres sacrifices qu’émet la DGSN pour éradiquer ce fléau. Ces attentats qui se sont focalisés sur des commissariats qui ont eu lieu récemment à Constantine et à Tiaret prouvent que la DGSN continue d’affronter en vigilante gardienne ce fléau préservant la sécurité des biens et des personnes. »
La police algérienne est en quête de se frayer le chemin d’une institution répondant aux normes d’un corps de sécurité cohérent, efficace et doté de moyens humains et matériels des plus scientifiques. Elle vient de célébrer le 55e anniversaire de sa création dans un contexte de plus en plus complexe où la formation de ses cadres, grâce à une nouvelle pédagogie d’une police citoyenne mue par le respect des valeurs humanistes, combat les formes diversifiées du crime organisé et de ses implications dans les atteintes aux droits de l’homme. Une police moderne soucieuse de la chose publique et orientée vers la préservation de la dignité humaine, telle est la démarche actuelle préconisée par ses dirigeants. Les festivités qui ont donné l’occasion de voir évoluer ses éléments permettent de noter les avancées en termes de maîtrise des phénomènes liés à un type d’organisation nécessitant de plus en plus des interventions professionnellement capables d’anticiper des dangers touchant aux hommes et aux biens des personnes. Le lancement du Groupement des opérations spéciales de police (GOSP)par le général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la sûreté nationale, témoigne du rôle futuriste de la Police en adéquation avec les nouvelles techniques d’investigation et d’intervention ciblées.

Une police garante des droits de l’Homme et du citoyen
Pour garantir les droits de l’Homme et du citoyen cela nécessite une force publique capable de répondre dans l’équité et la déontologie aux principes d’une démocratie participative. La loi doit assurer la participation de la société au moyen de ses représentants compte tenue des politiques de sécurité. Contre les incivilités de tous genres, la police est la vigilante-gardienne de la sécurité des citoyens dans un quartier ou une agglomération urbaine ou rurbaine. Les troubles à l’ordre public et le trafic des stupéfiants ou les vols de voisins sont de nature à faire de la cité un espace d’atteinte à la paix civile. Le vivre-ensemble devient sociologiquement un contrefait sociétal.

Dans le top dix mondial
L’Algérie ne figure-t-elle pas parmi les pays les plus sécurisés dans le monde ? En référence à l’Institut américain Gallup dont le siège se trouve à Washington, il a été établi que notre pays se place aujourd’hui à la 7e place du classement 2017 des pays les plus sécurisés. L’indice (Law and Order) mesure le sentiment de sécurité éprouvé au niveau personnel plaçant l’Algérie dans le « Top des Dix pays où les habitants se sentent mieux et en sécurité » eu égard à ce qui se passe dans d’autres pays dans le monde. A la tête du classement en Afrique alors que le Maroc est à la 43e place et la Tunisie à la 79e position notre pays reste stable et paisible. Cette étude américaine réalisée selon les résultats d’un échantillon de 136 000 entretiens menés en 2016 dans 135 pays a été évaluée sur la base de quatre questions notamment la confiance des personnes en les forces de police et le degré de sécurité de nuit assuré dans les cités et les quartiers. Le même institut indique que les réponses des personnes interrogées sont liées au développement économique et social de leurs pays respectifs. Le taux élevé de criminalité peut affecter la cohésion sociale et les performances économiques d’un pays.

Promouvoir une société juste, pacifique et inclusive
Les Nations unies considèrent que ces indicateurs sont importants dans le cadre des objectifs du développement durable qui « vise à promouvoir des sociétés justes, pacifiques et inclusives » et que globalement plus de 6 personnes sur 10 dans le monde disent avoir confiance en leur police locale et 68% se sentent en sécurité lorsqu’elles se promènent seules la nuit. Mais il reste entendu que les agressions et le taux de criminalité demeurent tributaires de la pauvreté, de l’injustice, de l’atteinte des droits de l’Homme.La mauvaise gouvernance, la corruption, la bureaucratie, les guerres, les pillages des ressources des pays sont autant d’éléments qui poussent à la promiscuité, aux maux sociaux générateurs d’insécurité sociale. Il faut donc que la force soit au plus juste et donc introduire le droit dans la force.

