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N° 124 - Nov 2019

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Energie

Les assurances de Rachid Hachichi

Situation financière de Sonatrach

Par Yahia MAOUCHI



«La Sonatrach n’a pas de problème financier. Ceci dit nous devons gagner du temps. Les investissements déjà engagés pour réaliser des projets structurants devront garantir à long terme la pérennité de la production dans cette région (Hassi Messaoud) que nous considérons comme étant le principal champ de production de pétrole et de condensat », a tenu à rassurer Rachid Hachichi, P-DG de Sonatarch, en marge de sa visite au projet de Revamping et de réalisation d’un nouveau système de production au niveau des unités satellites du champ sud de Hassi Messaoud, dans la wilaya de Ouargla. Interrogé par la presse sur les raisons du retard de ce projet, lancé en 2016 pour un délai de réalisation de 48 mois, et s’il n’était pas lié à des raisons financières, Rachid Hachichi a affirmé qu’il s’agit « plutôt de retard pour des raisons techniques ». Constatant de visu le retard dans la réalisation de certains projets, le PDG de Sonatrach  a instruit ses cadres de redoubler d’efforts pour rattraper les retards accusés dans tous les projets, avant de les inciter à mettre en place une stratégie de sécurisation des nouvelles installations qui devra prendre en compte l’aspect relatif à la formation et aux recrutements des jeunes. Le même responsable, qui a été accompagné par une forte délégation, a insisté également sur la nécessité de maintenir l’intensité de l’activité pour garantir l’avenir de la production de cette région hautement importante. 

Une dizaine de nouveaux chantiers

Soulignant par ailleurs que beaucoup de projets structurants seront lancés incessamment dans cette région importante pour le groupe Sonatrach, le premier responsable de Sonatrach a rassuré ses partenaires, par rapport à la situation politique qui prévaut dans le pays. « La situation politique traversée par l’Algérie n’a aucun impact sur les négociations menées entre Sonatrach et ses partenaires étrangers », a rassuré le PDG précisant que les informations sur de quelconques perturbations des relations entre Sonatrach et ses partenaires sont sans fondement. « Sonatrach et ses partenaires étrangers travaillent toujours en étroite collaboration », assurant que ses propos seront confirmés dans les jours à venir. Pour étayer ses propos, Rachid Hachici a annoncé que Sonatrach allait poursuivre son programme d’investissement à travers des dizaines de nouveaux chantiers dans l’aval et l’amont pétrolier et gazier, dans une perspective d’augmentation de ses capacités de production. Parmi ces projets, il a fait état de nouveaux travaux d’exploration de gisements pétroliers et gaziers, précisant au passage que le domaine minier algérien couvre quelque 1,5 millions de km2, ce qui, a-t-il dit « laisse du chemin à parcourir ». Le PDG de Sonatrach a, par ailleurs, indiqué que l’énergie non conventionnelle est actuellement composée de 3% de pétrole et le reste de gaz. Il a précisé que ces 3 % équivalent deux fois le gisement de Hassi Messaoud, alors que pour le gaz, les ressources non conventionnelles récupérables représentent neuf fois le gisement de Hassi R’mel, pouvant couvrir, selon lui, « 150 années d’approvisionnement avec leur niveau de production actuel ».

3,5 milliards de dollars pour la réalisation de 5 projets structurants

Rappelons que lors de sa visite à Hassi Messaoud, le premier responsable de Sonatrach s’est enquis de l’état d’avancement de cinq projets structurants dont le montant d’investissement global est de l’ordre de 3,5 milliards de dollars. Le premier projet consiste dans le revamping  (ensemble des interventions sur une installation industrielle, permettant de modifier ou d’accroitre sa capacité de production, ainsi que la modernisation et la remise à niveau de ses installations) des unités satellites du champ sud dont les installations remontent aux années 1970. C’est ce qui a rendu l’exploitation de cette unité difficile, selon le directeur régional de Hassi Messaoud, Toufik Hamdan. Il a expliqué que ce projet devrait augmenter la production d’environ 3000 tonnes par jour, et éliminer les gaz torchés d’environ 500 000 m3 par jour. D’un montant contractuel de 7,5 milliards de dinars, ce projet a atteint un taux d’avancement de 88%, la réception finale des nouvelles installations est prévue pour mars 2021, a précisé ce même cadre. A propos de ce projet, M. Hachichi a demandé plus de célérité dans la réalisation et surtout de rattraper le retard estimé à dix mois. Expliquant l’importance du revamping, le P-DG a souligné que ce dernier allait permettre d’améliorer et de soutenir la production pétrolière et gazière à long. C’est pourquoi sa visite dans la région était importante. La production nationale en matière d’hydrocarbures décline. Et veiller à « l’avancement réel de ces projets si attendus pour améliorer et soutenir la production » revêt une grande importance. Le second projet a trait à la réalisation d’un centre de séparation et de compression pour la récupération du brut dans la périphérie sud de Hassi Ghettar (HGA) d’un montant d’investissement de 1,11 milliards de dollars. Le PDG a demandé un rapport détaillé sur ce projet dont le taux d’avancement ne dépasse pas les 32,08%. D’une capacité de traitement de 60 000 baril/jour d’huile et de 2, 165 millions standard m3/jour de gaz associé, l’infrastructure devra être réceptionnée en décembre 2020, a précisé Hachichi. Le responsable, s’est également rendu à la nouvelle station de pompage à Hassi Messouad, mise en service en 2019, pour remplacer l’ancienne station datant de 1959. Dotée des dernières technologies de contrôle, de process et de système anti-incendie et d’une capacité de 14 millions m3/j, la nouvelle station entre dans le cadre de la politique de modernisation et de revamping des installations, lancée par Sonatrach, pour pouvoir garantir la production dans les années à venir. La délégation a visité, à cette occasion la station de compression et de réinjection de Zcina d’une capacité de 24 millions m3/j de gaz. D’un montant d’investissement de 50 milliards de dinars ce projet dont l’inauguration est imminente permettra le maintien de la pression du gisement du champ Nord de Hassi Messaoud par la réinjection d’un volume de 8 millions m3/j. Cette station devra permettre d’assurer la compression et la réinjection de gaz du puits de Zcina lui-même, ainsi que celui d’autres puis pour augmenter leur production, a tenu à détailler M. Hachichi, ajoutant que « des essaies sont déjà menées sur les installations de cette station qui n’attend que sa mise en service ». Le PDG s’est rendu par la suite au centre de séparation et de compression à Upside Nord de la région, rentrant dans le cadre des projets structurants de la région. Cette installation permettra de traiter 40.000 barils de pétrole par jour, ainsi que 5 millions de m3/j de gaz, a assuré M. Hachichi, affirmant que ce genre d’infrastructures permettra « d’assurer une production en continue dans le futur ». Hachichi, s’est par ailleurs félicité du « personnel jeune » qui assure la gestion de ce centre, soulignant que Sonatrach avait « opté pour une politique de rajeunissement permettant de donner la chance aux jeunes dans les nouveaux projets et d’exprimer leur talent sur le terrain », s’est-il félicité.

 Y. M.

 



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