Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 116 - Oct 2018

Go

Habitat

Un directeur au fait du métier

Mohamed Baroud

Par Farid HOUALI



La wilaya d’Oran a relevé ces dernières années de grands défis en matière de mise en œuvre de la politique de l’Etat visant à lutter contre l’habitat précaire. Ces opérations ciblant certains vieux quartiers du centre-ville d’Oran, dont la première phase a été entamée en 2012 déjà, sont appelée à modifier la configuration urbaine de la ville. Ainsi, d’importantes étapes ont été franchies pour se mettre au diapason des grandes métropoles du bassin méditerranéen, au moment où toute cette wilaya s’attelle à préparer les Jeux méditerranéens, qu’elle va abriter en 2021. Dans ce cadre, des efforts considérables ont été consentis par l’Etat pour réussir ce plan qui œuvre à l’aménagement urbain d’Oran et à sa mise en adéquation avec les normes de progrès et de modernité à travers un tissu urbain décent et des logements convenables, notamment pour les habitants du vieux bâti. Dans le domaine du logement, la réalisation de nouveaux pôles urbains est parmi les principales opérations concrétisées à Oran au moment où le parc de logement de la wilaya a atteint, fin 2016, quelque 363.513 unités, contre 237.537 en 2005, soit plus de 126.000 unités réalisées en dix ans. La réalisation du grand pôle urbain d’Oued Tlelat (21.000 logements) constitue, dans ce cadre, l’un des exemples de la réussite de cette expérience, selon les observateurs du dossier du logement à Oran. D’autre part, Oran se prépare à lancer les travaux de réalisation d’une nouvelle ville dans la zone sud-ouest de la wilaya, près de la commune de Messerghine, une ville qui accueillera quelque 50.000 logements de différentes formules, ainsi que des équipements et autres commodités. Il y a lieu de signaler que la wilaya d’Oran s’apprête à réceptionner, d’ici la fin de l’année en cours, 25.000 logements dont 5.000 de type location/vente (AADL), 20.000 LPL (Logement participatif locatif). 
Un associé de premier plan  De par ses missions, l’Office de promotion et de la gestion immobilière d’Oran est chargé, comme son nom l’indique, de la promotion immobilière, de la maîtrise d’ouvrage déléguée de l’État ou pour le compte de tout autre opérateur.  L’Office gère un parc immobilier de quelque 137 000 logements LPL (Logement public locatif) ainsi que 1700 LPA (Logement promotionnel aidé) selon Mohamed Baroud, directeur général de l’OPGI d’Oran. Le même responsable a assuré dans une déclaration à El Djazaïr.com qu’une grande partie de l’ensemble des projets a été achevée, livrée et même attribuée. « Il ne reste que 57 000 logements qui sont en cours de réalisation », se félicite notre interlocuteur. Selon lui, l’objectif tracé par son organisme pour cette année 2018 est la livraison de 12 000 logements à travers les deux pôles urbains à savoir Belgaïd et Tlelet. D’ailleurs le 13 mai dernier a été une date qui a marqué les esprits des 563 familles bénéficiaires de logements publics locatifs (LPL) et promotionnels aidés (LPA) au groupement urbain de Belgaïd à l’Est d’Oran. La cérémonie de remise de clés avait été supervisée par le wali d’Oran Mouloud Chérifi en présence des autorités locales civiles et militaires. Il s’agit dans le détail de 434 LPL attribués aux détenteurs de pré-affectations dans la commune de Bir El Djir et de 129 autres LPA à Belgaïd sachant que la première tranche a été effectuée le mois de décembre 2017 pour un nombre de 612 logements et la deuxième tranche le mois de mars 2018 pour 166 logements.Sur place, toutes les personnes que nous avons croisées nous ont fait part de leur bonheur de pouvoir enfin jouir d’un logement décent pour abriter leurs familles. « Notre vie et celle de nos enfants ont changé », a-t-on affirmé unanimement. Pas trop loin du chapiteau où se déroulait l’opération de la remise des clés aux bénéficiaires dans un brouhaha festif, les plus âgés se prélassaient sur les bancs des jardins, les plus jeunes profitaient des aires de jeux et les autres vaquaient à leurs occupations du moment. Rien de commun avec la vie qu’ils menaient dans les taudis que l’Etat à décidé d’éradiquer totalement. « Lorsque j’ai découvert ma nouvelle maison, j’ai eu l’impression d’entrer dans un palais. Un Eden pour moi et les miens», témoigne une mère