Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 120 - Avril 2019

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Hydraulique

La soif étanchée

Algérienne des Eaux

Par Farid HOUALI



Notons également que plus de  7,9 millions de m3 sont produits chaque jour par l’ADE et ses trois filiales (SEAAL, SEOR et SEACO) dont plus de 2,4 millions par les filiales et que plus  de  6,9 millions de m3 sont distribués chaque jour par l’ADE et ses trois filiales dont plus de 2,1 millions par les filiales. S’agissant du taux de raccordement au réseau d’alimentation en eau potable, il est de 98%. Cela représente 88 000 km de réseau d’AEP gérés et entretenus par l’ADE.
« Aujourd’hui, le souci majeur de l’ADE est d’offrir à ses abonnés un service public de qualité en mettant à leur disposition de l’eau potable en continu », affirme-t-il.
« Plus de 43000 employés de l’ADE et ses trois filiales constituent une force de frappe considérable pour relever le défi», soutient-il.
En effet, nul ne peut nier que plusieurs mesures ont été prises pour améliorer le service public de l’eau potable.
Il est ainsi question d’assurer l’alimentation en eau potable pour 40 millions d’habitants en mettant à leur disposition « de l’eau potable de qualité et en quantité. » 
Du point de vue social, l’ADE est le premier pourvoyeur de l’emploi dans les métiers de l’eau en Algérie. « Nous misons énormément sur les jeunes talents de l’entreprise pour relever le défi de la pérennité du service public de l’eau, sachant que 38% des travailleurs sont des jeunes dont la tranche d’âge varie entre 18 et 40 ans », s’est engagé  Smaïne Amirouche.  L’ADE ambitionne de ce fait de rester premier pourvoyeur d’emplois dans les métiers de l’eau avec 50 000 employés prévus en 2019, avec l’intégration de nouvelles communes.
Aujourd’hui, l’ADE avec ses quatre filiales est présente dans les 48 wilayas. « Nous prévoyons d’intégrer 200 communes en 2019, et les 163 communes restantes en 2020, pour assurer la gestion de l’eau potables de toutes les communes d’Algérie, soit 1541», note encore le premier responsable de l’entreprise.
Sur les 1 514 communes que compte le territoire national, l’ADE en gère actuellement 984, représentant 26 171 493 habitants, soit 62% de la population de l’Algérie. Le reste des communes (434) est géré par les services communaux», assure Smaïne Amirouche dans un entretien à El Djazaïr.com.
« Il est ainsi question de répondre  favorablement à la décision prise par les pouvoirs publics, à savoir le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales et celui des Ressources en eau, pour un double objectif: d’abord assurer l’équité dans la distribution de l’eau potable et ensuite offrir un service de qualité en matière d’AEP à tous, eu égard à la maitrise de la gestion des réseaux et au savoir-faire acquis », précise à ce propos notre interllocuteur. « Le défi majeur auquel fait face actuellement l’ADE est donc de gagner la bataille de la distribution, en se fixant comme objectif majeur la satisfaction des besoins en eau potable de la totalité de la population ainsi que son alimentation au quotidien», soutient Smaïne Amirouche, l’objectif principal étant de devenir le service public de référence en Algérie, en matière d’accès à l’eau. « La prise en charge par l’ADE de la gestion de l’eau de toutes les communes soulagera ces dernières et leur permettra de prendre en charge d’autres préoccupations des citoyens », assurait à ce propos le ministre des Ressources en eau.
  
En perpétuelle professionnalisation
L’Algérienne des eaux, société mère, et ses trois filiales ont mis la formation, par la transmission du savoir-faire pour ce qui est de ces dernières, au cœur de leurs interventions et de leurs programmes.
La ressource humaine formée est au cœur de leurs activités afin de bonifier leurs interventions, de gagner en efficacité et d’aller vers la performance. A ce propos des écoles, à Constantine, Oran, Tizi-Ouzou, forment sur leurs bancs des contingents d’agents dans différentes spécialités liées à l’eau.  Ces  trois établissements ont pour vocation de dispenser des formations et ont une dénomination commune : ce sont trois centres de formation aux métiers de l’eau. Les enseignements qu’ils dispensent sont cependant différemment orientés. Afin de contribuer à améliorer le service de l’eau potable sur le territoire algérien, l’ADE dispose également d’un grand centre de formation aux métiers de l’eau potable à Chérarba à l’est d’Alger, avec une grande capacité d’accueil de stagiaires. Un budget de 500 millions de dinars est alloué annuellement à la formation, selon le DG de l’ADE qui rappelle dans le même contexte que plus de 10.000 jours de formation dans l’année sont consacrées aux métiers de l’eau ainsi que 108 thèmes techniques et de gestion dans l’offre de formation, en s’appuyant sur le vivier de compétence interne (les formateurs internes). 
C’est dire la pertinence de la démarche tendant à assurer en interne certaines formations indispensables pour mieux mener à bien les projets et améliorer sans cesse la gestion pour aller vers la performance. Aussi, pour asseoir durablement un service public de qualité et se rapprocher davantage de ses clients, l’ADE compte élargir le réseau de points d’accueil-client pour une meilleure diffusion des informations les concernant. Elle compte actuellement un réseau de 320 agences et 694 caisses.
L’ADE vise également à réduire le forfait en boostant la pose des compteurs  et en poursuivant les recensements, exploiter les laboratoires d’étalonnage des compteurs pour donner une assurance aux clients lors d’une remise en cause du montant de la facture, distribuer les factures à temps  et enfin, respecter les délais de relève d’index. Pour l’amélioration des  conditions d’accueil des clients «  le chantier est déjà lancé », assure le DG de l’ADE qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Bien au contraire puisqu’il est surtout question de l’introduction progressive de la télégestion dans le réseau AEP, de la mise en pace des infrastructures de base au niveau de l’ADE (réseaux, interconnexions des sites, data center).
Pour ce faire, trois sites pilotes ont été retenus. Il s’agit de  Sétif, Bouira et Sidi Bel Abbès. Les actions pour l’amélioration du service  public visent aussi la modernisation des systèmes d’information, notamment le Système d’information clientèle (SIC) qui est en phase avancée, la mise en place des solutions collaboratives pour renfoncer le travail collaboratif ainsi que le renforcement de la communication digitale (sur Internet et sur les réseaux sociaux) pour répondre efficacement à un consommateur  superconnecté. Ainsi l’ADE s’inscrit dans la mouvance de la transformation digitale.

Une eau de robinet potable
« L’eau du robinet distribuée via les réseaux publics de l’ADE à travers tout le territoire national est contrôlée quotidiennement. Elle est parfaitement saine, potable et de bonne qualité », ne cesse de noter le premier responsable de l’EPIC dans ses différentes rencontres avec les professionnels des médias. « L’eau du robinet, que ce soit au niveau des forages, stations de dessalement ou stations de traitement est soumise quotidiennement à tous les contrôles  et analyses exigés par la loi, selon les normes de l’Organisation mondiale de la santé », réaffirme-t-il dans sa déclaration à El Djazaïr.com, enrappelant que l’ADE dispose de près d’une centaine de  stations de traitement à l’échelle nationale dont chacune dispose d’un « laboratoire de process » qui supervise les étapes de traitement. « L’eau n’est injectée dans le réseau de distribution que si elle répond à toutes les normes universelles de potabilité » , assure-t-il.
Pour contrôler la qualité de l’eau potable, l’ADE dispose de 78 laboratoires de process, situés au niveau des stations de traitement, dotés d’équipements de haut niveau technologique de standard international, de 44 laboratoires situés au niveau des unités de l’ADE dans les 44 wilayas pour le contrôle de l’eau produite et distribuée.
 Mais en cas de doute sur la qualité de l’eau, le dispositif prévoit l’arrêt de la distribution et les prélèvements quotidiens sont alors multipliés par deux ou trois dans les zones suspectées et fait appel à son laboratoire central de la qualité pour approfondir les analyses. Ainsi, plus de 720 spécialistes interviennent dans le contrôle de la qualité de l’eau produite et distribuée par l’ADE.
Toujours en chiffres plus de 2 900 000 tests de chlore, plus de 270 000 analyses bactériologiques et plus de 300 000 analyses physico-chimiques ont été effectués par les agents de contrôle dans les différents laboratoires relevant de l’ADE durant l’année 2018.
S’agissant toujours du contrôle qualité, Smaïne Amirouche relève par ailleurs que 7 sur 11 produits du traitement de la qualité de l’eau sont produits par des entreprises algériennes, pour assurer un traitement en continu et sans rupture de stock. A noter que 41 229 tonnes (tous produits confondus de traitement de la qualité de l’eau) ont été consommés en 2017 par l’ADE dont 10 406 par les trois filiales (Seaal, Seor et Seaco).
Réhabilitation et modernisation des systèmes AEP
Les systèmes d’alimentation en eau potable des villes d’Algérie connaissent des problèmes de déperditions liés pour l’essentiel à la vétusté des réseaux et à diverses contraintes d’exploitation.
Les données du ministère des Ressources en eau font état de près de 30% de pertes physiques sur les réseaux et les installations à l’échelle nationale. Pour remédier à cette situation et pour améliorer durablement la qualité de service, le secteur des ressources en eau a mis en œuvre un programme de réhabilitation des systèmes d’AEP des villes comprenant diverses actions et mesures telles que le renouvellement progressif des conduites d’adduction et de distribution, le renouvellement progressif des conduites d’adduction et de distribution et l’extension des réseaux sur la base de schémas directeurs, la rénovation des ouvrages et installations (stations de pompage, stations de traitement, réservoirs et châteaux d’eau) ainsi que la mise en place de dispositifs de télégestion et de télécontrôle permettant une meilleure maîtrise de l’exploitation technique des systèmes et l’amélioration de la fonction commerciale des opérateurs, incluant la gestion des abonnés ainsi que les opérations de relève des compteurs, de facturation des consommations et de recouvrement des factures. Toutes les opérations qui sont en cours, projetées ou financées, tendent à ce que d’ici 2030 le taux de fuites soit ramené à 18 %. Pour ce faire,  les équipes de l’ADE  sont  mobilisées en permanence pour détecter les points noirs et les points faibles.
Les actions menées visent  à ramener ce taux de déperdition à 18%, permettant un gain d’un (1) million de m3/jour. C’est le cas notamment à Blida où les travaux de réhabilitation du réseau d’alimentation en eau potable de la ville sont  allotis en quatre lots, selon les explications fournies sur place par Boubeker Remmouche, chef de projet.
« Les travaux de réhabilitation du réseau d’alimentation en eau potable de la ville de Blida sont issus de l’étude de diagnostic  pour la réhabilitation des systèmes d’alimentation en eau potable des villes de Blida et Djelfa réalisée par le Groupement de bureaux d’études Safege/BPH », nous explique-t-il encore. Actuellement le taux d’avancement des travaux est « appréciable». 
Dans le même contexte, le DG de l’ADE a rappelé qu’un programme de développement « collaboratif », a été lancé depuis les années 2000. Suite à quoi « les systèmes hydrauliques les plus fragiles ont été identifiés ».  Selon Smaïne Amirouche, 22 villes sont inscrites au programme « Suivi des études et lancement des travaux ». Le tout pour  une enveloppe financière qui dépasse les 80 milliards de de dinars.
Les résultats obtenus jusque-là sont « encourageants » d’autant que 5000 km de conduites ont déjà été réhabilités. « Cela nous a permis l’amélioration considérable du programme de distribution avec intégration des communes », se félicite le DG de l’ADE.
« Devant le taux de fuite d’eau enregistré actuellement, l’ADE a adopté une stratégie axée sur plusieurs volets et actions sur le terrain, à savoir la réhabilitation des réseaux d’AEP en collaboration avec les DRE et les autorités locales, le zonage et la sectorisation des réseaux d’AEP, l’élimination des branchements, des piquages illicites et le vol d’eau, la maîtrise des paramètres de comptage ainsi que la création des brigades de surveillance des réseaux d’AEP », explique encore le DG de l’ADE, Smaïne Amirouche dans son entretien à El Djazaïr.com. Ce programme de réhabilitation des réseaux d’AEP qui s’appuie sur des études de diagnostic détaillé va se traduire par les résultats suivants :
augmentation du rendement technique des réseaux d’AEP (devant atteindre les 80%),
éradication des fuites,
augmentation de la pression chez les abonnés,
normalisation et standardisation des équipements et des branchements,
amélioration du service public de l’eau d’une façon générale.
Ce programme qui a touché à ce jour une quarantaine de chefs-lieux de wilaya doit être étendu à l’échelle nationale. Son coût avoisine, à ce jour, les 80 milliards de dinars. « La rénovation du réseau constitue une priorité pour l’ADE », insiste son premier responsable. Ce programme de rénovation permettra principalement de mieux préserver les ressources en eau dans un pays qui recourt aux opérations de dessalement d’eau de mer, très couteuse, pour satisfaire la totalité de ses besoins.
Parallèlement au programme de réhabilitation, des actions de communication en direction des usagers à travers notamment les médias, et les établissements scolaires, sont réalisées soit par l’Agence nationale de la gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE), soit par les opérateurs de gestion du service public d’AEP et ce, dans un objectif de sensibilisation à la rationalisation de l’utilisation et à la préservation de cette ressource rare et précieuse.
 
Un EPIC, des missions
Le paysage de la distribution de l’eau a été radicalement transformé, depuis la création en EPIC, en avril 2001, de l’Algérienne des eaux (ADE). Auparavant, dispersées entre plusieurs opérateurs des services des eaux, de performances inégales, les activités de distribution de l’eau tendent aujourd’hui à une homogénéisation à travers le territoire national. L’ADE, ayant intégré les anciens établissements et organismes publics nationaux, régionaux et locaux, a hérité au passage de tout le personnel de ces établissements y compris l’actif et le passif de leur gestion. « L’ADE a pour missions essentielles la production, le transfert, le traitement, le stockage, la distribution, l’adduction et l’approvisionnement en eau potable et industrielle dans les 48 wilayas du pays », assure son premier responsable Smaïne Amirouche.
L’ADE  est aussi chargée d’initier toute action visant l’économie de l’eau, notamment par l’amélioration de l’efficience des réseaux de transfert et de distribution et l’introduction de toute technique de préservation de l’eau.
L’ADE est également en charge de la lutte contre le gaspillage en développant des actions d’information, de formation, d’éducation et de sensibilisation en direction des usagers, de la conception avec les services publics éducatifs, de programmes scolaires diffusant la culture de l’économie de l’eau. L’ADE planifie et met en œuvre les programmes annuels et pluriannuels d’investissements. Des missions amplement remplies.

F. H.



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