Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

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Habitat

Loffre en passe de prendre le pas sur la demande

OPGI de Constantine

Par Ahmed BOUDRAA



Il est déjà loin le temps où des familles nombreuses, voire les membres de deux familles nés d’une même fratrie s’agglutinaient dans un appartement où l’espace vital de chacun est réduit à sa portion congrue. Et pour cause, il ne se passe presque pas un semestre où des citoyens vivant dans une exiguïté intolérable, notamment ceux des bidonvilles et de l’habitat précaire, sont transférés vers de nouvelles cités où des logements flambant neufs, dotés d’électricité, de gaz de ville leur sont distribués gratuitement ou presque puisque la contrepartie financière pour l’acquisition d’un appartement entrant dans le cadre du logement public locatif (LPL) coûte la modique somme de 40 000 DA, qui est en fait le montant du cautionnement. Ce que nous envient beaucoup de pays, notamment ceux dits émergents et même parmi les plus riches où le fait de se loger grève le tiers des dépenses du budget familial sinon plus. Il est vrai que le souci de loger les Algériens a toujours été placé en tête de liste des préoccupations des gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays depuis les premières années de l’indépendance. Cependant, c’est à partir de 1999, année de l’accession du Président Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême que les projets de relogement ont pris de l’épaisseur et de la densité. En effet, étant donné que les programmes précédents, bien qu’ils soient importants n’avaient pas pu résorber une demande devenue exponentielle du fait d’une démographie galopante qui faisait que les projets soient toujours en retard d’une décennie, le programme du Président Bouteflika contenait en son sein la promesse de construire 1 million de logement durant le premier quinquennat. En fait, la promesse visait un double objectif : le premier est d’ordre social consistant à offrir des meilleures conditions de vie aux Algériens en leur donnant le moyen d’acquérir un logement. Le second est d’ordre économique en ce sens qu’il est de notoriété publique que « quand le bâtiment va, tout va », selon la formule consacrée. Et de là découlait la volonté de faire tourner la roue économique en résorbant un tant soit peu le chômage endémique dont souffrait le pays. Dans la wilaya de Constantine, l’une des plus denses, démographiquement, à cause de la natalité endogène conjuguée aux flux successifs des populations des campagnes environnantes en quête d’opportunités de travail qu’elles ne trouvent pas sur place,  la crise du logement s’est fait cruellement sentir depuis l’indépendance, à l’instar des autres grandes métropoles d’Algérie. Toutefois, étant donné son relief rocheux et accidenté, les assiettes à l’effet de construire n’étaient pas légion, hormis la proche périphérie ouest de la ville telle Boudjenana, Boussouf, et la cité du 20 Août. A l’est de la ville il y avait la cité Emir Abdelkader, Ziadia et plus tard Djebel Ouahch. C’étaient les seuls sites disponibles pour bâtir des logements sous les seules formules qui existaient en ce temps-là, le logement social et le logement CNEP pour ceux qui se permettaient d’épargner pour bénéficier éventuellement d’un toit.

De nouveaux pôles urbains
Ainsi, de l’indépendance jusqu’à 1999, la ville de Constantine n’a bénéficié que de 12 471 logements sous ces deux formules. L’idée de se déployer hors de la ville qui était devenue, entre temps, un véritable étouffoir, a pris progressivement de la consistance, de telle manière que la première « nouvelle-ville » en Algérie a vu le jour dans le plateau d’Ain El Bey qui, avec le temps, est devenu le principal réceptacle du relogement de la wilaya. Plus tard, une deuxième « nouvelle-ville » Massinissa a été conçue à proximité de la ville du Khroub auquel les deux méga- agglomérations sont actuellement rattachées administrativement. La troisième option fut de construire des logements dans les 12 communes et les daïras environnantes pour empêcher des afflux supplémentaires vers le chef-lieu de la wilaya. C’est de cette manière que le volet logement a été réparti et consolidé surtout après l’année 1999. Notons au passage que les deux « nouvelles villes » se sont partagé la part du lion en termes de logements, toutes formules confondues, mais surtout en LPL en raison non seulement de la disponibilité des assiettes mais également de la nature régulière et plate des terrains et donc moins coûteuses en termes de constructibilité. En effet, de 1962 jusqu’à 1999, les deux « nouvelles villes » ont enregistré respectivement 6490 et 1 500 logements. Mais c’est à partir de l’an 2000 que les deux méga-agglomérations, en passe de devenir des entités administratives autonomes en regard de leur importance grandissante, ont connu un essor extraordinaire, passant à 34 440 unités pour la première et 16 965 unités pour la seconde. Idem pour l’ensemble des communes de la wilaya qui ont vu le nombre de logements livrés de 1999 au jour d’aujourd’hui quasiment doubler par rapport à la période allant de l’indépendance à 1999. Effectivement, jusqu’à cette date le nombre de logements inscrits dans les 12 communes constituant les 5 daïras de la wilaya de Constantine s’élève à 40 999 unités mais à partir de l’an 2000 jusqu’à ce jour, le nombre de logements inscrits a littéralement explosé, atteignant 73 240 unités (voir tableau n° 1). Quant au nombre de logements déjà livrés depuis 1999 jusqu’à cette date dans l’ensemble du périmètre de la wilaya, hormis dans la ville de Constantine pour des raisons citées plus haut, il s’élève à 20 109 durant le premier programme quinquennal s’étalant de 1999-2004. Au second quinquennat il est de 8 299 et à 23 903 durant le troisième quinquennat 2010-2016. En termes de ratios, la nouvelle ville Ali-Mendjeli vient évidemment en tête de liste avec 36% du volume de logements construits, livrés ou en voie de l’être dans la wilaya de Constantine. Elle est suivie de l’autre nouvelle ville Massinissa avec 16 %, Ain N’has avec 11%, puis viennent Ain Abid et Zighoud-Youcef avec 8% du taux de répartition des logements dans la wilaya. Le taux des autres communes varie entre 1 et 4% du programme global des logements construits depuis 1962 jusqu’à 2016 (voir schéma des ratios). Cela étant, l’Etat ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et semble décidé à éradiquer la crise du logement via les différentes formules proposées à la population selon les capacités financières des citoyens. Du LPL ou LSP au promotionnel aidé en passant par l’AADL, les gouvernements successifs qui ont travaillé sous l’autorité du Président Abdelaziz Bouteflika ont fixé comme priorité de faciliter l’accès au logement aux Algériens et rattraper ainsi les retards accumulés durant la seconde moitié des années 1980 et des années 1990 en raison de la crise socio-économique que l’Algérie a traversée et dont elle semble maintenant vouloir se prémunir via une politique sociale plus élaborée.

