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N° 107 - Août 2017

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DGSN

Le commissaire principal de police Saïd Bachir, la fierté de l’Algérie et de la DGSN

Il a été désigné à la tête du groupe des experts d’Interpol de la lutte contre la cybercriminalité

Par Farid HOUALI



« Le vol de données personnelles, l’altération de logiciels, la prise de contrôle de sites officiels, les détournements de fonds et les escroqueries commerciales, la transmission de messages à caractère subversif, sont autant de nuisances engendrées par les NTIC, face auxquelles la mise en place de mesures de prévention et de lutte s’était imposée avec la plus grande acuité », a noté d’emblée le  commissaire principal de police, Saïd Bachir,  chef de service central de la lutte contre les crimes liés aux technologies  d’information et de communication à la DGSN. Conscients de cette menace, nos différents services de sécurité, la DGSN, entre autres, ont, dans leurs actions prospectives visant l’accompagnement du passage de la société algérienne vers l’ère du numérique, adopté, ces dernières années, une stratégie nationale, visant à faire face aux effets de la révolution véhiculée par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. La stratégie de la DGSN dans la lutte contre la cybercriminalité portait également sur l’implication des fournisseurs de services internet dans la prévention et l’instauration graduelle des règles de sécurité informatiques dans les administrations et entreprises publiques, selon les normes universelles. Ces efforts sont mondialement reconnus et salués. Preuve en est la désignation par le secrétariat général de l’OIPC-Interpol de notre officier, pour présider le groupe des experts d’Interpol de la lutte contre la cybercriminalité, à l’occasion de la 10e réunion des chefs  d’unités de la lutte contre la cybercriminalité des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord qui s’est déroulée les 10 et 11 mai dernier  à Lyon (France). «Cette désignation traduit le haut degré de professionnalisme atteint par  la sûreté nationale dans tous les domaines, qui lui a valu respect et  considération à travers le monde», a rappelé le  commissaire principal de police, Saïd Bachir. Diplômé en informatique de l’Université de Tizi-Ouzou, commissaire principal de police, Saïd Bachir fait partie de la première promotion des lieutenants de  police informaticiens de la DGSN. Une promotion sortie de l’Ecole supérieure de police de Châteauneuf (Colonel Ali-Tounsi) en 2000 après une formation de 18 mois. C’est le début d’une aventure qui remonte à 17 ans déjà durant laquelle notre officier aura occupé bon nombre de postes de responsabilité avant d’être promu à la tête du groupe des experts d’Interpol de la lutte contre la cybercriminalité. Ainsi, en 2000, il quitte l’Ecole supérieure de police Châteauneuf pour la sous-direction des moyens informatiques de Hydra pendant cinq ans, où il est nommé en 2005 chef de bureau. L’ascension continue.  Et comme la formation est un axe prioritaire à la DGSN, le commissaire principal de police Saïd Bachir, promu commissaire de police en 2006, est retenu à la suite d’un concours de sélection pour une formation « académique » dans son domaine à l’Université de Lausanne en Suisse. Retour au bercail en 2009, avec en poche un master en droit, criminalité et sécurité en nouvelles technologies. C’est durant cette même année qu’il est désigné par le haut commandement de la DGSN « afin d’impulser un nouveau souffle à la lutte contre le crime numérique », suite à quoi il est nommé à la tête de tout un département spécialisé dans l’exploitation des données numériques à la Direction de la police judiciaires (DPJ). « Ce qui a donné par la suite à la mise en place d’un laboratoire de la récolte et de l’exploitation de la preuve numérique », soutient notre interlocuteur qui rappelle que tout « se fait dans le total respect de la réglementation en vigueur ».  Au fil des ans, notre jeune officier s’avère un véritable expert dans son domaine. Promu commissaire principal en 2013, il est nommé en 2016 à la tête du service central de la lutte contre les crimes liés aux technologies  d’information et de communication à la DGSN, un service qui chapeaute les 48 brigades de lutte contre la cybercriminalité réparties à travers les sûretés de wilaya.

Un « danger permanent »
Notre entrevue avec le commissaire principal de police Saïd Bachir, premier responsable du groupe des experts d’Interpol de la lutte contre la cybercriminalité, est également une occasion d’aborder la question de la cybercriminalité qui « constitue » un véritable « danger des temps modernes ». Ainsi, et afin de lutter efficacement contre ce « nouveau fléau », notre interlocuteur assure que la DGSN a mobilisé au profit de « ses experts tous les moyens technologiques susceptibles de parer à la commission d’actes malveillants, à travers des mécanismes anticipatifs tendant à rétrécir le champ d’action des criminels ». Il souligne dans ce sens, que la stratégie de la DGSN s’articule sur quatre axes essentiels. Il s’agit de la formation de la ressource humaine, du renforcement des services de wilaya de police judiciaire par des sections opérationnelles spécialisées dans la lutte contre la cybercriminalité, de la mise en place d’une cellule centrale de lutte contre la cybercriminalité, composée de personnels disposant d’un profil adéquat en la matière et ayant déjà subi des formations spécialisées et de l’acquisition des moyens technologiques de pointe. Il convient à ce propos de rappeler la rapidité avec laquelle avait été débusqué en avril dernier  l’auteur du piratage du site internet de l’APS. La  stratégie de la DSGN est également orientée vers le recours vers la prévention, l’objectif visé étant d’entrevoir une prise de conscience de la société civile à l’égard de ce nouveau phénomène, amenant les différents acteurs, notamment les utilisateurs potentiels des NTIC, les médias et les organes de veille et de recherche, à manifester des actions de mobilisation à travers en premier lieu de la multiplication des campagnes de sensibilisation des utilisateurs sur les risques pouvant être engendrés par les TIC, en éveillant la vigilance de victimes potentielles, la mise en place d’un site web dédié à recevoir les plaintes des citoyens.  Ainsi, selon un bilan chiffré donné par le commissaire principal de police Saïd Bachir, il a été enregistré durant les quatre premiers mois de l’année en cours, 639 affaires dont « la majorité portait sur l’atteinte à la vie privée ».  Toujours selon le même bilan, le nombre d’affaires traitées qui n’était que de 91 en 2013 est passé à 246 en 2014 puis à 567 en 2015 pour s’établir à 1055 affaires en 2016.  Quant au nombre des victimes durant cette même année, il est de 1123 victimes dont 138 mineurs donnant lieu à l’arrestation et la présentation devant la justice de 946 individus dont 104 mineurs.  « Cela dénote l’expansion dangereuse que prend continuellement le crime numérique et qui exige de ce fait, de chacun de nous, une vigilance accrue », résume le commissaire principal de police, Saïd Bachir.
F. H.



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