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N° 105 - Mai 2017

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Contribution

Evocation d’un grand moudjahid, Abdelmadjid Bouzbid, ancien directeur général de la Sûreté nationale

Par Aissa KASMI



Voilà une année depuis que nous a quittés le regretté moudjahid Abdelmadjid Bouzbid, décédé à Alger le 29 février 2016 à l’âge de 85 ans. Si j’évoque aujourd’hui sa mémoire, une année après son décès, c’est parce que cet homme, à l’instar de la plupart des hommes de sa génération, a marqué sa vie d’un sceau indélébile, trempée de patriotisme, d’engagement et de sacrifice au service de la patrie. Né à Annaba dans une famille militante, le 15 juillet 1931, il a rejoint dès sa prime jeunesse les rangs du PPA/MTLD, en 1947/1948. Il devient en 1949, membre de l’Organisation secrète (OS) et lors du démantèlement de cette organisation notamment à l’Est, suite à l’affaire dite de Tebessa, il a été arrêté en même temps que des centaines de militants et condamné à un an de prison ferme et cinq ans de privation de droits civiques.
Dès le déclenchement de la Révolution, il milite d’abord à Annaba au sein de l’organisation civile du FLN avant de rejoindre l’ALN en 1956 dans la zone 2 de la wilaya II. Grièvement blessé à la fin de l’année 1956, lors d’une opération militaire, il a été évacué vers l’hôpital Habib Thamer de Tunis, à travers les frontières. Une fois soigné et rétabli, il se retrouve affecté au service de l’armement à Tripoli (Libye) où il devient responsable des services logistiques de Benghazi et délégué du FLN dans cette ville, jusqu’au 29 septembre 1959, date de sa désignation en qualité de chef du centre des services « armement et ravitaillement » pour la Tunisie (ministère de l’Armement et des Liaisons Générales - MALG), poste qu’il a occupé jusqu’au mois d’août 1962.
Après l’indépendance, il s’est engagé corps et âme dans les nouveaux chantiers d’édification nationale, avec le même esprit et le même dévouement qui l’ont animé durant la Révolution. Au début du mois de février 1963, il a été nommé chargé de mission à la Direction générale de la Sûreté nationale qui avait son siège à l’époque au Palais du Gouvernement. Dans cette fonction, il a fait montre d’une compétence et d’un savoir-faire lui ayant permis de contribuer de façon efficace à la mise en place des premiers jalons de la Police nationale. Au mois d’octobre 1964, il a été nommé en qualité de secrétaire au ministère des Affaires étrangères, avant de revenir à la Direction générale de la Sûreté nationale au mois de février 1967, en qualité de sous-directeur de l’administration générale jusqu’au mois de mars 1971.
Du 9 mars 1971 au mois de juin 1987, il a exercé comme directeur de l’inspection et des affaires générales toujours à la Direction générale de la Sûreté nationale, soit plus de 16 ans sans interruption. C’est dans ce poste que Si Abdelmadjid s’était distingué par ses qualités de chef, d’organisateur, de meneur d’hommes et de rigueur envers lui-même d’abord avant de l’exiger des autres. A partir de 1977 jusqu’à 1987, date de départ du défunt Ahmed Draïa et son remplacement par El-Hadi Khediri, à la tête de l’Institution, il était devenu pratiquement l’adjoint du directeur général de la Sûreté nationale, tout en gardant son titre de directeur de l’inspection et de l’administration générale. Doté d’une mémoire phénoménale, il suivait de près tous les dossiers sensibles, rien ne lui échappait. Il connaissait parfaitement tous les cadres tant au niveau national que local, il les appelait presque tous les matins au téléphone. Il consacrait quotidiennement jusqu’à 18 heures de travail y compris les jours fériés dont bénéficiaient les autres, mais pas lui.
Au mois de juin 1987, Si Abdelmadjid devient le septième directeur général de la Sûreté nationale de l’Algérie indépendante, jusqu’au mois de juillet 1990, date à laquelle il a été remplacé par le colonel Kamel Lahrèche. Du 1er novembre 1990 au 30 juin 1992, il a occupé le poste d’ambassadeur d’Algérie à Bamako (Mali). A ce titre, il a largement contribué à la concrétisation du pacte national de la paix, signé à Bamako, le 12 avril 1992. Au total, il a ainsi consacré pas moins de 24 ans de sa riche carrière à la Sûreté nationale. Durant ce valeureux parcours, il a vécu toutes les turbulences qui ont secoué l’Algérie au plan de la sécurité au cours des trois décennies postindépendance, en particulier, les premiers attentats perpétrés par le terrorisme islamiste, notamment l’attaque de l’école de police de Soumaa, le 27 août 1985, les évènements d’octobre 1988 ainsi que les prémices de la décennie noire en 1990. 
Décorations :
- Le 02 janvier 1984, il a été décoré de la médaille de l’Armée de Libération Nationale.
- Le 03 octobre 1984, il a été décoré de l’ordre du Mérite National au rang de AHID.
- Le 09 avril 1992, il a été décoré Chevalier de l’Ordre National par le Président de la République du Mali.
- Le 12 octobre 1996, il a été nommé membre du Conseil de l’Ordre du Mérite National.
Publication :
- Publication d’un ouvrage historique sur « la logistique durant la guerre de libération nationale, édité en 2004 en français, puis réédité en arabe et en français en 2008.
La Direction Générale de la Sûreté Nationale, reconnaissant les mérites de cet homme et pour perpétuer sa mémoire, a baptisé en son nom le plus grand établissement de formation de la Sûreté nationale, en l’occurrence, l’Ecole d’application de la Sûreté Nationale de Soumaa.
Que tous ceux qui ont connu Si Abdelmadjid Bouzbid aient en cette occasion une pensée pour lui en implorant Dieu le Tout Puissant de l’accueillir dans Son Vaste Paradis. A Dieu, nous appartenons et à Dieu, nous retournerons.
Aїssa Kasmi



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