Le social comme vocation primaire de l’OPGI
Offrir à chaque citoyen un logement pour rester dans la vocation primaire de l’OPGI. Telle est l’ambition de l’OPGI de Constantine, selon les propos d’Abdelghani Dib, premier responsable de l’organisme de logement.  « Pour ce faire, il faut lancer et achever tous les programmes que les pouvoirs publics ont inscrits et mis les moyens financiers nécessaires pour leur réalisation », ajoute le directeur de l’OPGI de Constantine, d’autant que le programme est important et consistant. Et en tant qu’outil d’exécution, l’OPGI joue un rôle important dans la réalisation des programmes d’habitat tout en relevant les défis assignés à la wilaya et en respectant les engagements pris vis-à-vis des citoyens en matière de relogement, dans le cadre de la formule des contrats programmes. Ainsi, l’OPGI a enregistré 73 240 inscriptions depuis 1999, dont 47 847 logements ont été lancés avec différents stades d’avancement, sans occulter les 40 997 inscrits avant 1999, soit un total de 114 237 logements publics locatifs. L’office a réalisé et livré, depuis, quelque 54 700 logements dont 31 000 concernés par la cession car attribués avant 2004. Par ailleurs, l’office s’est assigné l’objectif de réaliser dans les délais les plus proches le restant des programmes à caractère social locatif dans le cadre du programme de résorption de l’habitat précaire. Le programme en question est réparti à travers une dizaine de sites tous dans la périphérie de la ville des Ponts.

L’industrialisation du bâtiment
Pour être dans les délais de réalisation et de livraison, l’OPGI de Constantine a tissé un partenariat avec des entreprises chinoises et turques. Pour ce faire, l’OPGI a opté pour l’industrialisation du bâtiment grâce au savoir-faire des Turcs et des Chinois. C’est ainsi que des programmes ont été confiés à des entreprises promettant de réaliser entre 10 à 12 logements par jour. Ce qui a permis de reloger 1500 familles dans ces programmes dans le cadre de l’éradication de bidonvilles. Tandis que plus de 4000 familles ont bénéficié de logements dans le cadre de l’éradication de l’habitat précaire.

Les contrats-programmes
« Depuis 2012, tout le programme est préaffecté, les gens sont en possession de décision officielle d’attribution. Ce qui permet d’éviter des maux sociaux. Ces préaffectations ont été faites sur des programmes attribués à l’OPGI », souligne Abdelghani Dib, directeur général de l’OPGI de Constantine, qui révèle : « Nous avons adopté une méthode : livrer tout bloc de logement fini sans attendre que la cité soit achevée, ceci pour le LSP. Mais dans le social, du fait que ce sont de grands sites, nous livrons tout l’ensemble». En effet, pour venir à bout de l’habitat précaire, l’administration du logement a opté pour la décision de pré-affectation d’un logement décent après avoir recensé les occupants des bidonvilles. En optant, pour des contrats-programmes, c’est en fait un pacte que l’administration a scellé avec les comités de quartiers représentant les différents sites de bidonvilles. Une forme de démocratie participative qui implique les citoyens, et ouvre une nouvelle ère de gestion dans la transparence. « Si nous arrivons à être un bon maitre d’ouvrage, un bon office de gestion, nous arriverons à lancer nos programmes et à les livrer dans les délais. Ainsi, nous aurons rempli notre mission sociale », conclut Abdelghani Dib qui précise qu’« à travers notre respect des délais, nous aurons contribué à la crédibilité des actions de l’Etat »

A. B.





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