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N° 122 - Sep 2019

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Finance

Le trait d’union entre les banques et les pouvoirs publics

ABEF

Par Tahar MANSOUR



L’Association des banques et établissements financiers compte actuellement trente membres, constitués de toutes les banques exerçant en Algérie, des établissements financiers (essentiellement des sociétés de leasing ainsi que des sociétés de capital investissement qui constitue un mode alternatif d’accompagnement et de financement de la PME). Ces sociétés participent comme actionnaires au capital de certaines entreprises caractérisées par la faiblesse des fonds propres mais leur objectif n’est pas de prendre des parts mais d’aider ces entreprises à démarrer et à arriver à maturité, ce qui dure généralement quatre à cinq années. Dès que ces dernières « arrivent à voler de leurs propres ailes », les sociétés de capital investissement les quittent en récupérant le capital injecté pour aller dans d’autres entreprises ayant besoin de financement. « Ces sociétés de capital investissement sont des filiales de banques que nous avons décidé d’intégrer à l’ABEF », annonce Rachid Belaid. Ces sociétés sont Finalep (Financière algéro-européenne de participation-SPA regroupant la BDL, le CPA et l’Agence française de développement) et Djazair Istithmar, filiale de la BADR et de la CNEP. Une autre société est en cours de création entre la BNA et le BEA. Ces mêmes sociétés gèrent les fonds de wilayas qui ont pour missions d’accompagner certaines entreprises qui se créent au niveau local et dont la caractéristique est justement une faiblesse des fonds propres.

Les commissions techniques de l’ABEF
Les commissions techniques de l’ABEF sont des organes permanents et statutaires et se composent de :
La commission juridique et fiscale: pour la prise en charge des problèmes juridiques et fiscaux qui se posent aux membres, dans lesquelles siègent les responsables des départements et structures juridiques des banques, de l’établissement financier.
La commission des sociétés de leasing : ce sont les représentants des sociétés de leasing qui siègent au sein de cette commission pour se concerter et traiter des problématiques de leurs sociétés respectives. Parmi les problèmes qu’a eu à traiter cette commission, nous trouvons l’enregistrement des contrats de crédit-bail qui a trouvé une solution au niveau du CNRC qui permet maintenant aux sociétés de leasing d’enregistrer et de déclarer leurs contrats de crédit-bail par voie électronique. Cette solution a été mise en place au début du mois de janvier 2019.
La commission de techniques bancaires : les problèmes ayant trait au commerce extérieur, de financement, ou d’autres encore sont consignés par les membres de cette commission qui sont des banquiers expérimentés rompus aux choses de la banque. Ces problèmes sont transmis à la délégation générale qui les porte à qui de droit pour trouver les solutions adéquates.

Les chantiers de l’ABEF
« L’association des banques et établissements financiers est tout d’abord au service de ses membres » tient à préciser Rachid Belaid, délégué général de l’ABEF, qui ajoute que « notre Association présente parfois des solutions ou fait des propositions ou certaines idées pour les conduire en interbancaires ». L’ABEF a ainsi mené plusieurs chantiers dans ce sens, dont :
Allègement des dossiers de crédits et réduction des délais de traitement: des accords ont été conclu avec la CNAS qui permet aux banques de se connecter directement sur la plateforme de la CNAS pour avoir les informations dont elles ont besoin ou de télécharger les mises à jour CNAS qui sont des éléments nécessaires aux dossiers de crédit présentés par les clients. L’ABEF mène des discussions similaires avec la Casnos et la Cacobapth afin de généraliser cette possibilité. Des accords sont en étude avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales afin que les banques et établissements financiers puissent consulter et télécharger l’état-civil des demandeurs de crédit, ce qui réduira sensiblement les délais de traitement de leurs dossiers.
Création d’un observatoire national de l’épargne : il a pour mission de travailler sur les déterminants de l’épargne, sur ses problématiques, sur les réticences à l’épargne et sur les voies et moyens de capter l’argent qui circule dans l’informel, ce qui entre dans le cadre de l’inclusion financière. L’observatoire a été installé officiellement par le ministre des Finances le 31 octobre 2018 à l’occasion de la Journée mondiale de l’épargne. « L’ABEF a organisé à cette occasion une journée de discussions sur les problématiques de l’épargne, sur les moyens de capter l’épargne, sur les types de produits proposés aux clients potentiels des banques », rappelle Rachid Belaid.
Les dossiers de la monétique : c’est aussi un des dossiers traités par l’ABEF avec les banques, la Satim et le GIE Monétique, qui sont des institutions interbancaires et des acteurs essentiels ayant contribué au développement de la monétique en Algérie. Parmi ces dossiers, il y a le « e-payement » dont le lancement a été réalisé par l’ABEF qui a participé à ce chantier dans sa partie suivi de la mise en place des outils et des moyens pour lancer le « e-payement ».
Projet de loi sur le e-commerce : c’est un autre chantier auquel a participé l’ABEF pour donner son avis sur certains aspects de la loi.
Création d’une société de services bancaires : l’ABEF a été associé à la création d’une société interbancaire dont la mission est l’installation et la maintenance des TPE auprès des commerçants.
Signature d’une convention avec l’ENIE : l’ABEF a signé une convention avec l’ENIE, une entreprise publique, pour la fourniture des TPE. L’interopérabilité entre les banques et Algérie-Poste vient d’être lancée et permettra donc aux détenteurs de cartes magnétiques délivrées par Algérie Poste d’utiliser aussi bien les TPE que les DAB des banques et vice-versa, les clients des banques pourront utiliser leurs cartes pour des retraits au niveau des bureaux de postes dont le nombre, plus de 3000, contribuera à rapprocher les services bancaires des clients.
Les perspectives de développement et de digitalisation : les acteurs du champ monétique algérien veulent passer à une autre étape : celle de la digitalisation des services bancaires. « La digitalisation des services bancaires permettra aux usagers et aux clients des banques d’utiliser des moyens technologiques pour avoir accès à divers services bancaires comme avoir des informations sur le compte, commander un chéquier et même réaliser certaines transactions de virement ou de remise de chèque », déclare M. Belaid. C’est aussi un moyen de se rapprocher des clients et des cercles d’affaires sans être présent physiquement et sans être obligé de construire d’autres structures.

Densification du réseau bancaire et rapprochement des clients
Les banques algériennes se sont lancées dans diverses actions afin d’être plus attractives. La première action consiste en la densification du réseau bancaire et elles sont de plus en plus présentes dans des localités éloignées. Les banques développent les moyens électroniques aussi pour être présentes partout et à proximité des clients, elles ont mené des chantiers d’organisation et de réorganisation commerciale des agences bancaires et  « nous trouvons des agents chargés de la clientèle (particuliers et entreprises) qui sont à la disposition des clients », affirme le délégué général. Elles ont mené des actions de formation en direction de leur encadrement au niveau des agences et qui travaillent essentiellement sur le commercial. Les banques ont engagé aussi des actions pour leur permettre de cerner les besoins des clients et d’y répondre et proposer les produits et services adaptés à chaque client.

La Finance islamique
Les banques, suite aux orientations de la Banque d’Algérie, se préparent déjà à l’introduction de la finance islamique et à ouvrir des fenêtres islamiques au niveau des agences, ce qui permettra de capter une autre catégorie de clients, d’offrir une autre panoplie de produits en direction de cette clientèle et de satisfaire ainsi ses besoins.

L’éducation financière
L’éducation financière est aussi l’un des chantiers que va lancer l’ABEF. « L’éducation financière est un élément très important et nous cherchons les moyens d’être présents en qualité de place bancaire pour inculquer cette culture financière dès le jeune âge à des écoliers, à des adolescents, comment organiser cette éducation à l’intérieur de l’école et à ceux qui sont en-dehors, ceci comme première population ciblée. La deuxième, ce sont les clients des banques pour leur apprendre les rudiments de certaines opérations financières qui les concernent, comme la vulgarisation de certains produits, la manière d’utiliser une carte magnétique, un TPE, une carte pour payer, nous pensons que ce sont des éléments très importants que tout le monde doit connaitre », précise encore M. Belaid. Pour y arriver, l’ABEF pense à mettre en place un site web, ressemblant à celui intitulé « Finances pour tous » que les services bancaires ont mis en ligne et que tout le monde consulte pour apprendre certains rudiments financiers, ce site devant être adapté à la réalité algérienne. Outre les sites web qui existent au niveau des banques, l’ABEF compte introduire des actions de sensibilisation et de formation. Cet apprentissage pourrait être fait en direction aussi bien des élèves que des enseignants. « Nous allons donc éduquer nos concitoyens pour qu’ils soient plus proches des banques, qu’ils n’aient pas cette hésitation pour aller vers les produits bancaires qui sont à leur disposition », assure le délégué général de l’ABEF. Ces apprentissages et cette éducation se font à travers le monde entier par le biais des associations de banques.

Les perspectives de l’ABEF
Afin d’améliorer ce qui se fait aujourd’hui, le secteur bancaire compte augmenter l’utilisation des moyens technologiques, de lancer de nouveaux produits, de se rapprocher des clients pour mieux répondre à leurs besoins, d’améliorer la qualité de la ressource humaine par la formation.

Relations de l’ABEF avec les associations bancaires au niveau planétaire
Dans le cadre de l’harmonisation mondiale des pratiques bancaires et de la mise à niveau du système bancaire algérien, l’ABEF est en relation avec un nombre important d’associations. Il y a l’association des banques serbes avec laquelle elle a un protocole d’accord sur des domaines qui peuvent intéresser les banquiers des deux pays. L’ABEF est aussi en contact avec l’association des banques françaises (FBF) pour réaliser des actions communes et faciliter la rencontre entre banquiers algériens et banquiers français pour un échange d’expérience. L’association est membre de l’Union des banques maghrébines à travers laquelle l’ABEF participe aux différents évènements, aux actions de formation et aux séminaires. Elle fait aussi partie de l’Union des Banques arabes et les banques aussi en sont membres.

Portrait
Rachid Belaid, délégué général de l’ABEF
Nous avons préféré, cette fois, laisser l’intéressé se présenter lui-même : « Je m’appelle Rachid Belaid, licencié en sciences économiques et sciences financières, diplômé de l’université de Tizi Ouzou. J’ai terminé mes études en 1988. Ma première expérience n’a pas été dans le secteur bancaire mais dans l’industrie puisque, fraichement diplômé, j’ai commencé ma carrière dans une grande entreprise publique dans l’électroménager : c’est l’Eniem. J’ai été recruté et affecté au sein de la direction des projets de l’Eniem, c’était des projets d’extension à l’époque et j’étais dans le département engineering financier, qui s’occupait de la gestion des contrats de l’Eniem avec ses partenaires étrangers pour les nouveaux projets d’extension, les Japonais, les Italiens et j’étais chargé des études technico-économiques ou de faisabilité de projets. J’ai eu la chance de commencer avec un financier de formation et qui m’a beaucoup facilité la tâche. Mon intégration a été très aisée grâce à lui. J’ai passé trois ans au niveau de cette entreprise, jusqu’en 1991, année où j’ai passé le concours de l’IFID, institut algéro-tunisien créé en 1981 et qui forme en banques et assurances pour un 3e cycle professionnel. N’ayant pu bénéficier d’un parrainage de mon entreprise pour être admis à l’IFID, je me suis tourné vers le secteur des banques et assurances et la CNEP m’a ouvert ses portes et parrainé. Après deux années de formation couronnées par un diplôme de 3e cycle en finances spécialité banques,j’ai commencé ma carrière en qualité de chargé d’études au niveau du réseau CNEP de Tizi Ouzou, au département financement de la direction régionale où je m’occupais du suivi et du financement des promotions immobilières. J’ai ensuite été promu chef de département régional, puis directeur régional adjoint, toujours à Tizi Ouzou et, en 2003, j’ai été promu directeur central au niveau de la DGA Crédits au niveau de la DG de la CNEP. Je m’occupais alors de l’action commerciale crédits avant d’être nommé Directeur du financement des promoteurs et j’ai assuré l’intérim de la direction du financement des entreprises. Ceci jusqu’en 2009, date à laquelle j’ai été nommé DGA Crédits, poste que j’ai occupé jusqu’à mars 2016, date à laquelle j’ai pris mes fonctions de délégué général au niveau de l’ABEF. Au cours de mon parcours au sein de la CNEP Banque, j’ai suivi d’autres formations comme formateur dans le domaine des crédits hypothécaires et immobiliers, ce qui m’a permis de former au niveau de l’Ecole supérieure de banque des cadres du secteur bancaire dans ce domaine, et j’ai suivi une formation de formateur au Québec toujours dans ce domaine. J’étais chargé de dupliquer ce que j’ai appris au profit du marché algérien, à l’instar d’autres collègues du secteur bancaire. J’ai ensuite suivi une formation de parcours futur dirigeant au niveau de la CNEP Banque, parmi les dix fonctionnaires qui ont été choisis pour cela, la formation ayant été faite en coopération avec Reims Management School avec un stage d’insertion et de Benchmark au niveau des caisses d’épargnes en France ».

     T. M.



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