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N° 119 - Fev 2019

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Finance

« La BADR sera toujours une banque d’actualité »

Boualem Djebbar, P-DG de la BADR

Entretien réalisé par Yahia MAOUCHI



El-Djazair.com : Monsieur le Président voulez-vous présenter succinctement votre institution financière ?
    
Boualem Djebbar : LLa Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) est une banque créée en 1982 à la suite de la restructuration de la Banque nationale d’Algérie (BNA) et ayant pour missions principales le développement du secteur agricole et la promotion du monde rural. Et pendant une décennie, la BADR a travaillé dans ce sens-là pour le développement de l’agriculture, et de son réseau d’exploitation à travers les ouvertures d’agences. Elle est restée ainsi spécialisée dans le monde de l’agriculture. Durant les années 1990, avec la nouvelle stratégie des pouvoirs publics en matière de diversification, la BADR s’est ouverte sur les autres secteurs d’activités industriels et agroalimentaires, tout en restant prépondérante sur le secteur de l’agriculture. En 2005, il a été décidé de recentrer l’activité de la BADR sur l’agriculture, l’agroalimentaire, le développement rural, la pêche, et l’aquaculture, pour mieux accompagner ces secteurs-là. Et cette stratégie est restée en cours jusqu’à présent. Entre-temps, la Banque a continué son développement notamment le développement du réseau agences qui compte actuellement plus de 320 agences. Ce qui fait d’elle la première banque à réseau au niveau national. Mais également une banque de proximité par excellence. En plus d’être la première banque en termes de nombre d’agences, la BADR compte 38 directions régionales d’exploitation et pratiquement 8000 travailleurs, dont la plupart sont des jeunes. Par ailleurs, 40% de l’effectif global sont des femmes. Quant aux activités, la BADR finance le secteur agricole dans sa globalité et sa diversité, telle que la production végétale et animale, les activités de production agricole, l’activité d’élevage, l’arboriculture et autres, mais aussi tout ce qui est agroalimentaire, et toute activité qui contribue au développement du secteur agricole, y compris les activités industrielles, le machinisme mécanique agricole, en plus des kits d’irrigation. Récemment, la banque a été autorisée à pénétrer le marché du financement du secteur de l’habitat dans sa grande diversité et cela après avoir lancé le crédit foncier pour particuliers pour l’acquisition de logements dans le cadre de la branche « BADR Housing» (BADR habitat).       

El-Djazair.com : Justement quels sont les produits et services que vous proposez à votre clientèle? Et quelles en sont les nouveautés ?          

Boualem Djebbar : La banque accompagne ses clients à travers plusieurs produits de financement adaptés. Elle active aussi sur la collecte de ressources à travers plusieurs produits diversifiés répondant aux préoccupations et à la particularité de chaque catégorie de clientèle de la BADR. Elle active également dans les nouveaux moyens de paiement, les cartes bancaires, le paiement par internet et le e-banking, qui sont opérationnels depuis longtemps au niveau de la banque. Nous sommes également en train de développer de nouveaux produits tels que la carte internationale, et de déployer des TPE au niveau de notre réseau bancaire. Concernant le produit de financement, la BADR a mis à la disposition des industriels un crédit sous forme d’investissement bonifié ou d’exploitation par l’accompagnement. A propos du crédit d’exploitation, nous l’avons adapté selon la particularité des agriculteurs, à même de répondre à leurs préoccupations, tels que le crédit RFIG, qui est un crédit de campagne bonifié totalement par l’Etat à un taux de 0% et qui s’adresse à la fois aux petits et grands agriculteurs, mais aussi aux industriels de l’agroalimentaire. Du fait que le crédit RFIG englobe le crédit de campagne, le crédit d’exploitation et le crédit fédératif, il peut de ce fait toucher plusieurs centaines, voire des milliers d’agriculteurs. A titre d’exemple, un industriel qui s’engage à travailler avec des agriculteurs à travers des contrats de partenariat dans la conserverie de tomate, une activité purement industrielle, ouvre droit à ce crédit à un taux 0% basé sur des contrats et des conventions avec plusieurs agriculteurs qu’il préfinance et qu’il rembourse par le produit. Ce crédit a été développé sur plusieurs créneaux, la conserverie de tomate, les conserveries de fruits et légumes, les stockages des produits dans des chambres froides, les abattoirs avicoles, et animaux. Tout cela a permis de créer une dynamique, et de toucher d’une manière indirecte les agriculteurs, qui parfois, n’ont pas la possibilité d’accéder au crédit bancaire de par leur statut du foncier-agricole. Pour les produits d’épargne, la BADR dispose de plusieurs produits. Il y a les livrets d’épargne ordinaire, les livrets d’épargne junior pour les jeunes, les livrets d’épargne sans intérêt, et récemment nous avons introduit le livret épargne Fellah, avec intérêt et sans intérêt. Et nous comptons lancer très prochainement, avec le lancement de la finance islamique, le livret de l’agriculteur « Daftar El Fellah » Istithmari, pour capter l’épargne provenant de cette catégorie, et le livret d’épargne Istithmari pour les autres clients, autres que les fellahs. Nous avons lancé également ce que nous appelons la banque à distance qui est opérationnelle au niveau de la banque, et nous nous projetons vers la banque digitale également, à travers le nouveau système d’information, qui nous permet  d’assurer les services d’une banque digitale à distance dédiée aux clients de la banque, et qui permet aux clients de bénéficier d’un service en permanence, et de désengorger les agences de la banque pour leur permettre de s’occuper du service commercial et du démarchage de la clientèle.

