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N° 115 - Août 2018

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Industrie nationale

L’Armée s’implique davantage

Par Farid HOUALI



Ainsi, la société SAFAV-MB a fabriqué 6.000 véhicules utilitaires et 3.800 véhicules tout-terrain (4×4), tandis que la Société algérienne pour la production de poids lourds Mercedes-Benz (SAPPL-MB) de Rouiba a fabriqué 3.000 camions et 100 bus. En effet, on ne peut aborder la relance de l’industrie nationale et faire l’impasse sur les efforts du ministère de la Défense nationale qui entend, de par son implication directe et effective dans le processus, apporter sa contribution efficace et effective à la mise sur pied d’une «base solide» pour les industries lourdes et moyennes. Ces industries «imprimeront un puissant souffle au processus de développement national à travers la constitution d’un réseau industriel complémentaire et équilibré et la création de postes d’emploi permanents et stables dans différentes spécialités techniques autant que scientifiques», a-t-on souvent  relevé côté MDN. Et ces  efforts du ministère de la Défense nationale en matière de production dans le domaine des industries mécaniques notamment, en partenariat avec d’autres acteurs nationaux et étrangers, ont été couronnés de succès. En effet, la Direction des fabrications militaires de l’Armée nationale populaire, (DFM) a engagé, depuis quelque temps, plusieurs projets industriels avec des partenaires étrangers. Á ce titre, faudrait-il le rappeler, les entreprises relevant du secteur (industrie militaire) employaient près de  25.000 personnes. D’autres recrutements s’effectueront également durant cette année 2018 qui verra également l’acquisition de la totalité du groupe de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI). Par cette acquisition, le MDN affiche sa véritable ambition de jouer un rôle important dans la relance de l’industrie nationale. L’Armée nationale populaire s’affirme ainsi comme acteur  non négligeable dans l’industrie de tous genres, notamment l’industrie automobile, s’associant dans un partenariat gagnant-gagnant avec le géant allemand Mercedes-Benz afin de produire des engins roulants militaires et particuliers, le plus célèbre d’entre eux est sans doute le blindé « Fuchs » tout droit sorti de l’usine Mercedes de la ville de Tiaret.  Partenariat qui permet à l’armée algérienne de devenir producteur de véhicules militaires et utilitaires, dont l’exportation a déjà débuté en direction de quelques pays africains. Actuellement, le MDN assure tout type de véhicules aux différents corps de  sécurité notamment la police, les douanes et la protection civile ainsi  qu’à des entreprises à l’image de Sonatrach et Sonelgaz. L’industrie mécanique ne représente pas l’unique engagement de l’ANP. Bien au contraire. Plusieurs entreprises relevant de l’armée, comme l’Etablissement d’habillement et de couchage (EHC), l’Etablissement de constructions mécaniques de Khenchela (ECMK), et l’Entreprise algérienne des textiles industriels et techniques (EATIT), présente dans sept wilayas. L’ECMK fabrique et commercialise tous types d’armement léger, en plus des pièces de rechange  et de l’outillage. Créée en 1977, l’EHC fournit tous les corps constitués de l’Etat comme la police, les douanes et les gardes-frontières. Elle dispose de 3 complexes et de 8 unités, dont une s’est spécialisée dans la réparation et la maintenance des équipements. Parmi les principaux produits, l’entreprise EHC fabrique des protections balistiques, des chaussures, sacs de couchage et des tentes. EHC est aussi l’actionnaire principal à 60% de l’EATIT depuis 2012. A l’effet de s’inscrire pleinement dans le tissu industriel national, l’armée algérienne a en effet pris la décision, en 2012, de reconvertir ses usines d’industries militaires en entreprises publiques à caractère industriel et commercial. Elle a mis en place, à travers sa Direction des fabrications militaires (DFM), des Epic relevant du secteur économique de l’ANP et touchant à quatre principales activités industrielles : la mécanique, le textile, l’électronique et la chimie. Des entreprises à capitaux mixtes avec des partenaires étrangers ont été, par la suite, créées intégrant par la même des EPE relevant des autres départements ministériels. La DFM dit agir ainsi «en tant que promoteur d’une base industrielle et technologique de défense pour satisfaire les besoins des forces armées, des institutions paramilitaires et du marché national de manière générale».

