Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 114 - Juin 2018

Go

A la une

Journée internationale de la Ville

Repenser l’espace urbain national

Par Yahia MAOUCHI



Plus de la moitié des habitants de la planète et 70 % de ceux des pays développés vivent désormais en ville. Le développement urbain de ces dernières décennies s’est accompagné de multiples désagréments sociaux et environnementaux. La ville est plus que jamais un chantier privilégié sur lequel essaiment les principes du développement durable. Et l’Algérie, pays de 41,1 millions d’habitants, fait face au déséquilibre territorial du fait que plus de 22 millions d’habitants vivent en ville. Face aux problèmes de périurbanisation, une rencontre sous le thème  : « La ville algérienne face aux enjeux et défis du développement durable », a eu lieu au Centre international des conférences d’Alger, en présence de Abdelwahid Temmar, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, de Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, ainsi que de nombreux experts nationaux et étrangers. Les experts, spécialistes et autres urbanistes, se sont penchés sur la question de repenser l’espace urbain national et de réfléchir sur les moyens de répondre aux besoins d’une population qui vit majoritairement, dans une proportion de 70%, dans les villes. Dans son discours d’ouverture, Abdelwahid  Temmar a indiqué que cet événement, marquant la célébration de la journée nationale de la ville, vise notamment à identifier les voies et moyens de construire des villes écologiques compatibles au développement durable, auquel l’Etat accorde une importance capitale. Le ministre fera savoirque l’objectif gagé de la politique de la ville est «de redonner aux villes algériennes leur dimension qualitatif et quantitatif à même de garantir un développement et une meilleure gestion du territoire et ce, à tous les niveaux ». En effet, a-t-il fait valoir, le défi actuel consiste à répondre à la fois aux besoins croissants en matière de logement et à respecter l’aspect civilisationnel et environnemental. Rappelons que cette rencontre d’une journée se veut, selon ses organisateurs, une occasion de mener une réflexion entre les décideurs, les chercheurs et les professionnels concernés par le développement durable de la ville, son avenir et les voies de son développement. Dans le même ordre d’idée, Abdelwahid Temmar, a souligné que la vision prospective de la ville nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs à commencer par l’administration locale, représentée par les walis et les élus, les intellectuels, les professionnels, les experts et les opérateurs en charge de la gestion de la ville, outre la société civile et les associations activant dans le domaine, qui doivent jouer un rôle efficace et complémentaire dans ce sens.

Un plan d’action pour la ville
« La politique de la ville doit être dotée d’un plan d’action qui permet d’anticiper le boom démographique avec tout ce qu’il implique comme besoins du citoyen en termes de sécurité et de protection ainsi que ses besoins fondamentaux en matière de santé, d’habitat, d’enseignement et de moyens de loisirs », a souligné le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. Pour y arriver, il faut tenir compte, selon le représentant du gouvernement, de plusieurs facteurs, notamment les limites administratives, l’éradication de la pauvreté et de la marginalisation et diversifier les formules d’accès au logement, selon les attentes et les capacités de chaque individu de la société. « Il est également question de prendre soin des personnes aux besoins spécifiques, de promouvoir les espaces verts, d’exploiter le patrimoine culturel des villes et d’encourager les villes intelligentes », a-t-il ajouté. Dans le même sillage, le premier responsable du secteur a indiqué qu’en anticipant sur les données de la croissance démographique nationale, l’Etat a initié une stratégie de développement urbain. « Il est également question d’adapter le cadre légal et réglementaire relatif à l’urbanisme et à la ville au contexte actuel et aux nouvelles exigences du développement urbain durable », a fait savoir le ministre, ajoutant que la loi sur l’aménagement et l’urbanisme est en cours de révision. L’évaluation de la situation des villes algériennes a permis, souligne le ministre, l’émergence d’une nouvelle dynamique territoriale et urbaine, notamment dans et autour des grandes villes, à travers des programmes d’équipement public s’étalant de 2000 à 2009, inscrits dans le cadre des objectifs stratégiques du développement urbain à l’horizon 2030. Pour sa part, le Pr. Chems-Eddine Chitour explique que la construction d’une ville passe aussi par des études permettant d’identifier les conditions de viabilité et technologiques. Plusieurs étapes doivent précéder le lancement des chantiers de réalisation des villes et cités, notamment celles relatives à la gestion des transports et à la réalisation de maisons à faible consommation d’énergie dans le but de réduire les coûts et les risques de pollution. Il recommande également l’intégration de la gestion des déchets, basée sur le recyclage, dans les plans de développement des villes.

