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N° 106 - Juil 2017

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« La police scientifique nationale a connu un réel progrès qui la place dans les premiers rangs à l’

Le commissaire principal Hamza Brahiti, chef de service du Laboratoire central de la police scientifique à El Djazaïr.com

Par Farid HOUALI



El Djazaïr.com : Commissaire, peut-on avoir un aperçu sur le Laboratoire central de la police scientifique et techniques, ses missions et son champ d’intervention?

Le commissaire principal Hamza Brahiti : La sous-direction de la police scientifique et technique est composée de trois laboratoires, un central (sis à Alger), et deux autres laboratoires, un à Constantine et l’autre à Oran en attendant la mise en service de deux autres laboratoires, à Béchar et Tamanrasset. L’activité de la police scientifique et technique met la science au service de la justice afin d’assurer le respect des libertés individuelles et collectives. Les missions de la police scientifique peuvent être ainsi résumées : l’assistance technique aux autorités judiciaires et aux enquêteurs dans l’exercice de leurs missions, la réalisation des examens et expertises scientifiques sur les indices et traces prélevés sur scène de crime sur réquisitions des autorités judiciaires compétentes, l’alimentation et la mise à jour des bases de données criminalistiques (AFIS, IBIS, drogues et précurseurs), la participation à la formation des acteurs de la chaîne criminalistique et enfin le suivi des évolutions scientifiques et le développement de la recherche pour faire progresser les connaissances en criminalistique. La police scientifique et technique est composée de quelque 620 spécialistes exerçant au niveau du laboratoire central d’Alger, du service central de l’identité judiciaire et des laboratoires régionaux d’Oran et Constantine dont 80 % sont issus des universités algériennes, spécialisés dans plusieurs domaines (biologie, chimie, physique, informatique et électronique). Au jour d’aujourd’hui, en témoigne y compris l’Interpol, la police scientifique algérienne a connu un réel progrès qui la classe parmi les premiers rangs à l’échelle mondiale des pays les plus avancés dans ce domaine.

El Djazaïr.com : Peut-on dire que le plan de modernisation et de formation adopté par la DGSN commence à porter ses fruits ? 

Le commissaire principal Hamza Brahiti : Absolument. La DGSN n’a jamais négligé le volet de la formation. Comme souvent souligné par le général-major, directeur général de la sûreté nationale, le niveau de professionnalisme atteint par le corps de la sûreté nationale est le fruit du système de formation qui a connu une profonde réforme et une nouvelle approche dans sa mise en œuvre en tenant compte de la réalité du terrain et en s’adaptant aux exigences de la société à la lumière des défis sécuritaires actuels. Ainsi, des formations diplômantes sont régulièrement organisées au profit de nos personnels afin de se conformer aux normes et standards internationaux dans le domaine des sciences criminalistiques. Parmi ces formations on peut citer : le master analyse et contrôle/criminalistique (université de Lyon); le master en informatique, SI-télécoms et réseaux (INSA Lyon) ; le master en sciences criminalistiques (Ecoles des sciences criminelles-Lausanne), le master en sciences criminalistiques à l’Université des sciences et des technologies Houari-Boumediene de Bab-Ezzouar (USTHB/Alger). D’autres formations de longue durée sont organisées dans le cadre de post-graduation spécialisée (PGS) telles que les PGS dans le domaine de la sécurité nucléaire; la sécurité alimentaire, la génétique en pratique judiciaire et les techniques analytiques d’exploitation d’indices criminalistiques. De plus, il est à souligner que des progrès indéniables ont marqué l’évolution des services de la police scientifique, à travers la modernisation des infrastructures et l’acquisition d’équipements et systèmes technologiques de pointe en matière d’expertise criminalistique.A ce titre, on est fiers de dire que les affaires traitées au niveau de nos différents départements l’ont été sans que l’on fasse appel à une quelconque expertise étrangère. D’ailleurs, le laboratoire disposera dans un futur proche d’une base de données ADN. L’Algérie serait le deuxième pays à en posséder en Afrique après l’Afrique du Sud. 

El Djazaïr.com : En matière de coopération nationale, la police scientifique et technique travaille en étroite collaboration avec différents départements. 

Le commissaire principal Hamza Brahiti : Vrai.On peut citer entre autres le ministère de la Justice, les laboratoires du ministère du Commerce, les services de médecine légale et le Centre national de toxicologie dépendant du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, les réseaux des laboratoires de répression de la fraude et la direction générale des douanes dépendant du ministère des Finances ainsi que l’Institut national de criminalistique et de criminologie du commandement de la Gendarmerie nationale. Par ailleurs, une collaboration effective a été initiée avec la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique du ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, elle concerne la création d’équipes de recherche mixte dont l’objectif principal est de répondre aux besoins de la DGSN en matière de développement technologique et de recherche criminalistique.Autrement dit, l’expertise des techniciens de la police scientifique algérienne est reconnue même au-delà du territoire national puisque les compétences des techniciens de la police scientifique ont été mises à profit dans le cas d’affaires d’envergure internationale comme le cas du crash du vol AH5017 du 24 juillet 2014 au Mali et dans le cadre de commissions rogatoires internationales.

El Djazaïr.com : Commissaire, l’on assiste ces derniers temps à un véritable vent de rajeunissement au sein de la DGSN. Ce n’est pas le fruit du hasard…
Le commissaire principal Hamza Brahiti : Assurément. La politique du haut commandement de la DGSN dans ce contexte est claire et précise : la promotion aux postes de responsabilités se fait sur la base des compétences et du mérite. Et cela vous avez pu le constater, les responsables des différents départements scientifiques et techniques du laboratoire central de la police scientifique sont jeunes, motivés et expérimentés dans leur domaine d’activités. Certains de ces cadres sont même d’un rang doctoral. Je pense que cette démarche permettra de hisser davantage la police nationale aux rangs supérieurs. Cependant, il est important de signaler que le niveau atteint par la police scientifique algérienne s’est fait grâce à l’engagement et aux sacrifices consentis par les anciens cadres de la police scientifique.

El Djazaïr.com : Et si on parlait à présent de la prise en charge du policier. Ce n’est un secret pour personne. Beaucoup a été fait aussi dans ce sens…

Le commissaire principal Hamza Brahiti : Améliorer les conditions sociales des fonctionnaires de la police pour leur permettre d’accomplir au mieux leur mission dans le cadre de la stratégie de la sûreté nationale, constitue une des priorité de la direction générale de la sûreté nationale. La DGSN à travers la promulgation du nouveau statut de la police a permis l’amélioration des conditions socioprofessionnelles par la prise en charge concrète des préoccupations de son personnel. Par ailleurs, ce statut a également valorisé le travail et les compétences des experts de la police scientifique à travers la création du poste de chargé d’expertise et de postes spécialisés de certaines fonctions

F. H.



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