De l’Emir Abdelkader à Abdelaziz Bouteflika
Au regard de l’histoire n’est-ce pas le consul des Etats-Unis d’Amérique en Algérie (1816/1824) qui écrivait dans ses mémoires et rappelé dans une conférence au forum du moudjahid donnée par Chawki Abdelkrim divisionnaire, directeur du musée central de police : « Je doute fort qu’il y ait une ville au monde où la police accomplit des tâches plus grandes que celles assurées par la police algérienne pour laquelle aucune infraction ne semble lui échapper. De même, il n’existe pas d’autres pays où le citoyen jouit d’une grande sécurité pour lui et pour ses biens. » Le même conférencier rappelle le temps de l’Emir Abdelkader en citant le colonel anglais Scott, des propos de l’Emir dans laquelle il disait : « Il est possible à l’homme de voyager dans n’importe quelle partie du pays portant sur son dos un sac d’or, sans qu’il fasse l’objet de vol ou d’agression. Cette affirmation est parfaitement vraie et sincère ». Si la police coloniale a eu pour mission de réprimer et d’oppresser le peuple dès les premiers jours de la conquête avec l’installation le 11 août 1830 de son premier responsable Roland Debussy, l’idée de la création d’une direction nationale de la sûreté a été portée sur la feuille de route du GPRA dès septembre 1958 qui sera consacrée par la création dès l’indépendance de notre pays en 1962 de la DGSN afin de veiller sur l’ordre public et les biens de l’Etat restauré et des citoyens.
Le premier responsable qui a eu à gérer cette institution dans un contexte historique particulier au regard de la crise déclenchée par le Congrès de Tripoli qui n’a pas pu asseoir les meilleures conditions d’une transition paisible, fut Mohamed Medjad mettant en place les premières structures de la DGSN. Nombreux seront les directeurs généraux qui ont eu l’honneur d’organiser ce corps républicain tels Ahmed Draïa, El Hadi Khediri, Abdelmadjid Bouzbid, Ali Tounsi, Mohamed Ouaddah etc. Avec l’avènement du pluralisme, d’autres exigences se font sentir pour parfaire les missions d’une police au service des citoyens et de leur sécurité publique.

A l’ère de la révolution satellitaire et numérique
Aujourd’hui, la société a beaucoup changé au regard des exigences de l’évolution sociétale. L’ère de la DGSN sous l’autorité du général-major Abdelghani Hamel est celle de la cybernétique et de la lutte contre la criminalité organisée qui nécessite un degré de persuasion et d’intelligence d’une police scientifique à même de préserver les biens de personnes et de la Nation. Depuis la 22e session de la Conférence régionale africaine d’Interpol tenue le 10 septembre 2013 à Oran, la police algérienne a retrouvé le chemin d’une institution respectée et admise dans la cour des grands. Non seulement, ses expertises en la matière font foi et loi mais surtout la formation continue de ses cadres renforce cette nouvelle vision du « Policier dans cette Révolution numérique » qui inscrit ce 55e anniversaire de la création de la DGSN dans les valeurs universelles des droits de l’Homme, lien indéfectible de notre attachement aux idéaux de notre glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954.

Un modèle contre le crime organisé
Ce n’est pas un hasard si l’Algérie, représentée par le général-major Abdelghani Hamel, une personnalité appréciée par les siens pour son savoir-faire et la maîtrise d’une pédagogie liant les progrès scientifiques à la force tranquille d’un grand serviteur de la République, soit portée à la présidence de l’Afripol. Ce choix intervient grâce au rôle que joue l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme et le crime transnational.
L’Algérie se trouvant au port de l’Afrique subsaharienne et de l’Europe continue de lutter sans relâche contre le trafic d’armes et de la drogue dans la partie du Sahel en essayant de juguler les flux migratoires porteurs de menaces sécuritaires tant en Algérie que dans les pays du Maghreb et de l’Europe. C’est cette stratégie entamée depuis la venue du Président Abdelaziz Bouteflika en 1999 mettant sa longue expérience diplomatique au service de l’Afrique et des relations internationales équilibrées, d’apaisement et de réconciliation, qui prévaut.

Innovations policières, cohésion sociale et le vivre-ensemble
Les innovations apportées dans le corps de la sûreté nationale ces dernières années, sont le résultat d’une nouvelle option sécuritaire dans la gestion démocratique des foules. Le Président Abdelaziz Bouteflika qui continue à œuvrer pour un Etat civil dans une République où chacun doit trouver son plein épanouissement dans le respect de l’autre, marque d’une manière éclatante le rôle assigné à la DGSN pour la préservation d’une société solidaire, tolérante et respectueuse des lois. Chaque quartier est le reflet d’une population déterminée par le choix des habitants venant de divers horizons qui sont appelés à tisser des liens de voisinage pour y vivre en bonne intelligence. Divers conflits et situations naissent du manque de cohésion sociale provoqué par l’arrivée de différentes strates de niveau social, appelé à être agrégé dans le sens du bien commun.
Dans notre pays l’urbanité doit retrouver le cadre communautaire mu par l’acceptation de l’autre. Le processus de revalorisation de la ressource humaine policière entamée par son premier responsable constitue aujourd’hui un des gages des progrès accomplis par notre police qui la place dans le concert des grandes institutions policières dans le monde.
C’est dans cet esprit que le 55e anniversaire de la naissance de la DGSN se veut à la fois un moment de fidélité à nos martyrs et de disponibilité de servir la République dans cette mutation systémique que connaît notre pays face aux grands défis sécuritaires actuels et futurs.
Au respect des libertés et des droits fondamentaux des personnes, la police algérienne se doit d’être l’héritière des valeurs novembristes pour fonder une relation de confiance entre gouvernants et gouvernés.
Ce sont là les avancées marquant les progrès significatifs d’une police au service de la Nation vers de nouvelles espérances d’une Algérie forte et prospère.
 (*) Dr Boudjemâa HAICHOUR
Chercheur universitaire, ancien ministre



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