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N° 107 - Août 2017

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DGSN

Plus qu’une présence, une assurance

Brigade mobile de la police judiciaire Mohamed-Trabelsi de Laghouat

Par Farid HOUALI



La ville d’Ain-Madhi, ville natale du Cheikh Sidi Ahmed Tidjani (1737-1815), constitue un lieu emblématique de la confrérie et une destination de pèlerinage pour de nombreux adeptes, de différents pays, notamment africains au regard de l’ancrage de la confrérie sur le continent. Le califat général, ses mausolées et ses ksour, construits généralement en pierres et toub (pisé), sont caractérisés par leurs anciens modèles architecturaux aux conceptions géométriques authentiques, à l’instar de l’ancien ksar et du palais de Kourdane. C’est dire que les services de sécurité de la wilaya ont du pain sur la planche, car il ne pourrait y avoir de tourisme encore moins de touristes si une ville quelconque est « livrée à elle-même ». Une question bien prise en compte par la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). En effet, pour faire face à la délinquance urbaine et aux incivilités aux alentours des sites touristiques et lieux de loisirs qui nuisent gravement à l’image de notre pays, l’action des éléments de la sûreté de la wilaya de Laghouat sera concentrée sur la multiplication des patrouilles motorisées et pédestres dans les lieux de grande affluence particulièrement aux alentours des grands espaces. « Nous nous attelons à assurer une présence policière 24/24, l’objectif étant bien sûr de garantir la quiétude de nos concitoyens », a assuré précédemment dans sa déclaration à El Djazaïr.com, le commissaire divisionnaire de police Mokhtar Bendada, chef de la sûreté de la wilaya de Laghouat. Pour ce faire, un « plan de travail et de déploiement » a été ficelé et bien étudié notamment en ce mois de ramadhan qui coïncide avec la saison estivale synonyme des longues veillées de Laghouatis (es). Ce n’est pas tout. Appelés « en renfort » si besoin est, les éléments de la Brigade mobile de police judicaire du chef-lieu de la wilaya sont tout le temps sur le qui-vive. En effet, depuis leur création en 1995 dans la tourmente terroriste, les Brigades mobiles de la police judiciaire, corps d’élite de la police, ont progressivement fait leur mue en menant la lutte contre les différentes criminalités de par leur spécificité de petite unité mobile. D´aucuns diront que ces brigades ont obtenu des résultats plus que satisfaisants. Ce que nous avons constaté de visu, en ce 8 mai 2016 en compagnie de ces éléments dont les quatre lettres n’inspirent pas seulement la quiétude des citoyens mais et surtout la frayeur des bandes criminelles. Il est 19h00. Les 25 éléments (le nombre varie selon la nature de la mission) de la BMPJ de Laghouat ville s’apprêtent, comme souvent, à effectuer une descente dans les points dits sensibles de Laghouat. Leur chef est le commissaire de police Mohamed Lehrech. Tout est fait pour que l’opération se déroule dans la discrétion totale afin de ne point éveiller les soupçons des réseaux du crime. D’ailleurs, nous n’apprendrons le « plan » qu’à seulement quelques minutes du début de la descente. Celle-ci, qui cible des points déterminés au préalable et où il est enregistré des agressions, de la vente illégale et de la consommation de différents types de drogue et de recel d’objets volés, est supervisée par l’adjoint du chef de sûreté de la wilaya de Laghouat, le commissaire divisionnaire Mohamed Saadi. Dans son briefing, le même officier insiste sur le total respect des droits de l’Homme et à agir dans le respect des lois de la République. Le commissaire divisionnaire Mohamed Saadi a également mis en exergue la prudence. Le mal pourrait en effet surgir de toutes parts. Message transmis. Rompus pour ce genre d’opération (malgré leur jeune âge), ils se dirigent chacun vers son véhicule. Nous concernant, nous nous mettons au milieu de la patrouille. Nous sommes accompagnés par le lieutenant de police Bouzara Benyella, adjoint chef de la BMPJ. Ce dernier a les yeux rivés tantôt vers nous, tantôt à l’extérieur. C’est légitime. Se faire accompagner par des civils lors d’une descente policière relève d’une grande responsabilité. En cours de route, nous apprenons que notre lieutenant de police avait échappé miraculeusement à une embuscade terroriste un certain 15 juin 1993 pas trop loin de l’actuelle mosquée Mohamed-Tahar-El-Milli dans le « vieux Laghouat ». Il s’en sort, lui, et trois de ses collègues avec deux balles dans le corps. Malheureusement, ce ne fut pas le cas d’un agent de recherche, d’un agent de l’ordre public (AOP) et du commissaire principal Mohamed Trabelsi, alors chef de la sûreté de la wilaya de Laghouat. En son hommage, la BMPJ de Laghouat ville porte son nom. « En 29 ans d’exercice, j’ai assisté aux funérailles de bon nombre de mes anciens collègues », ajoute le lieutenant de police Bouzara Benyella ému.

