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N° 120 - Avril 2019

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Hydraulique

De nouvelles perspectives de développement

Hocine Necib inaugure le projet transfert d’eau du barrage d’Ighil Amda vers Sétif

Par Tahar MANSOUR



La wilaya de Sétif a longtemps souffert d’un manque chronique d’alimentation en eau, potable ou d’irrigation, les précipitations ne dépassant pas les 400 mm/an, mais ce manque devrait être bientôt comblé grâce à l’effort colossal fourni par l’Etat pour remédier à cette situation en réalisant de grands transferts à partir des wilayas limitrophes de Bejaia et de Jijel. L’un de ces plus importants transferts, aussi l’un des plus grands jamais réalisés depuis l’indépendance, a été inauguré par Hocine Necib, ministre des Ressources en eau. Il permettra à plusieurs communes de la wilaya de Sétif d’améliorer l’AEP de leurs habitants.  En effet, selon les experts, les projets des grands transferts d’eau vers les Hauts-Plateaux, notamment Sétif, à partir des deux wilayas, Jijel et Bejaia, ouvrent de vastes perspectives de développement pour la région. Ce lien étroit entre l’eau et le développement a été particulièrement souligné par le rapport de l’ONU, publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau le 22 mars 2016, qui relève que 3 sur 4 emplois créés à travers le monde sont directement ou indirectement liés aux ressources hydriques. D’autant que l’eau demeure la locomotive du secteur agricole. Dans ce sens, la wilaya de Sétif a bénéficié à ce titre de deux méga-projets de transfert. Celui concernant la partie occidentale de la wilaya porte sur le transfert annuel de 122 millions m3 du barrage Ighil Emda (Bejaia) vers celui d’El Mouane. Le second concerne la partie orientale et prévoit le transfert annuel de 151 millions m3 du barrage d’Iraguene (Jijel) vers celui de Dhraa Diss dans la commune de Tachouda (Sétif). La mise en service de ces transferts permettra, d’une part, de garantir un approvisionnement quotidien des populations des communes de la wilaya, et, d’autre part, de relancer le secteur agricole ainsi que toutes les autres activités économiques. Ainsi, le transfert oriental assurera l’irrigation de 20.000 hectares dans la région d’El Eulma, tandis que celui occidental permettra d’arroser 16.000 hectares dont 5.000 dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj.

Transfert ouest
« Le projet que nous inaugurons aujourd’hui est considéré comme un évènement historique qui nous permettra de mettre en service l’un des plus importants projets entrant dans le cadre du plan national d’irrigation et qui a connu une avancée remarquable et inégalée depuis le début de l’année 2000 », précise M. Necib. Il rappelle que l’Algérie a, depuis cette année, réalisé 36 barrages, un nombre important de grands transferts, le dessalement de l’eau de mer, etc. Concernant le transfert ouest, il permettra à la wilaya de Sétif de connaitre une amélioration qualitative remarquable en alimentation en eau en recevant près de 600 millions de mètres cubes d’eau par an, si on lui rajoute le transfert à partir du barrage de Tabellout dans la wilaya de Jijel. Parmi les objectifs de ce transfert, il s’agit de rattraper le retard en infrastructures de mobilisation et de transfert des eaux, de réhabiliter les systèmes d’assainissement, d’accompagner le secteur agricole, de recourir au dessalement et à l’épuration des eaux et, enfin, de sensibiliser sur l’économie de l’eau.
En plus des communes de la wilaya de Sétif, le barrage alimentera les communes de Kherrata et de Draa El Gaid dans la wilaya de Bejaia, tel qu’annoncé par le ministre des Ressources en eau, cette décision ayant été prise au niveau même du barrage. Cette opération devrait démarrer au cours de l’année en cours et sera financée par le ministère des Ressources en eau.
Le transfert ouest à partir du barrage Ighil Emda dans la wilaya de Bejaia permettra l’alimentation de six communes dans la wilaya de Sétif et trois dans celle de Bordj Bou Arreridj, qui verront, une fois le projet terminé, leur dotation passer de 1 j/3 actuellement à une dotation quotidienne.
Outre la conduite en acier d’un linéaire de 70 608 ml, le projet comporte la station de pompage au niveau du barrage, quatre réservoirs d’une capacité totale de 27.000 m3 dans la wilaya de Sétif et deux réservoirs d’une capacité totale de 15.000 m3 dans celle de Bordj Bou Arreridj. Les stations de pompage sont au nombre de neuf au niveau de la wilaya de Sétif et une au niveau de celle de Bordj Bou Arreridj. Un système de télégestion de dernière génération permettra de surveiller en temps réel toutes les phases du transfert et de prendre les mesures nécessaires à partir du centre de pilotage. Ce projet devrait procéder au transfert de 122 hm3 d’eau dont 66 hm3 pour l’irrigation de 15.800 ha et 56 hm3 pour l’alimentation en eau potable d’une population estimée à 1.107.000 habitants.

Transfert Est
C’est le deuxième transfert d’eau vers la wilaya de Sétif à partir du barrage de Tabelout dans la wilaya de Jijel qui devra alimenter plusieurs communes en eau potable et en eau d’irrigation et qui, après la fin des travaux, a reçu la visite du ministre des Ressources en eau qui a procédé à la mise en eau du barrage. Ces eaux seront transférées vers le barrage d’Ain Diss, situé dans la wilaya de Sétif, au nord d’El Eulma. « Ce projet entre dans la mise en œuvre du programme du président de la République concernant le plan national d’irrigation, c’est-à-dire que c’est un projet structurant », annonce Hocine Necib, ministre des Ressources en eau. Le barrage a une capacité de stockage de près de 300 millions de mètres cubes d’eau dont près de 190 millions seront transférés vers la wilaya de Sétif. Sept communes de la wilaya de Jijel, quatre dans la wilaya de Mila bénéficieront aussi d’un apport supplémentaire en AEP à partir de ce transfert, le reste se déversera dans le barrage Eddis qui stockera ces eaux pour l’irrigation de près de 20.000 ha de terres agricoles ainsi que l’AEP pour 16 communes dont celle d’El Eulma, soit une population de près de 750.000 habitants. Dans le même ordre d’idée, le ministre des Ressources en eau annonce que d’autres transferts concernant les wilayas de Jijel et de Mila seront lancés à partir de l’année prochaine afin d’améliorer l’alimentation des communes de ces deux wilayas des hauts-plateaux. Le projet a bénéficié d’une enveloppe totale de près de 120 milliards de dinars. 

Rattraper le retard en AEP 
Au niveau national, M. Necib rappelle que tous les investissements consentis par l’Etat depuis le début des années 2000 commencent à porter leurs fruits, surtout pour ce qui est de l’alimentation en eau potable des citoyens. « Nous nous rappelons tous l’été 2007 qui a été plutôt difficile en raison de la forte chaleur et d’un manque de pluviométrie assez important. Le taux de l’alimentation quotidienne s’était alors stabilisé à 65%, alors que l’année 2018 a connu une amélioration remarquable grâce aux grands investissements de l’Etat en la matière, ce qui a porté le taux d’alimentation au quotidien à 75% en période estivale (dont 41% en H24) et ce taux d’alimentation quotidienne est passé à 80% à la fin de l’année écoulée », note le ministre. Il précise aussi que de nombreux programmes sont en cours de lancement au sein de son département pour couvrir le déficit en AEP à travers toutes les régions du territoire national et porter le taux de dotation au quotidien à plus de 80 %. Passant au programme d’urgence pour les 592 communes faisant partie des 25 wilayas qui ont connu un déficit en AEP en 2017, le ministre déclare : « Nous avons décidé avec le ministère de l’Intérieur de la mise en place d’un programme d’urgence et une enveloppe de 31 milliards de dinars a été dégagée par le gouvernement pour financer ce programme. Ce dernier a ciblé 367 communes qui sont passées à l’alimentation au quotidien, et les 225 communes ont été programmées pour le deuxième semestre et nous pensons, avant la fin du 1er trimestre de l’année en cours, boucler totalement ce programme qui va permettre aux 592 communes de passer à l’alimentation au quotidien, certaines même au H24 ». Quant aux terres irriguées, elles se situent aujourd’hui à 1,35 million d’hectares dont près d’un million entrant dans le cadre de la PMH (Petite et Moyenne Hydraulique) et de nouvelles terres passeront au statut terres irriguées et « nous pourrons atteindre les 2 millions d’hectares en 2020 », précise le ministre.
M. Necib annonce aussi la réalisation prochaine d’une station de dessalement d’eau de mer à Bejaia, dans la région de Toudja, d’une capacité de 50 000 m3/j pouvant être portée à 100 000 m3/j, ce qui permettra une amélioration sensible de l’AEP du côté ouest de la wilaya.
« Il faut dire que l’Algérie a atteint un niveau assez élevé en alimentation en eau comparativement au début des années 2000 quand nous avons vécu une véritable crise sérieuse en matière d’alimentation en eau (potable et d’irrigation), ce qui avait porté les autorités publiques d’alors à penser à importer de l’eau par le biais de navires conçus à cet effet. Je voudrais rappeler que les investissements consentis par l’Etat grâce aux différents programmes de développement successifs décidés par le président Bouteflika ont porté leurs fruits et l’Algérie se trouve actuellement dans une situation toute autre que celle d’alors, ceci est même reconnu par les observateurs internationaux dans le sens de la sécurisation de l’alimentation suffisante en eau », rappelle Hocine Necib, ministre des Ressources en eau.
T. M.



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