de famille. Dans une déclaration à la presse en marge de la cérémonie, le chef de l’exécutif de la wilaya d’Oran a assuré que pas moins de 20.000 logements seront attribués avant la fin de l’année en cours tous programmes confondus dont 11.600 LPL, 6.000 logements de type location/vente AADL et 2.000 LPA. Dans ce sillage, il convient de rappeler qu’une opération de relogement de 500 familles du quartier «les Planteurs» a été organisée, samedi 19 octobre 2014 par les services de la wilaya d’Oran. Les bénéficiaires ont pris possession de leurs nouveaux logements réalisés dans la commune de Hassi Bounif. L’opération de relogement a touché les habitants des sites précaires dits «Terrain Si Ali» et «Recasement». Le quartier des Planteurs a bénéficié d’un programme spécial de 1 000 logements sur décision du président de la République, lors d’une de ses visites à Oran. En somme, quelque 10.300 logements de type public locatif ont été attribués au niveau de la wilaya d’Oran, en 2015, au profit des bénéficiaires parmi les détenteurs de pré-affectation, soit le double de ce qui avait été attribué en 2014, a révélé le directeur général de l’OPGI d’Oran. Mieux, les sites sur lesquels ont été éradiquées ces habitations précaires, aux portes et au cœur même de la capitale de l’Ouest du pays, à forte valeur foncière, ont été récupérés pour être destinés à des projets de logements et autres équipements publics. En effet, la construction des cités est suivie des travaux d’aménagement avec des espaces verts, esplanades, aires de jeux pour enfants. « On prévoit aussi dans chaque cité, les équipements basiques d’accompagnement (antenne administrative, poste de police, régies : OPGI, SEOR, Sonelgaz) », souligne encore le DG de l’OPGI d’Oran. Ces actions qui visent, bien évidemment, à élever la qualité de réalisation, ont été encouragées par le soutien financier du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. Ces actions ont permis de changer l’image des cités dortoirs réalisées antérieurement et qui sont en cours de prise en charge, pour une remise à niveau par rapport aux nouvelles cités dans le cadre des travaux d’aménagement urbain. « Ces nouvelles cités dont la maitrise d’ouvrage est unique (réalisation des logements et des équipements) ont été projetées et réalisées comme étant des cités intégrées munies de toutes les commodités assurant ainsi un cadre de vie agréable où le citoyen est en mesure de retrouver tout les besoins du quotidien sans se déplacer », soutient notre interlocuteur. Mohamed Baroud, à ce propos, relève la réalisation en cours de 56 groupements scolaires à travers les deux pôles urbains (Belgaïd et Tlelet) dont 27 CEM qui seront « probablement opérationnels d’ici la prochaine rentrée scolaire ». Á cela s’ajoutent 18 CEM (dont deux en cours de réalisations) et 07 lycées (dont deux en cours de réalisation) ainsi que 10 infrastructures sécuritaires et établissements de santé publics. 
Recouvrements des loyers : sur la bonne voie La situation de recouvrement en 2014 représentait 750 millions de dinars, comme dette auprès des personnes physiques et morales locataires au niveau de l’OPGI d’Oran. Actuellement, même si le problème est loin d’être complètement résolu, la situation s’est nettement amélioré si l’on se fie aux chiffres avancés par le DG de l’OPGI d’Oran qui assure à ce propos que le taux des recouvrements s’agissant de l’ancien parc, est estimé à 40% alors que les taux des recouvrements concernant le nouveau parc dépassent les 84%. Ces chiffres « encourageants » résultent sans aucun doute des différentes campagnes de sensibilisations menées par les personnels de l’OPGI, l’objectif étant d’éviter de recourir à la justice. Et dans ce sens, le message du ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, adressé aux directeurs des OPGI dernièrement, est aussi clair que précis. En effet, lors de sa visite début mai dernier à Relizane, Abdelwahid Temmar a souligné que les Offices de promotion et de gestion immobilière sont tenus de relever le rythme de recouvrement du loyer pour couvrir les dépenses de gestion des cités d’habitation. Le ministre a également sommé les responsables des OPGI à augmenter la cadence de cession des logements sociaux, annonçant que cette mesure touchera prochainement le parc immobilier attribué après l’année 