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N° 119 - Fev 2019

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Hydraulique

Une vision à long terme

ADE Bouira

Par Farid HOUALI



La mise en service du barrage de Koudiet Acerdoune figure parmi les projets participant à la dynamique de développement que connait la wilaya de Bouira, classée deuxième à l’échelle nationale de par sa capacité de stockage et eu égard à son intérêt vital qui dépasse les limites de la région pour englober quatre autres wilayas limitrophes. Le barrage est situé sur la rivière d’Oued Isser, avec une capacité de 640 millions de mètres cubes. Réalisé sur les hauteurs de Maâla, le barrage peut assurer, grâce à ses grands couloirs des transferts d’eau, un volume d’eau annuel de 71 millions de m3 pour la wilaya d’Alger, 21 millions pour celle de Bouira, 35 millions pour Médéa, 20 millions pour Tizi-Ouzou et 9 millions pour M’Sila, et ce, avec une dotation journalière de 120 à 170 litres par habitant. Il est considéré comme un véritable réservoir d’eau pour un bassin de population de près de 4 millions d’habitants des wilayas de Bouira, Tizi-Ouzou, Médéa, M’Sila et d’Alger.
Deuxième du genre à l’échelle nationale, après celui de Béni Haroun, situé dans la wilaya de Mila, le barrage de Bouira vient ainsi à point nommé atténuer définitivement les problèmes de pénuries d’eau potable que connaît la région. « Même si pour le moment la pluviométrie n’est pas encore au rendez-vous, les 44% de taux de remplissage équivalent à 285 millions de m3 sur les 640 millions de m3 que le barrage peut contenir, nous pouvons alimenter les quatre wilayas pendant trois années », affirme Kamel Boualem Allah, directeur du barrage, rencontré sur les lieux dans le cadre d’une sortie organisée au profit de la presse nationale par l’Unité ADE de Bouira.  Même la ville d’Alger est alimentée à partir du même barrage et ce « avec des lâchers que l’on effectue vers le barrage de Keddara dans la wilaya de Boumerdes, via le barrage de Béni Amrane. La réalisation de ce barrage a permis de mettre fin aux pénuries d’eau observées à travers notamment la wilaya de Bouira et d’autres wilayas limitrophes », a encore rappelé le même responsable selon qui, « en plus d’éradiquer les affres de la soif dans plusieurs wilayas, les différents barrages réalisés dessinent sereinement l’économie agricole du pays avec les périmètres irrigués qui sont en pleine expansion ».  Hocine Necib, ministre des Ressources en eau, a, d’ailleurs, souvent réaffirmé lors de ses nombreuses visites de travail et d’inspection, la volonté des pouvoirs publics de généraliser, « dans des délais relativement court », la généralisation de la distribution d’eau dans toutes les communes du pays. 

Le cas de la wilaya de Bouira est édifiant
En juin dernier, Hocine Necib avait, pour rappel, procédé à la mise en service d’une série de projets, relevant de son secteur, susceptibles d’alimenter près de 45 000 habitants répartis sur les communes de Bouderbala, Boukram, Souk Lakhmis, El-Mokrani, Ridane, Hadjra Zerga, El-Asnam et Bechloul dans la wilaya de Bouira. Sur les 45 communes de la wilaya de Bouira, 43 d’entre elles sont alimentées de façon quotidienne.
En effet, la wilaya de Bouira a réalisé, ces dernières années, des progrès probants dans le domaine de l’alimentation en eau potable, et ce grâce aux potentialités qu’elle renferme ainsi qu’aux efforts engagés par l’État dans ce secteur vital. Ce progrès traduit l’efficacité des projets structurants engagés par l’État dans le cadre des grands transferts d’eau des différents barrages de cette wilaya. « Les différentes visites guidées organisées au profit de la presse nationale ont pour objectif premier de faire connaître ces grandes réalisations », estime de son côté Mme Khelif, chargée de la communication au sein de l’Unité ADE de Bouira.

Une qualité d’eau « irréprochable »
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’eau qui coule dans nos robinets, est une eau « saine ».  En effet, avec un peu plus de 750 ingénieurs chimistes et biologistes, l’Algérienne des eaux (ADE) procède systématiquement au contrôle ininterrompu de la qualité de l’eau distribuée à l’échelle nationale. Et c’est là, la mission principale des 127 laboratoires de l’ADE répartis sur le territoire national. Celui de la station de l’unité de production de Koudiet Acerdoune sise à Djebahia n’est pas en reste. Sur place, des chimistes et biologistes tous en blouses blanches ne semblent nullement « perturbés » par l’intrusion des journalistes dans le labo. En compagnie de son chef de service, Mohamed Kadhi, nous pénétrons dans une grande salle où l’équipement sophistiqué renseigne sur l’importance des « procédés » du contrôle de l’eau. « L’eau répond aux normes sanitaires des plus sévères et les gens peuvent la consommer sans aucun problème car elle est contrôlée au niveau de la station où nous effectuons entre 4 et 5 contrôles même sur les réservoirs de stockage au niveau des centres urbains qui sont alimentés. L’eau est régulièrement contrôlée sur le plan physicochimique et bactériologique et même à la sortie des stations lorsque nous alimentons la réserve de Draâ El-Mizan, Tizi-Gheniff, Boghni et Ouadhias», nous explique en effet le responsable. «Le laboratoire d’analyses et de contrôle du barrage Koudiet Acerdoune assure aux abonnés de l’ADE une qualité irréprochable de l’eau. Nous avons une cadence d’analyse jusqu’à cinq fois par jour, avec essentiellement le contrôle de la pureté de l’eau que l’on appelle la turbidité qui passe dans le turbidimètre pour vérifier les normes de qualité mondiale. L’OMS préconise jusqu’à 5 NTU, alors que nous allons plus loin dans la qualité en atteignant les 5 NTU. De ce fait, on réalise un taux dix fois moins important que ce que prévoit l’OMS, synonyme de gage de qualité. De même pour le PH qui est rigoureusement contrôlé entre une fourchette de 6,5 et 8,3 et nous sommes entre 7,5 et 7,6. Donc, nous respectons les valeurs. Nous dosons, également, l’eau en chlore pour éliminer toutes sortes de bactéries qui pourraient s’y trouver, en assurant la sécurité et la protection du consommateur entre 0,5 et 0,8. Autant de garanties pour une eau saine et potable, c’est l’effet rémanent sur tout le réseau d’ici à la station jusqu’au réseau final de distribution. Si l’eau n’était pas potable, nous ne pourrions pas la distribuer », a encore ajouté Mohamed Kadhi.

Une station « hors normes»
Derrière une immense clôture peinte en bleu et blanc au niveau de Djebahia, les habitués de cet axe routier de l’autoroute Est-Ouest se sont assurément « demandés » se qui s’y cache. Une question que l’on s’est posé et à maintes reprises. En fait, il s’agit de la station de production de Koudiet Acerdoune. « Elle est à 18 km environ à vol d’oiseau du barrage », nous explique sur site Saïd Hattal, son premier responsable. Elle constitue un passage obligatoire pour l’eau acheminée du barrage. « L’eau arrive directement par système de gravité vers la station de traitement d’une capacité de 346 000 m3 par jour.  Actuellement, nous sommes à environ 250 000 m3 par jour et la station de traitement alimente en eau traitée les quatre wilayas. Nous agissons en fonction de la demande des wilayas alimentées. Les eaux du barrage sont acheminées vers la station de traitement par une conduite de 1 800 mm de manière gravitaire. Une fois à la station, l’eau est traitée et envoyée dans les différentes stations de pompage pour alimenter ces wilayas», nous explique dans le détail le même responsable qui s’est lui, aussi longuement attardé sur la qualité de l’eau consommée par les abonnés de l’ADE.  «Nous assurons la production, le traitement de l’eau et son acheminement jusqu’aux réservoirs de distribution, c’est là que l’unité de distribution prend le relais, nous nous occupons de la dorsale. Ensuite, la potabilité de l’eau est assurée jusqu’aux réservoirs des villes alimentées par l’ADE. Il faut savoir qu’en plus de tous les contrôles que nous faisons à notre niveau, l’unité de distribution réalise également des contrôles réguliers, aussi bien sur le réseau que dans les réservoirs de distribution. En somme, les contrôles sont très stricts au niveau de l’ADE. Il n’y a aucun souci dans les foyers car l’eau distribuée est saine. L’ADE n’accepte pas de fournir une eau impropre à la consommation », a-t-il ajouté. Á retenir dans ce sens que le barrage Koudiet Acerdoune et sa station de traitement des eaux desservent une population estimée à plus de deux millions d’habitants. Des chiffres appelés à augmenter en fonction des réseaux ADE qui seront prochainement réceptionnés.

L’ADE de Bouira en chiffres
Nombre de communes gérées : 23 sur les 45 que compte la wilaya de Bouira
Taux de couverture des communes: 95.55%
Nombre de centres : 06
Population desservie : 681.164 habitants sur les 820.050 habitants que compte la wilaya de Bouira
Taux de couverture de la population: 83.06%
Nombre de clients : 122.010
Linéaire du réseau d’adduction : 690 km
Linéaire du réseau de distribution: 1.123 km
Les forages en service : 43, 42 puits et 15 sources
Nombre des stations de pompage: 64
Nombre de réservoirs : 234
Capacité de stockage : 101.000 m 3
Production journalière : 121.898 m3 pour une dotation journalière de 174 litres/h

F. H.



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