Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 107 - Août 2017

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Contribution

La 9e croisade ou toute la vérité sur la guerre en Syrie

Par Kamel BOUCHAMA



Cette affirmation est confortée par celle de Bruno Guigue, analyste politique qui, assurait quant à lui : «On fait l’impossible, en revanche pour sauver la peau des mercenaires recrutés en masse pour détruire l’État syrien, laïque et souverain, et le remplacer par un État-croupion d’obédience wahhabite. Encerclés dans ce qui reste de la « capitale » d’une révolution-bidon, ces mercenaires sont les mêmes que ceux qui ont tué nos compatriotes au Bataclan. Ce sont les charognards du takfir, les seconds couteaux des Saoud, les petites frappes du gangstérisme sponsorisé par l’OTAN.» (2). 
Robert Kennedy, dont on ne peut subodorer une quelconque sympathie envers le régime alaouite de Damas, prend position dans le «conflit syrien» et intervient pour expliquer que : «Les vraies raisons de l’interminable cauchemar syrien ne sont donc pas à chercher du côté d’une insurrection populaire – en réalité fomentée et financée par les agences américaines de renseignement, le Qatar, l’Arabie saoudite et Israël – mais plutôt du côté plus obscur et vénal d’un projet de pipeline de gaz, du Qatar vers l’Europe, qui aurait contribué à renforcer le rôle stratégique de «l’État-confetti» dans la région, qualifié de «proche allié de Washington», tout en donnant un avantage décisif dans les marchés mondiaux du gaz aux émirats du Golfe.» (3)
Et tant d’autres affirmations du véritable complot, tissé contre la Syrie, que nous allons dévoiler, tout au long de cette étude, pour confirmer qu’il a été diaboliquement orchestré contre l’État syrien, ses dirigeants et son peuple, pour d’autres intérêts, n’ayant rien à voir avec la démocratie. De là, et pour faire «passer la pilule», rien de mieux que de fomenter une sacrée guerre civile afin d’annihiler les forces de la Syrie et les rendre inopérantes devant les graves dérives qu’elles subissent afin de ne plus pouvoir défendre ou préserver leur civilisation, plusieurs fois millénaire. Ainsi, les esprits s’échauffent pour attiser le feu dans la région qu’ils veulent soumettre aux ambitions de Washington, Paris, Londres et d’ailleurs..., dans cet Occident hégémonique plus que jamais. Ces ambitions sont alors, grossièrement, assimilées à des relents colonialistes, impérialistes et autoritaristes.
Mais après ces moments durs, très durs, – qui s’éternisent, malheureusement –  les langues se délient... ! Et tant mieux pour la vérité ! Tant mieux pour ce peuple qui a payé, déjà, en l’espace de cinq années d’une guerre atroce, une facture assez lourde faite de sang, de larmes, de haine, de ressentiment et en prime des centaines de milliers de réfugiés, fuyant les violences... Et, puisque ce n’est pas encore fini, ces derniers vivent, malheureusement encore, dans la désolation !
Ainsi, avant d’aborder ce drame qui est au cœur d’une guerre effroyable qui a ce pouvoir de détruire tout le pays – ce beau pays, berceau d’une grande civilisation –, allons voir pourquoi sommes-nous, nous, Algériens plus sensibles, voire plus émus que d’autres à cause de tous ce bouleversement et ses conséquences directes sur cette stratégique région  du Moyen-Orient.
Est-ce à cause de nos relations fraternelles et, on ne peut plus militantes, qui datent de notre glorieuse Révolution de Novembre où la Syrie, sans aucune exigence, a été la plus proche et la plus prompte par son implication dans notre lutte de libération nationale, par une aide impérative, inconditionnelle ? Ou est-ce à cause de nos relations ancestrales qui vont très loin dans l’Histoire, depuis notre expédition audacieuse, conduite par Sidi Boumediène Choaïb, une expédition qui nous a engagés dans une participation, historiquement courageuse, à la bataille du destin, pendant les Croisades ?
En fait, il n’y a qu’une réponse commune, affirmative, aux deux questions, et elle est aussi acceptable, de par la somme de références et de repères, que lorsqu’on décide de les aborder une à une. Parce que la Syrie, depuis la nuit des temps, a été la prunelle des yeux des Maghrébins, principalement des Algériens, ces combattants de la liberté qui, à l’appel du devoir sacré, s’étaient investis corps et âme pour défendre l’Islam menacé par les hordes de croisés, en Bilâd ec-Shâm, principalement dans la région de Palestine.

Une  histoire commune pour rappel.
Ainsi, dans cette première partie de notre intervention, nous présentons à nos lecteurs un pan d’Histoire, d’où l’on tire la glorieuse épopée de nos ancêtres les Berbères qui ont volé au secours de leurs frères du Moyen-Orient, sans atermoiements et avec beaucoup de cran. Ils ont combattu pour la religion de Dieu et, après la fin de la guerre, ils sont restés là-bas, perpétuant leurs traditions et leur culture dans ce pays où la culture a toujours tenu, depuis l’Antiquité, une place de choix. Ce sont ces ancêtres, les nôtres, ceux qui n’ont pas eu peur de combattre la coalition chrétienne, qui vont poursuivre et prolonger leurs contacts dans le Grand Shâm, en une émigration segmentaire et continue, qui ne s’est arrêtée qu’après le recouvrement de l’indépendance de notre pays. Cela veut dire que pendant huit siècles, depuis le XIIe, après leur courageuse et victorieuse participation à la bataille de «Hattine», en 1187 sous le commandement de Saladin (4), jusqu’au dernier siècle avant le nôtre, notre émigration en cette région n’a pas cessé de  se cristalliser, de se consolider,  et de produire ce qui devait lui conférer toute  sa crédibilité. De ce fait, nos ancêtres en Bilâd ec-Shâm, comme on l’appelait il y a longtemps, et en Syrie, peu après, selon le nouveau toponyme que lui ont choisi «Ahl ed-Diyar», ont eu ce dynamisme qui caractérise leur ethnie pour marquer leur apport bénéfique, sur le terrain de la réalité, pendant toute la durée de leur présence dans ce pays. Des noms, des lieux, des événements, des hauts faits qui s’étalent sur toutes les périodes de cet important mouvement migratoire, nous autorisent à affirmer que notre peuple de Berbères est allé loin, dans le temps et dans l’espace, pour porter le message de la vérité et les sentiments généreux de justice.
Et ils sont restés là-bas, depuis ce temps ! Aujourd’hui, il est indispensable, avec ces douloureux événements de Syrie, de se demander pour les situer, qui sont ces habitants qui peuplent «Noula», dans la plaine «d’El-Ghouta», à proximité de la localité de «Merdj Es-Soltane», dans la banlieue de Damas ou ceux qui vivent depuis des générations dans la zone-est du Golan, à «Shadjara», «Abidine» et «Beït Arreh», ces trois villages où l’Émir Abdelkader Ibn Mohieddine El Hassani El Djazaïri possédait de grandes étendues de terre ? N’y a-t-il pas jusqu’à l’heure ce fameux caravansérail qu’on appelle «Khan El Émir» et qui accueillait, du temps où se dernier élisait domicile en Syrie, beaucoup de voyageurs et surtout des étudiants qui parcouraient le pays en quête de sciences et de savoir ? Qui sont ceux qui habitent encore dans ce grand quartier populaire qui est appelé «Bab es-Souiqa», ou dans les autres, «El Haywatia», «Bab es-Seridja», «Souq Saroudja», «Ec-Châghour», toujours dans cette antique capitale, Damas ?
Qui sont ces autres, dans les quatorze villages du lac de Tibériade en Galilée et tout près de «Samakh» principalement, cette région opulente de Palestine, dont «Maâdher», «Dichoum», «‘Oulem», «Kefr Sebt», «Chaâra», «Krad El-Khit», «Et-Tlil» ou encore «Chafa Amr», un beau village tout près de Akka (Saint Jean d’Acre), «El ‘Amouqa», «Hay El Maghariba dans Safad», «Hay El Maghariba dans Haïfa», «Houcha», «El Hassaniya» ou «El Baydha» ? Qui sont-ils ceux qui y demeurent jusqu’à maintenant parce qu’ils ont refusé de s’expatrier en laissant leurs maisons et leurs terres à d’autres colons fabriqués de toutes pièces par ce «fameux» affront – et là, l’expression n’est pas noble – que fait le monde aux Arabes en général et aux Palestiniens, en particulier, par la création du nouvel «État d’Israël» le 14 mai 1948 ?
Ce sont des Algériens qui sont chez eux, parce que ce sont eux qui ont construit ces villes et villages, il y a très longtemps, peu après leur exode là-bas, dans ces territoires, pour diverses raisons. Certains étaient convaincus de faire leur devoir en combattant les ennemis de l’Islam, du temps des Croisades au XIIe siècle, comme déjà expliqué, d’autres avaient rejoint le grand Shâm pour s’instruire de Science et de Culture, cette richesse qui était répandue, dans ces contrées où la civilisation brillait de mille sémaphores. Les derniers, enfin, se sont exilés bien après, à l’époque de l’occupation française de l’Algérie, et encore plus à l’issue des soulèvements de Cheikh El Haddad et du Bachagha El Mokrani, parce qu’ils refusaient le joug colonialiste qui nous a été imposé par les soudards de cette armée dite de «pacification». Tous ceux-là sont restés en «Bilâd ec-Shâm» pour les raisons déjà évoquées et ont profité pour s’assimiler, en perpétuant leur sacrifice, pendant la guerre de Palestine, dans les rangs des combattants du destin contre le sionisme, l’ennemi des peuples de la région.
Les uns et les autres avaient plus qu’une raison de continuer à vivre dans cette terre qui les a vus combattre, se cultiver, prendre et donner, aimer leur prochain et surtout ceux qui les ont accueillis, hébergés et adoptés… Aujourd’hui, ils sont là-bas, fondus dans ces populations hétérogènes – la Syrie ayant toujours agréé des races diverses et des confessions plurielles –, adoptant le mode de vie du pays hôte, avec ses us et ses coutumes, mais n’oubliant jamais les leurs, pour manifester avec fierté, en toutes circonstances, leur appartenance à l’Algérie qu’ils ne connaissent pourtant pas, encore moins leurs enfants. Alors, disons-nous, compte tenu de ce qui précède, nous sous sentons beaucoup plus près, beaucoup plus liés au peuple syrien car les postérités de nos aïeux,  issues de familles algériennes que le destin a mis sur le chemin de l’épreuve, nous demandent, aujourd’hui, plus qu’avant, de reconnaître leurs sacrifices. Ils nous demandent de les soutenir et de les aider concrètement. N’est-ce pas le moins qu’ils puissent espérer de nous..., nous qui avons toujours soutenu les causes justes de par le monde ? Mais de cela, nous n’avons pas à rougir puisque notre pays s’est déjà exprimé hardiment selon nos principes et nos positions inaliénables édictés par notre politique de la paix et du rapprochement, cette politique qui manifeste notre franche et sincère solidarité en «des gestes de soutien au peuple syrien, d’une manière courageuse qui répond à la «lâcheté» arabe qui isolait Damas quand elle ne le combattait pas explicitement.» (5)
En conséquence, notre position est ainsi pour l’instant, immuable fort heureusement, malgré certaines tentatives d’injonctions venant de ceux qui, soi-disant, nous veulent du bien ! C’est une position claire, sans équivoques, à défaut de refaire l’Histoire, et repartir vers une hypothétique expédition, du genre «Bataille de Hattine», que nous ne pouvons probablement pas assumer, présentement, dans ce terrible climat de dissensions et d’alliances contre-natures que nous impose notre monde arabe, hélas satellisé, divisé, déresponsabilisé, soumis et obéissant aux ordres qui lui viennent d’ailleurs, vivant sans âme et sans vision lointaine. En conséquence, «notre diplomatie, qui a porté la voix de l’Algérie combattante aux quatre coins du monde, ne pourrait se ranger, aujourd’hui, du côté des agresseurs, des forces obscurantistes et destructrices, des monarchies corrompues et des puissances impérialistes» (6) 

Berceau civilisationnel, la Syrie ne peut nous indifférer.
En effet, et la question que nous nous posons est la suivante : pourrait-on croire aujourd’hui, ce qui se déroule, sous nos yeux, dans ce pays, quand on connait son passé, sa civilisation et son peuple, pétri de Culture et de savoir ? Pourrait-on ingurgiter des couleuvres sans répugnance et croire en la folie d’un système et d’un peuple qui, parce qu’ils n’arrivent plus à s’entendre, s’entretuent le plus simplement du monde, et mettent sous les décombres les témoins d’un patrimoine matériel célébré de tout temps par l’Humanité ? Jamais, vous répondra celui qui a visité profondément ce pays ou qui s’est imprégné, à travers ses recherches et ses lectures, des pages glorieuses de cette région qui a été le berceau des civilisations et le foyer des principales religions ! Car, la Syrie, celle que dépècent, en ces moments, les bourreaux d’un nouvel ordre satanique, se trouve sur «une des plus anciennes aires de civilisation du monde, avec des sites archéologiques témoignant des débuts de la vie urbaine et de l’écriture, à l’âge de Bronze. De riches civilisations y ont laissé un patrimoine exceptionnel à Ougarit, Apamée, Palmyre, Alep, Damas... Des vestiges des cités-États mésopotamiennes aux citadelles croisées, le patrimoine architectural témoigne d’une intense circulation des hommes, des idées et des croyances, à travers les siècles» (7)
Les historiens et grands voyageurs, de même que les poètes et les artistes l’ont sublimée dans leurs écrits et leurs tirades. De là, les Algériens qui ont participé à la guerre des croisades ou qui sont partis pour prendre la Science de ses érudits, sont restés dans le grand Shâm, parce que les preuves de cette civilisation se situaient au summum de la gloire. Partout, les établissements scolaires et d’autres écoles spécialisées se multipliaient et les sciences, la poésie et les beaux-arts, se cultivaient avec éclat. De plus, cette région, opulente sur le plan de la nature, où l’agriculture se faisait de plus en plus florissante, se caractérisait par son climat qui appelait à bien vivre dans une ambiance de richesse et de fécondité. Autant de raisons motivantes et plus que convaincantes pour l’installation d’une communauté berbère, la nôtre, celle qui allait participer concrètement par son savoir, car elle connaissait bel et bien ce que voulait dire l’évolution du fait, qu’elle-même, était porteuse de culture et de progrès, et non de «barbarie», comme affublée par les Occidentaux. En leur temps, déjà, ces Berbères, qui vivaient dans leur vaste territoire du Maghreb et de l’Andalousie, se trouvaient constamment impulsés par d’importants mouvements civilisationnels. Ainsi, «la science, les lettres et les arts s’y épanouissaient comme dans les autres cités, à Tolède notamment où venaient s’instruire tant de Latins dans les années suivant sa reconquête (1085), au temps du Cid – sayyid. La bibliothèque impériale contenait un nombre inouï de manuscrits arabes ou grecs, entre quatre et six cent mille ! Les académies, celle de Cordoue et les autres, rayonnaient et attiraient : on y venait de tous les pays musulmans, de l’Inde, de l’Europe, disait-on. Chacun était avide de savoir, y compris les femmes des gynécées, souvent savantes ou poétesses, dont la postérité a conservé les noms et les œuvres. De cet essor culturel naissaient déjà des maîtres que l’Occident allait adopter, comme il adoptait la science arabe et à travers elle, celle de la Grèce : Abulcasis, médecin, mort en 1010 ; Avempace (Ibn Badidja), philosophe et médecin de Saragosse, mort à Fès en 1138 ;  Azarquiel, l’astronome de Tolède (XIe siècle), pour n’en citer que quelques-uns.» (8)
En conséquence, notre voyage dans le temps, nous procure au fil de nos prospections et de nos études les éléments nécessaires pour reconstituer le parcours ô combien passionnant de ces Algériens, à travers le panache des légendes que renferme Damas sous la garde du mont Qassioun, à travers ces mémoires que préserve jalousement la belle ville d’Alep où se dresse somptueusement la majestueuse citadelle, à travers «cette relation intime qu’entretiennent les hommes, les bêtes, les croyances et les idiomes depuis les millénaires» avec le mythique Euphrate, intarissable et abondant à la fois, dont «les eaux sont gonflées de sacralité, de symboles et d’Histoire» (9).
Oui, nous percevons tout cela au Shâm, principalement dans cette ambiance sacrée, d’où s’exhale une odeur de sainteté de chaque place, de chaque site, de chaque pierre, de chaque monument, dans cette terre aux trois monothéismes que, bien avant ce millénaire, les chrétiens traversaient pour se rendre à Jérusalem et les musulmans pour aller accomplir le rite du pèlerinage à la Mecque. Une terre qui respire la religiosité, la béatitude…, assurément ! N’est-ce pas, qu’à partir de là, que la Bible et le Coran racontent l’histoire des fils d’Adam : «Caïn tua son frère Abel, dont le sang criait vers Dieu depuis la terre» (10) ? N’est-ce pas là que dans une colline «Sidna Ibraham El Khalil, l’ami de Dieu, – sur lui et sur notre Prophète le salut et la bénédiction – habitait avec quelques brebis. Il les trayait et donnait leur lait (halab) en aumône et c’est pourquoi elle a pris le nom d’Halab, (Alep)» ? (11)  N’est-ce pas là enfin que Damas, ville sainte, «s’honore d’avoir abrité le Messie et sa mère…, que Dieu les bénisse ! » ? (12)
Nos ne pouvons rester insensibles à toutes ces perceptions qui nous secouaient au point de nous extasier pour les comprendre et les respecter davantage en ces lieux où le prestige religieux et culturel a contribué pour qu’ils soient un pôle de diffusion d’une civilisation à partir de la nuit des temps. Nous trouvons dans ces célestes et délicates sensations une sorte de confiance doublée de repos de l’âme que la félicité des lieux rend encore plus palpables. Et là, nous nous disons : c’est vrai que les nôtres, ceux qui ont fait le voyage jusqu’à ces régions, et s’y sont installés, il y a bien longtemps, savaient choisir leurs destinations. Assurément !
Oui, la Syrie qu’on mutile aujourd’hui, au moyen d’un effroyable arsenal des grandes puissances et avec cette haine, qui nous rappelle celle des rustres guerriers débarqués d’Occident, du temps des croisades, «a toujours été un des plus riches pays du monde, tant que l’homme ne la ravagea pas. La terre y donnait autrefois, presque sans culture, le froment, le coton, l’orge, le riz, le mûrier, l’olivier, le citronnier et l’oranger. Les montagnes du Liban étaient recouvertes des arbres les plus précieux : chênes, platanes, sycomores, etc. Sans l’homme, cet antique foyer de tant de luttes serait un véritable paradis terrestre […] Pays merveilleux où, suivant un poète arabe, «chaque montagne porte l’hiver sur sa tête, le printemps sur ses épaules, l’automne dans son sein, tandis que l’été dort nonchalamment à ses pieds.» (13)
En effet, elle a été le paradis de ce Moyen-Orient. Mais elle a été toujours convoitée, et constamment confrontée aux envahisseurs de diverses origines, des pourvoyeurs de malheur et de détresse. Ceux-là, dans un expansionnisme exacerbé, venaient conquérir des territoires sous une autre forme de colonialisme et d’impérialisme, pareille à la triste période que nous avons déjà connue, dans notre pays, il n’y a pas si longtemps et qui, malheureusement, se perpétue en Palestine parce que des «Grands» ont décidé ainsi, en l’année 1948, en l’absence des Arabes, ou avec l’assentiment de certains d’entre eux, et présentement en Syrie, depuis 2011, sous le fallacieux prétexte des «Printemps arabes».
Que dire maintenant, pendant que  des milliers de bombes se déversent sur ce pays meurtri par la guerre, par la barbarie et le mépris de ceux qui n’auront de cesse avant d’obtenir ce qu’ils veulent, c’est-à-dire le démembrement en petits-États de la Syrie, en somme de petits territoires qui seront confrontés à des oppositions ethniques, à des conflits internes entre communautés qui vont se déchirer. Alors, si ce plan machiavélique verra sa réussite, à Dieu ne plaise, nous pouvons dire, que ce pays où abondaient des savants – il fut un temps – sera voué aux abysses de l’indifférence, voire de l’oubli. Au regard de tout cela, ne peut-on pas demander au monde des civilisés, d’être plus objectif, plus audacieux pour ne pas laisser mourir ce pays qui a été le berceau des érudits qui œuvraient dans leur domaine, pour enluminer le ciel des Sciences et de la Culture, et participer concrètement au développement de la remarquable civilisation du Bassin méditerranéen ? Doit-on rappeler à ce monde que ces savants de Damas et d’ailleurs, dans ce grand Shâm, étaient les continuateurs de l’essor et du progrès, juste après la civilisation Gréco-romaine ? Enfin – et ce n’est pas la fin de nos espoirs de paix dans la région –, nous disons à tous ceux qui soutiennent cette politique impérialiste qui s’accomplit, sur le terrain des opérations, dans ce pays qui est en train de payer son refus de courber l’échine à des puissances occidentales, qu’ils comprennent que Damas demeurera, dans l’Histoire, malgré les tentatives de destruction, le Paradis de l’Orient. Car, comme la décrivait l’Andalou Ibn Jubayr (1145-1217) dans son plus beau style : «Combien ont eu raison de dire ceux qui parlaient de Damas : si le paradis est sur terre, Damas y est, et s’il est au ciel, Damas rivalise avec lui et est à sa hauteur».

Vouée aux gémonies de l’enfer à cause de plans diaboliques
Nous avons expliqué pourquoi, sommes-nous près de la Syrie, de son passé, de sa  civilisation. Parce qu’il y a des liens qui nous retiennent depuis les temps anciens..., mais il y a aussi notre politique internationale, en ce qui concerne les conflits dans le monde, qui nous oblige à prendre de justes positions. Il est certain que celle que nous prenons à l’endroit du peuple frère de Syrie, même si d’aucuns nous accusent de faire dans la solidarité bienveillante, il n’en demeure pas moins – et il faut qu’ils le sachent –  que nous nous exprimons dans les règles de la franchise et de l’honnêteté militante.
Nous ne défendons pas la Syrie pour des raisons subjectives, et encore moins son régime politique – qui est ce que sont tous les régimes «républicains ?» dans le monde arabe – mais nous nous soulevons contre cette escalade de la terreur qui se développe dans le pays pour des intérêts occultes de forces et de puissances extérieures. Ainsi, tous les arguments présentés par ces mêmes forces, ne sont que de purs alibis, pour justifier leurs expéditions belliqueuses, hégémoniques, qui répondent à des plans diaboliques, fomentés dans leurs officines fortement encadrées et... soutenues.
Par conséquent, disons-nous, si hier, du temps des croisades, l’alibi pour investir le Bilâd ec-Shâm était l’Islam, à cause des obstacles que faisaient les musulmans aux chrétiens autour de Jérusalem, selon les assertions de la papauté de l’époque, aujourd’hui, les causes de l’agression contre ce pays se situent dans des intérêts hautement économiques, dont le pétrole et le gaz, sont les principaux facteurs de troubles. On peut ajouter à ces causes, en ces moments douloureux que vit présentement la Syrie – et sans risque de nous tromper –, la garantie de la paix et de la sécurité pour Israël, cet État imposé aux peuples du Moyen-Orient par la force en mai 1948. Voyons donc, à titre de rappel historique, la première expédition, dans cette stratégique région du Moyen-Orient, pour comprendre que les agressions et les velléités de partage et d’annexion ne sont pas des pratiques nouvelles. D’abord, les croisades – nous y revenons -, parce qu’elles se perpétuent jusqu’à présent. Eh bien, elles n’étaient qu’un prétexte, un solide prétexte, pour justifier ces conciliabules interlopes, et même directs, d’autorités religieuses qui ont eu à se prononcer sur l’attitude à adopter à l’endroit des musulmans. C’est alors que pour des raisons «occultes», le pape Urbain II, lors d’un concile tenu à Clermont-Ferrand, en novembre 1095, décide la «croisade» en terre sainte pour combattre les «infidèles». «Dieu le veut», lançait-il à ses auditeurs en guise de motivation. Mais il y avait, à l’origine, d’autres motivations, plus profondes encore et moins convaincantes pour l’Islam et les musulmans.
L’Islam, la Chrétienté occidentale et l’Empire byzantin, malgré son déclin, ne s’ignoraient pas, bien au contraire, ils se confrontaient en un enjeu majeur : comment maîtriser la mer au moment où des marchands italiens s’investissaient fortement en une hégémonie commerciale en Méditerranée. Alors, on assistait sur le plan politico-militaire, et surtout religieux, au déchaînement des croisades en Bilâd ec-Shâm  et de la «Reconquista», une autre forme d’agressivité horrible et inquiétante, contre l’Islam, en Andalousie. (14)
Écoutons, pour nous convaincre ce que dit un contemporain, journaliste de profession, en parlant des raisons de ces croisades. «Mesure-t-on la menace que font peser les Sarrasins sur cette Église médiévale religieusement exclusive ? Les armées du prophète Mahomet ont pris Jérusalem dès 638, franchi le détroit de Gibraltar en 711, sont en Aquitaine en 720, arrêtées à Poitiers en 732 au prix d’une bataille plus symbolique que réelle. Mais elles occupent les rives occidentales de la Méditerranée, la Sicile, le sud de la France et de l’Italie et elles menacent Rome !... Autrement dit, au XIesiècle, les conditions sont réunies pour des scénarios de croisade et de Reconquista chrétienne : il faut reconquérir des terres dont Dieu est le détenteur légitime. Y participer est une action pieuse. Y mourir vaut la palme du martyre et la récompense de la vie éternelle.» (15)
Cette déclaration, n’est-elle pas une autre forme d’intégrisme, dont très souvent les musulmans, et uniquement eux, sont soupçonnés ou, carrément, incriminés ? C’est un raccourci licencieux, qui corrompt, sinon qui s’installe, arbitrairement, comme un prisme déformant la vérité qui, n’en déplaise aux occidentaux, se trouvait du côté de ceux à qui appartenait cette terre, depuis la nuit des temps, et qui ne tenaient pas à la voir entre d’autres mains. C’est en réalité la fable de Jean de La Fontaine : «Le loup et l’agneau» qui est là et qui reste dans les faits et comportements de ces grands jusqu’à l’heure actuelle. Oui, car ceux venus d’Europe, impulsée par l’Église très chrétienne, on ne le dira jamais assez, qui ont excellé dans leur bestialité et leur inhumanité. Reprenons ce que disent leurs propres coreligionnaires. Voyons ce qu’écrit quelqu’un qu’on ne peut taxer de complaisant : «Dommage seulement pour ces massacres regrettables. Les Croisés latins firent pire à Jérusalem, Maâra, Antioche... Saladin a fait preuve d’une grande (trop grande) magnanimité et indulgence au vu des crimes de croisés latins. Je pense à un Renaud de Châtillon entre autre qui viola des trêves, attaqua et massacra une caravane se dirigeant vers Damas en 1187. Ainsi que des attaques vers Médine et La Mecque. À un Guy de Lusignan qui le soutenait en sous-main...» (16)
Aujourd’hui, il faut le répéter, ce sont les mêmes comportements, plutôt les mêmes actes de barbarie, auxquels nous assistons – impuissants, malheureusement pour nous – et qui sont accomplis par des «hommes de mains, des spécialistes de sales besognes», dûment mandatés pour leur exécution sur le terrain. Rien n’a changé depuis, dans la conception de ces programmes d’expéditions hégémoniques, sauf dans l’outil de destruction qui est plus sophistiqué, maintenant, et donc plus nocif et gravement dévastateur !

La guerre en Syrie ? Une autre croisade sans papauté
Nous avons terminé avec les croisades et leurs effets sur cette région..., une ambiance qui se perpétue au regard des vicissitudes qu’elle vit au présent, sous les coups de boutoir d’un impérialisme incorrigible. Allons vers «cette autre croisade», celle du XXIè siècle, plus cruelle et plus dramatique pour le peuple de Syrie. Et là, nous nous posons des questions très simples :
Comment une révolte populaire s’est-elle transformée en conflit mondial ?
Quant au «Printemps arabe» qui a été programmé pour la Syrie, s’il n’y avait, comme ailleurs, que des réformes, mêmes profondes, sollicitées par les manifestants, devait-il déboucher sur une dangereuse récupération pour être utilisé à des fins nettement moins démocratiques ?
Il est vrai que le régime de Bachar El Assad, que d’aucuns parmi les observateurs pensent que ces propos viennent pour le défendre – loin s’en faut –, un régime tellement décrié par les Syriens eux-mêmes et l’opposition en particulier, doit-il être notamment honni et maudit, plus que tous les autres régimes qui ne sont pas en odeur de sainteté auprès de leur peuple, parce qu’ils s’acharnent contre lui, en voulant rester coûte que coûte au pouvoir ? Ainsi, nous disons dans cet esprit, n’a-t-on pas vu ce qui se passe dans la quasi totalité des pays arabes, ce que sont leurs régimes que les peuples contestent et abhorrent à cause de l’injustice, la corruption, l’arrogance, le népotisme et les compromissions de leurs dirigeants?
Admettons aussi que le régime syrien n’a pu, ou n’a pas voulu se prononcer sur des ouvertures démocratiques, dans le cadre de réformes fondamentales, pour dénouer la crise qui le secoue, fallait-il permettre à l’OTAN, grisée par son «action libyenne», d’inciter les enfants du peuple, devenus «opposants», à adopter des positions jusqu’au-boutistes ? Fallait-il faire de la Syrie un champ de ruines pour l’épuiser dans des combats sanglants, pires que ceux des guerres civiles au Liban ?
Ce en quoi Bachar El Assad répond dans ce contexte, par une interview, en s’interrogeant : «Il y a des fautes et il y a des échecs, mais elles n’expliquent pas tout. Sinon, pourquoi n’y-a-t-il pas de révolutions dans les pays du Golfe, et surtout en Arabie saoudite, qui n’a pas la moindre idée de ce que c’est la démocratie? »
N’y a-t-il pas dans la tête de ces «Grands», qui veulent régenter le monde, quelque chose d’essentiel…, ce fameux projet de déstabilisation, voire de destruction de la Syrie, par un arbitraire partage, bénéficiant de facto à l’État d’Israël ? Cela est certain lorsqu’on se penche sur les analyses pertinentes de responsables sérieux. Ce conflit, affirment-ils, est le prolongement d’une guerre larvée qui date depuis longtemps, entre la Syrie et l’État d’Israël qui a été imposé dans la région. C’est dire comme l’expliquait en bon chrétien, le prêtre Elias Zahlaoui, de l’Église de Notre Dame de Damas, que «les leaders occidentaux, vils exécuteurs des projets sionistes, sont toujours empressés d’apporter à Israël, tous les soutiens possibles, connus et secrets, à tous les niveaux, aussi bien politiques et diplomatiques, que militaires, financiers et médiatiques»
Ainsi donc, on peut répéter notre question, en la posant plus clairement, sans avoir l’air d’être loquace. N’y a-t-il pas dans l’air ce plan diabolique d’il y a longtemps, bien avant 1948, quand la France mandataire, adepte de l’intangible principe du «diviser pour régner», et sous la houlette du haut-commissaire français, le général Gouraud, a entrepris en 1920 de découper le «Bilâd Shâm» en cinq petits États : l’État du grand Liban, l’État de Damas, l’État d’Alep avec le Sandjak d’Alexandrette, le Djebel druze, et le territoire des Alaouites ? De même qu’en 1939, ne s’est-elle pas permis d’offrir à la Turquie «le Sandjak» ou Province d’Alexandrette sur le territoire syrien ?
Ah, l’Histoire écrite par l’Occident, en l’absence de ses enfants, dans cette partie du Moyen-Orient, est d’autant plus amère que douloureuse !
Continuons sur les élucubrations de la France en Syrie. Car, la France étant tout près de chez nous, nous nous connaissons fort bien... Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, n’a-t-il pas bien signifié en plusieurs reprises, sa rancœur à l’égard du régime syrien, et plus particulièrement sa haine contre le président Bachar ? N’a-t-il pas affirmé, dans un langage dénué de toute réserve diplomatique, et plus encore provocateur : «Le front Al Nusra fait du bon boulot...» ? (17). N’est-ce pas encore grave quand, parlant d’un chef d’État, souverain, en l’occurrence Bachar, il dit impérativement, dans une déclaration officielle, devant les médias : «Qu’il dégage !» Quel outrage à un président de la République !
Son président Hollande, n’a pas également «démérité»... Il n’a pas eu cette délicatesse d’un chef éduqué, en tempérant son langage, à l’égard de Damas – comprendre son régime – le 27 août 2013, à la conférence des ambassadeurs à Paris. Il disait, en se basant sur les informations tronquées de ses «services» et de ses médias, ou tout simplement dans la logique des manœuvres occidentales : «La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents» et que «tout porte à croire que c’est le régime qui a commis cet acte abject qui le condamne définitivement aux yeux du monde.»
Avant de terminer sur cette idée effrayante de partage de la Syrie, évoquons également ce plan effectif, concret, qui existe bel et bien dans les états-majors d’Israël et de l’ensemble des pays de l’Occident – nous n’en doutons pas –, et qui parachève celui du sinistre général Gouraud, que nous avons déjà évoqué. Il s’agit de ce machiavélique «Plan Yinon» de février 1982, qui a pour objectif de créer de mini-États rivaux, voire ennemis, dans le monde arabe. Son auteur Oded Yinon, directeur au ministère israélien des Affaires étrangères, expliquait clairement qu’«Aujourd’hui, s’ouvrent à nous d’immenses possibilités de renverser totalement la situation, et c’est ce que nous devons accomplir dans la prochaine décennie, sous peine de disparaître en tant qu’État». Ne faut-il pas  comprendre par «État» qu’il s’agit là de l’entité sioniste d’Israël ? Ainsi, l’idée maîtresse de ce plan est de «balkaniser» la région du Proche Orient en ayant partout des petits États dressés les uns contre les autres. Du reste, c’est ce qui est ouvertement admis par d’importants responsables au sein du gouvernement américain, et il existe plusieurs exemples de leurs déclarations.
Des années après la parution de ce «Plan Yinon», on constate que les différentes recettes ont enfin connu leurs applications ; en tout cas, pour l’Irak, elles s’appliquent à la lettre, du fait que le pays a été démembré, après avoir été détruit. Sa division en provinces, hostiles les unes aux autres (chiite, sunnite et kurde), a été obtenue en grande partie par une guerre civile bien menée et qui lui a été imposée, sans contestation aucune de l’Occident et de plusieurs pays dits frères. Plus tard, c’est-à-dire, quelques années après l’Irak, la Syrie est en train de subir à son tour ce démembrement ordonné au monde arabe et est en pleine déstabilisation de son territoire.
Le plan de 1982 prescrivait : «La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front Est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces États». Et d’ajouter : «La Syrie va se diviser en plusieurs États, suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la cote deviendra un État alaouite chiite ; la région d’Alep, un État sunnite ; a Damas, un autre État sunnite hostile a son voisin du Nord ; les Druzes constitueront leur propre État, qui s’étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Hauran et en Jordanie du Nord».
Quelle éloquence ce plan ! N’est-ce pas qu’il s’inscrit en droite ligne de ce contrat manigancé par le général Henri Gouraud, Haut Commissaire en Syrie du temps du mandat français en 1920, bien avant Oded Yinon ?
Revenons à ce Bachar El Assad, tant critiqué, – en acceptant qu’il soit «dictateur-sanguinaire», comme harnaché par l’Occident – et posons-nous clairement la question : pouvait-il à lui-seul produire tant de dégâts et mettre son pays dans le chaos le plus sombre de l’Histoire de notre époque, sans que personne de son entourage politique et de ses alliés traditionnels, n’ait le courage de le mettre sur le droit chemin ou, mieux encore, de rabattre ses prétentions ? Est-ce une folie de sa part que de persister dans les agissements de son pouvoir impérieux et de s’entêter à n’accepter aucune concession, pour ramener la paix et le calme dans son pays, comme affirmé par ceux qui tirent les ficelles et fomentent les complots ? Est-ce un monstre, comme écrivait l’Américain Howard Phillips Lovecraft, dans sa Nouvelle fantastique, que «nul ne saurait décrire et aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la nature...» ? (18)
Ainsi, le président syrien, qui passe pour être la clé de voûte du conflit et le seul responsable de ce qui se passe en son pays, n’est-il pas sommé de partir, nécessairement, pour laisser sa place à ceux qui attendent au portillon, ceux qui sont déjà mobilisés, engagés et formés, par ces forces occultes, pour occuper le terrain dans une nouvelle Syrie, morcelée, atomisée, réduite au stade de «petits États», dont les intérêts seraient diamétralement opposés, puisqu’ils vivraient constamment en conflit ?   
En effet, ceux-là, les fomentateurs de complots, font croire aux bonnes gens crédules que le départ de Bachar El Assad règlera, par voie de conséquence, tous les problèmes dans cette partie du Moyen-Orient. En somme, une sorte d’expédient radical pour la stabilité de la Syrie ! Oh que non ! Parce que les causes trouvent leurs racines ailleurs...

Il y a le partage de la Syrie, mais il y a aussi le gaz...
Quoi répondre à toutes ces questions, à tous ces constats ?
Avant cela, il faut d’abord se départir de la complaisance vis-à-vis de certaines pratiques dépassées par le temps et les événements – nous en parlerons en conclusion de cette étude –, et s’engager dans des positions autrement plus courageuses pour expliquer le marasme syrien, voire le chaos, directement, sincèrement et... franchement. Pour ce faire, il faut situer les causes de cette crise ailleurs qu’en Syrie..., plus loin que ce pays qui est en train de subir le pire des martyres. Il faut qu’on sache, une fois pour toutes, que ce qui est présenté au monde entier comme un régime totalitaire, aux effets pervers, agissant en sévère obstacle à la démocratie, et comme un conflit syro-syrien à 100% – ce qui est archi-faux –, n’est qu’une vue de l’esprit, car c’est le résultat de manœuvres diaboliques de spécialistes en subversion. Le répéter est un bienfait pour la compréhension et un moyen d’accès à la vérité. Mais, nonobstant ces quelques inquiétudes que nous exprimons, le constat est là, effrayant, inconcevable ! De l’année 2011, début des manifestations populaires, à ce jour, la Syrie est en guerre. Nous écrivions, il y a quelques temps, en septembre 2013 et, depuis, rien n’a changé en effet : «qui pouvait imaginer qu’elle allait basculer dans une situation  dramatique, comme celle qu’elle vit en ces instants ? » La Syrie se meurt de jour en jour, ce terreau de toutes les civilisations, cette «seconde patrie de tout homme civilisé», comme l’affirmait l’archéologue Français André Parot, spécialisé dans le Proche-Orient ancien. Elle se meurt à cause de la bêtise humaine, de l’indifférence ou de la peur – c’est selon – d’un monde arabe fait de «suiveurs» inféodés qui se recroquevillent dans la honte. Elle se meurt à cause de ces «stratégies de guerre» qui se concoctent à l’extérieur et qui trouvent, à l’intérieur malheureusement, la «main d’œuvre qualifiée» qui légitime ses interventions musclées, au moyen d’armes, de mercenaires et de diverses propagandes pour une bonne application. «Cinq ans plus tard donc, le pays est au cœur d’une guerre effroyable qui a déplacé la moitié de la population syrienne et coûté la vie à des centaines de milliers de personnes. Soixante pays sont aujourd’hui, de près ou de loin, impliqués dans le conflit, qui ravive les rivalités historiques entre sunnites et chiites et bouscule le jeu d’alliances au Proche-Orient. La guerre a des répercussions jusqu’en Europe, débordée par l’afflux de civils fuyant les violences.» (19)
Et cette guerre de Syrie qui produit énormément de dégâts, se déroule en des moments bien choisis, quand on réfléchit à certains bouleversements dans le monde qui ne sont pas là pour servir les gens de l’hémisphère sud. Ce sont autant de facteurs qui donnent de l’appétit aux plus forts pour que se pratiquent «de tragiques politiques sans honte et sans vergogne, sous couvert de tous les mensonges, de toutes les duplicités, de toutes les lâchetés, de toutes les contorsions aux Lois et Conventions Internationales», selon la lettre ouverte envoyée au président Hollande par le prêtre Elias Zahlaoui, que nous avons cité, auparavant.
C’est alors que les réponses que nous proposons nous mènent directement dans l’entrelacement des mystères créés par des facteurs de troubles, où incontestablement l’ingérence étrangère est présente et se manifeste, clairement, avec des relents d’intérêts hautement économiques, de même que par d’autres desseins dont d’aucuns parmi les politiques et les experts connaissent les tenants et les aboutissants. De ce fait, et après le sempiternel partage qui est toujours d’actualité – nous l’avons rappelé, succinctement dans de précédents paragraphes – place aux autres ambitions, qui ont présidé à l’agression contre la Syrie. Celles-ci se situent, manifestement, dans des intérêts purement mercantiles, dont le pétrole et le gaz qui sont les premiers facteurs de troubles. Et là aussi, nous avons le sentiment que ces puissants intérêts prévalent sur l’intérêt des peuples de la région. En somme c’est la machine infernale qui broie des «êtres», comme dans le «Théâtre complet» de Racine, en un drame de la condition humaine, placée sous le signe du mal et de la douleur.

Ah ! ce gazoduc qui sème la mort et crée le chaos...
En effet, lorsqu’on revient sur l’essence même du conflit, à savoir les causes, trop souvent omises délibérément – disent les rapports rédigés en Amérique, au cœur même des fossoyeurs des pays du Moyen-Orient –, nous nous heurtons à une somme de vérités,  qui nous assurent, dès le départ, que les raisons du cauchemar syrien ne sont pas du tout du côté d’une insurrection populaire. C’est ce que nous savons depuis longtemps et que nous affirmons depuis les premières lignes de cette étude.  Ainsi, nous nous retrouvons face à face avec les éléments d’un complot fomenté et financé par l’extérieur, pour occulter ce côté obscur et, on ne peut plus corrompu, du projet de gazoduc – du Qatar vers l’Europe – qui date de 2009 et dont le président syrien, Bachar El Assad, a manifesté son refus pour être en harmonie avec ses alliés russes, lesquels se révèlent être les plus importants fournisseurs de ce produit énergétique à l’Europe.
 

Pourquoi ce refus ?
En 2010, les pétromonarchies demandent à Bachar d’accepter le projet de gazoduc qui partirait des Émirats et de l’Arabie Saoudite et passerait par son territoire pour rejoindre la Turquie en vue de se déverser en Europe. Mais l’Iran qui cherche à sauvegarder ses intérêts dans la région, tout en ignorant l’Arabie Saoudite, se propose de construire son gazoduc jusqu’en Syrie, pour aller vers le marché européen, en contournant, bien entendu, la Turquie. Ainsi, Damas refuse la proposition des Qataris et accepte ce deuxième projet en 2011. Cependant, malgré son refus du projet qatari, et jusqu’à cette année-là, la politique américaine à l’égard de Bachar El Assad n’était pas aussi dure, mais elle n’était pas très claire, aussi, puisqu’elle restait quelque peu ambiguë. Mais que faire pour  corriger  l’enfant terrible ? Profiter du vent de contestation qui venait à peine de souffler, dans certains pays, sous la forme de «Printemps arabe » et financer des groupes d’opposition à l’intérieur de la Syrie, pour aller vers un changement de régime ? Il fallait attendre un peu, selon Obama qui a choisi de le mettre sous la coupe de John Kerry, pour tempérer ses ardeurs. Le secrétaire d’État américain s’est mis à «courtiser Bachar, sans vergogne, dans l’espoir de le détacher de l’Iran, d’ouvrir l’économie syrienne aux investisseurs américains et d’aligner son régime avec les desseins régionaux américano-israéliens» (20)
2010. Poutine sonne le glas des tergiversations pour cette «histoire» de gaz avec l’Iran où Bachar a eu une grande part de responsabilité – et d’intérêts futurs, ne l’oublions pas –, dans la reprise du projet du «Gazoduc Iran-Irak-Syrie». Ce dernier transporterait le gaz iranien et transiterait par les ports de Syrie, essentiellement Lattakieh.
2011, levée de rideau de la «Tragédie» syrienne ! Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et Israël s’investissent dans celle-ci (la tragédie) pour la mener jusqu’à son dénouement. Une aide concrète et secrète – bien évidemment –, dévoilée plus tard par des «services» opposés, est fournie aux factions rebelles en Syrie pour frapper sans rémission le président El Assad et provoquer la chute de son régime. Certaines informations diplomatiques ont découvert que les Services syriens ont appréhendé en leur territoire, des officiers et agents de sécurité de certains pays de la coalition, qui ont été «chargés d’actions spéciales» – que nous devinons en pareille situation –, et cela, dès le début des troubles.
Nonobstant ces listes, et bien plus tard, Bachar Ja’fari, le représentant permanent de la Syrie, auprès des Nations Unies, informera le Conseil de Sécurité, le 19 décembre 2016, après la libération de Alep, que son pays détient une autre liste d’officiers étrangers des services de renseignements et de l’armée qui se trouvaient à Alep-Est, avec les groupes terroristes et qui essayaient de quitter leurs bastions. Et il donne les noms de ces étrangers, en direct, dans cet imposant Building de Manhattan, devant les représentants des pays membres de l’ONU. Mais cela, ne va pas faire trembler les gens de la coalition... Pas du tout ! Revenons à l’an 2011.
Ainsi, les États-Unis, qui soutiennent le Qatar, dans son projet de gazoduc, frappent la Syrie tout en essayant de rendre l’Europe moins tributaire de la Russie en matière de gaz.
Fin 2013. La Méditerranée est le théâtre de grandes convoitises, pour les trésors qu’elle renferme, notamment dans sa partie orientale. Et là, dans cette mer, jadis lac de paix et de légendaires civilisations, va se développer un commerce des plus rentables au monde, puisque la Russie avec la Syrie – suite à leur accord signé sur le gaz offshore – pourront bénéficier de ressources gazières estimées à environ 3,45 milliers de milliards de m3. C’est énorme et ça fait mal aux «autres» qui veulent régenter le monde et, par voie de conséquence, avoir l’œil sur le Moyen-Orient, là où Israël leur enfant chéri doit perpétuer son règne et vivre dans la quiétude et... l’insolence, en toute impunité, à l’endroit des enfants du pays, les Palestiniens.,
Bachar El Assad venait, avec cet important contrat et avec sa résolution – que les Occidentaux traduisent par de l’entêtement – à ne pas céder aux pressions perverses des pétrodollars dont bénéficient les monarques du Golfe, protégés par les États-Uniens..., il venait donc, d’ouvrir la voie à ces derniers, qui le guettaient dans toutes ses actions, pour décider sa descente aux enfers. Eh oui, messieurs les sceptiques, vous qui avez chargé ce Bachar – encore une fois que nous ne défendons pas – de mille et une avanies, n’est en réalité qu’une victime expiatoire d’un complot conçu plus loin, dans des officines hautement spécialisées ! Il faut que tout le monde sache que c’est ainsi que le drame, ou en termes concrets, l’effroyable guerre civile, a pris naissance pour faire tomber un chef et un État souverain, qui n’ont pas voulu se rendre à l’évidence..., occidentale, bien évidemment !
Nous pouvons, en reprenant des documents d’hommes politiques et d’autres éminents journalistes de chez eux, bien sûr, car les nôtres seraient inévitablement taxés de complaisants et subjectifs, confirmer cette diabolique stratégie qui a été concoctée contre la Syrie. D’abord de la part de nos «frères» de l’Islam, qu’on écrit franchement entre guillemets, les coups dirigés vers la Syrie, ont été très durs. Car, dès lors qu’ils ont perdu un profit conséquent, ces oligarchies du Golfe et la Turquie se sont coalisées, alliées et liguées férocement contre la Syrie, en accentuant «l’aide aux rebelles en leur fournissant un soutien militaire et financier. La Turquie quant à elle, profitant de cette instabilité chronique, va intensifier son combat contre les kurdes de plus en plus irrédentistes... Le nombre de combattants «takfiristes» de nationalités étrangères, notamment européennes, soutenus et armés principalement par le Qatar et l’Arabie Saoudite avec le soutien de la Turquie, de la Jordanie et des services occidentaux ayant atteint des dizaines de milliers de non syriens, prouve que nous sommes en présence d’un complot international pour renverser le régime en place à Damas, jugé indésirable par les monarchies du Golfe dont la doctrine féodale wahhabite est à l’opposé de l’islam sunnite modéré qui a toujours caractérisé la Syrie, comme la cohabitation harmonieuse entre de nombreuses confessions religieuses différentes.» (21)
De son côté, l’avocat Robert Kennedy Junior, neveu de l’ancien président John F. Kennedy – nous l’avons déjà cité –, en parlant du même complot, explique assez bien «ces raisons tellement inavouables, travesties par le récit homérique de hauts faits d’armes à la gloire de la démocratie et de ceux qui l’imposent en semant le chaos et la mort autour d’eux». Nous sommes tentés de rapporter ici, dans cette étude, des propos cinglants dont il nous gratifie. Il affirme qu’après la position de Bachar, concernant le projet du «Gazoduc Iran-Irak-Syrie», les «forces du mal » ou les faiseurs de problèmes, se sont attelés à travailler l’opinion syrienne, à l’intérieur du pays, par le biais des médias qu’ils sont soudoyés, très naturellement. «Dès l’annonce du veto irrévocable de Damas, ce fut le branle-bas de combat de Washington, à Riyad, en passant par Doha, sans oublier Israël, six millions de dollars tombant dans l’escarcelle de Barada, la chaîne de télévision d’opposition syrienne basée à Londres, grâce à la prodigalité très intéressée de la CIA, en vue de conditionner l’opinion au renversement inéluctable de son autocrate, à travers une série de reportages allant dans ce sens… très unilatéral...» (22)
Et avant de terminer sa déclaration il apprend au monde entier, sans craindre d’ébranler dans ses fondements la sacro-sainte version officielle que «Les États-Unis essayent même d’obtenir la levée des sanctions qui empêchent l’envoi d’armes anti-aériennes au territoire syrien dans le but de renforcer le front de groupes armés qui luttent contre l’armée arabe syrienne.»
Il y a beaucoup à dire, car il y énormément de témoignages à raconter, disons un nombre impressionnant de révélations étonnantes pour certains, parmi les incrédules comme nous les avons qualifiés, mais les maîtres du monde, sont toujours là, poursuivant leur travail de sape en contrecarrant la réalité et la vérité qui leur donnera tort devant l’Histoire. Mais, pendant ce temps, ils poursuivent, les États-Unis en tête, leur soutien financier, logistique et militaire aux groupes d’opposition armés, qui ont échoué à renverser l’État syrien, malgré cinq années de guerre. Oui, pendant cinq ans, le peuple vit toujours des mouvements perpétuels de conflits dans leurs  conséquences et leurs dérives... Mais le comble est que ces mouvements, qui lui sont imposés par cette coalition des pays de l’Occident qui soutient et renforce ces groupes armés terroristes, rebelles, ne cesse de crier «Aux voleurs !» dans ses médias et dans des tribunes internationales pour enfoncer le régime syrien et ses dirigeants qu’elle traite de sanguinaires. De ce fait, beaucoup de pays, non concernés par ce drame ne peuvent comprendre aisément qui a tort et qui a raison, ce qui a fait dire au colonel Alain Corvez, au colloque sur la Syrie, du 19 juin 2013 à l’Assemblée nationale française : «les raisons de la crise syrienne qui sont obscures, et souvent inconnus du grand public qui se laissera facilement convaincre par la diabolisation politico-médiatique»

Quant à la presse, la vraie..., eh bien, elle fait son travail !
Oui la presse libre, aux mains de journalistes propres, courageux, non corrompus, fait ce qu’elle doit faire dans ce vaste champ de bataille, miné par des calculs de leadership et de profits économiques des pays de l’Occident et des monarchies du Golfe, par des intérêts bassement pécuniaires des vendeurs d’armes transnationaux et de milliardaires mafieux.
Pour ne pas nous éterniser dans ce domaine, très vaste et très sensible, nous allons vous permettre d’être de bons témoins, devant Dieu et la société, en vous résumant quelques déclarations de journalistes et de leaders politiques ayant pris le taureau par les cornes, en se passant de la langue de bois, et de l’écrit de complaisance,  pour dire la vérité sur ce drame qui ne finit pas de payer une lourde facture en termes de vies humaines et de destruction du pays.
Nous commençons par la journaliste canadienne indépendante, Eva Bartlett, qui a démonté la rhétorique des médias traditionnels sur la Syrie. Cette jeune journaliste qui a eu le courage de s’aventurer en Syrie, dans Alep en guerre, sous les bombardements, revient et témoigne honnêtement, avec l’innocence et la sincérité que peut avoir une jeune correspondante de presse qui revient du front. Voici son propos au cours de sa conférence dans l’une des salles de presse des Nations-Unies.
À la question d’un journaliste elle répond : «Il y a certainement des journalistes honnêtes parmi les médias corrompus de l’establishment, commençons par votre 2ème question concernant les Organisations internationales ! Dites-moi, quelle organisation y-a-il sur le terrain à Alep-Est ? Je vais vous le dire. Il n’y a aucune. Ces Organisations s’appuient sur l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme basé au Royaume-Uni, une seule personne. Elles s’appuient sur des groupes corrompus comme les Casques blancs. Parlons des Casques blancs. Ils ont été fondés en 2013 par un ancien militaire britannique. Ils ont reçu des fonds des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Europe et d’autres États à hauteur de 100 millions de dollars. Ils prétendent sauver des civils à Alep-Est et à Idleb. Pourtant personne à Alep-Est n’a entendu parler d’eux. Je dis personne, car je sais que 95% de ces territoires à Alep-Est ont été libérés. Les Casques blancs prétendent être neutres et pourtant on peut les voir porter les armes, près des corps des soldats syriens. Dans les vidéos qu’ils produisent figurent des images d’enfants visibles dans d’autres rapports. On peut y trouver une fille prénommée Aya apparaître dans des rapports, disons d’août, et ensuite le mois suivant, dans deux endroits différents. Ils ne sont donc pas crédibles..., l’OSDH, n’est pas crédible, les militants sans nom ne sont pas crédibles. Une ou deux fois, peut-être, mais on ne peut pas toujours leur faire confiance. Vous n’avez donc pas de source sur le terrain ! »  
La même journaliste continue d’assener ses vérités, selon ce qu’elle a vu sur le terrain. Elle reprend le journaliste et lui envoie une volée de bois vert : «En ce qui concerne votre ordre du jour, pas le vôtre, mais celui des entreprises médiatiques..., c’est l’ordre du jour du changement de régime. Comment le New York Times que j’ai lu ce matin ou Democracy Now ! que je lisais l’autre jour continuent à assurer qu’il s’agit en Syrie d’une guerre civile. Comment peuvent-ils assurer jusqu’à aujourd’hui que les protestations étaient sans armes et sans violences jusqu’à 2012 ? Ce n’est absolument pas vrai ! Comment peuvent-ils continuer à dire que le gouvernement syrien attaque la population civile à Alep, alors que chaque personne qui revient de ces territoires occupés en dit le contraire ?... » (23)
  Pierre Le Corf, jeune humanitaire français déclare : «Beaucoup de médias ont diffusé des scènes de massacres, [...] des gens brûlés vivants», a-t-il déclaré à Sputnik le 14 décembre 2016, ajoutant qu’«en étant ici je n’ai jamais entendu parler de ça. J’ai entendu parler de ça dans les médias. [...] Ça me semble difficile à vérifier»
Que n’a-t-il pas dit ce jeune homme ! Car, reprenait Chems Eddine Chitour, dans un excellent papier où il écrivait que ses contradicteurs : «Visiblement agacé par les publications de l’humanitaire montrant des gens heureux de la libération de la ville, plusieurs médias ont attaqué sa crédibilité, l’accusant d’être à la solde du «régime syrien »
Une autre vérité, allant contre le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion. Celle-là, nous vient de Maxime Chaix, journaliste indépendant, qui a intervenu courageusement à l’occasion de la cérémonie de remise aux lauréats 2016 du prix « Albert Londres », dont la caméra a épargné «La plaie» syrienne du Quai d’Orsay. Voici ce qu’il dit en substance, pour dénoncer la parodie par laquelle les deux journalistes, envoyés en Syrie, ont occulté la vérité :
 «Je doute que les politiciens occidentaux présents à cette cérémonie se seraient enthousiasmés si ces journalistes avaient choisi mon principal sujet d’investigation depuis 2014. Je fais ici référence au soutien clandestin, illégal et massif des services secrets occidentaux en faveur des innombrables milices jihadistes qui tentent de renverser le gouvernement el-Assad depuis 2011, cette guerre secrète étant principalement coordonnée par la CIA depuis la Turquie et la Jordanie. À défaut d’un tel documentaire, et vu la discrétion des médias sur ce sujet, expliquons pourquoi les «crimes invisibles» des États occidentaux en Syrie leur permettent de garder, eux aussi, «une façade de respectabilité» qui se lézarde dangereusement depuis l’été dernier ». (24)
Une autre personnalité politique américaine, Tulsi Gabard, députée démocrate d’Hawaii, monte au créneau et dénonce l’inconcevable dans cette guerre que l’Occident a conçue pour détruire le Moyen-Orient et principalement la Syrie. Du haut de sa tribune, le 10 décembre 2016, elle informe l’opinion américaine que son gouvernement finance directement l’organisation terroriste Al Qaïda. Dans la foulée elle informe l’opinion qu’il finance également l’ISI (Inter-Services Intelligence), une centrale de renseignements puissante et contestée, qui a été créée en 1948 par le major-général Cawthome, un officier de l’armée britannique.
Quant au Français, Jean-Luc Melenchon, le cofondateur du Parti de gauche, il déclare être contre tout ce qui se dit concernant la guerre en Syrie, et s’élève contre la manipulation de l’information, au profit des États-Unis et de la France «Hollandaise». Pour ce qui est de la bataille d’Alep, il dit : «La plupart des gens qui se renseignent un peu, se méfient des images manipulatrices, puisqu’elles le sont toutes en période de guerre... » Et de continuer : «Or, cette semaine, les Nord-Américains et leurs alliés, c’est-à-dire essentiellement François Hollande, ont mis en circulation toute sorte d’images qui n’était pas difficile d’obtenir puisqu’un bombardement abominable a eu lieu sur l’Est d’Alep... Cependant, dit-il, tous les bombardements sont abominables ! A-t-on oublié les Américains, à la fin de la 2ème Guerre mondiale qui, pour déloger les unités de l’armée allemande et de la SS, qui étaient sur notre territoire, ont bombardé et rasé – je dis rasé – pour nous libérer, plusieurs villes, Le Havre, Caen, Saint Lazare, Brest, Lorient et j’en passe. Enfin, toutes ces villes ont été bombardées et complètement détruites pour la plupart, et il y a eu des milliers et des milliers de morts... Donc les Français savent ce que c’est les villes bombardées pour en extraire l’ennemi qui s’y cache... » Une réponse cinglante, que cette réponse de Mélenchon !
Quant à la conclusion, vous la devinez certainement. En tout cas, l’historien Henri Amouroux, dans «La Grande Histoire des Français sous l’Occupation», Tome 8, cite le chiffre de  50 000 normands au total qui auraient perdu la vie durant cette dure épreuve.
Continuons avec les médias. Allons voir ceux de nos frères arabes et comment se sont-ils comportés (et se comportent-ils, jusqu’à l’heure actuelle) avec le conflit syrien.
Fayez Nahabieh, ingénieur agronome syrien, membre des Amis du Monde diplomatique, établi en France, témoigne dans une longue étude, en juillet 2011. Il écrit : «Les médias arabes, notamment les deux chaînes concurrentes, Al Jazeera (financée par l’émirat du Qatar, (pays profondément démocratique comme chacun sait) et Al Arabiya (financée par le royaume saoudien, qu’on ne présente plus) se sont jetés sur l’affaire avec une partialité certaine. On a eu ainsi droit à des faux reportages (venant, pour une part d’images d’archives du Liban ou de l’Irak), et à des  «témoins oculaires» disposant parfois d’une vue excellente qui leur permettait de décrire des événements se déroulant à  plus de 300 km d’eux ! »
Et il continue sur sa lancée : «Le seuil de rupture avec l’honnêteté journalistique de ces chaînes a été atteint lorsque ces mêmes médias ont fait le «black out » sur  les informations provenant de Bahreïn où des lieux de prières ont été rasés et des livres saints ont été brulés par les militaires saoudiens et bahreïniens». (25)
Il est évident que ces fabricants de zizanie et semeurs de haine, ne peuvent désemparer. Ils utilisent même la religion pour tromper l’opinion publique. Le pire, écrit le même intervenant, Fayez Nahabieh, a été la retransmission en direct d’un prêche de la prière du vendredi par son «éminence le Président ?» du  rassemblement international des savants  musulmans, l’Imam Youssef Quardawi, dans la chaîne qatari «al Jazeera», un discours obscurantiste, indigne..., un prêche de haine confessionnelle et sectaire appelant le peuple syrien à se soulever et ensuite à se débarrasser des athées et des laïques. Deux heures de haine, deux heures de non-sens. Dans les jours suivants, Quardawi n’a pas épargné des Imams syriens connus pour leur ouverture d’esprit.

Peut-on conclure sur une note qui peut convaincre ?
Bien sûr. À condition de dire vrai, avec des propos honnêtes, sincères, même s’ils choquent. Nous avons, tout au long de cette étude, expliqué les tenants et aboutissants de cette crise syrienne et, aujourd’hui, du drame qu’elle vit dans cette contrée du Moyen-Orient. Avons-nous tout dit ? Non, assurément ! Il reste à expliquer franchement ce qu’aurait dû entreprendre le régime syrien, bien avant ces moments où son pays est arrivé à ce stade de dégradation, voire de destruction presque totale, entrainant de graves préjudices dans son patrimoine civilisationnel.
Le destin a voulu ainsi.., disons-nous en fatalistes, mais l’intelligence aurait dû se manifester autrement en une période où les moyens et l’ambiance des réformes qui soufflait dans le monde, principalement dans le monde arabe, permettaient à la Syrie de faire un bond en avant et démontrer ses potentialités en vue de jouer un rôle phare dans la région, en tant que futur modèle de la démocratie.
Nous sommes conscients que l’impérialisme en Occident n’a pu et ne peut se départir de son travail de sape à l’endroit de ce pays, proche et frontalier avec Israël, pour qui, il doit consolider, par n’importe quel moyen, sa position stratégique et lui assurer son leadership dans la région, de même que sa paix et sa quiétude. Nous savons tout cela, et sommes conscients qu’Israël restera la plaie dans ce Moyen-Orient pour longtemps encore, mais ne fallait-il pas que les voisins, et plus particulièrement la Syrie, soient à la hauteur pour négocier correctement les exigences du nouveau siècle ? La Syrie, et les autres – que nous sommes – sont restés, malheureusement, à la traine dans leurs pratiques surannées, pendant que les gens de l’Occident avancent toujours avec un rythme accéléré.
Et dans ce mouvement perpétuel qui exerce des pressions sur le monde, la Syrie qui est prise aujourd’hui dans le tourbillon d’un conflit dramatique, est en train de souffrir, et ce n’est pas à nous, sans doute, d’hésiter à désigner qui est responsable de cette situation. Est-ce le régime, l’opposition, le peuple, tous les Arabes de la planète et l’Occident, tant l’outrage, savamment agencé, exprime éloquemment pour quels «intérêts» a-t-il été commandité ? Nous avons expliqué les causes de cette tragédie. Inutile d’y retourner. Mais la raison veut que nous disions explicitement à nos frères syriens – que nous aimons et que nous soutenons – qu’ils doivent aller plus loin dans les réformes profondes, une fois la région débarrassée de son cauchemar. Parce qu’il est établi, et cela bien avant 2011, date du début des manifestations contre le régime du président Bachar al Assad qui ont éclaté à travers la Syrie, où au moins 17 personnes ont été tuées dans la ville méridionale de Deraâ, épicentre du mouvement de contestation, que la gouvernance dans ce pays, telle que conçue par le pouvoir, ne pouvait continuer dans ses réflexes anti-démocratiques.
Nous avons parlé, précédemment, dans cette contribution, du partage de la Syrie, selon le «Plan Yinon» de 1982, qui perpétue les plans précédents dont celui de Sykès-Picot. Nous avons également parlé amplement, en les décortiquant, de ces projets de gazoduc du Qatar et de l’Iran, principale cause de l’expédition belliqueuse contre la Syrie. Cependant, il est nécessaire de dire que toutes ces convoitises ont trouvé le terreau fertile pour s’implanter et donner leurs fruits, écrivant ainsi l’Histoire de cet Occident hégémonique. Ce terreau se trouvait là, dans les systèmes arabes, et ce que nous appelons «les ennemis» de notre monde, en ont profité pour mettre leur «bonne semence».
Ainsi, à côté de cette intrusion, ou mieux encore, de cette ingérence étrangère dans les affaires de la Syrie, accomplie par cette déplorable occupation du terrain par les forces du mal, il y a ce régime autocratique qui n’a pas su anticiper sur les évènements. Oui, il n’a pas su négocier une bonne sortie à ses débuts de crise, surtout qu’il y avait les «Printemps arabes» qui prenaient naissance dans certains pays, pour les déstabiliser. L’exemple était là, et on ne peut dire que les Syriens ne sont pas intelligents pour contourner les problèmes qui commençaient à prendre de l’ampleur dans leur pays.
Malheureusement, le système syrien a tout verrouillé, et Bachar et son régime, n’ont pas eu cette capacité d’anticipation – nous le répétons – qui leur aurait permis de balayer, d’un revers de main, toutes les provocations de l’extérieur, de même que leurs effets néfastes qui sont là, aujourd’hui, sur le terrain de la réalité. Ce qui fait mal, en ce moment crucial que vit la Syrie, ce grand berceau de la civilisation qui a brillé à travers les siècles, cette terre qui a vu naître les prophètes et les religions, c’est qu’à l’arrivée de Bachar au pouvoir en 2000, il y avait tant d’espoir que le pays des Omeyyade, aille droit vers la démocratie. Le jeune Bachar, était alors précédé d’un crédit certain qui lui permettait d’entamer de sérieuses réformes, en prenant des initiatives révolutionnaires, afin de ne laisser aucune faille pour que les Occidentaux n’utilisent pas cet argument prétexte pour déstabiliser et détruire son pays.
Mais le sort en a décidé autrement, et ses amis, les hiérarques, les «gardiens du temple», l’ont contraint à l’abandon de ces idées  - il les avait assurément – et à veiller scrupuleusement à l’orthodoxie !.. (26)
Alors, nous concernant, il faut se départir de cette coutumière démagogie qui nous ceint, et aller vers la franchise et le courage de nos opinions. Il est temps d’admettre qu’il y a péril en la demeure..., qu’il y a véritablement beaucoup de faiblesse chez nous, et un manque flagrant de logique et de cohérence dans nos actions. Car, au moment où les ennemis du monde arabe redoublent de provocations et fomentent toutes les stratégies qui leur conviennent pour mettre à exécution leurs programmes dans une région qui a perdu ses repères, hélas, devant l’apathie et la décrépitude des siens, nous apparaissons, comme depuis les années 30, avec nos divisions, nos alliances contre-natures et notre indigne irresponsabilité qui consiste à jeter le mal, tout le mal, sur les «autres» quand nous ne nous précipitons pas pour leur prêter main-forte. La preuve est là. En Irak, et sur le plan financier, la guerre-éclair n’aura rien coûté aux pays coalisés. Les pétromonarchies du Golfe ont supporté tous les frais, en payant rubis sur l’ongle. Aujourd’hui, nous avons augmenté d’un cran, même de plusieurs, puisque ces pétromonarchies sont en train de financer toutes les exactions de ces hordes de mercenaires qui agissent pour des intérêts impérialo-sionistes, en pays syrien.
Ces infractions morales et ces atteintes au prestige de notre Histoire, démontrent, encore une fois, que même nos positions vis-à-vis des causes justes de par le monde divergent et ne peuvent atteindre cette unité de pensée et d’actions qui est attendue dans ce monde arabe, qui est devenu incapable de réagir, face à des situations ubuesques. 
C’est pour cela que la position de l’Algérie, concernant la République syrienne dont le territoire est agressé, détruit en partie, par des interventions d’aventuriers, appelés soldats, et de stipendiés agissant au nom d’intérêts occultes ou connus, de puissances étrangères, a été à la mesure des aspirations de son peuple et des principes de sa révolution de Novembre 1954. Déjà, concernant le terrorisme, la liberté des peuples, leur droit et devoir de résister aux agressions extérieures, la position de l’Algérie et ses choix clairs pour la paix et la coopération, loin de toute tutelle, ne sont pas nouveaux ! Ainsi, pour le drame qui se déroule en Syrie, l’Algérie, par le biais de son ministre des Affaires étrangères : «Salue la victoire du régime syrien qui a réussi à recouvrer sa souveraineté et à reconquérir la ville d’Alep». C’est une position très claire, qui en dit long sur nos principes immuables!
L’Algérie change sur le plan économique – pour paraphraser le journaliste Maâmar Farah –, mais ses choix diplomatiques sont constants. Que ce soit par rapport aux causes justes, comme la Palestine et le Sahara occidental, ou aux effets dévastateurs d’un «Printemps arabe», préparé dans les officines du sionisme international, les positions algériennes demeurent intangibles car elles sont fermement attachées à de perpétuels principes.
Le ministre des Affaires étrangères d’Algérie en rappelant fidèlement ces choix, ne rend pas simplement hommage aux hommes qui, avant lui et depuis l’inoubliable M’hammed Yazid, ont honoré la diplomatie algérienne ; il va plus loin et dit en filigrane : «N’oubliez pas les martyrs de la décennie noire ! N’oubliez pas les victimes du terrorisme aveugle qui a utilisé les mêmes méthodes barbares que ceux des criminels d’Alep et d’ailleurs !» Sa salve contre le terrorisme n’est pas une vue de l’esprit : elle est celle d’un homme qui parle au nom d’un peuple qui a payé le prix fort, seul ! Un peuple qui a courageusement résisté à la bête immonde !
Par ailleurs, pourquoi et au nom de quels intérêts devrions-nous rompre avec nos positions traditionnelles pour épouser celles de l’Arabie Saoudite, du Qatar, de la Turquie, du clan Clinton ou de la «Hollandie» sous perfusion sioniste ? (27)
Que pouvons-nous ajouter, après ce large développement au sujet du drame qui se déroule en terre syrienne ? Tout simplement, qu’il faut travailler davantage, selon notre conception de la paix, de l’aide inconditionnelle et de la solidarité agissante avec les peuples en lutte. Nous ne devons en aucun cas abandonner nos frères syriens, ou suivre les positions de ces «cours d’un autre âge dont le seul effort visible est la destruction des républiques arabes non agréées par Israël» (28)
En tout cas, et quelle que soit notre situation et nos problèmes, «l’Algérie n’est pas un pays que l’on convoque du bout des doigts, ce n’est pas un pays que l’on achète avec quelques milliards de dollars et son armée n’est pas un corps de supplétifs que l’on enrôle dans de hasardeuses coalitions ! Il n’y a donc rien d’étonnant aux propos du ministre qui sont de la même nature que toutes les autres déclarations des responsables algériens à propos de la guerre livrée par le terrorisme et ses sponsors à la Syrie... » (29)
Enfin, concernant le monde arabe – nous en parlons, parce que nous vivons dans cette aire de culture – nous disons hautement : où va-t-il avec son silence et sa sujétion ? Jusqu’à quand tremblera-t-il devant l’Occident ou l’impérialisme, ce «mauvais élève», selon le général Giap, héros de la guerre du Vietnam, qui nous a légué cette immortelle phrase ?
Nous ne dirons pas plus, mais rappeler, par exemple, ce personnage légendaire, aux faits historiques qui ont transformé le visage du monde, en sapant le colonialisme dans sa certitude d’être la vérité, la norme, l’absolu, nous contraint à réfléchir sur notre devenir, celui de nos pays, pour ne plus vivre ces conditions lamentables et ce travail de diabolisation qui perdure lamentablement, imprégné de mensonges et d’outrances…
Alors, tous autant que nous sommes, tirons les enseignements de cette guerre qui se déroule sous nos yeux et, que certains parmi les Arabes qui se voient dans l’impossibilité d’être solidaires avec leurs frères syriens, en agissant concrètement pour une solution politique responsable, qu’ils évitent par contre d’appartenir aux «coalitions hasardeuses» pour ne pas faire fonction «d’épées d’emprunt». C’est le moins que l’on puisse leur demander, pendant ces moments difficiles, où les passions s’accentuent et les haines se déchaînent. Les autres, et ils sont nombreux, qu’ils manifestent clairement leur solidarité fraternelle et se mettent dans la tête que l’avenir ne pourra être que plus clément pour le peuple syrien qui recouvrera ses droits légitimes, dans la dignité et la justice, nous en sommes certains, car ce peuple n’a jamais failli devant les vicissitudes du temps, car il a été constamment à l’avant-garde de son destin.

Kamel Bouchama

 

NB :
Cette étude a paru en 3 parties de 2 pages chacune, dans Le Soir d’Algérie, les 21, 22 et 23 janvier 2017

Notes :
Conseiller du général commandant la FINUL, déployée au Sud-Liban. Ancien conseiller également en relations internationales au ministère des Affaires étrangères et est actuellement conseiller en stratégie internationale.
« Sur la Syrie, la France est en état d’extinction cérébrale » du 15 décembre 2016
Robert Kennedy Junior, avocat et neveu de l’ancien président John F. Kennedy, dans «Politico», le site qui attire plus de 7 millions de visiteurs par mois.
«Hattine», la fameuse bataille qui s’est déroulée en 1187, sous le commandement de Saladin, a vu la participation concrète et édifiante d’une armée de Berbères qui se trouvait aux premières lignes.
Maâmar Farah, dans Chronique du jour : Les choses de la vie, «Un Algérien nommé Lamamra», dans Le Soir d’Algérie du 22-12-2016
Ibid.
Jean Christophe Ploquin, rédacteur en chef au quotidien «La Croix».
Jean-Paul Roux, Directeur de recherche honoraire au CNRS Ancien professeur titulaire de la section d’art islamique à l’École du Louvre
Nathalie Galesne «Syrie, éclats d’un mythe», Actes Sud 2002
Le pèlerinage de Maître Thietmar (in Croisades et pèlerinages)  Ed. Robert Laffont.
Ibn Jubayr dans «Relations de voyages», Gallimard, Paris 1995
Ibid
Gustave Le Bon (1884), «La civilisation des Arabes»: livre III (L’Empire des Arabes).
Kamel Bouchama, dans « Les Algériens de Bilâd ec-Shâm »
«Croisade contre djihad : la prise de Jérusalem» par Henri Tincq, journaliste français.
http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=52&t=20696&start=60,
«Le front Al Nusra» est une organisation armée terroriste islamiste d’idéologie salafiste djihadiste affiliée à Al-Qaïda de 2013 à 2016
L’Appel de Cthulhu est une nouvelle fantastique de l’écrivain américain Howard Phillips Lovecraft, 
Journal «Le Monde» : Du soulèvement populaire au conflit international, cinq ans de guerre en Syrie.
http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/la-guerre-des-gazoducs-am-ricano-russe-en-syrie-pourrait-d-stabiliser-poutine-641207165
Le Colonel Alain Corvez au colloque sur la Syrie du 19 juin 2013, Op.cit
L’avocat Robert Kennedy Junior, Op.cit
Tulsi Gabard est la députée démocrate de Hawaii, qui interviewée par CNN le 10 décembre 2016, déclare que le gouvernement US finance directement ISI et Al-Qaïda !
Maxime Chaix, le 3 juin 2016 , In «Analyses approfondies, Articles d’actualité»
Fayez Nahabieh, in «Réflexion sur les origines de la crise syrienne et les moyens d’en sortir»
L’ancien ambassadeur en Syrie, kamel Bouchama, témoigne que ce sujet a été maintes fois abordé ensemble, lors de leurs rencontres et que le président Bachar était très sensible à cette question. Dont acte.
Maâmar Farah, dans «Le Soir d’Algérie», Op. cit.
Ibid.
Ibid.



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