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N° 108 - Oct 2017

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Energie

Une police de l’énergie avant la fin de l’année

Fraudes, dettes et vol d’électricité et de gaz

Par Yahia MAOUCHI



Le piratage ou vol de l’énergie électrique constitue un des chancres qui corrodent le tissu urbain de nos villes, et qui engendrent d’énormes pertes financières d’exploitation pour la Société nationale de l’électricité et du gaz (Sonelgaz). Pour pallier ce phénomène, des agents assermentés seront déployés sur le terrain, a souligné Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, dans un point de presse tenu à l’issue d’une rencontre avec les directeurs d’énergie des wilayas (DDE). « Une police de l’énergie, de l’électricité et du gaz sera mise en place, au niveau de chaque wilaya, avant la fin de cette année. Ces agents seront choisis pour leur sagesse et leur expérience du terrain. Ils seront présentés au niveau de la justice pour être assermentés », a tenu à préciser M. Guitouni. Et d’ajouter : « Cette structure aura pour mission de lutter contre les pertes estimées à 10 % des recettes et de sauvegarder les revenus de l’Etat ». Abondant dans le même sens, le ministre a instruit, par la même occasion, les directeurs d’énergie au niveau de toutes les wilayas à recenser tous les actes illégaux et à les communiquer au ministère de l’Énergie qui prendra les mesures adéquates. « Il est temps de mettre de l’ordre », a-t-il insisté en exhortant les mêmes directeurs à jouer pleinement leur rôle face à ce problème qui prend de l’ampleur. Par ailleurs, s’étalant sur la manière dont il sera possible de constituer cette police et son mode de fonctionnement, Guitouni a cité le cas de certains pays où cette police est mise sous tutelle de la DGSN ou de la direction de l’énergie. « Vous devez intégrer la commission de la DGSN pour leur rapporter les altérations enregistrées sur le terrain. Il faudra constituer un dossier solide pour le transmettre au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales », a-t-il insisté. Allant plus loin dans ses déclarations, le ministre a plaidé pour la mise en place d’une police d’eau. Le ministre a rappelé que dans les années 1970, cette police existait et qu’il était temps de réactiver ces normes qui continuent d’ailleurs de fonctionner par ailleurs dans le monde. « Il faut dire que le déploiement d’une police de l’énergie n’est pas chose nouvelle en Algérie puisque de tels agents existaient déjà dans les années 1970. La réhabilitation de cette police répond à un besoin pressant de mettre un terme à la saignée qui touche le secteur de l’énergie », a-t-il expliqué. En somme, le rôle de cette police sera d’autant plus nécessaire dans cette conjoncture de déficit que traverse Sonelgaz et de la quasi-impossibilité pour le trésor de continuer à combler ce déficit.

« Nous nous ne voulons pas de dettes dans le secteur ! »
Évoquant le gel de certains projets énergétiques, comme l’ont signalé les DDE, le ministre a assuré qu’ils sont juste « différés » pour raisons financières. Il a précisé à ce propos que 60% des entreprises engagées dans la mise en œuvre des projets du secteur ont été payées. « Toutes les entreprises seront payées. Désormais, je ne veux plus entendre cette question d’endettement des entreprises. Nous avons consacré 26 milliards de dinars pour leur paiement. À cet effet, je vous rassure que tous les projets qui sont à l’arrêt vont redémarrer dans les plus brefs délais », a-t-il affirmé en reprochant aux DDE leur incapacité à jouer leur rôle de «transmetteurs». N’étant pas communicatives, a-t-il déploré, ces dernières ne transmettent pas sur le terrain, aux citoyens notamment, ce qui se fait dans le secteur. « Les citoyens ne connaissent pas les DDE alors qu’elles sont le moteur du pays. Ces derniers doivent s’associer à la tutelle pour s’informer de tout ce qui se fait, rapporter des statistiques réelles et identifier les causes des retards accusés dans certains projets », a-t-il prôné, annonçant que la réunion avec les DDE sera annuelle. Pour leur part, plusieurs directeurs d’énergie ont soulevé des préoccupations liées notamment au manque de moyens financiers et humains ainsi que des projets gelés. Évoquant le problème d’absence des commodités au niveau des 2.400 stations, dont 700 appartiennent à Naftal, le ministre a indiqué qu’un nouveau cahier des charges devrait bientôt permettre de réorganiser le réseau, et auquel les gérants de stations-services devront se conformer, auquel cas « des mesures coercitives seront prises ».

Un cahier des charges pour la gestion des stations-services
« Naftal compte 700 stations de services, dénuées de toute commodités. Avec ces stations on ne peut pas donner une bonne image de notre pays, cela doit changer. Ces stations, surtout celles situées au niveau des frontières, doivent bénéficier d’une réhabilitation et être confortées par des commodités, la restauration et l’hygiène notamment. Car, après l’aéroport, les stations de service constituent la vitrine du pays et en fonction de ce qu’on en fait, elles renvoient une image qui soit positive, ou négative du pays. A cet effet, des cahiers de charges précis devront être établis dans ce sens avec des professionnels, des traiteurs, entre autres », a-t-il précisé. En conséquence, il a chargé les représentants de Naftal, présents à cette rencontre, de reprendre en main ces stations pour assurer leur réhabilitation. Quant aux 58 stations-services installées au niveau des autoroutes, le ministre a dressé un même constat négatif en soulignant qu’il y a « un problème de gestion ». Dans ce sens, il a exigé que ces stations-services soient gérées sur la base d’un cahier des charges : « Celui qui n’est pas du métier est tenu de ne pas l’exercer », a-t-il avisé, en sommant les gérants de ces stations « à se mettre en conformité avec la loi » sans quoi la loi « sera appliquée d’une manière stricte ». Il a souligné, toujours dans ce registre, que les autres stations de service, n’appartenant pas à Naftal, doivent aussi faire l’objet d’une attention particulière, en soumettant ses gérants ou propriétaires au respect de la réglementation. Des cartes des stations de services doivent être élaborées, selon lui, et distribuées à tous les walis. Le ministre a instruit, en outre, le secrétaire général de son département de mettre en place un groupe de travail chargé de la problématique des huiles usées, déversées actuellement dans la nature. « Nous travaillerons ensemble avec le ministère de l’Environnement pour régler ce problème. Et si cela exige l’élaboration d’une loi, nous irons dans cette direction », assure-t-il. Cette question fut l’une des préoccupations exposées par les directeurs des wilayas de l’énergie, à leur tête le directeur de l’Energie d’Alger, Benyekhlef Ali. Ces derniers ont plaidé pour la mise en place d’une réglementation qui clarifierait leurs nouvelles missions et l’organisation de leurs activités. Enfin, il convient de rappeler que cette importante rencontre avec les DDE, a permis au ministre d’évaluer la situation et le programme d’action de ces directions, et de connaître l’état d’avancement des projets lancés en matière de distribution publique de l’énergie (électricité, gaz) ainsi que des carburants au niveau local. Une chose qui a permis ainsi au premier responsable du secteur de connaître les difficultés rencontrées aussi bien par les DDE que par les citoyens, notamment en milieu rural et dans les zones isolées, en matière d’approvisionnement en gaz.
Y. M.



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