Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

Go

DGSN

Le logigramme scuritaire de lAfrique

Afripol

Par Yahia MAOUCHI



Tout au long du processus d’opérationnalisation d’Afripol et au cours de l’ensemble des rencontres des directeurs et inspecteurs généraux de police, les pays africains ont salué le rôle déterminant de l’Algérie à travers la direction générale de la Sureté nationale, dans la concrétisation de ce projet, permettant une meilleure coopération régionale dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme. Les chefs d’Etat sont résolument convaincus que l’Algérie constitue une locomotive et une force mobilisatrice pour la consolidation de la paix et de la stabilité dans le continent africain, à travers ce nouveau-né dont Alger abrite le siège. Il va sans dire que l’aboutissement de cette initiative revient, en grande partie, au général-major, Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale, qui, lors des quatre réunions tenues par le comité ad-hoc mis en place sous l’égide de l’Union africaine (UA), a joué un rôle prépondérant dans le processus d’opérationnalisation de ce mécanisme. Ainsi, compte tenu de la sophistication toujours plus croissante avec laquelle les syndicats du crime organisé, y compris les groupes terroristes, opèrent, la nécessité d’une plus grande coopération entre les services de sécurité et de renseignement revêt une importance capitale. L’adoption des statuts d’Afripol par la conférence a, en effet, lancé le Mécanisme africain de coopération policière. À cet égard, la première Assemblée générale d’Afripol, en tant qu’organe technique et délibérant suprême d’Afripol, a pour mission d’assurer le leadership et de diriger la coopération policière en Afrique. L’objectif principal qui oriente les activités d’Afripol est de mettre en place un cadre de coopération aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique entre la police et les organismes chargés de l’application de la loi dans les États membres de l’UA, tel qu’énoncé dans la note de cadrage examinée par la réunion des directeurs et inspecteurs généraux de la police, tenue à Alger, les 10 et 11 février 2014. Dans son allocution, le général-major Abdelghani Hamel avait fait part, à cette occasion, du soutien permanent de l’Algérie à la concrétisation du projet de création d’un tel mécanisme, dont la pertinence se résume aux enjeux sécuritaires non seulement en Afrique mais également par rapport aux autres continents. Intervenant lors de cette même conférence, Smail Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, avait affirmé qu’Afripol constituera à l’avenir un mécanisme de coordination entre les organismes de police africains.

Offrir un mécanisme formel de coopération
Ainsi, il est admis que certaines régions du continent ont créé des organismes régionaux de coopération policière regroupant les organisations de coopération des chefs de police, mais il est prévu qu’Afripol ne visera pas à reproduire le rôle des autres organisations régionales de coopération des chefs de police, mais offrira un mécanisme formel de coopération entre ces organisations, et, en général, entre les organismes de police et d’application de la loi dans tous les États membres de l’UA. Bien qu’Afripol aide les États membres de l’UA à coordonner la coopération et l’action contre la criminalité organisée au sein de l’Union, la coopération avec les pays ne faisant pas partie de l’UA et les organisations internationales est également essentielle. En outre, le nouveau Mécanisme africain est mis en place pour renforcer la coopération et la coordination entre la police et les autres organismes chargés d’appliquer la loi dans les États membres, afin de lutter contre toutes les formes de criminalité. En effet, les Etats membres de l’UA connaissent un accroissement important d’activités terroristes sur le continent, ainsi que l’élargissement des activités de criminalité organisée, en particulier le trafic des armes et de drogues illicites, la traite des êtres humains, la prise d’otages, la piraterie maritime, la corruption, le blanchiment d’argent, la cybercriminalité, la contrefaçon de médicaments, les préjudices à l’environnement et le trafic de biens culturels. En outre, Afripol jouera un rôle crucial dans la mise en œuvre du mandat d’arrêt africain des personnes accusées ou reconnues coupables d’un acte terroriste, qui est établi par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA. Il convient, en outre, de noter qu’Afripol contribuera à l’opérationnalisation du Processus de Nouakchott sur le renforcement de la coopération sécuritaire et l’opérationnalisation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité dans la région sahélo-saharienne, qui a été lancé par la commission le 17 mars 2013. Ainsi, Afripol participera aux réunions du processus et fournira l’information analytique.