Lutte contre le terrorisme, contrebande et criminalités
L’Algérie aura enregistré en 2017 des succès probants contre les résidus de terrorisme avec la neutralisation de nombreux criminels, la récupération de quantités importantes d’armes de guerre ainsi que le démantèlement de beaucoup de réseaux de contrebande et de soutien au crime organisé, tandis que ses positions en matière de lutte contre le terrorisme transnational gagnaient en audience. En effet, un bilan annuel communiqué en fin d’année (2017) par le ministère de la Défense nationale note que les    forces de l’Armée nationale populaire (ANP) ont abattu en 2017 quatre-vingt et onze (91) terroristes et arrêté quarante    (40) autres, dont 5 femmes.    La même source fait état de la découverte de 6 cadavres. Le même bilan révèle également la reddition de 30 terroristes durant la même année    et l’arrestation de 212 éléments de soutien aux groupes terroristes ainsi    que 11 trafiquants d’armes.    Par ailleurs, la même source évoque la destruction de 408    refuges et casemates de groupes terroristes, 9 ateliers de fabrication    d’armes, ainsi que la saisie de 42.4 quintaux de matières chimiques    destinées à la fabrication d’explosifs. Dans le même contexte, les forces de l’ANP ont récupéré un important    arsenal d’armes, constitué de 02 canons SPG-9, 17 canons artificiels, 05    mortiers Hawn, 10 lance-roquettes de type PRG-7 6 roquettes RPG-2, ainsi    que de 581 obus. Le bilan fait état aussi de la récupération de 286 armes de type    Kalachnikov, 64    fusils semi-automatiques de type Siminov, 25 pistolets    automatiques, 08 mitrailleuses calibre 14.5 mm, 08 autres mitrailleuses    calibre 12.7 mm, 19 fusils- mitrailleurs FMPK, 4 fusils à lunette, 32 fusils à pompe, 1 fusil de type carabine US et de 114 fusils de fabrication    artisanale.    Ces opérations se sont soldées en outre par la saisie de 257 chargeurs, 53    caisses de munitions, 38 bandes à munitions et de 179369 balles de    différents calibres, ainsi que par la destruction de 160 mines, indique le    même bilan.    L’Armée nationale populaire (ANP) a vaincu le terrorisme grâce à l’évaluation «pertinente» et «précoce» de la menace terroriste, ainsi que l’«exploitation optimale et efficace» du renseignement.    «La déroute et le recul de ce dernier constituent la preuve de l’efficience et du succès de l’approche sécuritaire adoptée par l’ANP qui veille, avec l’ensemble des corps de sécurité, à la préservation de l’intégrité territoriale de la patrie, à la sécurité du pays et à s’acquitter de l’ensemble de ses missions, dont l’élimination du terrorisme», avait-on en effet affirmé dans un éditorial de la revue El-Djeich. Le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’ État-major de l’ANP, a souvent fait part de la détermination de l’Algérie «à poursuivre activement et sans relâche l’éradication des résidus terroristes criminels» en faisant valoir que l’Algérie a déployé des «forces et des moyens considérables pour renforcer les dispositifs de défense et de protection de ses frontières et pour lutter efficacement contre le terrorisme et la criminalité organisée transfrontalière». Intervenant à l’occasion d’une réunion de travail qu’il a présidée au siège de la première Région militaire où il a entamé une visite de travail, le 20 novembre dernier, le général de corps d’armée a indiqué qu’«il est opportun de mettre l’accent, dans ce contexte, sur les grands acquis enregistrés dans le domaine de la lutte antiterroriste, plus précisément les résidus terroristes et ce, grâce à l’aide d’Allah le Tout-Puissant, puis grâce aux efforts soutenus et dévoués que l’ANP ne cesse de consentir, aux côtés des différents corps de sécurité». Pour le vice-ministre de la Défense nationale, l’un des plus «importants objectifs futurs», visés à travers ce parcours de préparation et de développement des différentes composantes de l’ANP, conjointement à l’effort consenti dans l’éradication des résidus terroristes, est de remporter l’enjeu de la qualité sous tous les standards et dans tous les sens et significations de cette    expression. «Notre grand pays l’Algérie mérite d’être un paradis de paix et de quiétude qui abrite tous ses fils dans une ambiance de fraternité et avec principe intrinsèque qu’est le patriotisme et l’amour de la patrie en priorisant toujours son intérêt suprême», a-t-il encore soutenu. La même détermination de l’ANP, à poursuivre «sans répit» ses efforts pour lutter contre les résidus terroristes, a été également réaffirmée par Ahmed Gaïd Salah, au 2e jour de sa visite à la 4e Région militaire. «L’ANP veillera et avec persévérance à coordonner sa démarche de l’accomplissement de ses missions constitutionnelles, y compris la poursuite sans répit des efforts de lutte contre les résidus terroristes d’une part, la continuation voire l’accélération de la cadence de l’effort de développement de ses supports du corps de bataille, et ce, au service de l’Algérie et en défense de son avenir sûr», a assuré à ce propos le chef d’état-major de l’ANP.

