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N° 127 - Mars 2020

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Une nouvelle ère dans les relations économiques algéro-turques

L’Algérie, plateforme de pénétration en Afrique

Par Yahia MAOUCHI



Hisser à un plus haut niveau la coopération économique entre l’Algérie et la Turquie, est le message qui ressort des discours du président de la République de Turquie Recep Tayyip Erdogan, et le Premier ministre Abdelaziz Djerrad, qui ont présidé le forum d’affaires, entre lesdeux pays, tenu à Alger. Une occasion égalementd’identifier les voies et moyens permettant de développer davantage la coopération économique en vue de la hisser au niveau de l'excellence de leurs relations politiques et d'amitié. D’ailleurs, le volet économique a pris la part du lion dans le plan du séjour algériendu Présidentturc, Recep Tayyip Erdogan, les deux pays ayant l’ambition de booster davantage la coopération économique et le volume des investissements. Sachant que la coopération économique entre l'Algérie et la Turquie a enregistré ces dernières années une dynamique particulière, avec la réalisation de nombreux projets de partenariat.

Ainsi, à l’issue des entretiens, les deux présidents ont signé une déclaration commune portant création d’un Conseil de coopération de haut niveau entre l’Algérie et la Turquie. Ils ont convenu également de porter les échanges commerciaux entre les deux pays à plus de cinq milliards de dollars.Un forum d’affaires algéro-turc a été organisé également ayant permis à plus de 200 opérateurs économiques participants des deux pays d’examiner les possibilités d’élever les moyensde coopération etd’accentuer les relations économiques et commerciales entre l’Algérie et la Turquie. Lors de la clôture des travaux du Forum d’affaires, en présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerrad, le Président Recep Tayyip Erdogan a considéré que ce forum « pose les bases d’une nouvelle étape dans les relations économiques entre les deux pays », assurantqu’ila toujours désiré, depuis son élection en Turquie, un intérêt particulier aux relations algéro-turques. Le Premier ministre, Abdelaziz Djerrad a tenuà saluer « la disposition du Président Erdogan et des entreprises turques à investir en Algérie et contribuer au développement économique global auquel nous aspirons tous », mettant en avant la détermination du gouvernement algérien à encourager la coopération en érigeant les partenariats et les investissements en base solide dans les relations algéro-turques.Mettant à profit l’occasion, le Premier ministre a appelé les hommes d'affaires à investir dans les secteurs prioritaires en Algérie, se disant convaincu que ces secteurs intéresseront les hommes d'affaires turcs et l'industrie turque en général. Enumérant ces secteurs, M. Djerrad a cité les industries légères, les nouvelles technologies, les start-ups, l'agriculture, l'hydraulique et le tourisme, qualifiant ces secteurs de prometteurs où la coopération algéro-turque sera fructueuse. M. Djerrad a fait état de l'ouverture d'un grand atelieralgéro-turc qui sera consacré à la mise en place d'un nouvel encadrement des relations commerciales bilatérales dans le cadre d'un mécanisme à même de revoir à la hausse le volume d'échanges au mieux des intérêts des deux pays.

 

Des investissements tous azimuts

Par ailleurs, le Président turc a affirmé que son pays aspirait à la réalisation d'importants investissements avec l'Algérie, relevant que les deux pays avaient décidé de tenir une réunion du comité mixte de coopération économique qui ne s'est pas réuni depuis 2002. « La facilitation de la mobilité des personnes entre les deux pays et l'augmentation du nombre de visas accordés permettront aussi de hisser le niveau de coopération bilatérale », a-t-il assuré. A cet effet, il a appelé à la création d'une zone de libre-échange entre l'Algérie et la Turquie. « Contrairement à d'autres pays, nous ne considérons pas l'Algérie comme un marché pour écouler nos produits mais nous aspirons aussi à la réalisation d'importants investissements », a souligné M. Erdogan au cours du forum d'affaires algéro-turc, précisant que les investissements des sociétés turques en Algérie dépassaient les 3,5 milliards de dollars,ce qui a permis la création de 30.000 postes d'emploi. En outre, M. Erdogan a fait état de 377 projets d'investissements turcs établis en Algérie, tout en réaffirmant la détermination de son pays à poursuivre ses efforts en vue de réaliser davantage de réussites bilatérales. L’invité de Abdelmadjid Tebboune, a ajouté que « l'Algérie occupe la troisième place en termes de présence des entreprises turques de par le monde ».

