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N° 116 - Oct 2018

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Hydraulique

« La capitale est à l’abri des inondations et totalement sécurisée »

Hocine Necib, en tournée dans la wilaya d’Alger

Par Farid HOUALI



Le 10 novembre 2001, des inondations dévastatrices alimentées par un violent orage ont dévalé, en flots puissants et continus, des hauteurs du quartier de Bab El Oued, tout le long de la route du Frais Vallon, emportant sur leur passage des centaines de véhicules. Bilan : plus d’un millier de personnes sont mortes et des dizaines disparues. Ce jour-là, les flots tumultueux descendant des hauteurs de cet important quartier d’Alger, se sont scindés en trois puissants torrents charriant cadavres et matériaux divers et s’engouffrant avec violence dans des maisons avant de terminer leur course meurtrière dans la mer toute proche. Afin de parer à de nouvelles catastrophes et d’éviter à cette région et ses zones limitrophes d’autres dégâts que pourraient causer les intempéries, le traitement des bassins versants et la correction torrentielle des oueds par des moyens mécaniques (gabionnage des lits et des berges), étaient impératifs. « Toutes les infrastructures réalisées à Alger ces dernières années ont permis de sécuriser totalement la capitale du phénomène des inondations », a rappelé à ce propos le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib qui inspectait le 22 septembre des projets relevant de son secteur au niveau de la capitale. « La capitale est à l’abri des inondations et totalement sécurisée contre les aléas de ce phénomène naturel grâce notamment aux infrastructures hydrauliques et à l’aménagement des oueds dont Oued el Harrach et Oued Ouchaiah », a-t-il en effet rassuré lors d’un point de presse. En réponse à une question sur les dernières inondations ayant touché notamment les wilayas de Constantine et Tebessa, Hocine Necib a souligné que « le dérèglement climatique a entrainé des pluies orageuses violentes en ce début d’automne». Il a rappelé, à ce titre, qu’un plan national pour la sécurisation des villes contre les inondations et l’aménagement des oueds est mis en place. Pour le ministre, la sécurisation contre les inondations à travers les wilayas du pays consiste en l’élaboration de «plans de gestion intégrés», impliquant d’autres secteurs afin de prendre des mesures préventives contre ce phénomène naturel. Toujours s’agissant de la prise en charge de l’épineuse question des inondations que connaissent nos villes ces derniers temps, une stratégie nationale est en cours d’élaboration, en partenariat avec l’UE. Cette stratégie vise à mettre en place les mécanismes nécessaires pour une meilleure prévision des inondations, afin de protéger les personnes et les biens et garantir ainsi une intervention rapide. « La problématique de la protection contre les inondations est l’une des principales missions du secteur, en termes d’encadrement juridique et technique du traitement de ce phénomène, ainsi qu’à travers l’action sur le terrain et les investissements, réalisés en coordination avec d’autres secteurs, à l’instar du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales », expliquait récemment dans ce cadre Hocine Necib lors de son intervention sur les ondes de la Radio nationale. Faire face à ce phénomène n’est pas nouveau pour le secteur, a-t-il estimé, faisant part de plusieurs investissements réalisés dans différentes villes dont Ghardaïa, Batna et Sidi Bel Abbes, qui ont bénéficié de plusieurs projets structurants de protection contre ce phénomène naturel.Dans ce cadre, le premier responsable du secteur a évoqué les investissements réalisés depuis 2000, soit plus de 600 projets d’une valeur de 200 milliards de dinars, soulignant l’acquisition d’équipements en vue de leur installation au niveau des oueds des villes les plus exposées aux inondations où des équipements modernes ont été installés permettant de donner des informations sur l’état du ruissellement des eaux des oueds et le niveau d’alerte et de prévision pour une intervention rapide. Ces équipements ont été installés dans trois wilayas avant de les étendre à 28 wilayas pour la création d’un réseau national de mesure et de prévision des inondations.

Oued el Harrach : la métamorphose 

Lors de sa visite des projets relevant de son secteur dans la capitale, le ministre des Ressources en eau, accompagné du wali d’Alger Abdelkader Zoukh, a inspecté le projet d’aménagement hydraulique d’Oued El Harrach. « Ce projet qui devra être réceptionné en avril 2019 permettra de réduire les risques d’inondations et offrir des possibilités de réutilisation des eaux notamment dans l’irrigation des espaces verts de la capitale », a assuré Hocine Necib.Le projet d’aménagement de l’Oued El Harrach, prévoit notamment des aires de loisirs et de baignade. La dépollution de l’Oued El Harrach (Alger), pour un coût de près de 40 milliards de dinars, est destinée à réhabiliter et à aménager les berges de ce cour d’eau descendant des monts de Chréa, dans la wilaya de Blida. Ce projet, dont la réalisation a été confiée au groupement algéro-coréen (Cosider-Daewoo Constructions), porte, entre autres, sur le renforcement des capacités d’épuration des eaux usées et l’aménagement d’aires de loisirs sur les deux rives de l’oued, pollué depuis plusieurs décennies par les rejets domestiques et ceux des unités industrielles. Au-delà de sa dépollution, la réhabilitation de l’Oued El Harrach portera aussi sur l’aménagement d’espaces de loisirs et de baignade. L’Oued El Harrach est d’une longueur totale de 67 km dont près de 19 km dans la capitale, alors que le reste de son parcours s’étend sur les wilayas de Blida et de Médéa à travers l’Atlas blidéen. Le projet de sa réhabilitation porte, en particulier, sur son recalibrage, la réalisation de trois jardins filtrants, la mise en place de systèmes de contrôle et surveillance de la qualité de l’eau, ainsi que de prévision et d’alerte des crues, la construction de ponts et passerelles et la réalisation de stations de pompage d’une capacité de 90.000 mètres cubes par jour. Cette œuvre, une fois livrée dans sa totalité, offrira aux visiteurs la possibilité de se promener sur plusieurs kilomètres à partir de l’embouchure de Oued El Harrach jusqu’au port, avec toutes les commodités qu’impliquent de telles flâneries. D’ores et déjà, les visiteurs, notamment les enfants, peuvent découvrir un espace familial beau et sain. Des palmiers, du gazon, des fleurs et des arbustes plantés à équidistance ponctuent l’itinéraire des promeneurs, qui tantôt se tournent vers la mer pour contempler la grande bleue, tantôt vers les carrés de végétation ornés de baliveaux et d’herbe verte. Les plus enclins au sport occupent déjà les terrains consacrés à cet effet. Une chose est sûre : cette nouvelle réalisation est plus que bien accueillie par les Algérois, qui trop longtemps ont pris l’habitude de se confiner chez eux, tant ce type de lieux de villégiature a longtemps déserté leur quotidien. C’est une révolution. L’aménagement des oueds, a permis de créer de nouveaux espaces de villégiature et contribué à donner à Alger une « nouvelle façade » maritime, a souligné Hocine Necib rappelant que l’aménagement de l’oued El Harrach s’inscrit dans le programme du président de la République constitué de plusieurs volets.«C’est la première action du genre que connaît l’oued depuis les années 1950», a précisé le ministre qui s’est montré intransigeant quant à l’éradication définitive de toutes formes de pollution. Son message adressé dans ce sens aux industriels était aussi clair que précis. « Les industriels sont tenus d’installer leurs propres stations de prétraitement». Plus ferme encore, Necib a assuré « refuser de raccorder une unité industrielle à un réseau public pour le déversement de ses eaux usées». «Ce n’est pas négociable», a-t-il martelé. Toujours dans la banlieue est d’Alger, le ministre a inspecté le projet d’aménagement d’Oued Ouchaiah qui porte sur la réalisation d’un collecteur de décharge de ce oued sur 2.5 km, ainsi que la réalisation d’un ouvrage monolithe sur 5.5 km.Le projet qui a nécessité une enveloppe de plus de 3 milliards de dinars, dont les travaux ont débuté en 2015, vise à prendre en charge les écoulements des eaux usées de Birkhadem et Kouba, en les acheminant vers la station d’épuration de Baraki, ainsi que les rejets d’eau pluviales vers Oued El Harrach.Le tunnel de décharge construit dans le cadre du projet peut absorber jusqu’à 100 mètres cubes par seconde. «Il permettra d’éviter que les eaux ne se déversent dans l’oued Ouchayah, n’inondent la rue de Tripoli et toute la partie basse du quartier», s’est félicité le ministre. Dans sa globalité, le projet a pour mission de supprimer les écoulements des eaux usées des communes de Bachdjarrah, Maqaria (ex-Leveilly) et lutter contre les risques d’inondations et prendre en charge les rejets des eaux pluviales en vue de les acheminer vers l’oued El Harrach. Ce projet s’inscrit dans un schéma général et une armature de base constituée de grands collecteurs dont la ceinture du littoral. Accompagné du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, le ministre a visité également des espaces de loisirs et de détente ainsi que des stades de proximité au niveau de la prise d’eau d’El Harrach, la promenade de la réconciliation nationale à Bentalha (Baraki) et le projet d’aménagement d’Oued El Harrach au niveau du site Erramli. Au cours d’une halte sur la Promenade de la réconciliation nationale dans la commune de Baraki, le ministre des Ressources en eau a d’ailleurs annoncé la mise en service, « avant la fin de l’année en cours de deux stations de traitement des eaux usées qui serviront à l’irrigation ». Il s’agit de celles de Beni Merad et de Boufarik dans la wilaya de Blida. Il a, par ailleurs, procédé à la baptisation des piscines de la rive droite d’Oued el Harrach (Sablettes) au nom du chanteur chaâbi, le défunt Dahmane El Harrachi.  F. H.



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