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N° 125 - Dec 2019

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Armée nationale populaire

Le contrefort de la République

Par El-Yazid DIB



Elle provient de la profondeur des souches sociales. L’Armée algérienne n’est pas une entité creuse et dénuée de tout fondement. Elle plonge ses racines dans la longue histoire du pays.  Grâce à sa fermeté, à sa neutralité, toute la partie visible de l’oligarchie est en prison.  Ceux qui ont dilapidé l’argent du Trésor, bâti des fortunes colossales, ceux qui se sont érigés en maitres des nominations et de promoteurs de cancres et d’obséquieux ne sont plus dans les rouages de l’Etat.  Elle œuvre maintenant à mener à bon port le pays par une écoute très attentive de ce que réclame le peuple. L’on sait que des forces oligarchiques appartenant à l’ancien système, doublées de leurs accointances avec certains cercles étrangers, agissent encore pour la déstabilisation.

Une institution continuellement crédible

Une armée est d’abord une propriété défensive d’un peuple. Avant qu’elle ne soit stigmatisée dans une kalachnikov, elle est un bouclier commun.  Elle n’est pas dans la peau d’un général, ni ne constitue la propre identité d’un état-major. Les personnes partent, l’armée reste. Chez nous, avec la déliquescence qui greffe tous les organes de la République, leur usure, une seule demeure stable pour le bonheur de tous.  La seule qui puisse se prévaloir d’une crédibilité. L’ANP.

Il est clair que le pouvoir attise toutes les convoitises qui peuvent atteindre la folie, voire le drame. Le clan qui veut se faire maintenir coûte que coûte ne semble pas vouloir partir de si tôt. Aussi penserait-il comme ultime acte de résistance de devoir installer le pays dans une situation de chaos. Il pense ainsi mettre face à face le peuple et son armée. La suite est connue. La tragédie et le non-droit. « En somme, ceux qui veulent maintenir le pays dans l’impasse sont des individus et des entités qui tentent sciemment de nous mener vers le vide constitutionnel avec tous les risques et menaces qu’il peut comporter » (1). Ce scenario des derniers soubresauts d’un régime agonisant est tellement diabolique qu’il est rejeté par tous les segments patriotiques de la nation.

La fin d’un règne

Un règne s’est écroulé. Said, Toufik, Tartag. Quand le tronc est déraciné, les branches mourront par effet de moisissure ou par léger arrachage. Des noms honnis après avoir tant concurrencé les cieux et effrayé les rues. Il y a à peine quelques années, quelques mois ; presque personne n’osait laisser de liberté à ses méninges d’aller effleurer un tel scenario. Ils sont condamnés par la justice pour complot contre l’Etat, les autres attendent le verdict. Ceux qui faisaient changer le hasard et domestiquaient les résistances. Ils défiaient les dieux et pervertissaient les pieux en angélisant les démons, les crapules et les sans-honneurs.  Vingt ans de règne sans partage ont suffi au pays de se partager, de se diviser. Ce pays n’était plus une nation, mais une royauté habillée d’une façade républicaine. Vingt ans ont façonné un mode de vie où l’à-plat-ventrisme était devenu du pur nationalisme, une vertu révolutionnaire. Le maitre, sa fratrie, leurs bras droit, gauche et du centre-milieu ont stérilisé ceux qui prétendaient que la virilité n’était qu’une légende ancestrale et qu’elle devait s’exprimer envers ceux qui nous ont sauvés, réinventés, unis et réconciliés. Le complot, personne ne s’en doutait encore. Que ceux qui l’avaient clandestinement remplacé, une fois qu’ils l’avaient fait asseoir sur un fauteuil roulant, prenaient le sceau de l’Etat pour en faire une estampille d’accès à l’enfer ou au paradis, allaient aussi connaitre la fin d’un malfrat.

La symbiose peuple/armée

L’intérêt géopolitique, qui tend de plus en plus à gérer un monde par souci de domination, augmente au fur et à mesure que s’accroissent les convoitises stratégiques. La guerre pure et dure s’est raréfiée au profit d’une autre plus sournoise et fangeuse. L’implosion interne dirigée à distance. Les batailles des territoires étant révolues, d’autres s’ouvrent au travers d’un droit universel étriqué dont le seul mobile demeure la faculté juridique d’intervention et d’ingérence au nom d’une légitimité internationale trop controversée.  Au moment où ce peuple attendait son mérite au prix Nobel de la paix, de par son pacifisme, sa civilité et la hauteur de ses revendications, voilà que le clan honni veut par tout autre subterfuge lui ôter cet honneur à défaut de l’avoir eu.

Pourquoi papote-t-on sur l’armée ces derniers temps ? C’est clair, les voix venues d’ailleurs ou exhumées d’une compromission colonialiste ne vont pas s’étouffer facilement. Il y avait bien des voix de part et d’autre, de Mazafran et d’ailleurs qui avaient intensément sollicité l’intervention militaire pour ajuster la situation, mettre fin à une présidence assise et absente et relever le sens de l’honneur populaire algérien.  L’armée fidele au serment des martyrs s’est davantage solidifiée autour du respect constitutionnel. Le coup d’état en uniforme n’est plus dans le guide pratique de la prise de pouvoir. Il y a mieux. Le recours au peuple. Le 22 février est venu ainsi dire que son ras-le-bol est au paroxysme. Que l’indignation ne se tolère plus. Et devant l’entêtement et l’autisme volontaire du clan présidentiel vidé et dévidé, le 102, tardif ou non, était proposé à partir de Djanet par le haut commandement de son état-major qui savait que tout mauvais dénouement ou vide juridique viendrait finalement à sa seule charge. Ce « commandement était le premier à répondre aux revendications populaires avant toute autre partie, ce qui a menacé les intérêts de la bande et de ses acolytes et mis en échec leurs plans visant à redéfinir le paysage national général selon leurs bons vouloirs et ceux de leurs maitres » (2). Ce que le clan s’est tracé perfidement comme feuille de route. Rester ou produire la trouille chez le citoyen est devenu un épouvantail qu’agite le clan. Rien n’en fut. 

Pour le peuple et avec le peuple

Mais cette glorieuse armée est restée à côté du peuple exerçant ainsi ses plus nobles missions constitutionnelles. Prendre l’armée pour un joujou jouissif à ses propres faiblesses érectiles, ou la prendre pour un jeton dans une table de casino est dangereux. Certaines personnes prenant peau de militants de toutes les causes, réanimés de leur sieste, veulent surfer sur une vague plus grande que leur insignifiance.  Cette armée ne peut être qu’au service du peuple dont elle émane. Les aigris, les recalés, les nostalgériques, les voix de leurs maitres, ceux qui gardent des rancunes envers des personnes ne doivent pas confondre règlement de compte individuel et intérêt suprême du pays. 

La crise constitutionnelle que veut créer le clan par l’inopérabilité de toutes les institutions ne sera supportée, il le sait, que par l’armée. Ce plan machiavélique ne servira en finalité personne. Le clan est mort. L’Algérie blessée, contusionnée, saura se relever. Avec un peuple si mûr, plus conscient qu’en tout autre temps, elle ira vers un horizon meilleur où la haine de ces fomentateurs ne sera qu’une page pâle et meurtrie d’une histoire qui se fait encore.  Le peuple dans ses multiples diversités ne cesse de faire confiance à ce contrefort de la république.

El-Yazid DIB

 

1. Général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la Défense nationale, Ouargla le 20 mai 2019.

2. Général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la Défense nationale, Ouargla le 02 septembre 2019.



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