 

Renouvellement du contrat d'approvisionnement en GNL

Ainsi, au-delà des questions politiques, de nombreux accords visant à intensifier la coopération dans plusieurs secteurs ont été conclus, dont un contrat permettant à l’Algérie d’approvisionner la Turquie en gaz naturel liquéfié (GNL) jusqu’en 2024.Ainsi, le ministre de l'Energie, Mohamed Arkab a annoncé, en marge du Forum d'affaires algéro-turc, la signature d’un accord pour le « renouvellement de contrat permettant à l'Algérie d'approvisionner la Turquie en gaz naturel liquéfié (GNL) jusqu'à 2024 ».Pour rappel, l’Algérie alimente à hauteur de 38% le marché turc de gaz de pétrole liquéfié (GPL).D'autre part, Mohamed Arkab a annoncé que les travaux de réalisation du complexe pétrochimique de production de propylène et de polypropylène (PDH-PP), qui sera réalisé dans la ville d'Adana en Turquie, seront entamés durant le premier semestre de 2020.M. Arkab a souligné que la réception du projet et l'entrée en production du complexe sont prévues 24 mois après le lancement des travaux de réalisation.Le projet, dont l'investissement est estimé à 1,4 milliard de dollars, est détenu à hauteur de 66% par la société turque Renaissance et 34% par le Groupe Sonatrach, a précisé le ministre qui a estimé que ce partenariat permettra également un transfert de technologie en Algérie qui compte construire un complexe pétrochimique de production de propylène et de polypropylène à Arzew.Enfin, l'Algérie demeure le plus important accès sur le Maghreb arabe et l'Afrique, et la Turquie compte sur elle pour la réussite du prochain sommet Turquie-Afrique, a déclaré le Président Erdogan à la clôture du Forum d'affaires algéro-turc.

 

Premier investisseur étranger hors hydrocarbures

En somme, la coopération économique entre les deux pays est en plein essor. Pour preuve, près de 800 entreprises turques activent actuellement à travers le territoire national. Une société mixte algéro-turque a été créée en 2016 en vertu d'un protocole d'accord signé entre l'Entreprise portuaire d'Arzew (EPA) et la société turque de sidérurgie Tosialy. En vertu de nombreux accords portant sur la concrétisation de projets dans les secteurs industriel (textile, sidérurgie...), énergétique, de transport maritime et du bâtiment, la coopération algéro-turque ne cesse de se diversifier et de se développer, faisant de la Turquie le premier investisseur étranger hors hydrocarbures en Algérie. Ainsi, durant la période allant de 2003 à 2017, pas moins de 138 projets d'investissement impliquant des promoteurs turcs, devant générer 33.859 postes d'emploi, ont été déclarés au niveau de l'ANDI pour un montant global de 474 milliards de dinars, selon un bilan du ministère de l'Industrie. En 2017, la Turquie avait détrôné la France en se plaçant en haut du tableau des investisseurs étrangers déclarés, avec un volume financier de 169 milliards de dinars, permettant la création de 12 306 emplois. Mieux encore, plusieurs centaines de sociétés turques sont déjà présentes en Algérie, notamment dans la construction, les services et le commerce. Il est à savoir que le secteur de l’industrie est en première position dans la répartition sectorielle des investissements turcs en Algérie, représentant 59% en nombre de projets, 90% en flux et 64% en termes d’emplois créés sur l’ensemble des projets inscrits au niveau de l'ANDI. Le secteur du bâtiment, des travaux publics et de l'habitat vient en deuxième position avec 46 projets, suivi par les transports et les services et enfin l’agriculture. Actuellement, près de 1.000 entreprises turques activent en Algérie, alors que la communauté turque vivant en Algérie dépasse les 10 000 personnes, dont des cadres supérieurs, des techniciens et des travailleurs exerçant dans divers domaines d'activités. En février 2018, lors de la visite de Recep Tayyip Erdogan à Alger, les deux pays avaient signé des accords de partenariat et de coopération ainsi que des mémorandums d'entente dans les secteurs de l'énergie, de l'agriculture, du tourisme, de l'enseignement supérieur, de la culture et de la diplomatie. Il faut savoir aussi que les Turcs, dont le pays est lié par un traité d'amitié et de coopération avec l'Algérie depuis mai 2006, sont en outre intéressés par le marché algérien du textile. Le complexe intégré des métiers du textile (Tayal) de Relizane, implanté dans la zone de Sidi Khettab, est surtout connu pour la qualité et l'innovation, des facteurs importants pour la commercialisation des produits tant en Algérie qu'à l'international. Parallèlement aux projets d'investissements engagés par les deux parties, les échanges commerciaux algero-turcs ont également connu un essor pour s'établir à plus de 4 milliards de dollars durant les 11 premiers mois de 2019, faisant de la Turquie le 5e partenaire commercial de l'Algérie après la Chine, la France, l'Italie et l'Espagne. En 2018, les échanges commerciaux entre les deux pays avaient atteint 4,628 milliards de dollars, constitués de 2,318 milliards de dollars d'exportations algériennes, en hausse de plus de 26% par rapport à 2017 et 2,310 milliards de dollars d'importations auprès de la Turquie en augmentation de 14 % par rapport à la même période. L'objectif tracé par les deux parties est celui d'atteindre, dans les prochaines années, un volume de 10 milliards de dollars par an d'échanges commerciaux.

 

Des chiffres clés

-796 entreprises turques, employant plus de 30 000 personnes, sont présentes en Algérie, selon les données officielles.

- La Turquie est le 6e client de l’Algérie et son 7e fournisseur.

- La Turquie est le 1er investisseur en Algérie en termes de volume, avec 138 projets, d’une valeur de 474 milliards de dollars, notamment dans les travaux publics et l’industrie.

-Les échanges commerciaux algéro-turcs s’établissent à près de 4 milliards de dollars mais avec une balance commerciale en défaveur de l’Algérie.



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