Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 117 - Nov 2018

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Energie

Le choix de l’Algérie réaffirmé

Energie renouvelables

Par Farid HOUALI



Le développement des énergies renouvelables fait partie de ces alternatives sur lesquelles veulent s’appuyer les pouvoirs publics pour pallier la dépendance aux hydrocarbures. La transition énergétique est même placée au rang de « priorité nationale » par l’Algérie, l’objectif étant bien entendu de préserver ses ressources fossiles et de diversifier ses sources de l’électricité. En effet, l’Algérie ambitionne de produire près de 2.000 Mégawatts (MW) à l’horizon 2020, « grâce notamment à l’implication du groupe Sonatrach dans le développement de ces énergies ». En effet, le Groupe Sonatrach vient d’adopter les énergies renouvelables dans sa stratégie comme moyen de développement au cœur de la transition énergétique, en mettant en œuvre un programme au niveau des sites industriels du secteur, visant à couvrir 80% des besoins des sites pétroliers. Sonatrach sera ainsi leader de la production des énergies renouvelables en réalisant une capacité de 1.300 MW, selon Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie. Ajoutant les 343 MW installés au niveau des centrales existantes actuellement, les 150 MW prévus dans le cadre du prochain appel d’offres destiné aux opérateurs nationaux ainsi que les projets pris en charge par Sonelgaz, les capacités installées par Sonatrach contribueront à augmenter la production globale des énergies renouvelables en Algérie à près de 2.000 MW à l’horizon 2020. Ces projets s’inscrivent dans le cadre du programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, initié en 2011 et mis à jour en 2015 et qui cible la réalisation d’une capacité globale de 22.000 MW d’ici 2030.

Le ministre a souligné, dans ce sens, que ce programme qui « confirme le choix de valorisation optimale et de diversification des ressources énergétiques de l’Algérie » est conditionné par les capacités à faire émerger une industrie locale de fabrication des équipements pour les centrales photovoltaïques, « performante, compétitive et associée à des moyens de réalisation efficace. La réflexion sur la transition énergétique porte de ce fait sur la nécessité d’avoir une industrie non polluante qui respecte l’environnement et qui n’aggrave pas les facteurs qui contribuent au changement climatique. Les énergies renouvelables s’imposent dans ce contexte comme l’alternative la plus sérieuse, la plus propre et commercialement la plus rentable. Les enjeux sont considérables : une filière industrielle à promouvoir, des milliers d’entreprises à créer ou à reconvertir, des filières de formation à développer et à la clé des centaines de milliers d’emplois créées. S’exprimant lors de la présentation des grandes lignes du cahier des charges relatif au projet de production de 150 Mégawatts en solaire photovoltaïque présentées par Abdelkader Choual, président du Comité de direction de la Commission de la régulation de l’électricité et du gaz (CREG), Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, a réitéré l’engagement de l’Algérie pour le développement des énergies renouvelables.

« Ce n’est pas un choix, c’est une nécessité », a-t-il dit à ce propos notant que la transition énergétique visée par l’Algérie ne se limite pas à diversifier le bouquet énergétique destiné à la satisfaction de la demande nationale en électricité. Elle constitue également une opportunité historique pour un développement planifié et maîtrisé du tissu industriel national par l’émergence de nouvelles filières dédiées aux équipements des énergies nouvelles et renouvelables. Mettant en exergue les retombées du développement de ces nouvelles filières, Mustapha Guitouni a précisé que la mise en œuvre du programme des énergies renouvelables permettra de créer près de 700.000 postes d’emploi direct et indirects couvrant toutes les parties de la chaîne de valeur.

 Á l’écoute des investisseurs

Il convient de souligner que l’appel d’offres par voie de mise aux enchères des 150 MW en solaire photovoltaïque sera lancé avant la fin décembre prochain, « après l’intégration des recommandations faites par les opérateurs concernés, suite aux larges consultations menées depuis juillet dernier », a explicité le ministre de l’Energie.

Mustapha Guitouni, a d’ailleurs renouvelé son appel aux investisseurs locaux à participer dans cette opération « d’intérêt national» qui représente une phase pilote qui va ouvrir la voie au dépoilement à grande échelle des énergies renouvelables en Algérie. « Il est important que le projet des 150 MGW démarre », a-t-il insisté soulignant, d’autre part, que le projet « va permettre, une fois la maîtrise des techniques de mises en place et d’exploitation acquise, de lancer d’autres projets plus importants en termes de volume de MW produits ».

