Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 121 - Juin 2019

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Tourisme

Enjeux et défis de la destination Algérie

Assises nationales du tourisme

Par Farid HOUALI



Important et stratégique, le secteur du tourisme nécessite l’évaluation de sa situation et l’accélération de toute prise de mesures contribuant à son développement et à sa relance d’autant que l’Algérie compte mettre le tourisme au premier plan dans une volonté de diversification de l’économie, d’attrait d’investissements directs étrangers et de création d’emplois.
Le tourisme constitue le nouveau moteur de développement durable, de soutien à la croissance et de vecteur clé de la tertiarisation de l’économie en raison du potentiel de création de richesses, d’emploi et de génération de revenus durables.  Attentive aux expériences des pays voisins et à ceux considérés comme ayant enregistré des succès en matière d’activités touristiques, s’inspirant de leurs réussites mais aussi de leurs déconvenues, l’Algérie entend donner au secteur du tourisme une dimension à la mesure de ses potentialités et de ses atouts. Il s’agit désormais de développer la montée en puissance du tourisme national et de l’insérer dans les circuits commerciaux du tourisme mondial grâce à l’émergence de la destination Algérie comme destination touristique de référence au plan international.
Pour ce faire, les insuffisances et contraintes freinant l’essor du secteur touristique en Algérie ont été au centre des débats, deux jours durant lors des 3s Assises nationales du Tourisme organisées par le ministère de tutelle placées sous le thème «Tourisme durable, avenir prometteur ».
 « Les assises nationales du tourisme constituent une opportunité pour évaluer les principales réalisations et les progrès enregistrés en Algérie en matière de développement touristique », assurait à ce propos Abdelkader Benmessaoud, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, dans son allocution d’ouverture des travaux de la rencontre ayant regroupé quelque 1000 participants, des intervenants dans le secteur du tourisme, entre autres.
La rencontre a été une halte permettant d’évaluer les réalisations majeures accomplies, depuis l’adoption en 2008, du Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT) par le gouvernement. 
Au terme des travaux de ces assises, les participants ont préconisé notamment la réactivation du Fonds de promotion touristique, ainsi que la dotation des directions du tourisme et de l’artisanat au niveau local, de moyens nécessaires pour le développement d’actions de promotion de ce secteur.
Ils ont également recommandé d’engager des actions de communication et d’information visant à «améliorer l’attractivité des destinations nationales et locales à travers un plan communication selon les normes et techniques modernes».
Pour un rôle «plus conforme aux exigences de la compétition internationale», il a été recommandé de redéfinir le rôle de l’Office national du tourisme et de le doter de «moyens financiers et de compétences appropriées», et de redéployer les missions de l’Office national algérien du tourisme de sorte à ce qu’il soit «plus agressif» au plan commercial.
La redynamisation du rôle du mouvement associatif, ainsi que l’implication des professionnels et du citoyen dans le développement et la protection des ressources touristiques locales ont été également soulignées, de même que le renforcement stratégique du partenariat public-privé dans les activités touristiques.
Cette rencontre a été, en outre, sanctionnée par l’adoption de recommandations inhérentes à la création d’une  «marque Algérie» qui sera déclinée au niveau local, l’intégration des critères de durabilité s’agissant des destinations nationales et régionales, la réalisation d’études de marchés sur l’offre et la demande, ainsi que la restructuration des projets touristiques en rapport avec les spécificités locales et la nature de la demande.
Les animateurs de ces assises ont, d’autre part, appelé à la modernisation et à la spécialisation des formations dans les métiers du tourisme et de l’artisanat, à l’instar du management touristique, ainsi que le renforcement de la coopération entre les établissements nationaux de formation et les grandes écoles internationales.
Les participants à ces assises ont, par ailleurs, préconisé le passage du concept de zones d’expansion touristiques (ZET) à celui de «destination territoriale», de même que la valorisation du potentiel touristique de chaque territoire en le traduisant en «produit touristique labellisé», tout en privilégiant «les produits éco-touristiques et éco-responsables».
L’intégration des activités liées au thermalisme et au tourisme culturel a également été évoquée à la clôture de cette rencontre, au même titre que le recours aux nouvelles technologies pour encourager l’essor de ce secteur, à l’instar de la généralisation du E-payement.
S’agissant de l’investissement étranger, les recommandations ont suggéré de donner «plus de visibilité» à cet aspect, tout en insistant sur la facilitation des procédures, à travers des «fiscalités encourageantes». 
Les participants ont appelé, par la même occasion, à la diversification du partenariat étranger afin de bénéficier de l’expertise internationale dans la gestion de ce secteur qui représente pour l’Algérie « une des meilleures alternatives à la dépendance énergétique».

