Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 107 - Août 2017

Go

Contribution

L’Algérie aux jeux Olympiques

Par Me Serge PAUTOT,



Olympie, une ville de jeux dans l’Antiquité
Les Jeux remontent à l’Antiquité grecque. Déjà, tous les quatre ans, les jeux Olympiques antiques furent le reflet fidèle de la Grèce.
Nés et morts pour des motifs politiques et religieux, ils ont été un des grands moments de l’histoire de l’Antiquité, bien qu’ayant encouragé discrimination raciale et sociale, violence, tricherie et dopage, paris, professionnalisme et vedettariat, tares si durement reprochées aux Jeux modernes accusés de manquer à la « pureté originelle ».
En 884 avant J.-C., la Grèce entière était en guerre. Iphitos, roi du petit Etat d’Elide, sollicita alors l’oracle de la pythie de Delphes, laquelle conseilla de restaurer les « Jeux qui plaisent aux Dieux ». Iphitos parvint à convaincre de cette nécessité le puissant lycurgue, législateur de Sparte, qui proclama aussitôt l’Elide « Etat neutre ». C’est ainsi qu’Iphitos institua des « jeux athlétiques qui se déroulent tous les quatre ans à Olympie », ville sacrée du sud-ouest de la Grèce. Le succès fut immédiat au point d’entraîner une « trêve olympique » dans ce pays ravagé par la guerre puis de provoquer, en 776 avant J.-C., la création d’un calendrier ayant comme référence les jeux olympiques (les jeux néméens et les jeux pythiques, autres Jeux de l’Antiquité, ne furent que des imitations). Les jeux Olympiques étaient réservés aux citoyens grecs libres. Pour participer, il ne fallait être « ni esclave, ni métèque, ni impiété ni sacrilège, et s’être soumis, après un entraînement de dix mois, à un stage de trente jours à Elis pendant la période précédant les Jeux ».
Tous les quatre ans, ces grands-messes sportives attirent des quatre coins du monde grec quantités de population, les uns viennent pour les épreuves, les autres pour les festivités religieuses, d’autres encore pour des affaires. Le monde hellénique, unis par la langue, le sang, les sanctuaires et de mœurs semblables aimait accueillir les athlètes étrangers également dans leurs concours, des participants venus de toute l’Hellade (le monde grec) jusque dans les « colonies » (Libye actuelle), Naucratis en Egypte (la future Alexandrie).
En 472 avant J.-C., les Jeux duraient cinq jours. Ils étaient à leur apogée et se déroulaient chaque jour devant 60 000 spectateurs. Olympie, la ville des temples dédiés aux dieux et des prêtres, était entourée d’un camp de toile. Les vainqueurs étaient assimilés à des demi-dieux, le plus célèbre étant Milon de Crotone, six fois victorieux en pancrace. Sa gloire surpassa celle de Dicon de Sparte, tous deux quatre fois vainqueurs, également en pancrace. Le retentissement d’une victoire olympique devint tel que les villes s’arrachaient les champions à prix d’or.
En 67 avant J.-C., l’empereur Néron prit le départ de la course de chars. Il en fut le seul participant, les autres concurrents, prudents, s’étant retirés. Ce fut un coup terrible porté aux jeux Olympiques.
Les Jeux de 369 après J.-C. furent les derniers. Sous l’influence de St Ambroise, Evêque de Milan, l’empereur chrétien Théodose 1er les déclara impies et les abolit à l’issue de la 286e Olympiade.

La victoire des anneaux ou les cinq parties du monde
En 1892, à la Sorbonne, le Français, le baron Pierre de Coubertin déclare : « La renaissance de l’athlétisme dans le monde doit avoir pour conclusion nécessaire le rétablissement des jeux Olympiques ».
Le 23 juin 1894, un Congrès international réuni à Paris vote à l’unanimité le rétablissement des Jeux et la constitution d’un Comité international. En 1896, se tiennent les premiers Jeux de l’Olympiade à Athènes et en 1924, les premiers Jeux d’hiver à Chamonix. En 1986, le Comité international olympique décide de décaler à partir de 1994 les Jeux d’hiver qui auront lieu tous les quatre ans en alternance avec les Jeux de l’Olympiade.
Le baron Pierre de Coubertin a très clairement défini la signification des anneaux qui allaient figurer par la suite, dès les Jeux d’Anvers, en 1920, sur l’emblème et le drapeau officiels du mouvement olympique. « Tout blanc, avec les cinq anneaux enlacés : bleu, jaune, noir, vert, rouge, il (le drapeau) symbolisait les cinq parties du monde unies par l’olympisme et reproduisait les couleurs de toutes les nations participant aux jeux Olympiques. »
Le mouvement olympique doit : promouvoir le développement des qualités physiques et morales qui sont les bases du sport ; éduquer par le sport la Jeunesse, dans un esprit de meilleure compréhension mutuelle et d’amitié contribuant ainsi à construire un monde meilleur et plus pacifique ; faire connaître universellement les principes olympiques suscitant ainsi la bonne volonté internationale ; convier les athlètes du monde aux jeux Olympiques qui comprennent les Jeux de l’Olympiade et les JO d’hiver. Le terme « Olympiade » désigne la période de 4 ans qui suit les Jeux. Les Olympiades et les JO se comptent à partir de 1896 même si à la date d’une Olympiade, les Jeux n’ont pu avoir lieu.
Les JO ont lieu tous les 4 ans. Ils réunissent en un concours sincère et impartial des athlètes olympiques de tous les pays. Le Comité international olympique donnera aux JO la plus large audience possible. Aucune discrimination n’y est admise à l’égard d’un pays ou d’une personne pour des raisons, religieuses ou politiques.
N’oublions pas le serment olympique qui a changé et voici l’actuel : « Au nom de tous les concurrents, je promets que nous prendrons part à ces jeux Olympiques en respectant et suivant les règles qui les régissent, en nous engageant pour un sport sans dopage et sans drogue, dans un esprit de sportivité, pour la gloire du sport et l’honneur de nos équipes.»

Les missions et stratégies du Comité olympique algérien (COA)
Le Comité national olympique est une association reconnue d’utilité publique et d’intérêt général. Il est visé aux articles 101 et suivants de la loi du 23 Juillet 2013 relative à l’organisation et au développement des activités physiques et sportives.
L’article 102 indique que le Comité national olympique est constitué et régi par ses règlements et statuts dans le respect des dispositions de la Charte olympique. Il exerce ses activités dans le strict respect des dispositions de la Charte Olympique.  Il exerce ses activités dans le strict respect des valeurs olympiques, de l’éthique, de la déontologie sportive et des lois en vigueur en harmonie avec les principes de la Charte olympique. Le Comité national olympique veille notamment à la protection du symbole olympique.

L’article 108 vise aussi le Comité national paralympique.
Le Comité national olympique est présidé par Mustapha Berraf. Le Président d’honneur est le Président de la République son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika.
La mission principale du Comité olympique algérien est de faire la propagande de la culture physique et sportive basée sur des acquis scientifiques, technologiques, principes de rapprochement, la solidarité, le fair-play et la compréhension ainsi que le respect des principes dictés par la charte olympique. Dans ce cadre, les missions du comité olympique algérien se concentrent sur :
Le respect de l’application des directives du Comité international olympique,
La participation à l’enrichissement de la culture olympique national,
Le respect des lois régissant la pratique des différentes activités sportives et morales, la lutte contre le racisme,
La concrétisation des principes de la solidarité, la paix, le rapprochement entre les peuples et les jeunes du monde,
L’encouragement à la généralisation et le développement de la pratique sportive chez les citoyens,
L’organisation et l’ordonnancement des relations entre les fédérations sportives et les sociétés concernées,
La représentation de l’Algérie dans les rencontres et les jeux olympiques sur le plan national, continental et mondial,
La participation dans les stages afin de réaliser une remise à niveau des entraîneurs et les cadres sportifs.
Elle oriente le travail des fédérations sportives et collabore avec elles pour évaluer les résultats et éviter les points faibles et une bonne connaissance des travaux sportifs.
Ces initiatives visant à ne pas interrompre le processus de préparation des athlètes ont été initiées en étroite collaboration avec les pouvoirs publics et décidées par l’Assemblée générale du COA avec pour seul objectif  l’intérêt général et non l’intérêt privé.
En effet, les opérations suivantes ont été exécutées à l’actif des athlètes qualifiés ou susceptibles de se qualifier dans les disciplines suivantes : athlétisme – aviron et canoë kayak – badminton – boxe – escrime – gymnastique – haltérophilie – lutte – natation – judo – tennis – tennis de table –volley-ball et voile.
A ce jour et outre ces dispositions exécutées conjointement par le COA et le MJS (Ministère Jeunesse et Sport), un accord d’octroi de 18 bourses a été obtenu auprès du Comité olympique des USA qui devrait permettre d’articuler au mieux les perspectives futures.
A cela, Ammar Brahmia, président de la Commission de la préparation olympique précise qu’il est utile d’ajouter que le COA a initié d’autres accords, en l’occurrence en Suisse à Aigle, en Italie, en Azerbaïdjan, en France et en Espagne où les athlètes se préparent dans les meilleures conditions.
Les entraîneurs étrangers demandés par les fédérations sont également pris en charge, il s’agit de :
luttes : 2 entraîneurs (Turquie – Bulgarie)
escrime : 1 entraîneur (Cuba)
boxe : 1 entraîneur (Ukraine)
natation : 2 entraîneurs (Brésil – France)
handball : 1 entraîneur (Algérie)
en plus de 2 kinésithérapeutes (Cuba).
Le Comité olympique algérien, dans le cadre des missions qui lui sont assignées par la loi et ses statuts use de toutes ses prérogatives pour veiller à la bonne gouvernance et à l’utilisation rationnelle des ressources financières.

Toute l’Algérie avec ses champions aux jeux Olympiques
L’Algérie participe aux jeux Olympiques d’été depuis 1964 . 1968. 1972 . 1976 . 1980 . 1984 . 1988 . 1992 . 1996 . 2000 . 2004 . 2008 .2012 . 2016 et aux Jeux olympiques d’hiver en 1992 . 1994 . 1998 .2002 . 2006 . 2010 . 2014.
Le premier médaillé algérien dans l’histoire des jeux Olympiques est le boxeur Mustapha Moussa, qui a gagné une médaille de bronze à Los Angeles en 1984.
Le président Mustapha Berraf du Comité olympique et sportif algérien (COA) rappelle qu’après son Indépendance, l’Algérie s’est donné, entre autres objectifs, la mission de développer le secteur sportif, vu que ce dernier encourage le dynamisme de la jeunesse. Pour cela, les autorités concernées se sont fixé pour but de mieux représenter le pays en incluant le sport algérien dans la plus haute organisation sportive mondiale. C’est à l’issue d’une réunion organisée le 18 octobre 1963, au Crédit municipal d’Alger, regroupant dix-sept pionniers dont douze présidents de fédérations nationales de sports olympiques, qu’a pris naissance le premier bureau exécutif du Comité olympique algérien composé de douze membres dont sept représentants des fédérations élus par leurs pairs, et cinq membres désignés.
Le 23 octobre 1963, le Dr Mohand-Amokrane Maouche, président de la fédération algérienne de football est élu président du Comité olympique algérien par les membres du bureau exécutif. La reconnaissance officielle du Comité olympique algérien par le Comité international olympique (CIO) fut effective le 27 janvier 1964, à l’occasion de la 62e session tenue en marge des 9e jeux Olympiques d’hiver par Innsbruck (Autriche), le dossier d’adhésion de l’Algérie fut présenté par Mohand-Amokrane Maouche et Mustapha Larfaoui, respectivement président et secrétaire général du Comité olympique algérien.
Après 2012, l’Algérie totalise 15 médailles (5 médailles d’or, 2 médailles d’argent et 8 médailles de bronze) en 14 participations aux Jeux olympiques (11 fois aux jeux d’été et 3 fois aux jeux d’hiver). L’Algérie n’a jamais été pays organisateur des jeux Olympiques. Les Jeux de 1996 à Atlanta ont permis à la délégation algérienne de glaner 2 titres olympiques. C’est aux Jeux de 2000 à Sydney que la moisson fut la meilleure, avec 5 médailles (1 en or, 1 en argent et 3 en bronze).

Voici les médaillés olympiques :

1 MÉDAILLE D’OR :
Hassiba Boulmerka (athlétisme), titre du 1 500 mètres, jeux Olympiques de Barcelone 1992 ;
Noureddine Morceli (athlétisme), titre du 1 500 mètres, jeux Olympiques d’Atlanta 1996 ;
Hocine Soltani (boxe), titre de catégorie poids légers, jeux Olympiques d’Atlanta 1996 ;
Nouria Merah-Benida (athlétisme), titre du 1 500 mètres, jeux Olympiques de Sydney 2000 ;
Taoufik Makhloufi (athlétisme), titre du 1 500 mètres, jeux Olympiques de Londres 2012

1 MÉDAILLE D’ARGENT :
Amar Benikhlef (judo), jeux Olympiques de Pékin 2008 ;
Ali Saidi-Sief (athlétisme), au 5 000 mètres, jeux Olympiques de Sydney 2000 ;

Parmi les médaillés  de bronze, Aissa Djabir Said-Guerni (athlétisme), au 800 mètres, jeux Olympiques de Sydney 2000, Hocine Soltani (boxe), jeux Olympiques de Barcelone 1992,...
Parmi les sportifs les plus prestigieux, Hassiba Boulmerka, première médaille de l’or de l’Algérie aux jeux Olympiques qui triomphe en athlétisme sur le 1 500 mètres en 1992 « au nez et à la barbe » de ceux qui s’opposent à la pratique du sport par les femmes. A son retour, outre les honneurs qui lui sont réservés par le Président de la République, la reine Noor de Jordanie commentera: « Vos succès sont ceux de toutes les femmes musulmanes ».
Et puis quelques mots concernant le boxeur Hocine Soltani qui est le sportif algérien le plus titré aux jeux Olympiques avec 2 médailles. Son destin fut tragique. J’ai une pensée toute à fait particulière pour lui qui était venu s’installer en France en 1998. Je l’avais accueilli à mon cabinet d’avocats pour son titre de séjour avec son épouse avec nos amis de la boxe à Marseille, ses cousins et l’entraîneur Jean-Pierre Di Stefano. Hocine Soltani est le deuxième boxeur africain de l’histoire à avoir remporté un titre olympique.
Vainqueur aux Jeux d’Atlanta en 1996, chez les légers, l’Algérien succédait au Kényan Robert Wangila, qui s’était paré d’or dans la catégorie welters à Séoul, en 1988, aux dépens du Français Laurent Boudouani. Wangila a lui aussi connu une funeste destiné : il est décédé en 1994, des suites des blessures d’un combat qu’il avait perdu contre l’Américain David Gonzales. Hocine Soltani a disparu le 31 mars 2002. Ses restes ont été retrouvés, calcinés, dans une forêt des Bouches du Rhône en France. Il est enterré à Berrakmoune à l’Est d’Alger. Son destin fut tragique.
Je souhaite que les athlètes algériens puissent donner le meilleur d’eux-mêmes, ils le méritent.

S. .P.



Du mĂŞme auteur

Par Me Serge PAUTOT,

Les plus lus

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF