Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 126 - Jan 2020

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Energie

Le challenge des énergies renouvelables

Transition énergétique

Par Farid HOUALI



Le programme des énergies renouvelables, dans sa version actualisée, consiste à installer une puissance d’origine renouvelable de l’ordre de 22 000 MW à l’horizon 2030 pour le marché national, avec le maintien de l’option de l’exportation comme objectif stratégique, si les conditions du marché le permettent. Le développement des énergies renouvelables « est à même de prolonger durablement l’indépendance énergétique de notre pays et de générer aussi une dynamique de développement économique dans son sillage ». Grâce à ce programme, il est prévu de réaliser une économie de près de 300 milliards de m3 de gaz sur la période allant de 2021 à 2030, qui seront orientés vers l’exportation et rapporteront à l’Etat d’importants revenus supplémentaires.

Pour ce faire, « l’élaboration d’une politique énergétique nationale rénovée s’appuyant sur les expériences et les atouts du pays est une nécessité » selon le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab. En effet, dans son allocution lue en son nom par la secrétaire générale du ministère, Mme Fatma-Zohra Cherfi, à l’ouverture des travaux de la 24ème journée de l’énergie portant sur le thème «la révolution verte : un challenge pour la Société nationale de l’électricité et du gaz, organisée au centre de formation de l’électricité et du gaz de Ben-Aknoun (relevant de la Sonelgaz), le ministre a fait savoir que «des riches débats engagés à travers l’ensemble du pays ressort un consensus sur le besoin d’élaborer une politique énergétique nationale rénovée» s’appuyant sur les expériences et les atouts du pays.

Il a, à l’occasion, souligné l’intérêt pour cette nouvelle politique qu’elle soit «en ligne avec les évolutions technologiques du monde et adaptée aux défis qui se présentent à nous». C’est dans ce sens, rappelle le ministre, que le secteur national de l’énergie a entamé une réflexion sur plusieurs grands axes autour du potentiel avéré de l’Algérie en hydrocarbures lui permettant d’assurer sa couverture énergétique et un niveau d’exportation appréciable pour contribuer au financement de l’économie dans un avenir prévisible. Pour y parvenir, il est nécessaire, selon le département de l’Énergie de mettre en œuvre des moyens nécessaires pour assurer une meilleure exploitation de ce potentiel dans une vision de long terme.

En second lieu, il s’agit du développement des ENR (énergies renouvelables) car elles prennent une place de plus en plus importante dans les mix énergétiques mondiaux», expliquant que leur généralisation au niveau mondial jumelée à la baisse des coûts en fait désormais des alternatives de choix dans la diversification énergétique et économique. «La révolution électrique constitue une opportunité historique pour une diversification du mix énergétique national, et notre secteur s’attelle à concrétiser ce défi », insiste Mohamed Arkab. Le plus important consiste, à ses dires, à « déployer une véritable activité économique, orientée sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, en alliant l’intégration industrielle nationale à travers la création d’un tissu d’entreprises de fabrication et de services et englobant différents métiers tout au long de la chaîne de valeur des EnR et de l’efficacité énergétique ». Cette dernière est appelée à jouer pleinement son rôle, compte tenu notamment de la consommation énergétique élevée sur le plan local. Dans ce contexte le secteur de l’énergie a mis en place une politique de diversification du mix énergétique du pays, et ce, à travers des objectifs ambitieux quantifiés temporels qui ont été tracés pour utiliser ce potentiel.

 

L’importance des énergies renouvelables

Le développement des énergies renouvelables fait partie de ces alternatives sur lesquelles veulent s’appuyer les pouvoirs publics pour palier à la dépendance aux hydrocarbures. Dans son allocution à l’ouverture des travaux de la 24ème Journée de l’Énergie, Mme Fatma Zohra Zerouati, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables a  mis en exergue les efforts de l’Algérie pour atteindre les objectifs du développement durable, à travers l’élaboration de plusieurs stratégies. Elle a, dans ce sens, cité l’adoption du premier plan national pour le climat pour la période 2020- 2030, ainsi que la création récente du Commissariat aux Energies renouvelables et l’efficacité énergétique. «La mise en place de ce commissariat vient en réponse aux difficultés et aux obstacles ayant été enregistrés lors de la mise en œuvre du programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique», affirmait début novembre dernier, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, dans une allocution, lue en son nom par le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, lors de la cérémonie d’installation du Commissaire aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. Ces difficultés consistent en le manque de coordination entre les différents secteurs, l’insuffisance en termes de compétences techniques et la non conformité des modes de financement actuels. Ce commissariat constituera, ainsi, une force de proposition à la disposition des Pouvoirs publics en vue d’opérer les changements dynamiques devant être introduits pour être au diapason du développement technique, technologique, scientifique et économique.  «Huit ans après le lacement du programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, il s’est avéré que sa mise en œuvre est entravée par plusieurs obstacles et difficultés dont le financement, l’insuffisance en matière de compétences techniques locales et le manque de coordination entre les différents secteurs», a-t-il expliqué.

Le Commissariat des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique est dirigé par Noureddine Yassa, Directeur du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER).

Le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, nouvellement créé auprès du Premier ministre, est un organe de conception d’une stratégie nationale de développement de ce secteur. C’est aussi un instrument d’aide à la mise en œuvre et à l’évaluation de la politique nationale dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.  Prenant part aux travaux de la 24ème Journée de l’Énergie le Commissaire national aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, Noureddine Yassaa a annoncé qu’une stratégie globale pour le développement des énergies renouvelables donnant une vision claire aux investisseurs sera mise en place prochainement. Cette future stratégie globale intégrera, a-t-il relevé, un plan de travail détaillé afin de donner une vision claire aux opérateurs économiques dans le but d’attirer l’investissement local et international dans ce secteur.

 

Joindre l’acte à la parole

Les experts sont unanimes : Au-delà des hydrocarbures, il revient à l’Algérie de mobiliser toutes ses ressources notamment en ces énergies, et ce, grâce au très vaste potentiel dont jouit le pays à travers le solaire, et l’éolien notamment. En vue de réussir la transition énergétique, la mobilisation des ressources renouvelables est ainsi nécessaire pour consolider, sur le long terme, la couverture des besoins énergétiques du pays et en faire un facteur de développement industriel et de diversification économique. D’ailleurs «la situation vulnérable de l’Algérie en matière de sécurité énergétique, eu égard à la fonte des réserves en pétrole et en gaz naturel», a été longuement « commentée » lors des travaux de la 24ème Journée de l’Énergie rehaussée également par la présence des élèves-ingénieurs de l’École nationale Polytechnique, de son premier responsables, du PDG de Naftal et du président de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) Abdelkader Choual. Dans ce sens, le professeur Chems Eddine Chitour a affirmé que «l’avenir est dans les énergies renouvelables». Et ce ne sont pas les potentialités qui en manquent. « Notre pays dispose d’un très grand potentiel pour la production de l’énergie solaire, estimé à 25 mégawatts/heure, à travers les grandes étendues dans les régions du Sud», a fait savoir le Pr Chitour. Quant au «coût de production d’un kilowatt solaire, il est évalué à 6 ou 7 dinars». Ainsi, a-t-il fait remarquer, si l’on encourage la production électrique à partir du solaire et sa consommation par les véhicules, on n’aura plus besoin d’importer du carburant payé à un dollar et vendu cinq fois moins cher, d’autant plus que le parc national de véhicules atteindra les 11 millions d’unités en 2030. Á cela, s’ajoute l’autre aspect : le financement. « Les banques et les institutions financières étrangères ne financent plus les projets utilisant les énergies fossiles, mais plutôt ceux utilisant des énergies propres», a noté le Pr Chitour. Se voulant plus « convaincant » Chems Eddine Chitour a évoqué le cas du Maroc voisin, qui « a mis en œuvre un modèle de transition énergétique qui prévoit de porter la part des énergies renouvelables (production et consommation) à 42%, à l’horizon 2030, basé sur la réduction des subventions accordées aux carburants fossiles et surtout sur un développement croissant des énergies éolienne, solaire et hydraulique, à raison de 14% chacune ». « Á l’opposé, le projet de modèle algérien avec un objectif de 50%, à la même échéance, a montré ses limites dans la pratique », a-t-il déploré. «L’écart se creuse encore davantage avec l’Allemagne qui a déjà atteint l’objectif des 50% il y a plusieurs années ou encore les USA et les pays scandinaves », poursuit-il.

F. H.

 



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