Veiller au petit grain
Dans une ville de l’intérieur comme Laghouat, les familles n’ont pas beaucoup de choix pour leur détente et leur distraction avec le manque des espaces de loisirs. Ainsi, le vide étouffant ajouté aux températures suffocantes en cette période estivale obligent les familles laghouaties à sortir en quête de quelques instants de fraîcheur et de détente. La placette qui se trouve en face de l’université offre tout ce qu’une famille pourrait bien chercher. Dans cet espace vert qui n’est pas loin de la cité El Mostakbel, et jouxtant l’université Amar Thlidji, toutes les conditions sont réunies pour que ces moments de détente ne soient pas interrompues. C’est notre halte depuis qu’on a quitté le siège de la BMPJ de Laghouat, il y a de cela un peu plus d’une demi-heure. La présence des hommes en bleu ne passe pas inaperçue. Avant même que les pieds ne soient mis à terre, tout est « scanné » à partir des véhicules. Un geste brusque et suspect d’un jeune homme en compagnie de ses amis attire l’attention. C’est le lieutenant de police Bouzara Benyella qui se charge d’une vérification qui ne dure que quelques minutes. Fausse alerte. Les jeunes en question ne consomment ni drogue ni « cachets ». La tournée continue. Et les citoyens rencontrés en cette fin de journée sur les lieux ne cachent pas leur « aisance » quant à la présence des policiers sur les lieux. Ces derniers ne risqueront pas de chômer tout au long de cette saison estivale. Nous laissons le centre-ville. Notre prochaine destination est Bab Rabt que nous atteignons en une vingtaine de minutes de route. « C’est le versant Sud », nous explique le lieutenant de police Bouzara Benyella. Nous sommes au pied du rocher qui surplombe le Ksar Farroudj, Tizgrarine, qui veut dire montagne la plus longue. En effet, elle prend naissance sur les hauteurs de Ksar Farroudj, pour aboutir à la montagne Sidi Hakoum. Elle divise la ville de Laghouat en deux, l’Oasis Nord et l’Oasis Sud. Aujourd’hui musée, le Tizgrarine, a été durant la décennie noire un campement des soldats de l’ANP. De là, on pouvait bien admirer la beauté d’un paysage époustouflant des deux oasis sauf que « l’ancien Laghouat », n’aspire pas confiance à nos policiers. Pour preuve, d’où nous sommes nous pouvons bien distinguer avec précision l’endroit où avaient été tués en janvier dernier les deux terroristes. C’est là aussi où sont tombés en martyrs le 15 juin 1993, comme souligné précédemment, le commissaire principal Mohamed Trabelsi, alors chef de la sûreté de la wilaya de Laghouat ainsi que deux de ses éléments. Curieux que nous sommes, nous insistons à nous y rendre de plus près. A ce moment, l’adjoint du chef de sûreté de la wilaya de Laghouat, le commissaire divisionnaire Mohamed Saadi, ainsi que le commissaire de police Mohamed Lehrech, chef de la BMPJ, nous « recommandent » de ne pas trop traîner dans ce « labyrinthe », pour reprendre le qualificatif du lieutenant de police Bouzara Benyella. Vite fait. La patrouille quitte l’ancien Laghouat sans aucune mauvaise surprise. Dieu Merci. Il est 20h30. Il commence à faire nuit. Nos policiers devraient doubler de vigilance et la tournée est loin d’être finie. Destination l’entrée Est de la ville de Laghouat. Un passage obligé pour des milliers de voyageurs désirant s’y rendre y compris dans les wilayas limitrophes. Sur place, les éléments du barrage « fixe » filtrent déjà la circulation. « C’est un travail routinier », nous affirme le commissaire de police Mohamed Lehrech, chef de la BMPJ. Un peu « surpris » de voir notamment l’appareil photo de notre photographe, les agents en faction ce jour-là, se « familiarisent » rapidement avec nous. Alors que nos discussions portaient avec le commissaire de police Mohamed Lehrech, chef de la BMPJ sur leur mobilisation durant les dernières élections législatives, un taxi en provenance de Blida est immobilisé. La jeunesse des passagers éveille les soupçons. Ils sont priés de descendre du véhicule. Le conducteur, quant à lui, ouvre le coffre de la voiture. « Tout peut arriver », nous assure-t-on. De ce fait, rien n’est laissé au hasard. Un des agents tient d’ailleurs une tablette entre ses mains. Elle est connectée au réseau central de la DGSN. Il suffit d’y introduire les nom et prénom d’un individu pour que tout s’affiche s’agissant de sa personne. S’il s’agit d’un recherché par la justice ou d’un insoumis vis-à-vis du service national, il est bien entendu présenté devant la justice. Après une vérification minutieuse « rien n’est à signaler ». « Faites un bon voyage », lance l’agent aux occupants du véhicule. Une assurance se lit sur le visage de ces derniers. Sans le dire, clairement, ils sont sans nul doute rassurés à la vue des patrouilles de la BMPJ qui instaurent une certaine quiétude. En effet, la souplesse des éléments de la BMPJ dans leurs rapports avec les citoyens a laissé transparaître « une reconnaissance mutuelle, voire un respect naissant». La prévention et les conseils constructifs sont au cœur des propos tenus par les policiers vis-à-vis des citoyens. Concernant la criminalité, le commissaire de police Mohamed Lehrech nous précise que ce ne sont pas les quartiers populaires qui sont « les plus infestés» par ce fléau, où il a été constaté une baisse. « Dans certains endroits de la ville, il y a des difficultés en matière de sécurité, d’où le renforcement des unités en place pour assurer une meilleure sécurisation », souligne le chef de la police judiciaire qui précise que « l’objectif de ces opérations, à caractère préventif, est de lutter contre la criminalité sous toutes ses formes, afin de garantir la sécurité et le bien-être du citoyen et de créer un climat de quiétude ». Fin de mission pour nous, certes, mais pas pour ces policiers…
F. H.



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