Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 125 - Dec 2019

Go

A la une

Le candidat Abdelaziz Belaid

Un enfant de l’indépendance

Par Farid HOUALI



Titulaire d’un doctorat de médecine et d’une licence en droit, Abdelaziz Belaid est né le 16 juin 1963 à Merouana dans la wilaya de Batna.  « Je suis l’arrière-petit-fils d’Abdallah-Ben-Chérif, cheikh fondateur de la zaouïa d’Oulemouthene, terroir des Belaïd, à Hidoussa où a rayonné sur toute la région la prestigieuse école Rahmania au cours des XIXe et XXe siècles » précise-t-il sur le site Internet de son parti. « Abdallah Belaïd Ben Chérif fut aussi l’un des instigateurs de l’insurrection de 1871 contre l’occupant », ajoute-t-il. Abdelaziz Belaïd est aussi le petit fils de Driss-Ben-Abdellah, chef de la tribu de Hidoussa (Mérouana) qui continua l’œuvre de son père au niveau de la zaouïa qui fut à l’origine du soulèvement de 1916 contre l’occupant français. Il n’a pas cessé de les harceler jusqu’à l’indépendance de notre pays. Descendant d’une longue lignée de résistants algériens à l’occupation française, Abdelaziz Belaid est, selon sa biographie officielle, le fils d’Abdallah-Ben-Brahim, un moudjahid de la révolution de Novembre 1954, qui imita son oncle paternel Driss et son grand-père Abdallah dans le djihad. Il est le sixième d’une fratrie, de dix frères et sœurs, qui a donné naissance à 80 enfants et petits-enfants. Parmi ses frères l’on citera Ali, actuellement retraité et ancien officier supérieur de l’ANP qui a consacré toute sa vie au service de son pays et Djoumouai médecin, aujourd’hui président du Conseil de l’ordre des médecines de la région de Batna.En politique, Abdelaziz Belaid cumule de longues années d’exercice. Sa carrière, débute en 1986, année durant laquelle il adhéra au FLN et devient le plus jeune membre du comité central à l’âge de 23 ans. Il sera longtemps responsable de ses organisations satellites, dont l’Union des étudiants algériens.De la période du parti « unique », il en garde encore des souvenirs. « J’ai eu l’honneur et le privilège d’avoir approché, côtoyé des hommes et des militants ayant façonné le parti (FLN) ainsi que la politique de l’Algérie », nous dit-il. Il citera notamment feu Chadli Bendjedid. « Il était non seulement pour moi, mais pour beaucoup d’entre nous militants, un symbole de sagesse mais aussi d’engagements ». En 2001, il est à la tête du comité chargé de la préparation du Festival mondial de la jeunesse, organisé à Alger du 8 au 16 août 2001, rassemblant plus de 15000 participants venus de 40 pays. De l’avis de tous les observateurs avertis, cette manifestation fut une totale réussite. Député de 1997 à 2007, il est élu secrétaire général de l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA). En 2011, à la suite de nombreux désaccords avec la direction du FLN, il quitte le parti pour fonder le Front El  Moustakbal, premier parti fondé par des natifs de l’après 1962. Pour l’élection présidentielle du 12 décembre, Abdelaziz Belaïd est le plus jeune des cinq candidats. « Réaliste », il croit dur comme fer, que « tout problème a sa solution » à condition d’y associer tout le monde, comme l’atteste son slogan de campagne « Le Peuple décidera ». «Nous n’allons pas promettre le paradis aux Algériens. Nous nous engageons, à travers notre programme, à servir le peuple et le pays avec sincérité, conviction et loyauté, car aujourd’hui l’Algérie a besoin de tous ses enfants. Notre objectif n’est pas de changer les personnes, mais de changer les mentalités et les pratiques de gouvernance. Nous voulons construire un Etat de droit, et si nous réussissons à faire sortir les Algériens le 12 décembre pour voter, ça sera pour nous la grande victoire. Car cette élection représente la seule solution pour sortie de la crise actuelle », affirme Abdelaziz Belaid, lors de, sa conférence de presse tenue ce jeudi, au Centre international de la jeunesse, à Sidi Fredj.Dans ses discours, Abdelaziz Belaid, qui s’est engagé, une fois élu président e la République, à éliminer la corruption, à consacrer la démocratie participative et à concrétiser un contrôle effectif à l’aide des différents dispositifs, prône souvent l’ouverture d’un dialogue national pour « fonder une deuxième République basée sur la légitimité populaire et la morale politique ». Soulignant que les élections sont « la seule solution pour sortir de la crise que traverse le pays », Abdelaziz Belaid fait savoir que l’Algérie a besoin de « la contribution de tout un chacun », ajoutant qu’« il est temps pour la génération postindépendance de prendre en charge l’édification du pays ». « Le  dialogue entre tous les Algériens, en dépit de leurs différences ou de leur appartenance aux organisations de masse, aux partis ou au gouvernement, est la seule voie de sortie de crise pour l’Algérie », insiste-t-il. Dans son programme électoral comprenant 62 engagements allant de la réforme du secteur de l’éducation, de la santé, des finances, l’industrie, l’agriculture et le tourisme, à la révision de la Constitution, du système de retraite, des subventions, en passant par la reconstruction du tissu social et économique à travers la résorption du chômage en priorisant la contribution du secteur privé dans l’économie nationale, Abdelaziz Belaïd  s’engage, une fois élu président de la République, à bâtir « des institutions fortes reflétant la place de l’Etat algérien», et «consolider l’appartenance nationale tenant compte des dimensions maghrébine, régionale et internationale». Parmi ses « priorités », il est surtout question de «la révision de la Constitution et toutes les lois relatives aux réformes» ainsi que «l’édification d’une économie forte» basée sur «un terrain politique solide», soulignant que son programme se penche sur d’autres aspects, en particulier, «l’investissement en l’être humain » ainsi que la « libération des entreprises publiques afin qu’elles répondent à une logique économique pour réaliser le développement escompté». A ce sujet, Abdelaziz Belaid explique : «Quand on parle de changement, cela ne veut pas dire une rupture avec notre histoire et avec les acquis réalisés par le passé. On ne parle pas de nouvelle République, mais de sauvetage de cette République, car il ne faut pas oublier que beaucoup d’Algériens intègres et propres nous ont précédés, et ont donné leur vie pour construire le pays avec amour et sincérité. » « On ne peut pas accuser de vol et de corruption tous ceux qui ont travaillé au sein de nos institutions durant ces 20 ans, car il y a des acquis et des réalisations indéniables. C’est grâce à ses enfants loyaux que l’Algérie est restée debout, car beaucoup d’Algériens et d’Algériennes sont des victimes et ont été absorbés par erreur dans les sillages de la corruption », note-t-il.

F. H.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

L’Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Un homme, une destinée
Par Tahar MANSOUR.

Tarik Bouslama, P-DG du groupe Imetal
Entretien réalisé par Smail ROUHA.

Télécharger version PDF

Version PDF