Un partenaire incontournable dans la lutte antiterroriste
Ainsi familière du combat contre le terrorisme pour l’avoir vécu dans sa chair, l’Algérie est devenue peu à peu un partenaire incontournable dans ce domaine désormais à portée internationale. Consultée par les pays voisins, africains, arabes ou surtout par les puissances occidentales, qui ont découvert tardivement les effets dévastateurs de ce phénomène universel, l’Algérie a multiplié en 2017 les approches en coopération avec ses partenaires pour la restauration de la paix dans les différents foyers de tension touchés par la guerre et le terrorisme. En visite en Algérie, fin octobre dernier, le coordinateur adjoint par intérim du bureau de la lutte contre le terrorisme du Département d’État américain, Raffi Gregorian, a salué à Alger l’expérience algérienne en matière de la lutte contre le terrorisme, appelant à «partager cette expérience avec les autres pays du monde». Dans une déclaration à l’issue de l’audience que lui a accordée Mohamed Aissa, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, le même responsable a précisé que son pays «a beaucoup appris de l’expérience de l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme qui a frappé le pays durant la décennie noire», appelant «à partager cette expérience avec les autres pays du monde». Quelques mois auparavant, en juillet dernier, des experts internationaux avaient insisté, à Alger, sur l’importance d’une mise en œuvre «rigoureuse» du Mémorandum d’Alger dans la lutte contre les prises d’otages contre rançon, tout en saluant les effort consentis pas le gouvernement algérien dans la lutte antiterroriste. Ces spécialistes des questions sécuritaires s’exprimaient lors d’un atelier consacré aux meilleures pratiques internationales en matière de prise en charge et de prévention des enlèvements contre rançon, organisé conjointement par le Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme (UNCCT) et le Centre africain d’études et des recherches sur le terrorisme (CAERT). Ils ont estimé qu’une «mise en œuvre effective» du Mémorandum d’Alger sur les bonnes pratiques en matière de prévention des enlèvements contre rançon et d’élimination des avantages qui en découlent, confortera fortement les efforts des gouvernements dans l’amélioration de l’efficacité de leurs actions dans la lutte contre les prises d’otages et, par ricochet, la lutte anti-terroriste. La prévention contre les enlèvements contre rançon représente une partie importante de la lutte antiterroriste, vu que ces sommes d’argent versées pour la libération des otages aident «grandement au financement des organisations terroristes et de leurs actes», a indiqué le coordinateur-résident des Nations unies en Algérie, Eric Overvest. Faisant référence au Mémorandum d’Alger, le représentant des Nations unies a insisté sur sa mise en pratique en vue de mettre un frein aux enlèvements contre rançon. « Il y a une recrudescence des enlèvements contre rançon au Sahel, ces derniers années. Les groupes terroristes tels Daech et El Qaïda ont de plus en plus recours à ce type d’opérations comme moyen de collecter des fonds» a-t-il relevé, notant qu’outre les journalistes, diplômates, représentants d’ONG et les touristes, la grande majorité de ces prises d’otages touchent les populations locales. « L’Algérie a une longue expérience en matière de lutte antiterroriste, en particulier la lutte contre l’enlèvement avec demande de rançon et c’est cette expérience que d’autres pays voudraient partager dans le cadre de ce projet», a déclaré Overvest. Le représentant du CAERT, Kutoati Adjemoda, a, pour sa part, indiqué que l’Algérie reste un «modèle» dans cette lutte et possède une «grande expérience» qui s’est notamment concrétisée par le Mémorandum d’Alger, appelant à «son application de façon rigoureuse». L’ambassadeur du Japon, Masaya Fujiwara, a, de son côté, félicité l’Algérie pour les efforts consentis en vue de partager son expérience dans la lutte anti-terroriste, saluant l’organisation en juillet dernier de l’atelier par le ministère des Affaires étrangères portant sur le rôle de la réconciliation nationale dans la prévention et la lutte contre le radicalisme et le terrorisme. Le Mémorandum d’Alger sur les bonnes pratiques en matière de prévention des enlèvements contre rançon et d’élimination des avantages qui en découlent, adopté en décembre 2012 par le Forum mondial de lutte contre le terrorisme, recommande en particulier, l’émission aux voyageurs d’avis et d’autres informations à jour permettant d’identifier les zones présentant un risque élevé. Il préconise également l’identification et la protection de cibles d’enlèvement potentielles et la communication avec les employeurs et employés concernés dans le secteur privé en matière de risque d’enlèvement contre rançon. Le document prescrit aussi aux gouvernements la sensibilisation du public aux poursuites judiciaires dans les affaires d’enlèvement contre rançon.
F. H.



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