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N° 105 - Mai 2017

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Contribution

Les médias sociaux et la communication politique en Algérie et pourquoi Trump a gagné

Par Ali Kahlane,



Les hommes politiques et leurs partis devaient s’adapter au plus vite à un changement de paradigme dans le domaine de la communication telle qu’on la connaissait. En effet, la « présence » classique basée sur des déclarations textuelles ou, en utilisant les médias traditionnels, n’intéresse pratiquement plus personne et à laquelle très peu accorde de l’importance. Il est grand temps que l’on passe à l’autre type de communication, qui se doit d’être plus inclusive et utilement intrusive, dans un monde où tout va très vite, c’est l’immédiateté des actions et l’instantanéité de l’information qui font tourner le monde et président désormais à ses destinées dans tous les domaines. En Algérie, près de 65% de notre population est composée de jeunes de moins de 35 ans, ceux que l’on désigne par la génération « X ». Plus de 80% d’entre eux utilisent un smartphone et les réseaux sociaux d’une manière naturelle et surtout, régulière. Dans notre pays, avec 50% de la population sur Facebook, nous allons bientôt dépasser les 20 millions d’utilisateurs de ce réseau social, soit près de 2% à l’échelle mondiale, c’est ce type de communication, vers cette population qui fera désormais la différence et certainement pas les déclarations de salon des partis politiques !

Obama l’a fait en se faisant élire grâce aux média sociaux en 2008, Trump l’a aussi fait d’une manière tout aussi atypique, en plus spectaculaire, en 2016. A 70 ans il a tout compris des réseaux sociaux !


Ce qui s’est passé en novembre 2016 aux USA est édifiant et c’est aussi historique. L’élection de Donald Trump, le 45e Président de la plus grande puissante du monde, est un pur produit des médias sociaux couplé à la nouvelle économie du « clic »! Trump a très bien compris et amélioré à l’extrême ce qui a aussi permis d’élire Obama en 2008. Obama était un candidat atypique, au standard US, noir et « musulman », l’utilisation des réseaux sociaux avait permis son élection avec l’avance que l’on connait.Cela lui a permis d’aller chercher un électorat qu’il n’aurait jamais pu atteindre autrement. Ce n’est pas uniquement les 13% de Noirs américains ni les 15% de latinos et encore moins les 1,5% de musulmans qui ont fait la différence (chiffres de 2008). Il a puisé confortablement dans le reste de la population notamment les jeunes, ceux de la génération X, la digital génération augmentée par tous ceux que les médias sociaux ont dénichés et sortis de leur torpeur. Alors que seuls 55% des Américains avait Internet haut débit à l’époque et, encore moins utilisaient les médias sociaux comme il l’ont fait en 2016. Trump a très bien compris la leçon. Il a complètement adopté et intégré à sa vie l’utilisation des médias sociaux. Cette utilisation a été un accélérateur inclusif de la majorité des Américains aussi bien ceux qui étaient pour lui que ceux qui étaient contre lui, le résultat était qu’en bout de course, aucun ne lui était indifférent. Ses messages atteignaient les personnes qu’aucun homme politique américain n’aurait jamais rêvé atteindre. En effet, allez savoir ce qui se passe dans l’isoloir, lorsque juste avant d’y entrer, on recevait un tweet, on regarderait une vidéo de Trump ou visualiserait un post sur Facebook, que on l’aime ou que on le honnisse le candidat, on est marqué et, à quelques minutes à quelques secondes du choix, l’humeur du moment de l’électeur pourrait faire tout basculer. 

A quoi cela peut servir dorénavant d’interdire les campagnes de continuer à 24h ou 48h du scrutin ou, d’interdire aux sympathisants des candidats d’haranguer les électeurs à l’entrée des bureaux de vote, ou même d’interdire la publication des sondages dans les media classiques, lorsque les électeurs sont adressés directement, nommément et en toute ubiquité ?

Je pense que c’est là qu’il faut chercher l’explication de la baffe que tous les grands instituts de sondages quand ils ont enregistré leur plus grande débâcle en se trompant lourdement aussi bien sur les résultats du Brexit que ceux de l’élection américaine. Tous les algorithmes se sont avérés faux car la réalité des médias sociaux n’y a tout simplement pas été intégrée à temps et surtout pas avec le sérieux de ce qui un véritable épiphénomène sociétal. A l’aide des média sociaux et notamment avec twitter, non seulement Trump a communiqué avec ses sympathisants, a élargi en communiquant avec le reste de l’électorat, a atteint tous les Américains et le reste du monde avec ses tweets, discuté avec ses homologues présidents avec des tweets et ... il va dorénavant gouverner avec les mêmes outils comme il est en train de le montrer depuis son investiture. Les GAFA ont compris que les médias sociaux sont en train de devenir neuronaux. Parmi eux, Google en particulier, développe à grands pas l’ordinateur biologique qui se rapproche de plus en plus de notre cerveau. Avec ces 100 milliards de neurones et ses connexions synaptiques celui-ci lui permettrait d’agir comme autant de réseaux d’information, autant de réseaux sociaux partagés par tous et pour tous. Le cloud dont le volume et la puissance grandissent d’une manière exponentielle est en train de mettre en place ces connexions, ces « synapses » digitales pour ce faire. Cela est un autre sujet autrement plus passionnant car, comme disait Robert Metcalfe : « Le futur est déjà là. Simplement, il n’est pas réparti de manière uniforme. »
Ali Kahlane



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