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N° 117 - Nov 2018

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Grèves et protestation à l’université

Tahar Hadjar veut mettre de l’ordre

Par Farid HOUALI



L’Université est un « service public et quiconque osera en interdire l’accès fera l’objet de mesures disciplinaires et de poursuites judiciaires » et « toute personne étudiant, enseignant ou fonctionnaire qui tenterait de fermer les portes de l’université dans le cadre d’actions de protestation s’exposera à des sanctions ». C’est en somme le message aussi clair que précis adressé le 6 janvier dernier, par Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, lors d’une conférence de presse avant une réunion avec les représentants d’organisations estudiantines tenue au siège de son département ministériel.  Dans le même contexte, le ministre a fait savoir que « les recteurs ont été instruits d’appliquer toutes les mesures juridiques en matière disciplinaire ainsi que les poursuites judiciaires à l’encontre de quiconque osera interdire l’accès à l’université». «Les actions de protestation sont un acquis constitutionnel et doivent se faire avec civisme et dans les règles et le respect des lois de la République», a encore expliqué le ministre réaffirmant que les portes du dialogue n’ont jamais été fermées. « Les voies de dialogue sont ouvertes à toutes les corporations et associations estudiantines et autres regroupant les autres corps relevant du secteur à la seule condition qu’elles soient agréées », a-t-il assuré fustigeant certaines parties qui prétendent «être exclues du dialogue», en raison de la non-obtention de leurs agréments. Affirmant que son secteur «est chargé de l’enseignement et non du recrutement», le ministre a qualifié d’«illogique» la revendication de garantir des postes de travail aux diplômés en fin d’études universitaires, appelant les étudiants à «la sagesse pour éviter l’année blanche». Dans ce sens, Tahar Hadjar a appelé les étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS) à «présenter des revendications légitimes et logiques», rappelant sa dernière réunion avec la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, qui a abouti à l’installation d’une commission mixte chargée de l’examen de la situation de cette catégorie d’étudiants. Il a en outre relevé la difficulté de recruter des diplômés des Ecoles supérieures au niveau des wilayas de leur résidence, en particulier pour certaines spécialités scientifiques et dans certaines wilayas, en raison de la multitude de spécialités. Abordant la question de la grève des médecins résidents, le ministre de l’Enseignement supérieur  a indiqué que son département «a pris en charge les questions soulevées» lors de la réunion tenue avec eux, dernièrement au siège du ministère de l’Enseignement supérieur, ajoutant que son secteur «n’a aucun problème avec cette catégorie de médecins». Pour rappel, les médecins résidents ont entamé une grève depuis plusieurs semaines pour réclamer l’amélioration de leur situation socio-professionnelle.  En ce qui concerne les œuvres universitaires, Tahar Hadjar a reconnu «l’insatisfaction de l’ensemble de la famille universitaire» quant à ces œuvres, qui «restent en deçà du niveau escompté», a-t-il dit, imputant cela à «nombre de problèmes d’ordre organisationnel et thématique». Á ce sujet, le ministre s’est engagé à un examen «minutieux» du dossier des œuvres universitaires lors de la conférence nationale prévue «prochainement» pour traiter cette question avec les différents acteurs, évoquant «quelques problèmes techniques», entravant pour le moment la tenue de cette rencontre. En réponse à une question sur la prolongation du délai du dépôt des thèses de doctorat, Tahar Hadjar a précisé que le délai a été prolongé jusqu’a la fin juin prochain, exprimant son «étonnement» quant aux demandes répétitives de prolongation de ce délai. Concernant l’annulation de la lettre d’admission exigée dans la demande de visas par les étudiants et enseignants algériens, le ministre a indiqué que cette question a été évoquée «à haut niveau» par les autorités françaises qui ont promis de l’examiner.

Près de 3000 thèses de doctorat soutenues
Entre 2012 et 2017, soit après l’introduction du système LMD, 2.974 étudiants sur 5.463 inscrits en doctorat ont soutenu leurs thèses de doctorat, a en effet précisé Tahar Hadjar le 4 janvier, lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales au Conseil de la nation. Le doctorat au titre du système LMD a été introduit dans une première étape au niveau de dix établissements universitaires. Ce cursus est actuellement dispensé dans 70 établissements universitaires avec 25.560 étudiants inscrits, a fait savoir le ministre. Le ministre de l’Enseignement supérieur a présenté un exposé détaillé sur les raisons qui ne permettent pas aux étudiants de soutenir leurs thèses de doctorat en trois ans, évoquant la difficulté de publication des articles scientifiques dans des revues spécialisées, notamment étrangères qui exigent plusieurs critères, et des difficultés liées à l’encadrement en raison du nombre croissant d’étudiants. Le ministre a évoqué les mesures prises pour dépasser ces difficultés, notamment l’élaboration de la charte du doctorant qui vise à déterminer les responsabilités des parties intervenant dans la gestion du doctorat et l’organisation de journées pour accompagner et orienter cette catégorie d’étudiants et examiner les problèmes qui entravent leur cursus. Selon lui, l’application de la mesure relative à la soutenance de la thèse de doctorat en trois ans est «impossible en pratique». La plupart des étudiants le font en cinq ans, voire plus, a-t-il dit. Par ailleurs, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a fait état de «l’impossibilité» à l’heure actuelle d’octroyer une prime au logement au profit des enseignants chercheurs. Le ministre a expliqué que cette indemnité ne peut être adoptée à l’heure actuelle pour plusieurs raisons, notamment la difficulté d’en fixer le montant en fonction des zones et régions en l’absence d’un dispositif référentiel de loyers au niveau national et l’inexistence d’un marché immobilier développé en matière de location. Dans le même contexte, M. Hadjar a indiqué que la question d’assurer un logement aux enseignants chercheurs est «une des priorités du secteur» qui veille à l’amélioration de la situation socioprofessionnelle de cette catégorie d’autant que le logement une fois assuré constitue «un élément de stabilité socioprofessionnelle». Concernant l’hébergement des étudiants dans des hôtels ou des appartements, le ministre a écarté la possibilité de mettre en place cette mesure qu’il a qualifié d’«irréelle dans la conjoncture actuelle», estimant que les hôtels ne peuvent constituer «une alternative adéquate», ajoutant que l’hébergement dans des logements «pourrait être une mesure envisageable à long terme, et ce en coordination avec les secteurs ministériels concernés». «Cette formule (hébergement des étudiants dans des appartements) est tributaire du lancement de nouveaux types destinés aux étudiants par les entrepreneurs et les entreprises publiques et privées exerçant dans le domaine de la promotion immobilière», a-t-il ajouté.

F. H.



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