2004. Á ce sujet, Mohamed Baroud fait part du dépôt au niveau de ses services de quelque 18 000 dossiers dont 12 000 ont été traités avec « différents avis ». Quant aux refus, « ils sont motivés », selon lui. En matière d’entretien, une partie de ces recouvrements (loyers et charges) est réservée à l’entretien des sites (caves, descentes d’eaux fluviales et usées, travaux d’étanchéité, façades, parties communes y compris escaliers et espaces verts). En tout, ce sont 35 cités qui ont été prises en charge en matière de travaux notamment d’étanchéité rien que durant les quatre premiers mois de l’année en cours.Des sites mythiques en voie de réhabilitationLe tissu de la ville, dont un certain nombre d’immeubles, bien qu’ils représentent une culture non algérienne, constituent des témoignages de l’histoire d’Oran.  La rénovation de fait s’impose pour la sauvegarde du patrimoine, afin de revaloriser les traditions des populations et de favoriser le développement économique de la ville pour devenir un véritable pôle d’attraction touristique, avec de meilleures perspectives de développement pour les populations. Conscientes de la valorisation des sites « historiques et culturels » les autorités locales de la wilaya d’Oran ont mis les bouchées doubles. Un plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) a permis en plus d’une étude de détail menée par la Direction d’urbanisme en 2003, d’identifier et d’actualiser ces activités et de proposer leur transfert en dehors des tissus urbains. Cent sept sites sont occupés par des activités incompatibles avec la fonction urbaine représentant un potentiel foncier à récupérer estimé à plus de 46 ha uniquement pour les deux premières zones d’habitat (Zone d’habitat historique et zone d’habitat de style international). Le tissu urbain relatif à la deuxième zone : zone d’habitat historique (vieux bâti) et zone d’habitat de type international, représente un patrimoine immobilier d’une valeur architecturale indiscutable, mais qui commence à présenter des effets de dégradation et de vétusté avancée. Un recensement établi par les biens de la wilaya en 2008 a permis d’identifier 1990 bâtiments habités par des ménages sur lesquels l’intervention en matière de rénovation est urgente. Selon les statistiques officielles, la wilaya d’Oran comptabilise quelque 54500 constructions classées vieux bâti, avec 10% estampillées «à détruire », 27% classées «orange», nécessitant une réhabilitation. A ce propos, la primauté a été donnée à un programme de 200 immeubles à rénover dans le centre-ville d’El Bahia. Par la suite, 400 autres immeubles, recensés dans les vieux quartiers de Sid El Houari et Derb par les services techniques de l’OPGI, devront subir la même opération. Pour la concrétisation de ces dernières opérations, une enveloppe financière d’un montant de 10 milliards de dinars a été allouée. Par ailleurs, la wilaya d’Oran a retenu des entreprises italiennes, espagnoles et françaises pour la réhabilitation des immeubles relevant du vieux bâti. Pas moins de 336 immeubles sont concernés par cette opération qui a bénéficié d’un budget alloué par le Fonds spécial à hauteur de 821 millions de centimes alors que 46 immeubles sont en cours de réhabilitation. La mesure visant à retaper les immeubles en question a été décidée par le président de la République en personne, lors de ses visites de travail et d’inspection qu’il avait effectuées à Oran le mois d’août 2007 et au mois de décembre 2008. Depuis plus de cinq années d’ailleurs, l’OPGI d’Oran mène un programme de grande envergure pour la réhabilitation et la restauration de 48 immeubles au centre-ville. Il s’agit notamment, rappelle Mohamed Baroud, des deux grands boulevards Mohamed-Khemisti et Larbi-Ben-M’hidi. Et en dépit de toutes les contraintes techniques, les choses avancent bien puisque sur les 48 immeubles concernés, 36 ont été achevés et livrés en attendant la réhabilitation totale « prochainement » de six autres immeubles. Pour les quatre immeubles restants, les entreprises ont été sélectionnées et le lancement des travaux n’est qu’une question de temps. La réhabilitation du vieux bâti dans la capitale de l’Ouest, Oran, vise en premier lieu, à rehausser la valeur des bâtiments et des espaces communs, à respecter la continuité historique des espaces construits ainsi qu’à atténuer la crise de logement en stabilisant une population qui reste attachée à son environnement urbain. Il est également question de l’amélioration de l’image urbaine de la ville. Á noter que les immeubles du vieux bâti construits à l’aide de procédés de constructions anciens (traditionnels) sont très vulnérables devant l’attaque des eaux (pluviales, ménagères ou usées). De ce fait, il s’agit d’entreprendre les travaux prioritaires suivants dans une première étape : le traitement des façades en vue de rehausser leurs valeurs architecturales et la reprise des complexes d’étanchéités des terrasses et toitures. La deuxième étape concernera la reprise des parties communes et cages d’escaliers. Le principe a été de remédier à toutes ces pathologies en réhabilitant les immeubles avec l’utilisation des mêmes matériaux avec lesquelles ils ont été construits, où ceux les plus appropriés aux conditions climatiques actuels, à savoir: l’enduit à base de chaux et l’utilisation du plâtre de moulage pour la reprise des modénatures.Au niveau de l’OPGI d’Oran, on avance une autre approche de l’opération de réhabilitation du vieux bâti à Oran. Celle-ci, indique-t-on, ne touchera pas uniquement les immeubles mais elle consiste en une réhabilitation globale qui touchera la voirie, les monuments historiques, les espaces verts, les places publiques, l’assainissement, entre autres.F. H.Mohamed BaroudUn directeur au fait du métier  C’est le moins que l’on puisse dire de l’actuel DG de l’OPGI d’Oran et ce depuis le 27 septembre 2017. Avant cette date, Mohamed Baroud, né en 1975 à Tissemsilt, ingénieur d’Etat en bâtiment de l’Inforbat (Rouiba) en 1999, licencié en droit du Centre universitaire de Tissemsilt en 2013 et titulaire d’un CAPA de l’Université de Sidi Bel Abbes en 2015, aura occupé bon nombre d’autres postes de responsabilité. Dans les faits, le début de la « vie active » de notre jeune directeur remonte au mois d’octobre 1999, année durant laquelle il débute sa carrière professionnelle comme chef de projet bureau d’études de suivi technique à la SARL AR.Genie Tissemsilt ce jusqu’au 15 juillet 2001.Un mois après, Mohamed Baroud rejoint le bureau d’architecture d’urbanisme et d’application Techniques B.A.U.A.T de Tissemsilt où il occupera jusqu’en au 31 mars 2005, respectivement les postes de chef de projet, chef de service des marchés ainsi que chef d’antenne de service Marché Theniet El Had. 2005 : destination l’AADL où pendant presque dix longues années, Mohamed Baroud aura occupé également différents postes de responsabilités. Á commencer par chef de projet entre le 2 avril 2005 et le 23 juillet de la même année, puis chef de département à l’agence régional (AADL) de Mascara de juillet 2005 à octobre 2008 et directeur régional (Mascara, Oran, Tiaret) jusqu’en avril 2015. Mohamed Baroud plie bagages pour l’Est du pays, Constantine précisément où il est appelé à prendre en main les destinées de l’Entreprise nationale de la promotion immobilière (ENPI) jusqu’en novembre de la même année puis directeur Régional Centre de l’ENPI jusqu’en juin 2016. Il a été également directeur Régional FNPOS d’Annaba durant la période allant du 23 février 2017 jusqu’en septembre 2017, date à laquelle il est nommé directeur général de l’OPGI d’Oran. Á la tête de cet organisme, Mohamed Baroud affirme n’avoir qu’une seule et unique préoccupation : celle d’accélérer la cadence des réalisations des projets et de ce fait les livrer et contribuer à la résorption de la crise du logement dans la capitale de l’Ouest. « Les pouvoirs publics ont fait du (re) logement une question prioritaire pour laquelle des enveloppes conséquentes ont été dégagées. Alors faisons en sorte que le dossier soit bien pris en charge », dit-il à ce propos. Reconnaissant toutefois que l’opération de bâtir est complexe et s’inscrit dans le temps, il recommande aux citoyens de la patience. « Il faut positiver », soutient-il, soulignant qu’outre la stabilité au sein de l’OPGI, « nous sommes appelés chacun à son niveau à mettre les bouchées doubles afin de parachever tous les programmes en cours au plus tard durant le deuxième semestre de l’année prochaine ». F. H.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

Tourisme, culture et histoire
Par maître Serge Pautot, .

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF