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N° 123 - Oct 2019

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Finance

L’institution du monde agricole et rural par excellence

Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA)

Par Yahia MAOUCHI



La Mutualité agricole a vu le jour sous forme de Crédit agricole mutuel, représentée par des caisses locales. Cette institution a été créée dès 1901, dans l’objectif d’offrir du crédit aux agriculteurs. Par la suite, le besoin d’assurer leurs biens s’est fait ressentir, d’où la création des Caisses d’assurance mutuelles contre l’incendie et plus précisément, l’assurance contre l’incendie des récoltes agricoles. Ainsi sont nées « la Sétifienne » en 1903, Alger en 1904, Tiaret et la Constantinoise en 1908, la Guelmoise Assurance en 1910, Khemis Miliana connue par Affreville assurance en 1911, et l’Aurasienne assurance en 1925. Depuis sa création, la CNMA propose en plus des assurances économiques, des assurances sociales. Mais depuis 1995-1996, il y a eu la réunification du régime général et la partie sociale pour le monde agricole est revenue vers le système de la Sécurité sociale. Un bilan a été fait et très peu, 3 à 4%, des agriculteurs sont assurés socialement. Aussi, les pouvoirs publics ont mis en place un dispositif qui va donner la possibilité aux agriculteurs de souscrire à la Sécurité sociale. A cet effet, la CNMA se veut le levier du développement dans le cadre de la stratégie d’accompagnement des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs pour la pérennité de leur activité et par-là de leurs revenus et, par voie de conséquence, assurer la sécurité alimentaire qui constitue un enjeu primordial dans la vie économique et sociale. Par ailleurs, la CNMA en tant qu’acteur économique proche des agriculteurs, se positionne comme un assureur conseil, soucieux d’aider les agriculteurs à identifier et à maitriser les risques de leurs métiers et de leurs exploitations. L’objectif est de les aider à intégrer les mesures de sécurité préconisées dans le cadre de leurs activités. En milieu rural, c’est l’activité agricole qui est à la base du développement économique et social. L’agriculture constitue de ce fait la clé de voute des projets et programmes destinés à promouvoir les zones rurales, et par conséquent, c’est sur la famille rurale que doivent se concentrer les efforts d’informations, d’assistance et de formation. Il s’agit surtout de faire prendre conscience à cette famille rurale quels sont les avantages des pratiques actuelles sur la terre, sur son mode de vie et de la mettre en état d’accepter les risques liés à l’introduction des innovations et d’acquérir les compétences nécessaires pour les appliquer, d’où l’intérêt de son système mutualisé. L’agriculteur doit, aujourd’hui, posséder les mêmes capacités que n’importe quel autre entrepreneur dans un contexte concurrentiel. Désormais l’économie nationale lui impose la connaissance des techniques agricoles, du marketing et de la gestion financière dans son exploitation. C’est dans cet esprit d’accompagnement de l’agriculteur que les programmes de développement des activités de proximité de la Mutualité agricole ont été mis en œuvre. Dans ce contexte, il s’agit pour la CNMA de se constituer en pôle rassembleur pour renforcer son identité de leader dans la promotion des activités mutualistes. Centenaire, la CNMA s’inscrit ainsi dans la continuité de la mise en œuvre de sa politique de développement pour consolider davantage sa position dans l’intérêt du secteur agricole, rural et de la pêche. 

 

14 milliards de dinars de chiffre d’affaires en 2018

Poursuivant son ascension, la CNMA ambitionne d’être l’institution par excellence du monde agricole pour mener à bien la politique agricole et rurale tracée par les pouvoirs publics. Un défi réussi jusqu’aujourd’hui, vu sa situation financière, mais également la qualité des services offerts à ses clients. Ainsi, la CNMA a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 14 milliards (mds) de dinars en 2018, contre 13,012 mds de dinars en 2017, soit 8% de croissance dans un marché qui n’a évolué que d’environ 3%. Une chose qui lui a permis de se maintenir à la 4e place dans le marché des assurances dommages, avec 11% du chiffre d’affaires de ce secteur tout en conservant sa place de leader des assurances agricoles, avec une part de 80% du marché. Cette évolution a été réalisée, selon Cherif Benhabilès, directeur général de la CNMA, grâce à la diversification dans l’offre des produits et des exigences techniques de plus en plus rigoureuses, d’une part, et, d’autre part, cette production s’est faite par son propre réseau sans avoir recours à des intermédiaires. Pour ce qui est de l’indemnisation des sinistres, la CNMA, dotée d’un réseau de 483 bureaux locaux à la fin de 2018, a réglé plus de 8,5 mds de DA en 2018 et près de 23 milliards de dinars en 3 ans. Ce qui a permis la réhabilitation de sa crédibilité et la restauration de la confiance de sa clientèle. La CNMA affiche ainsi un taux de couverture des engagements de 147% et s’est même permis d’augmenter, au courant de cette année, son capital social. En sus, en matière d’investissements, la Caisse a lancé plusieurs projets dans le cadre de la mise en place d’un programme ambitieux de réhabilitation et de construction. S’agissant de la marge de solvabilité, le premier responsable de la CNMA a fait savoir qu’elle est passée de 4,9 MDA en 2015 à 6 MDA en 2018, ce qui démontre, selon lui, une bonne santé financière de la Mutualité agricole. « Depuis 2014 à ce jour, la CNMA a augmenté deux fois son capital social, une troisième augmentation de capital va aussi se faire en 2019. Tout cela, dénote un peu la bonne santé financière, et le bon management à ce jour, une chose qui valorise aussi notre entreprise. Il y a aussi toute la partie solvabilité, nous sommes à 147% de marge de solvabilité, et c’est très important pour une institution comme la CNMA », se félicite le DG. Mettant l’accent sur la croissance du chiffre d’affaires, il a indiqué que celui-ci a permis d’enregistrer une hausse considérable de la marge d’assurance et le résultat comptable de la CNMA est passé de 11 millions de dinars à plus de 914 millions de dinars, permettant ainsi d’améliorer les performances financières. Ces bons résultats obtenus sont, selon M. Benhabilès, l’aboutissement de la mise en application de son plan d’action 2018-2020, tracé par la Direction générale et exécuté d’une façon rationnelle par son réseau commercial qui ne cesse de s’élargir pour être le plus près de ses sociétaires et plus particulièrement des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs. Pour rappel, la CNMA comptait 2870 employés au 31 décembre 2018, répartis sur 67 Caisses régionales et 483 bureaux locaux.  « La CNMA a créé énormément d’emplois durant ces trois dernières années, parce qu’elle ouvre énormément d’agences, et notamment dans les régions les plus éloignées. En outre, nous avons de plus en plus de clients. La progression oscille entre 12 et 18%, que ce soit une personne morale ou physique », indique le DG.

 

Une panoplie de produits d’assurances

Certes, spécialisée dans les assurances agricoles, la CNMA offre une panoplie de services à une clientèle composée de la population agricole et rurale. Cherif Benhabiles explique, comment la Mutualité agricole soutient le développement du secteur agricole et l’économie de manière générale.

« Nous sommes en train de créer d’autres services, tels que les centres Dar El fellah soit « La Maison de l’Agriculteur », dont l’activité principale est un centre de formation. Il y a également d’autres produits d’assurance et d’assistance. Autant de produits innovants que la CNMA a mis en place pour se différencier, et à partir de là, créer un climat de confiance, et pouvoir satisfaire les demandes de ses clients. Il faudra être à leur écoute et traduire leurs nouveaux besoins, en produits d’assurances qui peuvent couvrir les risques et répondre ainsi aux préoccupations de nos industriels et nos agriculteurs. À cet effet, nous essayons toujours d’adapter nos offres par rapport à la demande de nos clients, notamment par rapport aux régions, et aux spécificités », tient à expliquer notre interlocuteur. D’autre part, soucieuse du bien-être de sa clientèle, la CNMA lance un nouveau produit. Il s’agit du dépannage et remorquage automobile. Ainsi, les trois formules d’assistance tarifiées proposées sont en fonction des étendues des garanties de chacune. « Sir M’hanni » dont le rayon de couverture à partir du point de l’immobilisation se limite à 50 km et le nombre d’interventions à 2 fois par an, coûtera 500 DA. La seconde formule nommée « Tranquillité » dont le montant de la prime d’assurance est de 2.000 DA et dont le rayon de couverture à partir du point de l’immobilisation est élargi à 100 km et le nombre d’interventions passe à 5 fois par an. La troisième formule intitulée « Liberté » est proposée à 6.000 DA et ne pose aucune condition quant au nombre d’interventions (illimité) qui permet de bénéficier de ces prestations quel que soit le lieu de l’immobilisation du véhicule. Pour cette dernière formule, ce service peut aller jusqu’à la mise à disposition d’un taxi pour la continuité du voyage ou le retour à domicile ainsi que le gardiennage du véhicule, ce qui permet une sérénité dans les déplacements. Le contrat d’assurance automobile avec l’acquisition de l’une des trois formules d’assistance auto qu’offre la Mutualité agricole permettra d’apporter une meilleure assistance technique, liée à l’immobilisation du véhicule. Le client peut également bénéficier d’une prise en charge des passagers en termes de transport et d’hébergement. Pour cela, la CNMA, à travers son partenaire (Alliance Assurance, ndlr) met en place un réseau de prestataires de services veillant au bien-être de sa clientèle afin d’assurer un service de qualité et de proximité. En outre, pour être toujours à la hauteur des attentes de ses clients, la CNMA a mis en place de nouveaux produits, tels que les multi-périls, pour pomme de terre et oliviers, outre la mise en place des assurances qui couvrent tout ce qui est incendie des oliviers, et autres, les pertes d’exploitations pour les risques industriels et pour les gens qui investissent dans ce créneau-là. La CNMA a mis également à la disposition de ses clients l’assurance perte de rendement des céréales en irriguées. Là-aussi, c’est un produit stratégique important, que propose la CNMA, en plus des autres risques sur la branche incendie, qui couvre toute la partie ingénierie. « Tout ce travail a été réalisé avec les institutions relevant du ministère de l’Agriculture et des institutions techniques, et la corporation. Cela nous permet d’adapter les produits par rapport à une population, par rapport aux régions, et aux conditions climatiques. C’est notre avantage. C’est un travail qui se fait sur le terrain, avec la corporation, en présence des agriculteurs qui nous permettent, un peu, de tester nos produits et les commercialiser, pour avoir le maximum de chances de réussite », rappelle M. Benhabilès. La CNMA a lancé également plusieurs projets d’investissements, à même de rehausser son image de marque, un large programme de réhabilitation et de construction a été mis en place et s’étalera sur plusieurs exercices (rénovation des caisses régionales et des bureaux locaux, lancement d’un projet de réalisation d’un ensemble immobilier à Oran, mise en place de projets d’investissements à caractère agricole par la création de centres de formation et de services polyvalents ( Dar El Fellah) dans les régions agricoles et rurales, construction de futurs centres à Relizane, Saida et Ouargla au profit des agriculteurs et éleveurs…). Ainsi, pour remplir pleinement sa mission auprès des populations rurales, la CNMA doit promouvoir des actions sanitaires et réaliser des projets rentables économiquement au profit des agriculteurs et des éleveurs. Toutefois, pour atteindre ces objectifs, il faut réformer les assurances agricoles. « Les assurances agricoles ne peuvent pas fonctionner au même titre que les autres assurances.  A cet effet, la CNMA appelle aujourd’hui à revoir le dispositif et à mettre en place un vrai dispositif dans la gestion des risques climatiques. Nous savons que certains risques, malheureusement, qui touchent certaines cultures ne sont pas assurées, telles que la sécheresse ou des maladies. Et avec tous les changements climatiques, nous devons présenter des solutions pour sécuriser cet investissement et le revenu de l’agriculteur, et aussi, servir de garantie pour le monde agricole, qui doit obéir à un dispositif un peu particulier qui n’existe pas en Algérie. Pour cela, la CNMA plaide pour mettre en place un dispositif de manière à protéger l’investissement agricole, et que l’assurance agricole soit aussi un levier du développement à la politique agricole », relève Cherif Benhabiles.

 

Formation et perfectionnement

Afin d’être au diapason de l’évolution que connait aujourd’hui le secteur des assurances, la CNMA ne lésine pas sur les moyens pour assurer une meilleure formation à ses cadres. La CNMA œuvre ainsi à l’établissement d’une politique de formation généralisée pluriannuelle à l’ensemble des cadre et agents des caisses régionales et de leurs bureaux locaux, sous la forme de stages d’une durée moyenne, de séminaires de courte durée, ou par le biais de la formation à distance grâce à la disponibilité de l’outil informatique et des connexions par les réseaux existants, sans omettre la formation pour l’encadrement supérieur aux divers métiers de management exercée au sein des caisses. À cet effet, la direction de la formation a mis en place des solutions globales, dédiées ou proposées sous forme d’actions ponctuelles ou de parcours qui visent le développement des compétences, individuelles et collectives. Ces solutions contribuent ainsi au maintien de l’employabilité de ses cadres et à l’amélioration continue de leurs aptitudes professionnelles. Nous citons en exemple le premier Centre de formation et de services polyvalents CNMA, mis en service actuellement dans la wilaya de Khenchela « Dar El Fellah », un espace dédié à la formation à la carte pour les adhérents de la CNMA ainsi que des services gratuits offerts aux agriculteurs et éleveurs pour la couverture sanitaire de leurs cheptels assurés et suivi et conseils par rapport aux itinéraires techniques dans leurs exploitations agricoles. Mieux encore, dans le cadre de son plan stratégique et en raison des résultats satisfaisants du centre de formation, de services polyvalents et de vulgarisation « Dar El Fellah » de Khenchela, la CNMA a lancé la construction d’autres centres destinés aux acteurs du monde agricole et rural qui permettraient la mise en œuvre d’une politique de développement de services de proximité à travers tout le territoire national (Oran, Ouargla, Saïda ..), sans oublier la récupération et la réhabilitation d’un centre de vacances à Chréa pour faire bénéficier l’ensemble de ses employés. Il convient de savoir que149 employés ont été formés en 2018 dans différentes spécialités dont MBA management en assurances, Master en assurances, master en finance,…sans oublier les formations en agronomie conformément à la convention signée avec l’ENSA. « Nous sommes en train de former nos cadres dans la digitalisation au sein des écoles spécialisées. À cet effet, nous avons créé notre propre comité afin qu’il propose un travail en direction d’une digitalisation, de plus en plus importante, qui nous différenciera des autres assurances. Ce n’est pas parce que nous opérons dans le secteur de l’agriculture, que nous ne maitrisons pas les nouvelles technologies. Au contraire, nous avons toutes les techniques modernes en matière de gestion et de management. C’est un secteur en perpétuelle professionnalisation et modernisation. Nous sommes en train de suivre cette évolution numérique, je dirais de très près », se félicite M. Benhabilès.

 

La CNMA se lance dans la numérisation et la digitalisation

Dans le cadre de la modernisation de son management, la CNMA s’est lancée dans la numérisation et la digitalisation. Tournée vers l’avenir, cette démarche s’est rapidement imposée comme une nécessité pour offrir un meilleur service et faciliter l’interaction avec ses sociétaires et clients. Ainsi, fidèle à son plan d’action 2015-2019, la CNMA œuvre à adapter ses potentiels humains et professionnels aux normes de gestion moderne en introduisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), ce qui ambitionne à améliorer la productivité et promouvoir la place de sa clientèle dans ses préoccupations. A cet effet, un nouveau système d’information « HR Acces » est mis en place répondant ainsi à des soucis de modernité et de transparence qui permet une gestion efficiente des ressources humaines, en plus de la mise à disposition d’un serveur « Test » au profit des utilisateurs au niveau du site pilote et ce, pour une meilleure adaptation et une éventuelle régularisation des process relatifs à la solution. « La CNMA a lancé des projets dans le cadre de la numérisation et de la digitalisation. D’abord, nous avons signé une convention avec une grande banque publique, pour permettre, lors des règlements de sinistres, des paiements électroniques, au lieu d’établir des chèques ou des virements directs dans les comptes des sinistres. En outre, nous avons mis en place tout un travail de digitalisation, sur nos relations avec notre clientèle. Autrement dit, nous sommes en train de travailler directement en direction de nos agriculteurs, via les différents moyens de communication, notamment quand il s’agit de lancement d’un nouveau produit. Nous essayons quand même d’exploiter toute cette percée technologique, pour la traduire en action concrète, pour améliorer la qualité des services, et d’information, afin de toucher un maximum de personnes » précise notre interlocuteur. Mieux encore, même en matière de sinistres, et à travers son réseau, la CNMA dispose d’une plate-forme importante qui lui permet d’être en relation directe avec l’ensemble de son réseau. « Ce sont ainsi 67 caisses régionales, et presque 500 agences, reliées en temps record, ce qui nous permet d’être directement en relation. Nous avons également mis en place des systèmes de gestion de compétences, qui nous permettent d’identifier les compétences et de suivre nos cadres », précise M. Benhabilès. En somme, il convient de rappeler que la CNMA est appelée à accompagner les petits agriculteurs dont le nombre est important, dans tous les volets du développement de l’activité agricole. Pour M. Benhabiles, il est important aujourd’hui d’inculquer la culture de la couverture des risques, et les mécanismes de prévention. Cela dit, la gestion des risques doit être le cheval de bataille de la politique de la CNMA, pour mieux faire adhérer ces agriculteurs dont le nombre assuré aujourd’hui est de 20%, sachant que le nombre des assurés, il y a quelques années, était insignifiant. La politique préconisée par la CNMA, axée sur le travail de proximité, a permis d’améliorer le chiffre de la couverture sociale, et d’assurance des risques. Enfin, l’atout dont dispose la CNMA, à savoir son expérience de plus d’un siècle, lui permet de mieux s’adapter aux exigences de ses sociétaires. Elle reste à l’écoute des doléances et préoccupations du monde agricole pour demeurer son assureur-conseil et l’accompagner dans la réalisation de projets d’investissements en toute sécurité.  

 

Y. M.



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