Concrétiser les recommandations des Assises pour relancer le secteur
Intervenant à la clôture des Assises nationales du tourisme, Abdelkader Benmessaoud a affirmé que « les conclusions des ateliers constitueront une base devant sous tendre le programme de redressement du secteur de manière à nous permettre d’être au diapason des nouveautés à l’échelle nationale et de s’intégrer dans les tendances actuelles et futures des marchés du tourisme ».
Il a précisé que les quatre ateliers sur «l’examen des moyens de relance du tourisme en Algérie «, «la mise en place d’un management touristique», «la gouvernance des destinations» et «les défis du développement touristique à l’horizon 2030» ont abouti essentiellement à l’obligation d’œuvrer à «la consécration et à la concrétisation du principe du développement touristique dans toutes les régions dans le cadre de la politique de décentralisation adoptée par le gouvernement».
Le ministre a prôné, à ce propos, «le passage à une approche de travail axée sur l’encouragement des destinations locales complémentaires et cohérentes, la structuration des projets touristiques en fonction de la demande et de la concurrence externe».
Il a plaidé, également, pour «la redynamisation du rôle des associations représentantes des acteurs touristiques pour en faire un partenaire actif dans le processus de développement du tourisme».
Outre la nécessité d’actualiser les systèmes et réglementations régissant l’activité touristique pour son adaptation aux exigences de la prochaine étape», le ministre a souligné «l’impérative mise en place d’un mécanisme local pour la supervision et le suivi de l’application des programmes du  développement touristique local en coordination avec le secteur du tourisme».
Par ailleurs, le ministre a appelé à «la mise en place d’un cadre incitatif permanent pour favoriser le professionnalisme au niveau de tous les maillons de la chaine», mettant en exergue «les plus importantes réalisations accomplies dans le cadre de la concrétisation du SDAT entre autres, le traitement du déficit en matière de capacité d’hébergement».
L’évaluation du SDAT a révélé «une série de lacunes et de dysfonctionnements en matière de communication, de promotion et de marketing et une absence relative d’alliances entre opérateurs pour faire face à la concurrence extérieure», a expliqué le ministre du Tourisme ajoutant que son secteur s’attellera, dans ce cadre, à «l’élaboration d’un plan d’action d’urgence pour corriger ces dysfonctionnements et pallier les lacunes». Dans le même sillage, le ministre a appelé tout un chacun à «contribuer à un décollage réel et qualitatif du tourisme à la lumière des conditions favorables réunies après le rétablissement de la sécurité et de la stabilité».
Soulignant que le programme du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, est «un solide tremplin pour la relance touristique dans ces conditions propices», le ministre a mis en avant l’importance de la conjugaison des efforts pour aplanir les obstacles, de la promotion de la culture du tourisme et de l’esprit  d’initiative et d’innovation pour un essor du tourisme à l’intérieur et l’extérieur du pays».

Au cœur de la stratégie de diversification de l’économie nationale
Au terme de ces assises, les participants ont adressé un message au président de la République, dans lequel ils lui témoignent « leurs remerciements et leur reconnaissance pour tout l’intérêt accordé à la relance du secteur du tourisme et de l’artisanat tout au long des deux dernières décennies, et le placement de ce secteur au cœur de la stratégie de diversification de l’économie nationale afin de s’affranchir graduellement de la dépendance aux hydrocarbures».  Á cet effet, Abdelkader  Benmessaoud s’est félicité du volume important des investissements réalisés, grâce aux facilitations et mesures incitatives décidées par l’Etat et bien accueillis par les investisseurs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
« Ces réalisations contribueront, assurément, à remporter le pari de la qualité et de la concurrence », a-t-il estimé, soulignant que d’autres mesures avaient contribué à la régulation et à l’organisation du foncier touristique, l’un des piliers stratégiques du secteur dans l’investissement.
En ce qui concerne l’artisanat, Abdelkader  Benmessaoud a mis en avant le rôle direct de cette activité dans le développement socioéconomique, et ce grâce aux réformes initiées par le gouvernement visant, dans leur ensemble, la réhabilitation des activités artisanales.
« Le mérite revient au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans l’élaboration de tous les programmes destinés à ce secteur sensible et tout le soutien direct ou indirect accordé aux artisans de toutes les wilayas du pays, notamment des régions frontalières et rurales, qui ont bénéficié de programmes de développement ayant contribué au retour des citoyens dans leurs villages d’origine et leur sédentarisation », a estimé le ministre.
Par ailleurs, et dans le cadre d’une vision prospective à l’horizon 2035, le secteur œuvre au développement des capacités en matière de compétitivité et d’entrepreneuriat, à la création de postes d’emploi et à la promotion des exportations.
Le ministre s’est félicité également de l’organisation de ces assises, sous le haut patronage du président de la République, « ce qui dénote de l’extrême importance accordée à la relance du secteur touristique, érigé en alternative stratégique aux hydrocarbures à l’instar d’autres secteurs névralgiques ». Un secteur qui se « redynamise » malgré les lacunes à combler. Il convient de noter à ce propos que pas moins de 2.112 nouveaux projets touristiques et hôteliers agréés à travers le territoire national ont été inscrits durant la dernière décennie (2008-2018) au niveau du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, selon les chiffres avancés dernièrement à  Ouargla, par le secrétaire général de ce département, Abdallah-Ahmed Kaci. « Ces projets, totalisant une capacité de 277.699 lits et susceptibles de générer 111.000 emplois, sont le fruit d’un investissement cumulé de 1.493 milliards de dinars », a-t-il révélé. 
L’on relève parmi ces opérations, 820 projets en cours de réalisation, offrant une capacité de 120.000 lits et devant générer 60.000 emplois. Á ces opérations, viennent s’ajouter 11 projets d’une capacité de 11.866 lits, retenus au titre du partenariat avec des parties étrangères pour un financement de 116,96 milliards de dinars, selon la règle 49/51%.
Le même responsable a assuré en outre que les efforts déployés par les pouvoirs publics, dans le cadre de la mise en œuvre du programme du président de la République visant la relance du secteur du tourisme en Algérie, ont commencé à porter leurs fruits, à la faveur de l’intérêt et de l’engouement manifesté par les promoteurs pour le développement des activités touristiques et hôtelières.
L’Algérie dispose à ce jour d’un parc hôtelier de 1.330 structures offrant plus de 118.000 lits, contre 765 hôtels en 1999 avec un total de 62.200 lits, soit une hausse de près de 56.000 lits et un taux d’accroissement de 50%, a ajouté le même responsable Á ces efforts de développement du secteur, viennent s’ajouter les activités et programmes accompagnant cet ambitieux schéma, dont la formation, la redynamisation du programme de la qualité du tourisme, la promotion et la commercialisation de la destination Algérie, les facilités et avantages accordés aux touristes, dont la facilitation d’octroi du visa d’entrée.
Ainsi,  la feuille de route mise en œuvre par le ministère «vise, entre autres objectifs, la modernisation du secteur par le recours à l’exploitation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), la numérisation des transactions entre l’administration et le citoyen et les facilitations prévues dans le cadre du programme de décentralisation des opérations ».
Le SDAT-2030, adopté en 2008 par le gouvernement, sert de cadre stratégique et référentiel pour asseoir une base à la stratégie touristique en Algérie et s’insère également au titre du Schéma national d’aménagement du territoire SNAT-2030, définissant les moyens et mécanismes permettant de les mettre en œuvre et les conditions de leur réalisation, a poursuivi le même responsable. Le SDAT consiste en deux volets d’évaluation, dont le premier 2008-2015 concerne l’établissement du socle nécessaire pour la relance du tourisme en Algérie, et le second 2015-2030 a trait à la consécration et à la dynamisation des mécanismes prévus pour l’impulsion du tourisme en Algérie, en cours de réalisation.
F. H.









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