Lutte contre toutes formes de criminalité
La prolifération et le trafic incontrôlés et non réglementés des armes légères et de petit calibre sont un problème mondial dont profitent les groupes et les individus criminels pour poser une menace à la paix, à la sécurité et à la stabilité non seulement dans les États membres, mais à l’échelle mondiale. En effet, l’un des objectifs de sa stratégie est la promotion de la coopération, la coordination et l’échange d’informations entre les parties prenantes concernées aux niveaux national, régional et transrégional et continental dans la lutte contre les armes légères et de petit calibre illicites. Une coopération plus large est cruciale dans la lutte contre le trafic et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre, et Afripol jouera un rôle crucial à cet égard. A cet effet, elle compte mettre en place des mécanismes pour le partage rapide et en temps opportun des informations pertinentes sur le traçage efficace des armes à feu par les organismes d’application de la loi. D’autre part, le trafic des êtres humains est reconnu comme un phénomène qui n’a cessé de croître au fil des ans, touchant pratiquement tous les États membres de l’UA, d’une manière ou d’une autre. Il s’agit d’une activité clandestine et, par conséquent, elle constitue un défi pour évaluer l’ampleur du problème. Cependant, même les rapports des médias sur les tragédies rencontrées par les personnes victimes du trafic à partir de l’Afrique mettent en exergue le défi et appellent à une action collective contre ce phénomène. A cet effet, Afripol assurera le partage d’informations et de renseignements sur le trafic des êtres humains et développera des bases de données sur ce crime, qui permettront de renforcer le soutien opérationnel à la lutte contre le trafic des êtres humains sur le continent et de neutraliser les réseaux criminels impliqués dans ce trafic. Par ailleurs, les drogues illicites demeurent l’une des principales menaces non seulement pour la santé, mais également pour la sécurité des citoyens des États membres de l’UA. Bien que le plan d’action de l’UA de lutte contre la drogue (2013-2017) souligne les aspects sociaux des effets de la drogue, il est nécessaire de renforcer l’action sur les aspects sécuritaires, afin de neutraliser les groupes criminels impliqués dans la production et le trafic de drogues. Afripol apportera une contribution à une action coordonnée dans ce domaine à travers une coopération renforcée entre la police et les organismes chargés de l’application de la loi dans les États membres. La gestion des frontières internationales est devenue de plus en plus facile à franchir. A cet effet, il existe souvent des liens puissants entre le trafic transfrontalier des armes légères et petit calibre et les autres activités illicites de la criminalité transfrontalière. Il est également à noter que les groupes terroristes profitent de cette situation pour planifier, coordonner et exécuter des activités terroristes, parfois au-delà des frontières. Cela implique la nécessité de renforcer le contrôle des frontières, la surveillance des frontières, les patrouilles frontalières et la protection des frontières. Afin de s’acquitter efficacement de ces tâches, un ensemble de différentes compétences est nécessaire. Afripol jouera ainsi un rôle clé dans le renforcement des mécanismes de coopération entre la police, les autres organismes chargés de l’application de la loi et les agences frontalières. Afripol doit ainsi mettre en place des mécanismes de coopération dans la répression de tels réseaux criminels engagés dans le braconnage et le commerce illégal des trophées de la faune, et sollicitera également les organisations de coopération policière continentales et régionales similaires hors du continent. Lors de la tenue la réunion consultative sur le démarrage d’Afripol (27-28 avril 2016), coorganisée par la commission de l’Union africaine et la DGSN, sous la thématique réunion de cadrage pour définir les étapes futures de l’organisation d’Afripol à la lumière des expériences et des bonnes pratiques des organisations internationales, régionales et sous- régionales à vocation similaire, et qui avait la participation du représentant spécial d’Interpol auprès de l’Union africaine, des chefs d’organisations de coopération des chefs de police de l’Afrique de l’Est (EAPCCO) et de l’Afrique australe (Sarpcco) et les représentants d’Europol et d’Aseanapol, le général-major Abdelghani Hamel a insisté sur la nécessité de lutter contre toutes les formes de criminalité. « Les défis majeurs engendrés par les nouvelles formes de terrorisme, de radicalisation, de combattants terroristes étrangers, de cybercriminalité, de trafic illicite de drogues et d’armes à feu, en sus des crises migratoires et humanitaires, et autres fléaux criminels, constituent des facteurs de menace à la paix et à la sécurité aux niveaux national, régional et international. Cette situation requiert une réponse concertée et intégrée grâce à une coopération qui doit être solidaire, franche et spontanée, pour relever ces défis communs, dont l’apport d’Afripol constituera une valeur ajoutée certaine à la nouvelle architecture mondiale de sécurité ». Enfin, du 14 au 16 mai 2017, s’est tenue, à Alger, la première assemblée générale dudit mécanisme de l’Union africaine. En marge des travaux de cette première Assemblée générale, axée sur l’adoption des projets de statut d’Afripol, et des textes juridiques régissant son organisation, son fonctionnement et son financement, le général-major Abdelghani Hamel a affirmé que la police algérienne mettra à la disposition du mécanisme africain de coopération policière toute son expertise, indiquant qu’Afripol constituera un instrument incontournable de coopération policière internationale dans la riposte collective contre les nouvelles menaces attentatoires à la paix et à la sécurité de nos pays respectifs.

La formation, clé de voûte d’une police professionnelle
Par ailleurs, et dans le cadre de ses stratégies pour démanteler les différents gangs criminels, Afripol mènera des études sur la nature des défis environnementaux sur le continent et fera des propositions sur les meilleurs voies et moyens de protéger le patrimoine naturel du continent. Ce sera la base pour l’élaboration d’un cadre de coopération entre les États membres pour lutter contre les atteintes à l’environnement. Pour réussir à relever tous ces défis, Afripol est appelée à renforcer l’expertise des organismes de police et d’application de loi dans les États membres à travers l’organisation de divers formations et programmes de renforcement des capacités dans les domaines identifiés. Cela se fera à travers des cours magistraux personnalisés, en dispensant une formation spécialisée et en fournissant des plates-formes pour le partage des réussites et des bonnes pratiques. Ces programmes combleront les lacunes dans les connaissances et les capacités dans le travail de la police et aboutiront au renforcement des capacités dans les États membres. Les formations fourniront également des plates-formes de partage d’expériences, de bonnes pratiques et de développement novateur des techniques d’application de la loi, afin de relever des défis spécifiques. Les aperçus de concepts communs dans les domaines de la prévention de la criminalité, de la médecine légale et des techniques spécialisées pourraient être diffusés et les bonnes pratiques partagées au cours de ces forums. Afripol identifiera également les académies de police ou les établissements de formation de la police sur le continent qu’il pourrait utiliser comme des centres d’excellence pour dispenser une formation générique ou spécialisée. L’Unité de renforcement des capacités et de formation travaillera en étroite collaboration avec le PSSG au sein de la DPS en ce qui concerne la formation et le renforcement des capacités des unités de police à déployer dans les opérations de soutien à la paix sous conduite de l’UA. Le PSSG travaillera en coopération étroite avec Afripol en ce qui concerne les critères et procédures de sélection et de vérification des annonces de contribution de police, y compris la formation des unités de police qui doivent être déployées dans les opérations de soutien à la paix. D’autre part, la mise à disposition du financement requis pour le recrutement et la sélection des experts, l’initiation et le maintien des opérations robustes de renseignements dans les domaines pénal et de sécurité, la mise en œuvre d’une stratégie dynamique de communication à l’échelle continentale, la formation et les équipement et les infrastructures essentielles et la mise en œuvre soutenue des activités visant la lutte contre toutes les catégories de crimes organisés est la clé en vue de réaliser l’opérationnalisation effective d’Afripol. Il convient de relever qu’un personnel qualifié, très motivé, engagé, diversifié, tenant compte de l’aspect genre et bien équipé sera nécessaire à cet égard. A cet effet, Afripol doit s’efforcer d’attirer, de renforcer et de retenir les compétences nécessaires à la pleine réalisation des aspirations de sa création. Une mobilisation robuste et le déploiement des ressources humaines et financières adéquates seront requis à cet égard. Bien que le recrutement du personnel principal d’Afripol soit financé par le budget ordinaire de l’UA, il convient également de relever qu’il est nécessaire de compléter ce personnel principal à travers des détachements des États membres, afin de réaliser les pleines capacités d’Afripol. Par conséquent, Afripol œuvrera au renforcement de son budget de fonctionnement à travers la mobilisation de financements supplémentaires et le soutien technique auprès des États membres et des partenaires. Par ailleurs, afin de bénéficier des réussites des institutions similaires et d’éviter les pièges inutiles dans son opérationnalisation, il est proposé que le comité ad hoc désigne une équipe pour effectuer des visites d’étude aux sièges d’Europol, Asiapol et Interpol, afin d’étudier et de recueillir quelques idées pour orienter les questions de fond pour l’opérationnalisation d’Afripol. A la lumière des relations de travail cordiales existantes entre l’UA et l’UE, une visite à Europol peut être effectuée en priorité. À cet égard, le comité ad hoc devra élaborer les termes de référence appropriés pour l’équipe. En outre, pour son bon fonctionnement Afripol doit assurer un suivi et une évaluation régulière de la mise en œuvre des activités à travers les mécanismes d’élaboration de rapports convenus conformément aux programmes de travail annuels. Cela permettra d’assurer une utilisation rentable des ressources disponibles tout en soulignant l’impact de la mise en œuvre de son activité. Enfin, il est attendu d’Afripol d’assumer un rôle central dans la mise en œuvre de la feuille de route de l’UA sur les mesures pratiques visant à faire taire les armes, adoptée en janvier 2017 par la 28e Conférence de l’UA. Cette feuille de route comprend des aspects sécuritaires importants exigeant une coopération policière étroite entre tous les Etats du continent, y compris l’interdiction de / et la lutte contre le trafic illicite des armes, de drogue, la traite des êtres humains et l’immigration clandestine, en plus de la lutte contre les crimes financiers, les flux financiers illicites qui risquent de saper les fondements du développement durable du continent. La feuille de route constitue de ce fait une priorité principale pour tous les organes de l’Union africaine.

Mettre fin à la violence faite aux femmes
Dans son allocution d’ouverture des travaux de la 5e Assemblée générale de la déclaration de Kigal, tenue les 7 et 8 mars 2016 à Alger, l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a précisé que « l’expérience algérienne en matière de lutte contre la violence faite aux femmes peut servir de référence utile », soulignant que « la défense des droits des femmes et la lutte contre toutes les formes de violence faite à leur égard son des priorités dans l’action du gouvernement algérien. » M. Sellal a également évoqué « la création d’un prix national de lutte contre la violence faite aux femmes pour appuyer les efforts de sensibilisation, de protection et d’éducation qui sont susceptibles de contribuer à l’élimination des préjugés qui engendrent la violence ». Dans le cadre des réformes initiées par le président de la République Abdelaziz Bouteflika, M. Hamel a affirmé dans son allocution que l’Algérie continue de renforcer la promotion des droits de la femme, notamment par l’application du principe d’égalité entre les deux sexes consacrés par la Constitution algérienne. En fait, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations de la coopération policière à l’échelle continentale et traduit l’engagement de l’Algérie en faveur de la promotion des droits de la femme, ainsi que son soutien à tous les efforts aux plans régional et international pour mettre fin à la violence faite aux femmes. D’autre part, le statut dudit mécanisme africain, adopté lors de le 28e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernements, tenue à Addis-Abeba, en Ethiopie le 30 janvier 2017, dispose de vingt-neuf articles, régissant ses objectifs, ses fonctions, ses principes, ses structures et leurs fonctionnements, la tenue des sessions, les prises de décision, les privilèges et immunités, ainsi que les amendements. Au préambule, il est fait référence notamment à la nécessité d’opérationnaliser pleinement l’Architecture africaine de paix et de sécurité, de promouvoir la coopération policière africaine aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique à travers l’évaluation des menaces, l’analyse du renseignement criminel, la planification et la mise en œuvre des actions. Il est fait également référence à la Déclaration d’Alger du 11 février 2014, adoptée par les chefs de police africains, à Alger, en Algérie, relative à la création d’Afripol et l’engagement des États membres de l’Union africaine et leur détermination à promouvoir les droits de l’homme, la bonne gouvernance, l’Etat de droit et d’œuvrer ensemble pour assurer la paix, la sécurité, la sûreté et la stabilité sur le continent africain. Par ailleurs, conformément à ladite déclaration d’Alger, approuvée par les chefs d’Etats et de gouvernements africains, lors de la 25e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, tenue du 20 au 24 juin 2014 à Malabo/Guinée équatoriale, suivant la décision EX.CL/Dec.820 (XXV), le comité ad hoc chargé de la mise en place d’Afripol a tenu quatre réunions, respectivement le 2 juillet 2014 à Addis Abeba/Ethiopie, le 2 octobre 2014 à Kampala/Ouganda, les 18 et 19 mars 2015 à Alger, et le 2 juin 2015 à Addis Abeba/Ethiopie. Ainsi, à l’issue de fructueux débats, qui ont marqué ces quatre réunions, des conclusions ont été élaborées dans le cadre de la mise en œuvre dudit mécanisme. En outre, les polices africaines sont profondément convaincues qu’Afripol ne pourra que constituer une valeur ajoutée à la coopération policière régionale et internationale, voire une alliance stratégique à même d’apporter une réponse policière aux menaces mondiales dans un environnement en constante évolution.

Genèses de la mise en œuvre d’Afripol
Afripol, ce nouveau-né d’Afrique commence à faire ses premiers pas. Quant à sa naissance, c’est lors de la 22e conférence régionale Africaine d’Interpol, tenue du 10 au 12 septembre 2013 à la ville d’Oran, et à l’initiative du général-major Abdelghani Hamel, que fut prononcée la proposition de création du mécanisme éfricain de coopération policière Afripol. Faisant le point sur la situation du crime organisé dans le continent africain, le général-major Abdelghani Hamel, a exhorté les pays africains à faire front commun contre la criminalité du fait que le continent est confronté aux mêmes menaces et aux mêmes formes de criminalité, d’où la nécessité de conjuguer davantage les efforts, d’accroître les échanges et d’intensifier la coopération policière sur les plans technique et opérationnel. A ce sujet, le vice-président d’Interpol pour l’Afrique, Mohamed Adamou, a abondé dans le même sens, soulignant le rôle joué par la police algérienne tout en émettant son souhait de voir les pays africains emboiter le pas à l’Algérie, notamment en matière d’usage des technologies numériques dans le cadre de la lutte contre la criminalité et le crime organisé. Cependant, c’est en marge de la 82e Assemblée générale de l’OIPC-Interpol tenue du 21 au 24 octobre 2013 à Carthagène-Colombie, que cette résolution fut enfin confortée. Lors de cette Assemblée générale d’Interpol, le général-major Abdelghani Hamel a réitéré la volonté de l’Algérie à œuvrer dans le sens de la réalisation du projet Afripol, en se déclarant prête à accueillir à Alger dans les meilleurs délais possibles une rencontre de haut niveau entre les chefs de police africains pour approfondir la concertation, l’examen et l’étude des voies et moyens tendant à atteindre cet objectif pour le développement et la promotion de la coopération policière africaine dans le domaine de la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme notamment. Et comme promis, une conférence africaine des directeurs, inspecteurs généraux de police sur Afripol, s’est effectivement tenue à Alger.

Afripol, plus qu’une nécessité
Dans son allocution, l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui a réitéré le soutien indéfectible de l’Algérie au projet de création d’Afripol, a précisé que la création d’Afripol est « plus qu’une nécessité », soulignant son importance pour le continent africain qui est confronté à de multiples problèmes dont le crime transfrontalier, la contrebande, le trafic de drogue ainsi que toutes les formes de violence. Ce qui a rendu nécessaires la conjugaison des efforts et la coordination des actions pour lutter contre ces fléaux. De cet ensemble de démarches, rappelons la deuxième réunion du comité ad-hoc, laquelle s’est tenue pour sa part, le 2 octobre 2014, à Kampala-Ouganda, dans le cadre de processus d’opérationnalisation de l’organisation africaine de coopération policière Afripol. En ce qui concerne la voie à suivre, il a été convenu de demander à la commission de l’UA de présenter à la prochaine réunion des organes de l’UA, un rapport préliminaire sur les mesures prises par le comité ad hoc pour l’opérationnalisation d’Afripol. Il a également été convenu que le comité ad hoc tienne une réunion en février 2015, en Algérie, afin d’examiner davantage la feuille de route et de convenir de calendriers concrets pour la mise en œuvre des activités visant l’opérationnalisation d’Afripol. En sus, il a été convenu que les chefs de police des Etats membres de l’UA se réunissent en marge des réunions d’Interpol, afin d’échanger les expériences et les points de vue. Enfin, lors de cette rencontre, les membres du comité ad hoc sont convenus d’une démarche qui consiste à élaborer un organigramme de démarrage (allégé) en fonction des priorités sécuritaires. Par ailleurs, la troisième réunion du comité ad hoc qui s’est tenue les 18 et 19 mars 2015 à Alger, et qui a été présidée par le général-major Abdelghani Hamel, a été consacrée à l’examen des projets de textes d’Afripol et des documents pertinents y afférents. « Nous devons œuvrer ensemble au cours de cette réunion à tracer un échéancier marquant les étapes d’implémentation d’Afripol, que nous devons nou engager à concrétiser fidèlement dans le strict respect des délais que nous aurons fixés. Dans cette perspective, nous devons garder à l’esprit qu’Afripol qui est un mécanisme indépendant de coopération policière africaine, ne pourra jouer pleinement son rôle qu’en restant fidèle à sa vocation de coopération policière et qu’en agissant exclusivement dans son champ d’activités comme le reflète notre vision commune », plaide le DGSN.

Un siège pour Afripol à la hauteur de sa dimension stratégique
La 4e réunion du comité ad hoc, tenue le 2 juin 2015 au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba en Ethiopie, a été consacrée à l’adoption des projets de documents élaborés par le comité ad hoc lors de ses trois réunions précédentes afin d’être présentés pour examen à la réunion des chefs de police africains. Mais surtout a été réitérée par le général-major Abdelghani Hamel l’affectation d’un siège pour Afripol à Alger à la hauteur de la dimension stratégique de ce mécanisme de coopération policière continental. « Cette réunion traduit tout l’intérêt que nous accordons à l’édification au plus vite de notre mécanisme africain de coopération policière sur les principes de pérennité et de large adhésion. Les intenses et fructueux débats qui ont marqué les trois précédentes réunions du comité ad hoc, dans un esprit d’engagement et de responsabilité, traduisent non seulement un engouement réel mais également l’urgence de voir l’Afrique se doter d’un cadre normalisé de coopération policière », affirme M. Hamel. Par ailleurs, c’est en marge de la réunion regroupant les directeurs et inspecteurs généraux de police africaine tenue du 13 au 14 décembre 2015 à l’Hôtel El Aurassi à Alger que fut inauguré le siège d’Afripol à Alger, et ce par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. Ce toit qui abritera les représentants de chaque pays d’Afrique, et cette demeure de la grande famille policière africaine, qui en se réunissant, s’unira afin de réaliser un ensemble d’objectif, dont nous citerons l’élaboration d’une stratégie africaine harmonisée de lutte contre la criminalité couvrant la conception, la mise en œuvre, l’évaluation et la coordination, notamment dans le cadre des programmes d’appui et d’assistance initiées par les organisations internationales concernées ; la mise à niveau des compétences de moyens scientifiques et technologiques et des capacités d’intervention des polices africaines, à travers l’assistance technique et mutuelle de la formation, l’échange d’expériences et d’expertises, et de bonnes pratiques, particulièrement en criminalistique et en analyse criminel, en utilisant de nouvelles technologies, et des solutions novatrices de sécurité.

Afripol, un instrument de coopération policière internationale
Pour sa part, Smaïl Chergui, commissaire de l’Union africaine (UA) à la paix et à la sécurité, considère Afripol comme étant un organe africain d’essence, créé pour réaliser les objectifs du continent. A cette occasion, M. Chergui a exprimé la gratitude de l’Union africaine pour le soutien apporté par l’Algérie et son Président Abdelaziz Bouteflika, et pour les efforts consentis visant à assurer la paix et la stabilité dans le continent. De son côté, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine (UA), a estimé, dans son allocution, que le continent a plus que jamais besoin d’un mécanisme continental à même de renforcer la coopération policière en vue de faire face à la menace transfrontalière, car les groupes criminels ont désormais recours à des procédés de plus en plus complexes qui s’étendent au monde entier. « Parfois, l’action de ces groupes de la criminalité organisée est influencée par des évènements survenus en dehors des frontières, d’où la propension de certains à opérer hors des frontières nationales, voire continentales. Dès lors, il est important d’être au diapason de ces développements pour lutter efficacement contre les criminels aux niveaux local, national, continental ou mondial. Cela exige de notre part une coopération renforcée entre les organes de police du continent à un niveau proportionnel aux défis auxquels nous sommes confrontés », appelle-t-il. Enfin, les différents chefs de police africains, qui ont pris part aux travaux de la réunion des chefs de l’Afripol, tenue à Alger, ont salué le rôle prépondérant qui a été joué par l’Algérie dans la création de ce mécanisme. Ceux-ci ont appelé à cet effet à coordonner leurs efforts et à affiner leur coopération pour un objectif commun qui n’est autre que de mieux sécuriser l’Afrique en proie actuellement à de multiples conflits et de menaces criminelles qui freinent son développement et son émancipation dans plusieurs domaines. Enfin, l’aboutissement de cette initiative revient, en grande partie, au général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale, qui, lors des quatre réunions tenues par le comité ad hoc mis en place sous l’égide de l’Union africaine(UA), a joué un rôle prépondérant dans le processus d’opérationnalisation de ce mécanisme africain.
Y. M.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Yahia MAOUCHI

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Après l’automobile
Par Yahia MAOUCHI.

La transformation numérique
Par Dr Ali Kahlane,.

Sécurité alimentaire
Par Yahia MAOUCHI.

Saison estivale 2017
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF