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N° 110 - Dec 2017

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DGSN

« L’Afripol n’est pas une structure militaire »

Des experts de la Sûreté nationale affirment :

Par Leila BOUKLI



Le Forum de la sûreté nationale, organisé à l’école de police Ali-Tounsi, a mis en évidence l’importance et la nécessité de la mise en place du Mécanisme africain de coopération policière, dénommé Afripol, dont le siège est à Alger, qui se veut une valeur ajoutée à la coopération policière régionale et internationale et une alliance stratégique face aux menaces internationales qui pèsent sur un environnement en constante évolution. D’emblée, le commissaire Kamel Ouali de la cellule de communication de la DGSN rappelle l’aspect structurel et les missions dévolues à l’Afripol dans la sécurisation des pays de l’Afrique. « Le continent africain s’est doté d’une organisation policière africaine pour s’approprier des aspects sécuritaires afin de faire face au terrorisme et au crime organisé transnational aux plans régional et international », soutient-il tout en rappelant les différentes étapes de la création de ce Mécanisme de coopération policière. Considéré comme un grand acquis et un immense engouement pour concrétiser la vision de l’Union africaine dans la lutte contre toutes les formes de criminalités, le mérite de la création d’Afripol revient en premier lieu à la fermeté et à la volonté du général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale.

Asseoir une coopération continentale
S’exprimant sur l’intervention du mécanisme Afripol dans les affaires internes des pays d’Afrique, le commissaire divisionnaire de la police, Fayçal Hassani, chargé des affaires économiques et financières à la DGSN, a affirmé que le statut d’Afripol définit avec précision, les prérogatives et le champ d’intervention de ce dernier tout en stipulant le respect des lois internes de ces pays. « Les prérogatives et les missions de l’Afripol sont régies par un statut juridique. Le premier article figurant dans ce statut est le respect de la souveraineté des pays», dit-il, ajoutant que « l’Afripol est conçue pour permettre aux pays africains d’avoir une vision continentale s’agissant de la lutte contre le crime sous toutes ses formes et avoir aussi une seule voix à l’international», tout en précisant que l’Afripol n’est pas une structure militaire. Sur un autre sujet, le conférencier dira que «le Mécanisme de coopération policière africaine (Afripol) projette de créer prochainement un mandat d’arrêt africain. Ce mandat d’arrêt continental pourrait être émis à l’encontre de toute personne inculpée ou déclarée coupable d’activités terroristes sur tout le territoire africain. Le mandat d’arrêt africain fera office de document de référence au sein de l’Afripol».
Selon le haut fonctionnaire de police, l’Union Africaine (UA) finalise actuellement des arrangements permettant l’instauration de ce mandat. En effet, le président d’Afripol, le général-major Abdelghani Hamel, a adressé une saisine aux 44 directeurs et inspecteurs des polices africaines afin de procéder à la nomination et à l’installation des officiers de liaison au sein de leurs structures respectives.
Par ailleurs, le conférencier a fait savoir que sur orientation du directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, des experts de la DGSN ont pris l’initiative de créer un système de communication, Africom, contenant un système de données, partagées par les polices africaines et qui contient des informations actualisées en permanence, relevant que l’élaboration de ce mécanisme était plus que nécessaire, notamment devant le fait que la lutte contre le phénomène du terrorisme représente la priorité d’Afripol.
Devant autant de défis, «l’institution d’Afripol va permettre de consolider les relations entre les services de police africaine, dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, le crime organisé transfrontalier, la cybercriminalité, la piraterie maritime, le blanchiment d’argent et le trafic d’armes et de drogue » explique-t-il.
 Selon lui, ce mécanisme se veut une valeur ajoutée à la coopération policière régionale et internationale et une alliance stratégique face aux menaces internationales qui pèsent sur un environnement en constante évolution. «Cette initiative continentale va renforcer la quiétude et la sécurité de nos citoyens en Afrique, mais elle constitue aussi un signal fort pour tous les criminels et les terroristes que désormais l’Afrique aura un outil de coordination de son activité», dira le haut responsable de sûreté avant d’ajouter que maintenant «les polices africaines vont être efficaces afin de sécuriser leurs citoyens et de promouvoir cette quiétude, et partant, le développement économique du continent».

Mesurer l’ampleur des menaces
De son côté, l’expert en sécurité, Ahmed Mizab dira que pour « garantir le succès du mécanisme de coopération entre les polices africaines (Afripol) », dont l’activation est intervenue « en un temps record », les pays africains doivent « mesurer l’ampleur des dangers et les sources de la menace sécuritaire qui pèse sur le continent » tout en restant informés des « nouvelles formes du crime organisé ». Il est important également de « tenir compte des points forts et faibles de certains pays africains lors de l’élaboration des plans sécuritaires qu’envisage d’appliquer le mécanisme Afripol pour faire aboutir l’approche sécuritaire ».
Il a précisé à ce propos que mesurer l’ampleur des différents crimes et menaces dont le terrorisme, la traite des humains et le trafic d’armement et de stupéfiants qui ne cessent de se propager, était un pas important vers la lutte et la prévention contre ces phénomènes, soulignant que le trafic de drogue « représente 8% du commerce mondial et pas moins de 247 millions de personnes y sont dépendants à l’échelle mondiale ».
D’autre part, l’expert en affaires sécuritaires fait remarquer que « la conjugaison des efforts et des vues autour de la lutte contre le phénomène du terrorisme qui fait peser une réelle menace sur les principes de paix et de stabilité dans le continent africain est désormais un enjeu à prendre en ligne de compte afin de venir à bout de ce phénomène ».
Il indiqué que la recherche de l’information sécuritaire et l’élaboration des plans qui seront concrétisés dans le cadre d’une stratégie globale constituaient un des pas pouvant circonscrire les crises que connaissent certains pays africains et, par conséquent, éradiquer ces crimes transfrontaliers. Il a laissé entendre que cette organisation de police africaine s’est basée sur trois critères de fonctionnement essentiels à savoir: l’évaluation des dangers auxquels les pays africains sont confrontés, l’analyse des informations, la lutte contre le terrorisme, la drogue, la cybercriminalité, l’immigration clandestine, et enfin la planification. Le même responsable a estimé que la réussite de ce mécanisme doit se baser sur plusieurs axes, notamment la mise en place d’une stratégie efficiente et globale, l’échange des informations en s’appuyant sur une base de données territoriale liée à l’Interpol afin d’anticiper les dangers ainsi que leur source… En dernier lieu, il convient de préciser que le succès de l’Afripol ne peut reposer que sur l’engagement assidu de l’ensemble des parties qui composent cette institution de haute importance pour faire face aux défis sécuritaires de plus en plus complexes qui menacent notre continent
Il a clairement affiché « l’engagement total de l’Algérie à poursuivre son soutien au mécanisme de coopération policière africaine». «L’Afripol, poursuit l’expert en questions sécuritaires, s’est assigné un plan de travail avec des contours très clairs, notamment la lutte contre toutes les formes de criminalité organisée, l’échange d’informations et d’expertises, l’adoption d’une vision commune pour intensifier la coopération entre les différentes polices africaines», a-t-il souligné.
Il considère un tel mécanisme comme une «exigence» du contexte sécuritaire actuel, marqué par la prolifération des groupes criminels multinationaux connectés aux différents trafics qui prennent de l’ampleur dans les immenses contrées du continent africain.
L’expert a souligné que les pays africains sont confrontés aux même menaces et aux même formes de criminalité et sont appelés, par conséquent, à conjuguer davantage leurs efforts, à accroître leur échanges et à intensifier leur coopération policière sur les plans technique et opérationnel. D’autre part, le conférencier a mis en relief les considérations sécuritaires qui ont incité à la mise en place de l’Afripol, vu le nombre de personnes concernées par les divers phénomènes, à l’image de celles qui s’adonnent à la drogue estimées, insiste-t-il, à 247 millions, et le nombre des victimes de terrorisme évalué à 10 000 chaque année. Le même responsable a estimé que la réussite de ce mécanisme doit se reposer sur plusieurs axes, notamment la mise en place d’une stratégie efficiente et globale, l’échange des informations en s’appuyant sur une base de données territoriale liée à l’Interpol, l’anticipation des dangers ainsi que leur source… En dernier lieu, il convient de préciser que le succès de l’Afripol ne peut reposer que sur l’engagement assidu de l’ensemble des parties qui composent cette institution de haute importance pour faire face aux défis sécuritaires de plus en plus complexes qui menacent notre continent

L. B.



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