L’appel d’offres des 150 MW est destiné aux investisseurs nationaux, publics ou privés, seuls ou en partenariat, souhaitant investir dans les domaines de la construction et l’exploitation de centrales électriques photovoltaïques. Il s’agit d’un appel d’offres national par voie de mise aux enchères. Bien qu’elle s’adresse essentiellement aux investisseurs, cette opération n’exclut pas pour autant les partenaires étrangers dont la participation peut se faire dans le cadre des joint-ventures. Les investisseurs qui seront attributaires de projets prendront en charge également la réalisation des installations d’évacuation de l’énergie produite et de raccordement de ces centrales aux réseaux électriques, ainsi que la commercialisation des quantités d’énergies produites. La réalisation de centrales solaires photovoltaïques devra se faire exclusivement par l’utilisation des équipements fabriqués localement.

Le soumissionnaire devra ainsi faire ressortir dans son offre le taux d’intégration locale par rapport au coût d’investissement global (hors coût de location du terrain).

Il doit justifier, en outre, une expérience dans la réalisation, l’exploitation et la maintenance de projets industriels et dans la mobilisation des capitaux propres et des emprunts.

Cet appel d’offres porte sur la réalisation de sept centrales situées dans les régions agricoles du sud du pays, afin de couvrir les besoins énergétiques des activités des opérateurs dans ces localités à fort potentiel agricole. Il s’agit des localités de Nezla (10 MW), Meggarine (10 MW), Belhirane (10 MW) à Ouargla, de Tendala (10 MW) et Nakhla (10 MW) à El Oued, de Diffel (50 MW) à Biskra et de Guerara (50 MW) à Ghardaïa.     

Présents en grand nombre dans la salle, des investisseurs intéressés par l’appel d’offres n’ont pas manqué de souligner, lors des débats avec le ministre de l’Energie, le président de la CREG et ses cadres, de relever certaines contraintes liées en particulier aux modes de financement et l’acquisition des terrains destinés à la réalisation de ces centrales.

Très attentif aux « remarques et propositions », Mustapha Guitouni a promis de fournir tous les efforts pour dépasser les contraintes rencontrées afin de réussir ce premier appel d’offres.

«Pour certains d’entre vous c’est le parcours du combattant. Mais soyez sûrs que la procédure va être simplifiée davantage. Avancez, n’ayez pas peur, l’Etat est là pour vous accompagner», a-t-il dit à leur adresse. De son côté, Abdelkader Choual président du comité de direction de la CREG, a assuré que la commission de régulation sera «à l’écoute des opérateurs pour régler leurs problèmes de manière rapide et efficace».

« La CREG est consciente de l’importance de l’opération et des conditions à satisfaire pour sa réussite. C’est pourquoi, elle va s’impliquer davantage et de manière effective », a-t-il assuré.

Pour preuve, et en attendant le lancement effectif de l’appel d’offres, d’autres rencontres similaires (CREG-investisseurs) seront au menu les jours à venir afin « d’éviter les entraves qui pourraient intervenir et aussi toute ambiguïté ».

Qu’est ce que la CREG ?

La Commission de régulation de l’électricité et du gaz, organisme indépendant et autonome doté de la personnalité juridique, est investie de trois missions principales. Il s’agit de la réalisation et contrôle du service public, le conseil auprès des pouvoirs publics en ce qui concerne l’organisation et le fonctionnement du marché de l’électricité et du marché intérieur du gaz, et la surveillance et le contrôle du respect des lois et règlements relatifs au marché de l’électricité et au marché intérieur du gaz. La CREG a également pour rôle de veiller au fonctionnement concurrentiel et transparent du marché de l’électricité et du marché national du gaz, dans l’intérêt des consommateurs et de celui des opérateurs. Ce n’est pas tout. La CREG a pour principales compétences et fonctions d’instruire les demandes et de délivrer les autorisations pour la réalisation et l’exploitation de nouvelles installations de production d’électricité, de lancer les appels d’offres, en cas de constatation d’insuffisance de demandes d’autorisations émanant des producteurs d’électricité et prendre les dispositions nécessaires pour la satisfaction des besoins du marché national, de lancer et traiter les appels d’offres pour l’attribution des concessions de distribution de l’électricité et du gaz.

En matière de prévisions de la demande et de programmation des investissements, la CREG est chargée d’établir un programme indicatif de besoins en moyens de production de l’électricité et le soumettre à l’approbation du ministre chargé de l’Energie, d’établir un programme indicatif d’approvisionnement du marché national du gaz et le soumettre à l’approbation du ministre chargé de l’Energie et enfin d’approuver les plans de développement des réseaux de transport de l’électricité et du gaz soumis par les gestionnaires des réseaux. La CREG intervient aussi dans les rémunérations des opérateurs et tarifs. En effet, la CREG, est chargée de déterminer, par application de la réglementation, la rémunération des opérateurs du secteur ainsi que les tarifs à appliquer aux clients. Elle assure également la gestion de la caisse de l’électricité et du gaz qui prend en charge la péréquation des tarifs.

F. H.

 

 

 



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