Dix nouvelles wilayas déléguées
Pour sa part, Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire,  a tenu à rappeler l’engagement du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans la concrétisation du Plan d’action du gouvernement, qui comprend la réforme du cadre légal et réglementaire de la politique de la ville, l’amélioration du tissu urbain à travers la restructuration architecturale des villes, la réhabilitation urbaine et l’encouragement de l’investissement privé dans la construction des nouvelles infrastructures et pôles urbains. Dans ce sens, Noureddine Bedoui a annoncé que dix daïras ont été promues  en wilayas déléguées, dans le cadre de la création d’une dynamique dans la gestion des collectivités locales en Algérie, sans pour autant citer les daïras concernées. Ce qui portera à 20 le nombre de wilayas déléguées, après la création de 10 wilayas déléguées dans le Sud du pays. Cette mesure, a ajouté le ministre, « contribue dans la création d’une dynamique économique, sociale et culturelle, au profit des citoyens de ces daïras ». Sur sa lancée,  le ministre révèle que son département compte revoir également les dysfonctionnements en milieu urbain et répondre aux attentes des habitants et aux exigences de la croissance économique. Il est alors primordial, a-t-il souligné, de persévérer dans la réforme urbaine et la réhabilitation des villes, d’autant que la population vivant dans un milieu urbain atteindra 80% à l’horizon 2030, soit plus de 40 millions d’Algériens. Par ailleurs, il a souligné que « cette démarche rentre dans le cadre du programme du chef de l’Etat, qui a pour objectif de rapprocher l’administration du citoyen». M. Bedoui, a saisi également cette occasion pour rappeler l’engagement du président de la République à poursuivre son programme de développement durable inscrit dans le plan d’action du gouvernement visant à réviser le cadre juridique et réglementaire de la politique de la ville et à améliorer le tissu urbain par la restructuration et la réhabilitation urbaines. Le programme du Président vise, selon M. Bedoui, à encourager l’investissement privé à même de contribuer à la réalisation et à l’aménagement des nouvelles villes et de nouveaux pôles urbains. Par ailleurs, après avoir rappelé que les collectivités locales étaient les principaux partenaires dans la définition, la gestion et la mise en œuvre de la politique de la ville, Noureddine Bedoui a mis en avant le rôle de la commune et de la wilaya, qui constituent la base de la décentralisation à travers leurs assemblées élues. Dans le même contexte, le ministre a souligné que le développement urbain intégré et durable auquel œuvrent toutes les parties pour améliorer le cadre de vie des citoyens, nécessite une réforme du système financier et fiscal local. Ceci, précise-t-il, permettra aux collectivités locales de jouer pleinement leur rôle et d’asseoir une dynamique économique locale permettant la création de richesse. Le développement urbain nécessite également, selon M. Bedoui, la promotion de l’aménagement urbain et la formation dans les nouveaux métiers liés à la ville et au marketing territorial et régional. Le ministre précise à cet effet, que ce dernier aspect, relatif à la formation, sera pris en charge par l’Ecole nationale d’ingénieurs de la ville qui sera mise en service à partir de septembre 2018. Rappelons enfin que ce séminaire a été organisé en une session plénière et en quatre ateliers sous les thématiques : « Politique de la ville, le cadre juridique face aux nouveaux enjeux et défis », « Gestion intégrée de la ville, vers une bonne gouvernance urbaine », « Ville intelligente, écologique et résiliente, concepts et faisabilité » et « Economie urbaine, management et mécanismes de financement pour le développement durable des villes ». L’invité d’honneur de cette rencontre, l’urbaniste et architecte français, Christian de Portzamparc, a souligné dans un exposé présenté à la même occasion, que la réalisation des villes doit tenir compte des besoins de la population qui y vit en matière d’espaces de détente, de distraction et surtout de calme. « Cela ne peut être possible qu’à travers la réalisation d’études approfondies des espaces, c’est-à-dire l’aménagement du territoire», préconise-t-il.

Y. M.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Yahia MAOUCHI

Les plus lus

Filiale du Groupe Metidji
Par Saida AZZOUZ .

Hocine Mansour Metidji, P-DG du groupe Metidji
Entretien réalisé par Saida AZZOUZ .

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF