Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 120 - Avril 2019

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Tourisme

Un outil au service de la « destination Algérie »

Direction générale du tourisme

Par Farid HOUALI



« Le secteur du tourisme en Algérie est devenu une priorité pour l’économie nationale dans la recherche d’alternatives aux hydrocarbures et la stratégie adoptée par le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a posé les piliers du développement de ce secteur, notamment l’appui apporté aux investissements touristiques, la promotion de la destination touristique algérienne, le partenariat entre le secteur public et privé et l’accent mis sur la formation touristique », affirme Mohamed Sofiane Zoubir, directeur général du tourisme au ministère de tutelle dans sa déclaration à El Djazaïr.com. En effet, l’Algérie entend donner au secteur du tourisme une dimension à la mesure de ses potentialités et de ses atouts. Il s’agit désormais, selon le Schéma directeur d’aménagement touristique 2025 (SDAT), d’une feuille de route de l’Etat pour la mise en valeur du tourisme en l’Algérie, de développer la montée en puissance du tourisme national et de l’insérer dans les circuits commerciaux du tourisme mondial. « Le tourisme n’est plus un choix, c’est un impératif », souligne encore notre interlocuteur ajoutant que « le ministère du Tourisme travaille aujourd’hui pour encourager et accompagner les investisseurs afin de réaliser des établissements touristiques qui sont conformes aux normes internationales ». Il s’agit, dans les faits, de relancer l’investissement touristique en encourageant les porteurs de projets. Une politique qui porte incontestablement ses fruits puisque le directeur général du tourisme au ministère

de tutelle évoque dans notre entrevue, « un murissement au niveau local dans l’investissement touristique ». Le même responsable assure en outre que les efforts déployés par les pouvoirs publics, dans le cadre de la mise en œuvre du programme de l’ancien président de la République visant la relance du secteur du tourisme en Algérie, ont commencé à porter leurs fruits, à la faveur de l’intérêt et de l’engouement manifesté par les promoteurs pour le développement des activités touristiques et hôtelières. Mohamed-Sofiane Zoubir relève, dans le même contexte, qu’entre 300 à 400 nouveaux projets touristiques sont agréés chaque mois au niveau central (ministère du Tourisme) ajoutant qu’il y a actuellement près de 2200 projets touristiques agréés et plus de 800 projets en cours de réalisation. Ces projets, totalisant une capacité de 285.000 lits et susceptibles de générer un peu plus de 100.000 emplois, sont le fruit d’un investissement cumulé de 1.493 milliards de dinars. « Le développement du secteur du touristique était un des axes majeurs de la politique gouvernemental pour impulser le développement, générer de la richesse et créer de l’emploi », ajoute le même responsable soulignant que parmi les facilitations d’investissement, figuraient la bonification du taux d’intérêt des prêts bancaires et l’obtention du foncier. « Les travaux de réhabilitation en cours au niveau d’une grande partie des établissements publics du littoral du pays, relevant du groupe Hôtellerie-Tourisme et Thermalisme, ayant bénéficié de cette opération pour des enveloppes colossales, seront bientôt finalisés », assurait à ce propos, début février, Abdelkader Benmessaoud, ministre du Tourisme et de l’Artisanat dans une déclaration à la presse, à l’issue d’une visite de travail à Tipasa. Il a fait part, à ce titre, d’une prévision de réception d’une dizaine d’établissements hôteliers publics, d’une capacité globale de 9.500 lits, « avant le début de la prochaine saison estivale », parallèlement à « une quarantaine d’hôtels privés, actuellement en chantier ». Abdelkader Benmessaoud a assuré que la concession des biens de l’Etat, dont les établissements hôteliers, « n’est pas à l’ordre du jour », du fait, que les décisions de l’Etat et à sa tête le président de la République « sont claires à ce sujet ». Il a signalé, néanmoins, une « possibilité de révision de leur méthode de gestion, pour la rendre plus moderne et plus professionnelle », a-t-il observé. « Nous œuvrons constamment   à l’élaboration d’une stratégie pour le développement du secteur », a ajouté le ministre, à ce propos, faisant part de « propositions présentées régulièrement au gouvernement et au Conseil de participation et d’investissement, habilités à la prise des décisions concernant la modernisation de la gestion de ces structures », a-t-il informé.

Du « marketing » touristique

Les spécialistes de la question touristique sont unanimes : il ne suffit pas de disposer d’infrastructures touristiques de haut standing pour que les touristes  affluent. « Ces établissements quelle que soit leur classification, ne sont en fait qu’un maillon de la chaîne touristique d’où l’impératif de vendre la destination Algérie », relève Mohamed-Sofiane Zoubir. Pour ce faire, le directeur général du tourisme au ministère de tutelle évoque « la mise en œuvre d’une stratégie tendant à promouvoir aux plans international et régional, la destination Algérie ». Une stratégie dont l’axe principal demeure la formation de la ressource humaine. « L’investissement en l’élément humain est la clé de voûte pour relever le défi de la qualité et concrétiser la politique du développement durable dans le secteur du Tourisme », dit-il reprenant ainsi une des nombreuses déclarations faites dans ce sens par Abdelkader Benmessaoud, ministre du Tourisme et de l’Artisanat. Le schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT) a d’ailleurs tracé à travers « une carte de la formation » les grands axes de la stratégie de développement de la formation dans les métiers du tourisme et de l’hôtellerie qui visent à l’adaptation de l’offre nationale de formation dans les métiers et professions du tourisme et de l’hôtellerie aux exigences du développement du secteur, notamment par l’amélioration des compétences et des performances de la ressource humaine et la mise à disposition d’un meilleur encadrement pour le management et la gestion des activités touristiques. Á ce titre, la « carte de la formation du secteur du tourisme » qui est une traduction de ces axes, s’est fixé des objectifs et une démarche opérationnelle pour leur atteinte. Il s’agit, entre autres, d’évaluer l’offre nationale de formation technique et professionnelle dans le tourisme, d’analyser l’évolution des effectifs formés dans les métiers du tourisme, de définir les besoins réels de formation dans le secteur, d’assurer une répartition géographique, par pôle touristique, des formations dispensées dans les différents métiers du tourisme, et d’assurer une couverture de l’ensemble du territoire national par un dispositif de formation technique et professionnelle accessible. « Le processus de la mise en place d’une carte de la formation du secteur du tourisme traduit la volonté d’étudier les meilleurs voies et moyens susceptibles d’adapter l’offre nationale de formation dans les métiers et professions du tourisme aux exigences du développement du secteur », explique-t-on sur le site du département du Tourisme. Dans le même contexte, notre interlocuteur rappelle que des conventions de partenariat portant sur la formation et le perfectionnement des personnels dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie ont été signées entre les ministères, d’une part, de la Formation et de l’Enseignement professionnels, et, d’autre part, du Tourisme et de l’Artisanat. Il est aussi question de « la création de filières de formation d’excellence dans les métiers de l’hôtellerie, tourisme et thermalisme ». « La stratégie de développement du secteur appréhende la formation touristique, hôtelière et thermale comme l’un des fondements du Plan qualité qui passe, impérativement, par la dotation des établissements touristiques de compétences à la hauteur des besoins du secteur afin de relever le défi de la qualité », souligne souvent à ce propos Abdelkader Benmessaoud relevant « l’importance de l’investissement en l’élément humain conformément à l’ambitieux programme en cours de réalisation à travers l’ensemble du territoire national afin de doter les nouvelles infrastructures touristiques de personnels compétents dans toutes les filières du tourisme ». Il convient de souligner dans ce cadre qu’une centaine d’écoles, instituts et autres centres de formation spécialisés relevant du ministère du Tourisme sont répartis à l’échelle nationale.  

Une implication multisectorielle

Toujours s’agissant de la « destination Algérie », le ministère de tutelle a signé en mai 2018 deux conventions, la première entre Air Algérie et l’Office national du Tourisme (ONT) qui a pour but de « développer le tourisme algérien à l’intérieur et vendre l’image de l’Algérie à l’extérieur », et l’autre convention, concerne le tourisme saharien. Signée entre la compagnie Tassili Airlines, le groupe Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme (HTT), qui gère pas moins de 70 établissements publics ainsi que la Fédération nationale des agences touristiques, cette convention vise à développer le tourisme dans le grand sud algérien, notamment en organisant des vols charters vers cette région. Mohamed-Sofiane Zoubir notera qu’aujourd’hui « on ne parle pas de la destination Algérie mais des destinations Algérie, du fait que notre pays dispose d’une multitude de régions touristiques ». D’ailleurs, « notre département ministériel fait en sorte aussi à ce que les intervenants nationaux dans le (domaine du tourisme), soient en contact avec des partenaires étrangers notamment lors des différents salons et foires dans le cadre d’échanges d’expériences et de savoir-faire car le tourisme est un domaine en perpétuelle évolution que nous sommes condamnés de suivre, l’objectif étant, comme souligné précédemment, de véhiculer les énormes potentialités dont dispose notre pays », affirme encore le directeur général du tourisme au ministère de tutelle, rappelant que c’est l’une des missions essentielles de l’ONT (Office national du tourisme), un organisme relevant du ministère de tutelle, en charge de la communication autour du tourisme algérien (voyages de presse, salons...). Mohamed-Sofiane Zoubir a, par ailleurs, mis en exergue l’implication du ministère des Affaires étrangères dans les facilitations de la procédure d’obtention du visa pour les touristes «étrangers», ce qui encourage de ce fait leur venue en Algérie. C’est dire que l’émergence de la destination Algérie comme destination touristique de référence au plan international ainsi que la construction d’une destination nationale labellisée ne sont plus qu’un « slogan ». Bien au contraire, tout est mis en place pour la définition d’une démarche organisée et durable permettant de doter l’activité touristique de la lisibilité et de la visibilité nécessaires à la consécration d’une économie touristique alternative aux ressources tarissables et non renouvelables que sont les hydrocarbures. Le lancement le 27 septembre dernier, à la veille (29 septembre) de la Journée mondiale du tourisme d’un « nouveau portail électronique pour la promotion de la destination Algérie » l’atteste. Ce portail qui se présente en trois langues : arabe, français et anglais, a pour objectif de faire connaître la diversité touristique de l’Algérie, les plus importantes destinations disponibles ainsi que les agences de tourisme et de voyage, les hôtels, restaurants classés, transport outre l’art culinaire et l’artisanat.

Le rôle « indispensable » des médias

Le ministre du Tourisme ne cesse de noter qu’il est « important pour faire valoir les caractéristiques et les capacités touristiques réelles et considérables de l’Algérie ». Pour ce faire, le rôle des médias n’est pas à négliger. « Ce rôle est même indispensable », nous assure Mohamed-Sofiane Zoubir qui affirme qu’« en ce qui nous concerne au département du Tourisme, les professionnels des médias sont considérés comme étant des partenaires dont le rôle dans la promotion notamment des potentialités touristiques de l’Algérie, est capital » mettant ainsi l’accent sur le rôle des médias dans la réalisation des objectifs de promotion de la destination Algérie, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, afin d’améliorer l’attractivité du tourisme et sa compétitivité pour la réalisation du développement durable. Et de rappeler un peu plus loin la convention signée en octobre dernier, entre les secteurs du Tourisme et de la Communication pour promouvoir la destination Algérie. Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud avait appelé à l’occasion, à « poursuivre la coordination des actions et à renforcer la coopération commune » entre les secteurs du tourisme et de la communication, afin d’améliorer et de promouvoir la destination Algérie et consolider sa compétitivité. De son côté, Djamel Kaouane, ministre de la Communication, a mis l’accent sur l’importance de cette initiative qui vise à « renforcer l’action complémentaire entre les deux secteurs, afin de promouvoir la destination Algérie, en concrétisation de la politique du président de la République dans ce domaine », qualifiant l’accord de partenariat signé entre les deux parties de « cadre d’action pour la mise en place des programmes communs dans l’objectif de réaliser un développement durable en matière de tourisme ». Dans une déclaration en marge des la cérémonie de signature de cet accord, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat a affirmé que le secteur du Tourisme offrira toutes les facilitations aux journalistes spécialisés dans la couverture des activités touristiques, et ce « pour renforcer leurs activités de promotion de ce secteur ». Evoquant l’éventualité de la création d’un « club presse spécialisé dans le tourisme », Mohamed-Sofiane Zoubir assure que son département ministériel est ouvert à « toutes les initiatives additionnées aux efforts portant sur la promotion de la destination Algérie ».  

F. H.



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