El Djazaïr.com : Quid de votre nouvelle formule de crédits appelée crédit foncier aux particuliers pour l’acquisition de logements dans le cadre de la branche « BADR Housing» (BADR habitat) prévue au niveau de plusieurs wilayas ?

Boualem Djebbar : La banque a été autorisée pour s’inscrire dans le financement du secteur de l’habitat. Aussi comptons-nous nous lancer très prochainement dans le crédit immobilier aux particuliers, salariés, commerçants et promoteurs immobiliers. Nous avons auparavant développé le crédit immobilier rural, et maintenant ce sera un crédit immobilier tout court. C’est un produit que nous projetons de lancer incessamment d’une manière graduelle. Cette formule concernera les acquisitions du logement, les aménagements, les constructions ainsi que l’acquisition de biens immobiliers à usage commercial ou professionnel. Et certainement, il y aura un produit islamique adapté au crédit immobilier. Pour le crédit islamique, il y aura le financement de l’investissement à travers El Mourabaha à moyen terme, et le financement de l’exploitation à travers El Mourabaha à court terme. Comme nous avons également lancé El Djazair Idjar à travers le financement leasing. La création d’El Djazair Idjar s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des business-plans des actionnaires qui intègrent la volonté des pouvoirs publics de créer un climat favorable pour l’émergence et le développement de la PME, et dont l’objectif est d’accompagner les entreprises et de leur offrir des financements adaptés et appropriés à leur croissance.

El Djazaïr.com : Votre force de frappe demeure votre stratégie de proximité et votre important réseau répandu à travers le territoire national. Ce qui exige une ressource humaine plus étoffée et formée… Qu’en est-il exactement de la formation de la ressource humaine?

Boualem Djebbar : Tout à fait, mais la force de frappe ne réside pas uniquement dans le nombre d’agences, mais également dans la ressource humaine de la banque. Ce sont plus de 1200 commerciaux chargés de clientèle qui sont formés pour s’occuper de la clientèle de manière un peu personnalisée. Ce qui prouve que l’aspect formation est une préoccupation continue au niveau de la banque, sachant que la BADR dispose de ses propres centres de formations. Les commerciaux et les chargés clientèle bénéficient de mises à niveau continues à même d’assurer un meilleur service à la clientèle de la Banque. Ce sont des milliers de personnes qui sont formées chaque année sur les différents métiers de la banque. Le métier de l’accueil, la prise en charge de la clientèle, le métier de l’international, le métier du guichetier, celui du crédit et analyse et suivie des risques… tout cela constitue un programme de formation vraiment en continue, sans oublier la formation sur le nouveau système d’information pour assurer une meilleure maitrise de cet outil et une meilleure optimisation. 

El Djazaïr.com : La densité de votre réseau et l’importance de votre effectif, plus de 8000 cadres et employés, font de la BADR la première banque à réseau au niveau national ?

Boualem Djebbar : On demeure la première banque en matière d’effectif, ainsi que la première banque en matière du réseau, et nous le resterons j’espère pendant longtemps. Par ailleurs, de par sa vocation, la banque se doit d’ouvrir de nouvelles agences pour être le plus proche de la clientèle. En parallèle, nous travaillons à développer la bancarisation par les autres canaux de communication, à travers notamment les différents services de banque à distance, tels que le e-banking (http://ebanking.badr.dz), un service qui  permet aux clients de la BADR de consulter leurs comptes via internet par date, libellé d’opération ou date de valeur, de les fusionner même si les comptes se trouvent dans des agences différentes sur le territoire national et même la possibilité de télécharger les extraits de compte directement et aux formats multiples pour les intégrer avec un simple clic dans un logiciel de comptabilité ou de gestion de trésorerie. En deuxième étape, c’est la consultation des comptes par téléphone mobile ou fixe, réception des relevés par fax ainsi que les alertes SMS. Mais pour l’activité crédit, dépôt, la présence de l’agence ou d’un guichet avancé demeure nécessaire dans notre paysage bancaire. 

El Djazaïr.com : La BADR s’inscrit dans la stratégie de modernisation du secteur financier. Un mot sur les grands axes de votre politique en la matière ?

Boualem Djebbar : D’abord le développement des moyens du paiement de la banque s’est toujours inscrit dans cette stratégie à commencer par la télé-compensation des moyens de paiement des chèques réalisée en 2006, le développement de la monétique, à la fois la carte de paiement et de retrait. Nous avons développé la carte épargne (Tawfir), qui permet à son porteur d’effectuer sur des GAB-BADR des virements de son compte chèque vers son compte épargne, et nous continuons à développer les services à distance à travers une structure de la banque à distance, notamment le callcenter BADR Itissal ou centre d’appels qui permet de contacter les clients par téléphone, et de recevoir les requêtes et les demandes d’informations sans se déplacer à la banque, et tout dernièrement le nouveau système d’information qui permet d’asseoir une véritable modernisation de la banque sur laquelle va se greffer un système de e-banking plus développé, un système de mobile banking, un système de mobile paiement, une fois autorisé par les pouvoirs publics, et une banque digitale qui permettrait  aux gens de profiter des services de la banque sans avoir à se déplacer lors des horaires du travail, et  d’effectuer des transactions, des opérations des consultations du solde et des commandes de chéquiers et de cartes.       

El-Djazair.com : La BADR possède une grande expérience dans les mouvements de fonds et la collecte de l’épargne, qu’en sera-t-il maintenant avec l’introduction du e-paiement dans toutes les institutions financières ? Et où en est la sécurité dans ce cas ?
   
Boualem Djebbar : Le développement du E-paiement s’est inscrite dès le départ. La BADR a été parmi les premières banques à être agréés en la matière. Celui-ci est un moyen de conservation et de développement de l’épargne, car celui qui utilise sa carte pour payer n’a pas besoin de retirer son cash. C’est dans ce sens que nous avons travaillé durement pour développer ce volet. Quant à la sécurité, c’est un volet qui a été travaillé longuement au niveau de la communauté bancaire en associant la Banque d’Algérie et les services concernés en matière de sécurité des transactions bancaires, notamment le GIE monétique qui a encadré l’opération et qui a mis en place l’ensemble des procédures interbancaires en matière de E-paiement, et cela a permis de lancer le E-paiement avant même l’avènement de la loi sur E-commerce. Maintenant la loi existe, elle donne tout l’encrage et tout l’encadrement nécessaire pour pouvoir développer davantage le e-paiement qui va aller dans cette phase-là, vers tous les commerces et services. Sachant que plus de 115670 transactions de e-paiement ont été effectuées depuis le lancement de ce service en 2016.

El-Djazair.com : En votre qualité de président du Groupement d’intérêt économique (GIE) Monétique, qu’est-ce qu’il a apporté pour le secteur bancaire en Algérie ? 
  
Boualem Djebbar : Le lancement du e-paiement a été réalisé grâce au travail collectif des banques qui se sont organisées à travers un Groupement d’intérêt économique (GIE) monétique pour asseoir toute la réglementation nécessaire pour la sécurité, le mode opératoire, et qui ont reçu la validation de la Banque centrale, et qui a permis par la suite aux banques de demander l’agrément du service e-paiement à leur niveau et au niveau de la Banque centrale. Une chose qui a permis également d’agréer les web marchands avant même l’avènement de la loi sur le e-commerce. C’était un grand apport. Il s’occupe par ailleurs de la régulation de tous les aspects liés à la sécurité bancaire, telle que la fraude, la procédure anti-fraude, plusieurs travaux ont été réalisés grâce à cet organisme, qui a été créé par la contribution des banques, et bien sûr l’assistance externe des experts spécialisés. C’est une grande avancée en matière de développement de la monétique en Algérie.

El-Djazair.com : Sur un autre registre, la masse monétaire en circulation à travers le circuit informel est vraiment colossale et le gouvernement a décidé d’en récupérer une grande partie en y faisant participer le circuit bancaire, qu’a fait la BADR dans ce sens ?

Boualem Djebbar : La BADR a engagé son vaste réseau dans une campagne de collecte de ressources de sensibilisation des citoyens pour la bancarisation, l’ouverture des comptes bancaires, la facilitation de l’ouverture des comptes qui se fait sur la base d’une simple procédure, deux documents uniquement, à savoir la résidence et une pièce d’identité, la facilitation du dépôt et du retrait des fonds, le développement des nouveaux livrets d’épargne, et le développement du moyen de paiement, qui est un moyen important de drainage des fonds vers le secteur bancaire et de les conserver à ce niveau-là. Toute cette stratégie vise le captage de la masse monétaire en circulation en dehors du circuit bancaire, estimée par la Banque d’Algérie à plus de 4000 milliards de dinars, mais la moitie est concernée par l’argent de thésaurisation. Ce n’est pas tout à fait de l’économie informelle, ce sont les salaires des citoyens qui sont gardés chez eux. Mais là, il y a une grande marge à capter parce que le développement des moyens de paiement permet aux gens de retirer leurs salaires dans leur intégralité, de les conserver en banque et d’effectuer leurs dépenses à travers la carte bancaire que ce soit en retrait ou en paiement tel que le paiement de proximité en TPE, ou paiement par internet. Depuis le lancement de cette opération, nous avons constaté un engouement et une bonne évolution des choses, et nous avons beaucoup d’espoirs de réaliser de bons résultats à ce niveau-là, à travers la conjugaison des efforts des uns et des autres. A travers également des campagnes de sensibilisations d’informations et de communication, un résultat probant sera inchallah réalisé.

El Djazaïr.com : Comment expliquez-vous le fait que l’accès aux crédits reste encore difficile, alors que les banques publiques connaissent actuellement une situation de surliquidité ?

Boualem Djebbar : Dire que l’accès est difficile reste relatif quand on voit le volume et la masse des crédits alloués à l’économie par l’ensemble des banques avec un taux d’évolution positif depuis plusieurs années. L’année passée, les banques publiques ont alloué plus de 9800 milliards de dinars à l’économie nationale, selon la Banque centrale. Il en sera de même pour cette année, étant donné l’évolution des crédits bancaires alloués durant le premier semestre et qui a atteint les 10%. C’est un chiffre très révélateur, les banques publiques détiennent pratiquement 87% du volume des crédits de la place, dont 75% sont des crédits destinés à l’investissement moyen et long terme.         

El Djazaïr.com : Quelle est votre vision de la BADR de demain?         

Boualem Djebbar : La BADR de demain, on y est déjà. C’est une stratégie qui a été tracée depuis plusieurs années, et nous voyons aujourd’hui les résultats de cette stratégie en matière d’organisation, de modernisation, de mise en place de nouveaux produits. Une chose est sûre, la BADR sera toujours une banque d’actualité. Une banque qui se met à niveau de manière perpétuelle pour asseoir une qualité de service répondant aux préoccupations de sa clientèle de manière particulière et aux besoins de l’économie nationale d’une manière générale. Pour le bilan de la stratégie de modernisation, je vous dirai que c’est un bilan positif. Il y a eu la mise en place d’un nouveau système d’information, le développement des moyens de paiement, le développement du e-banking, le développement de la banque à distance, la préparation de la banque digitale, la diversification des différents produits, tels que le capital investissement, le leasing, la bancassurance, le crédit immobilier, le nouveau crédit à l’agriculture. Tout cela, a été fait pour répondre aux besoins du marché de la banque, et je pense que les choses sont globalement positives. Pour le chiffre d’affaires, de la banque nous dépassons les 70 milliards de dinars annuellement.

El-Djazair.com: Quelles sont les contraintes que rencontre votre Banque dans ses transactions, les crédits accordés, leur recouvrement et la mise en œuvre des différentes offres ?

Boualem Djebbar : Le recouvrement des créances bancaires est un travail continu, à travers les moyens commerciaux, le règlement à l’amiable ou judiciaire à travers le recours au contentieux, pour les clients qui n’arrivent pas à rembourser, à travers le recours au fonds de garantie. Il y a une dynamique globale qui permet d’assurer un bon taux de recouvrement des créances. Concernant les contraintes, ce sont les procédures de recouvrement judiciaires qui mettent quelque temps pour qu’elles soient réalisées, car il faut respecter la procédure dans ses différentes étapes, et parfois, les ventes aux enchères qui peuvent être infructueuses pour certains produits et équipements. De manière générale, nous sommes dotés de plusieurs outils et dispositifs qui permettent de privilégier le recouvrement des créances à travers des négociations et des discussions avec des clients qui sont en difficulté de remboursement.

El Djazaïr.com : Quels sont vos objectifs et priorités pour les prochaines années ?

Boualem Djebbar : C’est toujours continuer à asseoir une banque moderne, avec une bonne qualité du service, avec une bonne formation de ses travailleurs, une bonne organisation commerciale, une bonne couverture des secteurs d’activité avec tous les moyens modernes de gestion du pilotage, mais aussi de paiement qui permettent à la clientèle de la banque d’être confortée et d’avoir une qualité de service qui réponde à ses attentes. Aussi, la banque continuera d’accompagner le secteur de l’agriculture qui demeure l’un des six secteurs stratégiques du pays, et nous assurons à nos clients que nous travaillons toujours pour améliorer notre qualité de service pour répondre à leurs besoins. Les clients de la banque sont nombreux, et nous faisons tout pour prendre en charge leurs préoccupations et leur assurer une meilleure qualité de service possible. 
Y. .M.



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