Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 117 - Nov 2018

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Habitat

Une politique du logement traduite sur le terrain

Office de promotion et de gestion immobilière de Hussein-Dey

Par Farid HOUALI



Les Offices de promotion et de gestion immobilière (OPGI) sont des organismes publics chargés de la concrétisation de la politique du logement arrêtée par les pouvoirs publics. Dans ce cadre, ils ont pour mission de réaliser les investissements consentis par l’Etat pour la promotion des programmes de logements locatifs et, mission aussi importante, de s’occuper de la gestion des ensembles d’habitat. Leurs statuts leur confèrent également la possibilité de financer sur leurs propres fonds des projets de logements promotionnels à caractère purement commercial. Ces organismes sont au cœur de l’économie de la construction en assurant le maintien d’activités multiples à travers les innombrables chantiers ouverts chaque année à travers le pays.  Ils ont par ailleurs un rôle des plus sensibles auprès de la société par leurs interventions de proximité avec les occupants des logements sociaux locatifs. C’est dire que les OPGI sont de par leurs statuts, un acteur « incontournables » dans toute opération de (re) logement, comme nous l’explique Saïd Sayoud, directeur de l’OPGI d’Hussein Dey. De par ses missions, l’Office de promotion et de la gestion immobilière est chargé, comme son nom l’indique, de la promotion immobilière, de la maîtrise d’ouvrage déléguée de l’État ou pour le compte de tout autre opérateur. L’office est en outre habilité à entreprendre des actions de prestations de service en vue d’assurer l’entretien, la maintenance, la restauration et la réhabilitation des biens immobiliers. En outre, il est habilité à gérer les biens immobiliers qui lui sont confiés suivant une convention déterminant les conditions et modalités de prise en charge de la mission d’administrateur des biens immobiliers suivant les dispositions du décret exécutif n °97-154 du 10 mai 1997. Le même responsable a par la même mis en exergue les « efforts » consentis par les pouvoirs publics, ainsi que la wilaya d’Alger en matière de logement.  

Un chantier à ciel ouvert 

À l’instar de toutes les wilayas du pays,  de vastes programmes de construction de logements ont été lancés de ce fait,  ces dernières années à Alger. Autrement dit, le logement à Alger a, sans aucun doute, constitué depuis 1999 la priorité d’action des pouvoirs publics entraînant ainsi le reste des secteurs. Les quelques indicateurs enregistrés à ce jour illustrent parfaitement la vision stratégique arrêtée par l’Etat.  En effet, la wilaya d’Alger a connu en 2017 plusieurs opérations de relogement au profit de milliers de familles résidant dans des habitats précaires et insalubres et des habitations exiguës ainsi que des indus occupants de locaux pédagogiques vers de nouveaux logements réalisés par l’Etat dans différentes formules, Logement public locatif (LPL), Logement social participatif (LSP), location vente (AADL) et Logement promotionnel public (LPP). Á ce titre, la capitale a enregistré deux opérations de relogement d’envergure, à savoir la 22e et 23e au profit de quelque 13.000 familles relogées dans des LPL et LSP. Le reste est à venir.  S’agissant de l’OPGI d’Hussein Dey, il est à charge de la réalisation, selon son premier responsable, de 35 000 logements toutes formules répartis pratiquement à travers toutes les circonscriptions administratives de la wilaya d’Alger.  « 65% de ce programme ont été livrés », se félicité notre interlocuteur.  Ne reste que 10 000 logements, en cours de parachèvement, selon le même responsable pour qui le respect des délais des livraisons des logements est plus qu’un impératif. Pour ce faire, des visites sur chantier sont fréquentes. « Ecouter les préoccupations de l’ensemble de intervenants et leur apporter les solutions adéquates en concertation avec les autorités locales sont notre cheval de bataille » soutient encore Saïd Sayoud assurant que « tout est mis en œuvre pour que le programme dans sa totalité soit livré au plus tard, vers la fin de l’année en cours ». Ce serait ainsi la poursuite de la « bataille » engagée par les autorités locales de la wilaya d’Alger contre les bidonvilles et l’habitat précaire d’une manière générale, d’autant qu’il n’existe plus aucun chalet au niveau de tout le territoire de la capitale. S’agissant du logement « social », le premier responsable rappelle que bon nombre de communes d’Alger ont déjà bénéficié d’attributions fin 2017.  Il s’agit notamment de la commune de Dely Ibrahim (80 familles relogées) et la commune de M’Helma avec également 80 familles relogées. « Les commissions installées à cet effet au niveau des circonscriptions administratives s’attellent à établir les listes des futurs bénéficiaires et les attributions se feront en temps opportun », assure le DG de l’OPGI d’Hussein Dey. Pour le LSP, le même responsable relève que la wilaya d’Alger a bénéficié d’un programme consistant de 40 000 unités. « Ce programme a certes connu quelques retards dans la réalisation qui se sont répercutés automatiquement sur la livraison, mais les pouvoirs publics ont pris les choses en main pour qu’il soit livré dans les plus brefs délais » assure encore Saïd Sayoud dont l’organisme (OPGI d’Hussein Dey) a à charge la réalisation de 7000 unités livrées pratiquement dans sa totalité. Il reste tout de même les 580 logements de Ouled Fayet lancé en 2016 et les 484 logements à Staoueli. « Ces programmes seront livrés courant cette année », fait savoir le DG de l’OPGI d’Hussein Dey, notant dans le même contexte que le taux d’avancement de l’ensemble des logements en chantier est supérieur à 70%.  Il convient de noter également qu’au niveau de l’OPGI d’Hussein Dey, l’on s’est activement préparé pour la 24e opération de relogement à Alger. Elle a concerné de 6000 à 8000 familles occupant des habitations précaires y compris des logements exigus, selon le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh.

Cap sur les cités intégrées 

Les cités dortoirs devraient disparaitre à jamais à la faveur d’une nouvelle politique adoptée dans ce sens par les pouvoirs publics. En effet, la nouvelle conception des villes s’articule sur trois axes essentiels. Il s’agit en premier lieu « de la mise en place de la politique de la ville et un recadrage de la loi existante ». Le deuxième axe concerne «  la promotion de la ville à travers la réalisation des villes nouvelles et l’amélioration du cadre de vie du citoyen ». Le troisième quant à lui est étroitement lié à « la mise à niveau des villes, soit toutes les interventions de requalification, de rénovation et de renouvellement urbain ». Une stratégie qui s’appuie sur des outils de planification et des instruments d’urbanisme qui devront contribuer à « la disparition à jamais des cités dortoirs », qui parle « à la place » de cités «intégrées » qui vont être réalisées avec toute la viabilité et les équipements nécessaires à la vie du citoyen. Pour les pouvoirs publics, il est temps de prendre en charge les problèmes de nos villes et de maîtriser leur gestion à même de réaliser les aspirations des citoyens à une vie digne à l’intérieur des villes. « Ces logements  offrent  toutes les garanties de qualité  tant sur le plan des matériaux utilisés, les équipements prévus à l’intérieur que sur le plan de la conception et de la réalisation », a Saïd Sayoud. Qu’il s’agisse des équipements intérieurs et ou des travaux de l’extérieur, tout est fait dans les règles de l’art. « Nous avons instauré un suivi rigoureux des travaux », a assuré le DG de l’OPGI d’Hussein Dey rappelant que le ministre de l’Habitat avait toujours insisté sur la bonne qualité des logements. Les équipements d’accompagnements ne sont pas en reste : équipements scolaires, locaux commerciaux souvent aménagés (supérette, pharmacie, annexes d’APC, les bureaux de poste, les marchés marché couvert, les  espaces verts, les aires de jeux, mosquées. Au niveau de la wilaya d’Alger, une importance capitale est également accordée aux infrastructures dites sécuritaires. En somme, tout ce qui suit la vie collective des cités. Il fallait de ce fait prendre également en compte les « écoliers ». Afin de permettre à ceux là une scolarité ordinaire, il est question de la réalisation selon Saïd Sayoud de 24 équipements éducatif à travers les nouveaux pôles ainsi qu’une nouvelle école primaire à  Kourifa (El Harrach).« Les entreprises en charge de la réalisation de ces nouveaux équipements ont été désignées et les travaux sont entamés », assure le DG de l’OPGI d’Hussein Dey affirmant que l’objectif est de livrer la totalité des écoles primaires pour la prochaine rentrée scolaire Quant aux CEM et lycées, la livraison se fera « probablement » vers la fin de l’année. En plus de la réalisation des programmes, l’OPGI de Hussein Dey est chargé de gérer ce patrimoine immobilier qu’il réalise en tant que gestionnaire pour compte de l’Etat, soit qu’il participe au même titre que les autres copropriétaires à sa préservation dans le cadre du dispositif réglementaire régissant la copropriété, notamment le décret 82-666 et textes subséquents. Saïd Sayoud fera remarquer qu’en matière de recouvrement le taux est « appréciable ». Il se situe selon quelques chiffres recoupés ici et là, à 70%. Une partie de ces recouvrements (loyers et charges) est réservée à l’entretien des sites (caves, descentes d’eaux fluviales et usées, travaux d’étanchéité, façades, parties communes y compris escaliers et espaces verts).  «Notre devoir est d’intervenir rapidement en cas de besoin du citoyen », note encore notre interlocuteur. Toutefois, le citoyen doit prendre conscience qu’il se doit de conserver et de sauvegarder son lieu de vie. En ce qui  concerne les OPGI,  chaque année, des montants importants sont engagés dans la maintenance des sites. Il s’agira de reprendre l’étanchéité, le ravalement des façades, la reprise des cages d’escaliers ainsi que l’installation de la parabole collective et le démantèlement de la parabole individuelle pour nuisance visuelle, conformément aux instructions du wali. Dans les nouveaux projets, la minuterie est alimentée à l’énergie solaire, il y a la mise en place de la parabole collective et en perspective la réutilisation des eaux usées pour l’arrosage des espaces verts. L’objectif final, faut-il le rappeler, est de terminer l’ensemble des programmes en livrant des cités intégrées agréables avec toutes les commodités et infrastructures : éducatives, sanitaire, sécuritaire et autres. En somme, une qualité du produit qui réponde aux normes internationales. 

 

BIO EXPRESS

Saïd Sayoud, né en 1966 à Skikda,  et actuel DG de l’OPGI d’Hussein Dey,  comptabilise à ce jour, 24 ans dans les OPGI. Universitaire, il a occupé successivement les postes de chef d’unité puis chef de département technique à Béchar. Il occupera le même poste à Tipasa où il assumera également la fonction d’assistant du directeur général de cette localité. Il devient à son tour directeur général de l’OPGI de Chlef, directeur général de l’OPGI de Tébessa puis de Blida, Dar El Beida. Reconnaissant que l’acte de bâtir est complexe, il assure cependant que l’objectif principal non seulement de l’entité qu’il dirige mais et aussi celle des autres offices de promotion immobilière, est celle de venir à bout de ce qui reste des habitations précaires. Ce n’est pas l’unique et le seul objectif tracé par Saïd Sayoud à la tête de l’OPGI d’Hussein Dey. Il évoque également un nouveau concept de quartier intégré et de centre d’attractivité. Pour lui, l’essentiel est de placer l’acte de « faire habiter » dans sa dimension, d’abord humaine et sociale, puis de lui conférer par les équipements nécessaires et utiles pour le citoyen un statut urbain, conforme à la vision d’avenir inscrite dans les orientations des pouvoirs publics. Il s’agit là d’une rupture affichée avec la conception des ensembles immobiliers réalisés jusqu’à maintenant et, que l’on qualifiait à juste titre de « cités dortoirs».  « Cette nouvelle vision devra porter en elle toute la problématique liée à la qualité de la production de l’habitat, production insérée dans un cadre urbain cohérent et harmonieux facteur régulateur de changement de comportements sociaux plus conviviaux », affirme-t-il. 

 



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