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N° 116 - Oct 2018

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Finance

Le fleuron du système banquier national

Banque Extérieure d’Algérie

Par Yahia MAOUCHI



La création de la Banque extérieure d’Algérie (BEA) en 1967, par ordonnance n° 67-204 du 1er octobre 1967, a été un événement important dans la stratégie de l’Etat algérien pour l’algérianisation du système bancaire national. Initialement prévue pour servir les grandes entreprises énergétiques et industrielles algériennes, l’institution financière a réussi, au fil des années, le pari de devenir une banque universelle et à diversifier son portefeuille. En plus de cinquante ans d’existence, la BEA a su se construire, se développer et se diversifier. « L’heure est aujourd’hui à la modernisation et à la réorganisation afin de lui permettre de s’insérer sereinement dans le nouveau paysage bancaire et financier en tant que banque de référence et à se hisser à un niveau international reconnu », indique Brahim Semid, président-directeur général de la BEA, dans son message à l’occasion de la célébration de 50e anniversaire de la création de la Banque. Ainsi, afin de répondre aux attentes de ses clients (plus d’un million, Ndlr) d’une part, et se mettre au diapason des banques internationales et des nouvelles technologies monétiques, la BEA a opté pour un nouveau système d’informations. Ce système financier intégré, associé à un système de paiement moderne, permettra à la première banque du pays d’améliorer la qualité de ses services et de lui garantir une meilleure gestion des coûts. « Le projet d’acquisition d’un système d’information centralisé a été lancé en 2016. Dans le respect du contrat nous liant à l’éditeur français, nous comptons basculer vers ce système d’information le mois de novembre de l’année en cours. C’est en 2014 que la BEA a lancé l’étude d’acquisition d’un nouveau système d’information. Le contrat avec l’éditeur français a été signé en décembre 2016, sur la base d’un appel d’offres. Pour ce faire, nous avons installé au niveau de notre école de formation, sise à Miramar à Alger, une équipe, composée de 53 personnes, toutes fonctions confondues, supervisée par des étrangers et des accompagnateurs nationaux. Cette équipe travaille d’arrache-pied pour essayer d’être au rendez-vous avant la fin de l’année en cours », déclare à El-Djazair.com Brahim Semid, précisant que « la BEA s’est attelée à se doter d’une solution composée d’un front office et d’un backoffice. D’ailleurs, nous allons lancer, ces jours-ci, la carte épargne, une sorte de carte du paiement CIB, qui sera opérationnelle courant ce mois d’avril. Nous avons également la gestion des automates de la banque et des acquisitions générales. La BEA dispose également de son propre switch (multi-bancarisation), et nous travaillons avec la Satim. La BEA s’est dotée également d’un système de personnalisation des cartes. C’est la seule banque disposant de ce système, en l’occurrence la Mastercard. Au lieu de faire commander ses cartes à l’étranger, nous avons acquis tout l’équipement nécessaire qui nous permet, désormais, de fournir à notre clientèle une carte Mastercard sur place », se félicite Brahim. Semid.

Le système « Djibayatic »
« Nous sommes les premiers à procéder au paiement par internet de l’impôt, par le biais du système Djibayatic, introduit au début de l’année 2017. Ainsi, nos entreprises procèdent au paiement de leurs impôts à partir du site de la BEA », rappelle notre interlocuteur. En outre, la BEA a entrepris d’autres actions dont la finalité est de mettre en place un dispositif permettant à sa clientèle éligible de vendre son produit sur internet, grâce à la carte de paiement CIB. Une opération mise en œuvre sous forme de prestation de service de paiement interbancaire en ligne, qui assure une sécurisation de paiement sur des serveurs sécurisés. A ce niveau, la BEA a signé déjà certains contrats avec des web-marchands, parmi eux, deux compagnies de transport aériens dont les tests sont en cours d’homologation au niveau de la Satim. « Nous sommes également en train de finaliser le processus de certification avec Satim, concernant le web-marchand Tassili Airlines. Désormais pour acheter un billet au niveau de cette compagnie aérienne, vous devez rentrer sur le site de la BEA pour accéder à Tassili Airlines et procéder ensuite à l’achat de la billetterie », précise le P-DG. Dans le même ordre d’idées, notre interlocuteur indique que sa banque a eu le préaccord du Groupement d’intérêt économique de monétique (GIE Monétique), pour trois relations avec Sonatrach, l’Algérienne des assurances, et Aigle Azur, « pour procéder au paiement par internet », révèle Brahim Semid. Rappelons également que la BEA utilise le service « American Express» comme carte du crédit en devise. «Avec la promulgation du projet de loi sur le commerce électronique (E-commerce), nous encourageons les entreprises nationales à produire des terminaux de paiement électroniques (TPE), afin de doter un peu plus d’un million de commerçants algériens, du fait que la loi oblige, désormais, les commerçants à se doter des TPE afin d’améliorer les systèmes du paiement par la carte CIB. A cet effet, la BEA a, dans une première phase, effectué une première commande, au mois du janvier 2018, pour l’acquisition de 1200 TPE. Nous avons priorisé cette action afin de doter la plus importante de notre clientèle, notamment certains centres commerciaux et les grands hôtels », affirme le premier responsable de la BEA.

La Mastercard Elite et la World Elite Mastercard
En partenariat avec Mastercard, leader mondial dans le secteur du paiement électronique, la BEA a lancé une gamme de solutions de paiement en direction des consommateurs et des entreprises. Par cette action, la BEA devient la première banque algérienne à commercialiser certaines cartes Mastercard, un produit accessible aux clients détenteurs d’un compte en devises. Cette prestation sera également utile aux voyageurs du Hadj, la Omra, et les touristes algériens qui pourront ainsi avoir des cartes prépayées, à la fois sécurisées, simples et pratiques. « Nous avons lancé fin 2017 la Mastercard, et nous sommes en train de commercialiser les différentes gammes de ce produit. Nous sommes la seule banque en Algérie qui commercialise certaines cartes Mastercard, parce qu’il y a des cartes qui sont déjà commercialisées par d’autres banques locales. Mais aujourd’hui, nous avons le top des cartes. Ainsi, la nouvelle offre comprend une gamme complète de produits entreprise à savoir Business et World Business. Il s’agit de deux cartes, la Mastercard Elite et la World Elite Mastercard » précise Brahim Semid, signalant qu’« il s’agit d’offres uniques en Algérie, voire même en Tunisie et au Maroc. » Le choix de Mastercard pour la BEA s’explique par l’importance du portefeuille clients de la banque en comptes devises, ainsi que l’expérience qu’elle comptabilise en matière de système de paiement surtout dans le domaine de la monétique. Une expérience de plus d’une trentaine d’années.
Pour rappel, un contrat a été signé entre les deux organismes en février 2017, pour structurer l’activité monétique. A travers ce contrat, Mastercard accompagnera la BEA sur le plan financier et fonctionnel. En plus de l’émission des cartes de paiement, Mastercard a pour mission d’aider la banque pour définir une stratégie digitale, exigée par les pouvoirs publics. En fait, c’est un projet structurant qui s’étalera sur cinq années, avec une action plus concentrée durant la première année. Le contrat prévoit de mettre sur le marché une centaine de millier de cartes de paiement en devises. «Pour la circonstance, et afin de fidéliser ses relations, et attirer la clientèle importante de la BEA, Mastercard a offert gratuitement 300000 cartes à la BEA », affirme Brahim Semid.

Une clientèle diverse et diversifiée
Dédiée à l’origine au financement du secteur des hydrocarbures, la BEA a réussi ces dernières années à diversifier son portefeuille clients à travers le financement des grandes entreprises et des PME, dont le financement à presque doublé durant cette période. Ainsi, en plus de la clientèle parmi laquelle la BEA compte les entreprises étatiques relevant des industries lourdes, le P-DG a invité son personnel à donner plus d’importance, conformément aux orientations du gouvernement, aux secteurs agro-industriel, tourisme, emballage, industrie pharmaceutique, agriculture, ainsi qu’aux structures médicales chirurgicales de dernière génération, sans oublier les jeunes porteurs de projets innovants dans le domaine des TIC et des énergies renouvelables. « Aujourd’hui, la BEA ne se limite pas uniquement au financement de l’énergie, qui représente 30% du portefeuille de la BEA, et de l’industrie, deux secteurs exclusifs de la BEA. Mais elle finance également plusieurs projets dans d’autres secteurs d’activités, conformément aux orientations des pouvoirs publics», souligne notre interlocuteur, ajoutant que « le développement rapide de la BEA lui a permis ainsi de devenir un acteur incontournable sur la place financière », affirme M. Semid. Pour étayer ses propos, notre interlocuteur rappelle que la BEA a financé les raffineries-pétrochimie, les méthaniers pour le transport à l’international des hydrocarbures, notamment les deux dernières acquisitions inaugurées, par monsieur le Premier ministre, et financés à 100% par la BEA, pour un peu plus de 40 milliards de dinars. Dans le secteur de la sidérurgie, la BEA a injecté plus d’un milliard de dollars dans les caisses du complexe sidérurgique d’El-Hadjar. La BEA participe également avec la BNA au financement des projets de la Sonelgaz, pour un peu plus de 500 milliards de dinars, soit 5 milliards d’euros. Ainsi, la quote-part du marché de la BEA ne cesse de croître. « Il y a lieu de souligner que le groupe GICA est financé pratiquement à 99% par la BEA. En outre, toutes les cimenteries du secteur public sont clientes au niveau de la BEA, en plus de certaines cimenteries privées, telles que celle d’Adrar, celle de Laghouat qui est en cours de réalisation, et la cimenterie Biskra », tient à préciser le P-DG. Par ailleurs, la BEA finance le secteur du tourisme à hauteur de plus de 100 milliards de dinars.

Une plus-value à l’économie nationale
Dans le cadre de ses engagements, la BEA contribue activement au financement de l’économie nationale en accentuant ses concours aux différents segments de clientèle domiciliés à ses guichets et participe activement dans le financement des grands projets structurants, s’inscrivant ainsi en droite ligne des orientations du gouvernement découlant du programme du président de la République. Ainsi, la BEA qui accompagne la politique des pouvoirs publics dans la création d’emplois, a financé des projets de la CNAC, de l’Angem, et de l’ANSEJ avec un peu plus de 160 milliards de dinars. « Ce financement a permis la création de plus de 120 000 postes d’emplois », affirme Brahim Semid, précisant qu’«à fin 2016, la part de la BEA dans le financement de l’économie nationale s’élève à environ  35% du financement. » En outre, en 2017, la BEA a accordé à l’économie nationale, en termes d’investissement tous secteurs confondus, un peu plus de 240 milliards de dinars de financement, contre 230 milliards en 2016.et a procéder au financement d’exploitation ( renouvèlement de nouvelle demande) a auteure de 622 milliards de dinars en 2017 En termes de projets, la BEA a financé 174 projets dans différents secteurs en 2017 (en termes du nouveau crédit d’investissement). Par ailleurs, par rapport aux chiffres arrêtés au 31 décembre 2017, les crédits d’investissement représentent 71% du volume global des crédits alloués par la BEA à l’économie. Ce qui confirme l’implication de la banque dans l’investissement productif. En effet, la BEA s’attelle, selon son P-DG, à concrétiser les orientations du chef de l’Etat, qui consiste à faire des banques algériennes un instrument au service du développement de l’économie nationale et d’accompagnement des mutations économiques du pays. Par ailleurs, la BEA maintient toujours son statut de leader en Algérie avec une part de marché estimée à 20% des opérations d’importation, soit 8,7 milliards de dollars. Par rapport aux exportations, la BEA détient pratiquement la totalité du marché, étant donné que les hydrocarbures représentent 97% des exportations algériennes. « Nous avons affiché des performances très importantes en termes du commerce extérieur. Au plan de rapatriement de la devise, la BEA a rapatrié en 2016 pour un peu plus de 26 milliards de dollars, et pour l’exercice 2017, plus de 31 milliards de dollars. La part des hydrocarbures représente un taux de 92%. De ce fait, les commissions engrangées par des opérations du commerce extérieur sont très importantes », se félicite M. Semid.

Ouverture de cinq nouvelles agences locales
Poursuivant le déploiement et la segmentation de son réseau d’agences, le P-DG de la BEA nous révèle que sa banque sera renforcée par la réception de cinq nouvelles agences (locales) courant 2018. «Nous avons déjà procédé à l’ouverture de la première agence à Blida, le mois de février. La nouvelle agence d’Annaba sera inaugurée officiellement ce mois d’avril. L’agence est située à l’intérieur de l’usine d’El Hadjar, un complexe important qui fait travailler plus de 4000 personnes. Nous allons également ouvrir à Ain Defla une direction régionale avec une agence, et l’agence Zabana d’Oran, en cours de finition. Celle d’Alger-Centre en rénovation rouvrira incessamment» précise notre interlocuteur. D’autres agences sont inscrites dans le programme de la BEA pour l’exercice 2018. « Il s’agit d’une agence avec une direction régionale au niveau de Tipasa, située en face du siège de la wilaya, d’une agence à Sidi Bel Abbes, et d’une autre au nouveau port de Cherchell. Nous lançons également la construction d’un building constitué de quatre sous-sols, un rez-de-chaussée, et de plus 12 étages dans le quartier d’affaires de Bab Ezzouar », affirme Brahim Semid.
Bien qu’elle dispose de filiales à l’étranger en association avec des établissements financiers internationaux, la BEA entend s’engager pleinement dans le projet de création d’une banque 100% algérienne. « Il est vrai que nous avons été chargés par les pouvoirs publics pour la création d’une banque BEA internationale à 100% algérienne, dont le siège sera sis en France (Paris). En plus de l’importante communauté algérienne en France, la création d’une telle banque est dictée par l’existence d’un marché de l’industrie, des échanges et d’importation à partir de la France. Ce projet s’inscrit dans le programme du chef de l’Etat. Nous avons entamé les études nécessaires pour la mise en place de cette banque à l’international », affirme notre interlocuteur. En fait, la BEA est la mieux indiquée pour une installation à l’étranger. Car elle dispose d’un capital expérience indéniable dans plusieurs pays étrangers.

Le capital humain, clé de la réussite
La modernisation des banques ne concerne pas seulement le système d’information mais aussi le capital humain. « Nous ne pourrons jamais répondre efficacement à un client et le mettre au centre d’intérêt de la banque, si nous n’offrons pas une qualification de premier plan à notre collaborateur. A cet effet, nous sommes en train de recruter et de former de nouveaux cadres. L’Algérie dispose d’une école supérieure de banque, sachant que la BEA dispose de sa propre école, avec une agence virtuelle. Donc, nous faisons passer régulièrement, mois par mois, les effectifs des différentes agences et de directions » tient à préciser le P-DG. Par ailleurs, la BEA, qui emploie aujourd’hui plus de 3374 personnes, suit une politique de rajeunissement progressive de sa ressource humaine. Le développement de la ressource humaine et sa qualification requiert en permanence, une politique de formation adaptée et ajustée, en fonction des objectifs, de la stratégie de la banque et de l’évolution de la place bancaire en matière d’exigence de nouveaux métiers. « Nous devons évoluer au quotidien pour être au diapason du système bancaire mondial. Nous sommes en train de respecter les procédures du recrutement.», indique M. Semid. En matière de perspectives pour 2018, en plus du système d’information de la banque, la BEA ambitionne d’être la meilleure banque sur la place financière. La BEA intervient dans le domaine des engagements internationaux en délivrant des engagements aux entreprises étrangères opérantes en Algérie. « Notre principal objectif est de faire en sorte que la banque garde sa place de leader en Algérie. Pour ce faire, il ne faut pas se contenter des chiffres réalisés mais continuer à développer son portefeuille, que ce soit en termes de ressources ou en termes d’emplois », conclut Brahim Semid.

 Y. M.



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